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Les insolites de LPL

   Abbé Christophe Héry

 

 

Abbé Christophe Héry, "Le Mascaret" de mars 2004

La PASSION sans passions !!

 

ui est responsable de la crucifixion de Jésus ? Complexe de culpabilité et montage médiatique se mêlent, sur fond d'Évangile, en cette question devenue redoutable. "On" voudrait faire croire aux chrétiens que leur vénération pour la croix instille en leurs veines depuis deux mille ans le poison de la "haine" du "Juif".
À titre de référence, ouvrons le fameux Catéchisme du Concile de Trente, publié sous le pontificat du peu médiatique saint Pie V, en 1566, en réponse à Luther. A la question, d'emblée plurielle, « Causes de la mort de Jésus-Christ », après une page sublime de méditation sur la Passion du Sauveur et l'amour de Dieu pour les hommes, ce catéchisme traditionnel répond :

« « Il faut ensuite exposer les causes de la Passion, afin de rendre plus frappantes encore la grandeur et la force de l'amour de Dieu pour nous. Or, si l'on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, ceux qu'ils commettrons encore jusqu'à la consommation des siècles.(...) Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'il endura. ». »

La fausse accusation de « déicide »

Nulle trace, nulle mise en cause ici des "Juifs". "Ils" sont absents de la problématique tridentine. Depuis saint Paul, la cause de la crucifixion de Jésus, du point de vue des terriens que nous sommes, ce sont les péchés de tous les hommes : tous coupables ; Grecs, Juifs ou païens : tous responsables. Du point de vue de Dieu, précise en second point le Catéchisme de Trente, « Jésus-Christ a été livré à la mort par son Père et par Lui-même ». L'amour divin est premier et plus fort que les haines humaines. Jésus endosse librement le péché du monde et prend sur lui, en expiation volontaire, l'ensemble des souffrances qui en résultent. « Ma vie, nul ne la prend, c'est moi qui la donne » : Il accepte librement le supplice et le rôle odieux de « bouc émissaire », pardonnant à ses bourreaux et livrant sa vie pour ceux qu'il aime. Citons encore ce Catéchisme, pour pénétrer davantage cette poignante vérité qui touche à notre rédemption et notre destinée éternelle : « Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute [le déicide], ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à N.S. Jésus-Christ le supplice de la croix ».
On note une seule mention des "Juifs" dans les quatre pages de cet article-clé du catéchisme de saint Pie V : elle vise à atténuer leur participation à ce mystère de la mort de Jésus, en comparaison des chrétiens qui savent, eux, que Jésus est Dieu : « Il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs, car eux, au témoignage de l'Apôtre [St Paul, rabbin converti] : "s'ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne l'auraient jamais crucifié [I Cor 2,8]", nous au contraire, nous faisons profession de le connaître. Et lorsque nous le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. »
Nos mains chrétiennes sont aussi déicides. Telle est la stricte théologie véhiculée par l'Église au Concile de Trente et transmise depuis vingt siècles au sujet de la mort du Christ : dégagée de toute accusation et de toute dialectique concernant le "peuple juif ".

Que dit le nouveau catéchisme

Sur cette même question, l'approche du nouveau Catéchisme de l'Église Catholique, paru en 1992, diffère singulièrement de celui de 1566. Affleure, jusque dans la structure de la réponse, un complexe de culpabilité, au point de déplacer tout le propos en le centrant cette fois sur "les Juifs".
D'abord, Le Christ n'est plus désigné par son titre, ni comme Fils de Dieu, ni même comme le Messie : Il est seulement appelé Jésus - c'est plus neutre. Les intertitres de l'article prennent la forme d'un justificatif, en réponse à la récente accusation faite aux chrétiens : « Les Juifs ne sont pas collectivement responsables de la mort de Jésus » - ce qui paraissait d'une telle évidence en 1566 qu'on n'en parlait pas.
Cependant, ce nouveau catéchisme ne craint pas d'accuser certains « Juifs de Jérusalem » d'être individuellement coupables du « procès de Jésus », jugement que s'abstenait de prononcer le catéchisme traditionnel - Jésus ayant prié le Père qu'Il leur pardonne avant de mourir - et met en cause « le péché personnel de certains acteurs du procès (Judas, le Sanhédrin,...) » ainsi que « la foule manipulée ».
Au paragraphe précédant, « Division des autorités juives à l'égard de Jésus », se signale la même démarche apologétique : toutes les « autorités juives de Jérusalem » ne sont pas contre Jésus, mais donc, quand même, la plupart le sont. Il est rappelé que Jésus Lui-même était Juif, et les tout premiers chrétiens, par milliers, l'étaient aussi. « Parmi les autorités juives de Jérusalem, non seulement il s'est trouvé le pharisien Nicodème ou le notable Joseph d'Arimatie, pour être en secret disciples de Jésus, mais il s'est produit pendant longtemps des dissensions au sujet de Celui-ci. »
A la page suivante, la réponse traditionnelle : la mort du Christ a pour cause les péchés de tous les hommes, avec citation du Catéchisme de 1566, est mêlée au même lancinant mea maxima culpa frappé sur la poitrine des chrétiens ; théologiquement, « L'Église n'hésite pas à imputer aux chrétiens la responsabilité la plus grave dans le supplice de Jésus, responsabilité dont ils ont trop souvent accablé uniquement les Juifs ». Accablement qui n'est pas le fait, en tout cas, du catéchisme tridentin.
Par comparaison, il est clair que ce sont les autorités grecques d'Athènes qui furent responsables de la mort de Socrate, exécuté par le poison de la sigüe. Il serait absurde d'imputer aujourd'hui au peuple grec la responsabilité de la mort de Socrate. De même pour le Christ : il est absurde d'imputer sa mort à tout le peuple juif, de l'an 30 jusqu'à la fin des temps. Au sens littéral et historique des Évangiles, le concile Vatican II déclare sans équivoque :

« « Au témoignage de l'Écriture sainte, Jérusalem n'a pas reconnu le temps où elle fut visitée (Lc 19, 44) ; les Juifs, en grande partie, n'acceptèrent pas l'évangile, et même nombreux furent ceux qui s'opposèrent à sa diffusion (cf. Rom 11, 28). [.] Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ (cf. Jn 19, 6), ce qui a été commis durant sa passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les juifs vivant alors, ni aux juifs de notre temps. S'il est vrai que l'Église est le nouveau peuple de Dieu, les juifs ne doivent pas, pour autant être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture [Nostra Ætate, §4,]. » »

Rabbi Saul et le judaïsme

Rabbi Saul, devenu l'Apôtre des païens, se heurte très tôt aux violences de la religion judaïque auxquelles il avait d'abord prêté la main (lapidation sauvage du diacre Etienne). Poursuivi, emprisonné, battu, ne devant la vie qu'à sa citoyenneté romaine, il bataillera du verbe et de la plume pour persuader les premiers chrétiens de se couper - si l'on peut dire - du littéralisme de la Torah et des pratiques judaïsantes, devenues vides de sens. Le Concile de Jérusalem tranchera d'ailleurs en sa faveur.
Par la suite, l'Église s'est affrontée doctrinalement au nouveau judaïsme, religion reconstituée après la destruction du Temple par les successeurs des pharisiens. Selon l'historien André Paul, entre le christianisme et le judaïsme du Ier siècle, il y a paradoxalement « rupture ». Condamnant l'antisémitisme, le pape Pie XI déclarait en 1938 que les baptisés étaient « spirituellement Sémites ». Cela ne signifie en rien que les chrétiens peuvent continuer à « judaïser » (Gal 4), mais doit seulement s'entendre au sens où les baptisés sont les authentiques fils d'Abraham, héritiers de l'Alliance par la foi au Christ Messie. « Car ce ne sont pas ceux d'Israël qui sont Israël » expliquait déjà saint Paul : le nouvel Israël, c'est l'Église de Jésus-Christ.
À moins donc de nier l'histoire et de rayer du Nouveau Testament les épîtres de saint Paul (celle aux Galates en premier), il faut absolument distinguer les controverses chrétiennes visant le judaïsme héritier des pharisiens, de l'antisémitisme, doctrine monstrueusement moderne du mépris, de la malédiction ou de la haine systématique contre les populations sémites (judéennes, arabes, syriennes, palestiniennes, etc.), fondamentalement antichrétienne et que l'Église a condamnée.

Laissons pour conclure la plume à saint Paul :

« « Oui, je souhaiterais d'être moi-même anathème, séparé du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair, eux qui sont israélites, à qui appartiennent l'adoption, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses, à qui sont les Pères, et de qui est le Christ selon la chair, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen ! ... Le souhait de mon coeur et ma prière à Dieu pour eux, c'est qu'ils soient sauvés... Je dis donc : Dieu aurait-il rejeté son peuple ? Jamais de la vie ! » »

 

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Dimanche 5 juillet 2020
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