Pour la messe de toujours

« La Fraternité n’a pas d’autre raison d’être : le prêtre, le sacrifice, l’Eucharistie »

Mgr Lefebvre, conférence spirituelle aux séminaristes

Mgr Lefebvre n’a pas voulu de doctrine, ni de spiritualité propre pour la Fraternité Saint-Pie X. S’il a tant insisté sur le sacrifice de la messe, c’est que celui-ci est au fondement de la vie de l’Église : « Approfondir ce grand mystère de notre foi qui est la sainte messe, avoir pour ce mystère une dévotion sans bornes, le mettre au centre de nos pensées, de nos cœurs, de toute notre vie intérieure, ce sera vivre de l’esprit de l’Église », telle est l’exhortation que fait, un jour, l’évêque à ses prêtres.

En 1979, lors de son jubilé sacerdotal célébré le 23 septembre 1979, il raconta la place qu’occupèrent, dans ses années de formation, l’autel et la messe :

« Jeunes séminaristes à Santa Chiara, au séminaire français de Rome, on nous apprenait l’attachement aux cérémonies liturgiques. (…) Et nous aimions préparer l’autel, nous aimions préparer les cérémonies, nous étions tout en fête la veille d’un grand jour où une grande cérémonie allait se dérouler sur nos autels. Nous avons appris, jeunes séminaristes, à aimer l’autel ».

Ce qu’il avait appris au séminaire, les années de ministère passées en Afrique noire, loin de l’écarter de ces réalités si profondes, lui en firent découvrir toute la valeur :

« Là, j’ai commencé à apprendre ce qu’était la messe. Certes, je connaissais, par les études que nous avions faites, ce qu’était le grand mystère de notre foi, mais je n’en avais pas compris toute la valeur, toute l’efficacité, toute la profondeur. Cela, je l’ai vécu jour après jour, année après année, dans cette Afrique et particulièrement au Gabon où j’ai passé treize ans de ma vie missionnaire. (…) Là j’ai vu, oui, j’ai vu ce que pouvait la grâce de la sainte messe ».

A la vue de ces nombreux villages qui se transformaient sous l’influence du saint sacrifice de la messe, le missionnaire comprit toute l’importance des grandes vérités dogmatiques exposées au séminaire. Ce sommet d’amour de Dieu, renouvelé quotidiennement sur nos autels, sera désormais le cœur de sa vie comme de son apostolat.

Persuadé depuis les premiers instants que la messe est au cœur de l’Église, Mgr Lefebvre n’a eu de cesse de vivre de ces grandes réalités, et d’en imprégner ceux qui, dans la Fraternité Saint-Pie X, venaient se donner à l’Église. C’est ce qui explique son attachement inébranlable à la « messe de toujours » et son refus du rite créé par Paul VI. Parce que la défense de la messe menacée était la plus belle manière de servir l’Église romaine, l’ancien archevêque de Dakar n’hésita pas à dénoncer publiquement les très graves défauts de ce qu’il qualifia de « messe de Luther ». Son assurance venait de ce qu’il ne s’appuyait pas sur des préférences ou des goûts personnels, mais sur la Tradition de l’Église : « Nous devons être d’autant plus fermes sur ces choses-là, et c’est la réponse la plus forte que l’on puisse faire sur la réforme liturgique : c’est qu’elle va à l’encontre des définitions absolument définitives et dogmatiques du Concile de Trente ».

Cet attachement inébranlable à la « messe de saint Pie V » qui « ne peut correspondre à l’esprit de Vatican II » (homélie à Zaitzofen, 1987) va de pair, dans la Fraternité Saint-Pie X, avec la défense de la foi contre les nouveautés conciliaires. Jusqu’aux sacres de 1988 l’un ne pouvait pas aller sans l’autre, mais depuis la bulle Ecclesia Dei de Jean-Paul II, le 2 juillet 1988, le rite traditionnel est permis dans la mesure où la nouvelle doctrine est admise ou, au moins, n’est plus critiquée. Mgr Lefebvre, en 1990, prêche à l’occasion des vingt ans de la Fraternité Saint-Pie X en ces termes : « en même temps que Rome donne par exemple à la Fraternité Saint-Pierre (…) l’autorisation de dire la messe de toujours, en même temps, ils font signer une profession de foi dans laquelle est inscrit le Concile, dans laquelle il faut admettre l’esprit du Concile. (…) Comment vouloir maintenir la messe de toujours, en acceptant l’esprit qui détruit cette messe de toujours ? C’est se placer dans une contradiction complète ».

Cinquante ans après la promulgation du nouveau rite de la messe, nous ne pouvons que continuer à clamer haut et fort ces paroles que notre fondateur Mgr Lefebvre nous livrait comme son testament lors de son jubilé sacerdotal en 1979 :

Pour la gloire de la Très Sainte Trinité,
Pour l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ,
Pour la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie,
Pour l’amour de l’Église, pour l’amour du Pape,
Pour l’amour des évêques, des prêtres, de tous les fidèles,
Pour le salut du monde, pour le salut des âmes,
Gardez ce testament de Notre-Seigneur Jésus-Christ !
Gardez le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ !

Gardez la Messe de toujours !