Au service du sacerdoce

« Le but de la Fraternité est le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne »

Statuts de la Fraternité

Avoir comme but le sacerdoce, c’est d’abord transmettre le sacrement de l’ordre à des prêtres formés dans l’esprit de l’Église de toujours. Mgr Lefebvre le répéta souvent : « La formation sacerdotale est le premier et principal but de la Fraternité Saint-Pie X ». Il y a cinquante ans, des jeunes gens sont venus trouver Mgr Lefebvre. Ils étaient déroutés par l’impossibilité de trouver une formation vraiment catholique dans les institutions existantes, prises dans le tourbillon des réformes conciliaires. C’est à eux que notre fondateur destina une première maison de formation à Fribourg, avant l’ouverture du séminaire d’Écône en Suisse. Aujourd’hui, XXX séminaristes se préparent à leur ministère futur dans les 6 séminaires de la Fraternité. Après leur ordination, ils rejoindront la petite armée des 650 prêtres de la FSSPX.

La Fraternité fut donc fondée pour transmettre un idéal sacerdotal qui se perdait, sa véritable nature se corrompant dans la foulée de la révolution en cours. Tâche qui aurait pu être décourageante ; œuvre que notre fondateur jugea plus tard providentielle :

1965-1990 : c’est la période de l’effondrement du sacerdoce catholique. 1970-1990 : la Providence, selon sa sagesse infinie, suscite une œuvre de restauration du sacerdoce afin de préserver les trésors que Jésus-Christ a confiés à son Église (Préface du 20 mars 1990 pour la réédition des Statuts de la Fraternité Saint Pie X).

Restaurer le sacerdoce, c’est d’abord lui redonner son premier but : le prêtre est fait pour offrir à Dieu le sacrifice de la messe. Voilà pourquoi les œuvres principales de la Fraternité ont pour centre le prieuré et l’église, dans laquelle est offert le sacrifice. Autour de l’autel, sur lequel la messe est célébrée, sont organisées les vraies familles catholiques et l’école intégralement chrétienne – prolongement de la famille.

Servir le sacerdoce, c’est encore aider à la sanctification des prêtres. Dans ce but, Mgr Lefebvre encouragea récollections sacerdotales, associations de prêtres, Tiers-Ordre, périodiques. En organisant la Fraternité, il ne négligea rien de ce qui peut soutenir les prêtres dans leur vie sacerdotale : on pense en particulier aux Exercices spirituels organisés pour eux, aux réunions leur permettant de ne pas tomber dans la tiédeur ou dans des compromissions avec le monde, et de donner, par leur attitude, l’exemple des vertus sacerdotales.

Quelles sont ces vertus que Mgr Lefebvre attendait chez ses prêtres ? D’abord « un grand amour de Dieu qui engendre naturellement chez le prêtre virginité et pauvreté, qui suscite le don de soi par la foi et l’obéissance, ainsi que la faim et la soif de la vertu de justice » ; puis « un grand amour de Jésus-Christ et de sa très sainte mère » ; enfin, « de tout cela, découlant une charité envers le prochain qui ne faisait pas défaut dans la vie des premiers Apôtres ». Il poursuivait : « Le prêtre, avide du désir de sauver les âmes, accepte avec joie, alors, contradictions, humiliations et épreuves. C’est par l’humilité, la douceur, la discrétion et la magnanimité qu’il gagne les âmes, comme instrument docile de l’Esprit-Saint pour transmettre la vie éternelle aux âmes ». Mgr Lefebvre alors insistait sur le port de la soutane comme témoignage du détachement du monde : « Plus l’impudence et la concupiscence de la chair envahissent la société, plus la présence de la soutane s’avère nécessaire » – sans oublier la fermeté de la foi et de la doctrine du prédicateur qu’il attendait de ses prêtres en vue d’un véritable renouveau spirituel, par l’aliment d’une formation « solide philosophiquement et théologiquement, à la lumière des lumineux enseignements de saint Thomas d’Aquin ».