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28 avril 1716

La vie de saint Louis-Marie Grignion de Montfort en bande dessinée – Planche 9

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En cliquant sur l’image concernée, vous pouvez entendre ou couper le récit en audio .

Voilà Montfort à Saint-Brieuc, prêchant, confessant, priant et s’occupant des pauvres. On a conservé le souvenir qu’il « en nourrissait plus de 200, leur faisant le catéchisme et récitant avec eux le chapelet. » Il sait bien que ce n’est pas suffisant de venir en aide à la misère matérielle ; secourir les corps affamés et négliger les âmes créées par Dieu, faites pour Le connaître et L’aimer, c’est oublier le principal, « l’unique nécessaire » comme dit l’Evangile. « Pain du corps et pain de l’âme » et Louis-Marie se garde bien de l’oublier. Il y avait sans doute trop longtemps que Louis-Marie n’avait pas eu d’ennuis. Sa vie devait être marquée perpétuellement par la « Croix ». Comme il le dit un jour lui-même :
– « Pas de croix ? Quelle croix ! »
Aussi, des difficultés s’élèvent-elles bientôt à son sujet dans le petit groupe des missionnaires : on lui reproche son originalité. Sans pouvoir le dire, on lui reproche sans doute plus encore son succès auprès des foules, succès qui laisse les autres missionnaires un peu dans l’ombre… un peu jaloux peut-être ?
Il lui faut donc reprendre sa route, solitaire, en tant que prêtre. Il a toujours le fidèle Frère Mathurin, et même un nouveau venu, Frère Jean.
Les voilà installés, tous trois, dans un petit ermitage qui domine la ville de Montfort-sur-Meu. Ils l’habiteront deux ans, rayonnant de là sur les pays alentour, restaureront la chapelle Saint-Roch, et bâtiront un calvaire.
Entre deux missions, les trois compagnons reviendront avec bonheur à leur cher ermitage Saint-Lazare, pour s’y retremper dans le silence de la retraite.
Dans la petite chapelle, ils ont installé, devant l’autel de Notre-Dame, un chapelet monumental dont les grains « de la grosseur d’une noix » permettent à plusieurs personnes de le réciter en même temps.
Il n’y a cependant pas tous les jours à manger dans la petite communauté. Un certain jour, les deux bons Frères sont un peu tristes : c’est qu’ils n’ont pas déjeuné !
Et le soir est là bientôt, qui promet semblable souper.
– « Confiance, confiance ! » répète le Père, qui a une foi inébranlable en la Providence.
Il a bien raison, car avant l’heure de se mettre à table, voici qu’arrive un paysan des environs, à qui il est venu soudain l’idée de porter tout de suite un panier de provisions à l’ermitage Saint-Lazare.
Joie et reconnaissance dilatent le cœur des trois compagnons.
Le Père ne redoutant jamais rien pour lui, il faut bien, en effet, que la Providence le protège elle-même. Passant dans une rue, il entend des cris sortant d’une maison : c’est un homme qui bat durement sa femme. Montfort se précipite entre eux. Furieux, l’homme brandit sa hache contre Louis-Marie. Hurlement de terreur de la femme. Mais la hache ne retombe pas. Stupide, le bras raidi en l’air par une force mystérieuse, le forcené ne peut qu’injurier Louis-Marie.
Dieu a retenu le bras criminel.
Sa famille étant revenue au pays, Louis-Marie accepte d’y déjeuner, mais à condition qu’on fasse un grand repas où il puisse amener ses « amis ».
on prépare donc une longue table, et on l’attend, un peu intrigué.
A l’heure dite, Montfort arrive, entouré d’un groupe de pauvres, de boiteux, d’aveugles, miséreux de tout genre. Heureusement, Monsieur et Madame Grignion ont le cœur vraiment chrétien ; aussi tout le monde entoure les malheureux et leur fait fête. les parents de Louis-Marie doivent être fiers de la charité de leur fils.
Il faut pourtant bientôt quitter la région, et c’est vers Nantes que se dirigent maintenant Montfort et ses deux compagnons.
Sur la place Royale de cette ville, un groupe d’officiers discutent. Et l’un d’eux se met à jurer. Montfort ne peut supporter cela. Il s’adresse aussitôt à lui en termes à la fois si délicats et si fermes que l’officier, touché par la grâce, se met à genoux devant tous et demande pardon de son blasphème.
Les prédications reprennent. Pour y appeler les fidèles, Frère Mathurin s’en va vers le soir, à travers les vignes, agitant une clochette et chantant à pleine voix :
– « Alerte ! La mission est ouverte, venez-y tous, mes bons amis, venez gagner le Paradis ! »
les gens accourent, et la puissante parole du Père les tient bientôt sous le charme. Partout, succès semblable. Partout, des prodiges éclatent, et sa réputation de sainteté grandit sans cesse. On se raconte de bouche à oreille, l’histoire de ce champ stérile, devenu une bonne terre après qu’il y eut prié.
On cite aussi, en tremblant, cet homme frappé par la foudre dans sa maison, alors qu’il avait refusé, seul de tout le village, de venir à la mission.
Certains ont surpris le Père en conversation « avec une dame rayonnante de Lumière ». La sainte Vierge en effet, cette « bonne Mère » qu’il aimait tant lui apparaissait ou s’entretenait avec lui.
Telle chrétienne qui avait dissimulé trois fautes en confession se voit commander, comme pénitence, de laver un mouchoir blanc qui porte trois taches.
Surprise de ne pas réussir à faire partir les taches, elle comprend soudain, et revenant au confessionnal, avoue les trois péchés cachés. Les taches disparaissent ensuite facilement.
Voilà Montfort pris un jour à partie par quelques débauchés qui se sont jurés de le tuer. Ils l’attendent un soir, à un carrefour, et se jettent sur lui. Des personnes accourent, heureusement, armées de bâtons, et le délivrent.
Mais comme elles veulent ensuite châtier les jeunes bandits :
– « Mes chers enfants, » supplie Louis-Marie, « ne leur faites pas de mal, ils sont plus à plaindre que vous et moi. »
Les châtelains de La Chevrolière demandent au Père une mission. Mais ils sont en opposition avec le Curé de la paroisse, ce qui crée à Louis-Marie de grosses difficultés : là où règne la division, c’est souvent le diable qui mène le jeu. Montfort prêche donc un jour, dans cette paroisse, lorsque le Curé se met à le critiquer tout haut.
Il s’oublie jusqu’à dire aux assistants qu’ils perdent leur temps en venant aux exercices de la mission. Comme à Poitiers, Louis-Marie s’est mis à genoux. Puis il descend de la chaire, salue respectueusement Monsieur le Curé et fait chanter le Te Deum devant le Saint-Sacrement, assurant à l’un de ses amis qu’il a de cette humiliation « une joie qui ne saurait exprimer ». Le Frère Pierre, un nouveau venu dans la petite troupe, tombe malade à Vertou, pendant la mission. C’est grave. On lui donne l’extrême-onction.
Après lui avoir demandé s’il a la foi, le bon Père lui dit :
– « Pierre, voulez-vous m’obéir ?
– « De tout cœur ! »
– « Je vous demande de vous lever dans une heure, et de venir nous servir à table. »
Quand les missionnaires, après la cérémonie, viennent déjeuner, ils trouvent, debout, tout souriant, celui qui était mourant le matin.
Montfort est de plus en plus connu et, naturellement, aimé et vénéré par les uns, critiqué et calomnié par les autres.
Une dame charitable de Nantes lui donne une petite maison, qu’il appelle aussitôt une « Providence ». Il l’habite avec ses Frères lorsqu’il est de passage dans la ville. Mais sa vie est de missionner sans cesse : le voilà à Bouguenais. Il est en chaire, tenant comme d’habitude tout l’auditoire en haleine. Soudain, il s’arrête net, et, d’un tout autre ton s’écrie :
– « Deux hommes pour aller sauver mon âne qui se noie au bas du bourg ! »
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