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La vie de saint Louis-Marie Grignion de Montfort en bande dessinée – Planche 8

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En cliquant sur l’image concernée, vous pouvez entendre ou couper le récit en audio .

– « Madame l’Abbesse n’a pas voulu me faire la charité pour l’amour de Dieu ; maintenant, elle me l’offre pour l’amour de moi. Je la remercie. »
Et il continue sa route sans vouloir rien entendre, faisant comprendre ainsi aux religieuses combien la vraie charité ne doit pas, comme dit Jacques, « faire acception de personne », mais s’adresser à tous, sans exception et sans chercher de récompense.
Un pèlerinage au Mont Saint-Michel lui semble bien désirable. L’y voilà arrivé, avec Frère Mathurin, logeant tous deux dans une cabane de pêcheur. En pleine nuit, il est réveillé par des cris et des blasphèmes : ce sont des buveurs qui se querellent grossièrement.
Sans hésitation, il se lève, va trouver les buveurs, leur reproche leurs blasphèmes et réussit, non sans peine, à les faire partir. Il renouvellera souvent ce geste, sans jamais avoir peur de rien et souvent au péril de sa vie.
Les deux voyageurs admirent longuement la splendide basilique qu’on appelle à juste titre « La Merveille ». Pour Louis-Marie, cette halte au sanctuaire de l’Archange, constitue comme une veillée d’armes. Il s’y recueille très profondément pour se remplir au maximum de Dieu afin de pouvoir Le partager à tous vers qui il ira.
Puisque c’est dans son propre diocèse qu’il se trouve, il vient ensuite tout naturellement à Rennes, mais c’est dans une pauvre chambre qu’il habite, ne voulant pas gêner sa famille, ni être gêné dans son apostolat.
Il accepte seulement de prendre un repas chez ses parents. Et encore, avant de se mettre à table, il rassemble lui-même, sur une assiette « pour les pauvres », une grosse portion de bonnes choses préparées à son intention.
Une réputation de grand prédicateur l’ayant précédé à Rennes, il veut donner une leçon d’humilité à tout un auditoire venu un jour l’entendre par pure curiosité. S’étant mis à genoux, sur un prie-Dieu, au milieu de la nef, il annonce tout simplement qu’il va faire son oraison.
Entendant cela, les gens ne sont guère contents. Ils craignent de s’être dérangés pour rien. Mais Louis-Marie commence à prier tout haut, et son cœur plein du feu de l’amour, passe dans ses paroles, se communique à l’auditoire. Bientôt, il n’y a plus autour de lui de simples curieux, venus là par snobisme, mais de vrais chrétiens qui sentent leur cœur se fondre de repentir et de charité.
Montfort, son oraison finie, commence la récitation du chapelet. Et jamais peut-être un sermon -qui n’en était pas un- ne fit autant impression sur ceux qui l’entendirent.
Se dirigeant sur Dinan, Louis-Marie s’arrête au village de sa vieille nourrice, près de Montfort-sur-Meu. Il est méconnaissable. Ayant demandé à la « Mère André » pour lui et Frère Mathurin, l’hospitalité, -sans se nommer- il est repoussé. Un très pauvre vieux les reçoit cordialement au contraire, et, bientôt le reconnaissant, clame dans le « pays » que c’est Monsieur Grignion. Désespoir de la vieille « Mère André » qui vient s’excuser et supplie Louis-Marie de revenir chez elle.
Louis-Marie y prendra un repas, mais non sans lui répéter :
– « Mère André, vous avez bien soin de moi, mais une autre fois, soyez charitable. Oubliez Monsieur Grignion, il ne mérite rien : pensez à Jésus-Christ, il est tout, et c’est lui qui est dans les pauvres. »
En toutes circonstances, Louis-Marie répète cette même leçon : la véritable charité ce n’est pas d’aimer tel ou tel qui nous plaît, c’est d’aimer tout le monde, et spécialement ceux qui en ont le plus besoin comme sont les malheureux de tout genre. Leçon toujours nécessaire et qu’il nous faut sans cesse apprendre et surtout… pratiquer.
A Dinan, Louis-Marie jouera encore un petit tour de ce genre à l’un de ses frères cette fois, devenu Dominicain.
Ce Révérend Père a la charge de la sacristie dans son couvent. C’est donc à lui, et en l’appelant « mon cher frère » que Montfort demande l’autorisation de dire la messe à la chapelle.
Ne le reconnaissant pas, le religieux est vexé de s’entendre appelé « Frère » titre qu’on donne à ceux qui ne sont pas prêtres. Il sort pour Montfort les ornements les plus défraîchis qu’il peut trouver.
Et il se plaint au Frère Mathurin qu’il rencontre en ville.
– « Comment s’appelle ce prêtre ? » lui demande-t-il.
– « Montfort, » répond le Frère.
– « Je ne connais point ce nom-là !
– « Vous connaissez peut-être Louis Grignion », reprend malicieusement Frère Mathurin.
– « Mais alors, c’est mon frère ! »
On devine ce qui se passe le lendemain matin : le Dominicain s’excuse, tout en reprochant gentiment à Louis-Marie de ne s’être pas fait connaître :
– « Eh ! Je vous ai appelé « mon cher frère » ; ne l’êtes-vous pas ? » sourit Montfort.
Le religieux comprit certainement la leçon de modestie. Et c’est avec les plus beaux ornements du couvent que Louis-Marie célébra la messe ce matin-là.
Catéchisme, prédications, cérémonies ; toutes les activités habituelles du saint missionnaire se déroulent à Dinan.
Il y fait même des réunions de soldats et établit des groupements pour assurer, après son passage, la fidélité de la prière.
Le Frère portier du couvent où il loge, le voit dans l’ombre, un soir, lourdement chargé tandis qu’il l’entend répéter :
– « Ouvrez la porte ! »
Louis-Marie a sur le dos un pauvre hère couvert d’ulcères qu’il a trouvé, gisant dans la rue. Il le porte dans sa propre chambre, le couche dans son lit et passe toute la nuit à le réchauffer et à le soigner.
Mais, il lui faut quitter Dinan car on le réclame maintenant en bien des paroisses. Tout le monde commence à se rendre compte de la grande bonté et charité du missionnaire.
Il s’adjoint à ce moment, à un groupe de prêtres qui missionnent dans la région de Saint-Brieuc. Pendant 7 à 8 mois, Louis-Marie évangélisera tout ce pays.
A La Chèze, il restaure, aidé par les habitants enthousiasmés, une chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié, et tombée en ruines.
Les miracles ne se comptent plus sur son passage. C’est une mère qui lui amène sa fille malade, et le prêtre la lui rend pleine de santé assurant qu’elle n’aurait plus jamais cette maladie. Ce sont des fiévreux qui sont guéris après avoir pris un peu d’eau dans laquelle Montfort a trempé un insigne du « Saint Nom de Jésus ».
Ce sont surtout des affamés pour lesquels -comme autrefois Notre Seigneur- il multiplie la nourriture : le voilà qui arrive avec une bande de pauvres chez une veuve de modeste condition. Elle lève les bras au Ciel et montre toute sa richesse : un pain et deux à trois livres de viande. Sans se troubler, Montfort installe tout son monde, fait lui-même le service et distribue à chacun selon sa faim. Après… il reste encore autant de pain et de viande qu’il y en avait à l’arrivée.
Dans une ferme, un autre jour, c’est le blé qu’il multiplie au grenier.
– « Nous ne pouvons vous donner du pain pour vos pauvres, nous n’avons même plus de blé, » lui déclare cette bonne fermière.
– « Allez balayer votre grenier et apportez ce qui reste ! »
Elle rapporte quelques poignées les donnant de bon cœur à l’homme de Dieu.
Et quand, le soir, elle monte de nouveau à son grenier, elle y trouve un gros tas de blé, de quoi nourrir tous les siens pendant 6 mois et faire aussi l’aumône à tous les malheureux qui se présenteront.
Ces missions de La Chèze et des environs soulèvent tant d’enthousiasme que Montfort, en hommage de reconnaissance à Marie, fit allumer des feux de joie pendant 9 jours sur les collines avoisinantes, au son des cantiques.
Belle conclusion des activités de celui qui, à limitation de son Maître, s’efforçait, par sa parole et plus encore par sa « sainteté »‘ rayonnante, de rallumer dans les âmes, la ferveur de l’amour de Dieu et du prochain.
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