Pour la défense de la foi catholique

Nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. (…) Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néomoderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues »

Mgr Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974

Dans cette déclaration de 1974 publiée après la visite de deux envoyés romains qui avait choqué le séminaire d’Ecône, les deux axes du combat de la Fraternité sont clairement affirmés : adhésion ardente à la Rome traditionnelle, refus net de la nouvelle Rome, par fidélité à l’héritage romain.

Ce combat, Mgr Lefebvre l’avait mené au Concile où il se fit remarquer par sa pugnacité et son discernement. Dès l’année qui suivit la dernière session, sa réponse du 20 décembre 1966 à la lettre du 24 juillet du cardinal Alfredo Ottaviani sur « certains abus et opinions erronées dans l’interprétation de la doctrine du concile Vatican II » étonne par sa clairvoyance, encore près de soixante ans plus tard.

Ce fut d’abord la défense de la messe qui allait occuper le devant de la scène, jusqu’à occulter, aux yeux de certains, d’autres luttes doctrinales. Ecône étant l’unique séminaire au monde à former encore des prêtres exclusivement attachés au rite de saint Pie V et opposés au nouveau rit, le combat de la messe allait presque s’identifier à la Fraternité … et les condamnations n’allaient pas tarder à pleuvoir. La Fraternité est « supprimée » en 1976 et son fondateur suspens a divinis. C’est le sceau de la persécution la marque des stigmates du Christ. Ostracisée, condamnée, caricaturée, la Fraternité reste aujourd’hui une cible de préférence pour des tirs venant de tous côtés.

Mais ce sont toutes les erreurs conciliaires qui furent dénoncées par Mgr Lefebvre et ses prêtres, par toutes sortes de moyens : conférences, brochures, lettres publiques – outre des sermons retentissants comme celui de Lille en 1976. Ces erreurs furent didactiquement regroupées en trois grands thèmes : liberté religieuse, collégialité et œcuménisme. Puis, une analyse plus poussée se fit jour. Les textes conciliaires furent soigneusement scrutés. Les thèmes du sacerdoce des fidèles, de l’Église-communion, de la Tradition, du Magistère, de la validité des nouveaux sacrements furent tour à tour mis en valeur, développant avec le temps un remarquable argumentaire toujours plus affiné et actualisé. Toujours, la Fraternité revient au Concile et à la doctrine qu’il véhicule. Quand, autour d’elle, on s’efforce de l’excuser et d’en appeler à de fausses interprétations, elle montre la nocivité du Concile en lui-même, comme dans la liturgie, l’ecclésiologie, le droit canonique, le gouvernement ecclésiastique et la diplomatie qui en sont issus.

Au fond, l’argument sans cesse repris reste la constance de la Tradition. Accessible au plus simples des fidèles, il tire sa force de vingt siècles de doctrine et de pratique de l’Église contre lesquels viennent se briser les nouveautés conciliaires : si le concile et les réformes postconciliaires sont catholiques, l’Église s’est trompée pendant vingt siècles. C’est donc l’inverse qui est vrai. Voilà la grande force de la Fraternité : elle n’a pas de doctrine propre, elle oppose la doctrine de vingt siècles aux erreurs modernes déjà condamnées par l’Église.

Depuis peu, plusieurs hauts prélats se font entendre, dénonçant les déviations doctrinales, pastorales et disciplinaires du pape. Naguère isolée, la Fraternité se voit imitée dans son œuvre de vigie de la foi. Est-ce l’heure de la relève ? pas encore, car ces critiques louables restent tributaires d’une théologie attachée aux faux principes de Vatican II. Encore aujourd’hui, il incombe à la Fraternité Saint-Pie X de prêcher clairement la doctrine et d’exercer ainsi cette difficile charité de la vérité, pour l’honneur de Jésus-Christ, le bien de l’Église et le salut des âmes.