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La vie de saint Louis-Marie Grignion de Montfort en bande dessinée – Planche 5

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Louis-Marie doit bientôt retourner à Paris où sa sœur préférée, Louise-Guyonne a de gros ennuis : faute d’argent, elle ne peut plus rester dans la communauté religieuse où elle se trouve.
C’est l’été, et la route est bien dure sous le soleil brûlant. Comment aider sa chère sœur, il est si pauvre lui-même ?… A Paris, il frappe à bien des portes, sans succès, chacun se contentant de lui indiquer une autre personne, et il ne trouve même pas de quoi se nourrir lui-même… Jusqu’à ce qu’une bonne « Supérieure » lui fasse donner, chaque jour, « la part du pauvre » qu’on met toujours de côté dans ce couvent.
Très reconnaissant, il vient remercier humblement la « Supérieure » et rencontre à cette occasion, une personne dévouée qui veut bien s’intéresser à sa sœur et faciliter son entrée chez les bénédictines du Saint-Sacrement.
Le cœur soulagé, le prêtre peut reprendre la route de Poitiers. Il continuera de loin à s’occuper de sa sœur et lui écrira des lettres bien émouvantes. Mais il lui faut se hâter car on le réclame pourtant à l’hôpital, où malgré tout ce qu’on lui fait subir, son absence est douloureusement ressentie.
Il n’y restera pas longtemps, car les méchancetés, les calomnies reprennent bientôt. Le démon, jaloux du bien qu’accomplit ce saint, lui suscite toutes sortes de difficultés nouvelles. Il ose même -comme il le fera pour d’autres grandes âmes- s’attaquer directement à lui.
Plusieurs témoins le virent, en différentes circonstances, comme s’il était aux prises avec quelqu’un de très menaçant, et, on l’entendit, un jour, crier distinctement vers Notre-Dame :
– « Ô, sainte Vierge, ma bonne mère, venez à mon secours ! »
Il quitte donc, à nouveau, l’hôpital de Poitiers. Sa vocation d’ailleurs, il le sent de plus en plus, c’est de prêcher et d’instruire, au long des routes, sans jamais se fixer nulle part et longtemps.
Il remonte à Paris chercher conseil chez ses anciens Maîtres de Saint-Sulpice ; et c’est seulement par quelques lettres qu’il aidera de loin Marie-Louise Trichet à persévérer dans sa vocation.
Il retrouve un de ses deux amis, Claude Poullard-des-Places, qui vient d’ouvrir le « Séminaire des Pauvres Ecoliers. »
Louis-Marie essaie de le décider à s’unir à lui pour fonder la « Société de Missionnaires » dont il rêve. Claude ne s’y sent pas appelé mais promet de préparer, parmi ses élèves, de futurs compagnons pour Montfort.
A Saint-Sulpice où il rencontre son autre ami, Jean-Baptiste Blain, il n’obtient pas plus de succès. Un peu excédé par son originalité, son confesseur le reçoit d’une manière glaciale et l’humilie devant tous. Monsieur Blain qui aime très profondément Louis-Marie, en est navré et souffre fort pour lui.
Quant à notre Saint, « il soutient cette humiliation avec sa douceur et sa modestie ordinaire, et s’en retournera avec la même tranquillité qu’en venant, et un redoublement de ferveur… » C’est Jean-Baptiste Blain lui-même qui dépeint en ces phrases, l’attitude de Louis-Marie, et on y sent l’admiration sans borne qu’il professait à l’égard de son ami, le considérant depuis toujours comme un saint authentique.
Repoussé de ceux-là mêmes qui devraient l’aider et le conseiller, Louis-Marie se retourne vers Dieu.
Il comprend que ces désillusions sont un appel à une union plus étroite avec son Seigneur, « Dieu seul. » Ce n’est pas au hasard qu’il choisira cette devise. Toute sa vie, les événements et les Hommes sembleront se liguer contre lui… Il l’a compris et intensifie sa prière…
Dans un tout petit réduit qu’il occupe rue du Pot-de-Fer à Paris, il multiplie ses oraisons et ses pénitences.
Il laisse aussi déborder le trop-plein de son âme en des pages brûlantes. « L’amour de la Sagesse éternelle », premier ouvrage écrit par Louis-Marie, le fut, pense-t-on, dans cet obscur de la rue du Pot-de-Fer où il vécut quelque temps, critiqué et méprisé d’un grand nombre.
Certains pourtant, lui gardent leur confiance.
C’est ainsi qu’on lui demande -comme un service- d’aller partager, pour peu de temps, la vie d’un groupe d’ermites retirés au Mont-Valérien, afin de rétablir, si possible, une harmonie entre eux.
– « Son recueillement, son esprit d’oraison, sa ferveur étonnèrent ces Frères et les renouvela… » écrit Monsieur Blain à cette occasion.
La paix revient donc même temps que la charité… Le cœur en fête, Louis-Marie retourne dans son réduit de la rue du Pot-de-Fer tout peuplé de la présence de Dieu et de l’influence de Marie.
Il croyait en avoir bien fini avec l’hôpital de Poitiers, mais non. Une lettre était arrivée à Saint-Sulpice, à l’adresse du Supérieur du Séminaire. Une lettre étonnante qui commençait ainsi : « Nous, 400 pauvres, vous supplions très humblement, par le plus grand amour et la gloire de Dieu, nous faire venir notre vénérable pasteur, celui qui aime tant les pauvres : Monsieur Grignion… » et continuait sur le même ton, accumulant les supplications pour que Louis-Marie s’en vienne reprendre sa charge d’aumônier… « …Mon Dieu, consolez-nous et pardonnez nos grands péchés qui nous ont attiré pareille disgrâce. Si nous pouvons, une fois, le revoir, nous serons plus obéissants et fidèles à notre Dieu… » écrivaient en conclusion ceux qui signaient tout simplement : « Les pauvres de Poitiers. »
La voix des pauvres, c’est pour Montfort, la voix de Dieu. Aussi, sans tenir compte de ses aspirations personnelles, il abandonne aussitôt son réduit parisien, saisit son bâton de routier et marche une fois de plus vers Poitiers.
L’enthousiasme est si grand à l’hôpital, qu’on allume des feux de joie pour son arrivée.
Pourtant, dans quel triste état il retrouve son champ d’apostolat ! Le désordre y règne partout, et l’Aumônier, devenu directeur, doit veiller à tout. Heureusement, rien ne le rebute, et quand un pauvre homme est hospitalisé, couvert d’infections et de pourriture… sans parents, sans amis, et rejeté des infirmiers, Louis-Marie s’en charge à lui seul, le soigne, le nettoie, lui rend tous les services que réclame son état, et le prépare à une mort paisible entre ses bras.
Montfort administre, réorganise, dirige avec le plus de douceur possible ; et pourtant, la méchanceté -le diable aidant- reprend le dessus peu à peu. Un an après son retour, il est redevenu un indésirable et projette un nouveau départ. Il demande à Marie-Louise son avis :
– « Vous avez raison, mon Père » répond-elle, « vous faites bien de vous éloigner. »
L’âme de Marie-Louise Trichet était à la hauteur de celle de son père spirituel.
Sans un mot, elle restera à son poste.
Louis-Marie va-t-il pouvoir enfin, être missionnaire ? Il commence par se replonger en Dieu par une fervente retraite. Puis, il s’offre à l’évêque pour faire des missions dans les villes et les faubourgs, et restaurer les sanctuaires délabrés.
Par ce côté aussi, il ressemble à saint François d’Assise, ardent au travail pour « relever la Maison du Seigneur qui tombe en ruines. » Comme lui, il va désormais, chantant et priant, annoncer l’Evangile partout où il passera appelant tous les Hommes à revenir à Dieu.
Il choisit d’abord un des plus pauvres faubourgs de Poitiers : Montbernage, où l’on vit dans l’indifférence à l’égard de Dieu et souvent dans la haine du prêtre.
Ce faisant tout à tous, il parcourt longuement ces tristes ruelles, entre dans les maisons, s’intéresse aux santés, bénis les enfants. Son vêtement usé, mais plus encore son visage si humble, illuminé toujours d’un doux sourire, transforment les attitudes méfiantes, voire hostiles. On se laisse approcher, les enfants surtout, après avoir, comme leurs parents, crié quelque injure pour s’attacher ensuite aux pas du missionnaire.
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