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19 septembre 1846

Apparition de Notre Dame à La Salette

Mélanie Calvat que l’on devait connaître par la suite sous le nom de Mélanie de La Salette ou de Soeur Marie de la Croix ou encore de la ber­gère de La Salette, naquit à Corps, dans l’Isère en 1831.

La famille était si pauvre que son père, maçon et scieur de long, s’ab­sen­tait sou­vent pen­dant plu­sieurs mois pour gagner sa vie. Pierre Calvat aimait ses enfants. Il en eût dix. C’était un bon chré­tien qui les exhor­tait à vivre dans la crainte de Dieu et dans l’ob­ser­va­tion de ses com­man­de­ments. Lorsqu’il était là, il veillait à ce que les prières du soir soient bien dites avant le cou­cher. On esti­mait cet homme intègre.

Sa femme, au contraire, recher­chait les diver­tis­se­ments et se sou­ciait assez peu de reli­gion. Après deux gar­çons, la nais­sance de Mélanie lui fit espé­rer trou­ver avec une fille, une com­pagne pour ses dis­trac­tions et une vie moins sévère. Or, dès ses pre­miers mois, l’en­fant se débat­tait et criait lorsque sa mère l’emmenait à un spec­tacle ou dans des réunions de bavardages.

Elle se révé­la très vite toute atti­rée par Dieu au plus grand déplai­sir de la mère qui pro­fi­tait des longues absences du père pour la jeter hors de la mai­son, de jour comme de nuit, par tous les temps, sans nour­ri­ture ni vête­ments appropriés.

La pre­mière fois, l’en­fant savait à peine mar­cher. Elle était bien sou­vent obli­gée d’al­ler, en pleu­rant, se réfu­gier dans les bois avoi­si­nants. C’est là que, dans sa déso­la­tion, elle com­men­ça de voir un enfant d’une grande beau­té, venir jouer avec elle, lui don­ner une nour­ri­ture céleste, la récon­for­ter et lui com­mu­ni­quer tout l’en­sei­gne­ment divin.

Avant que le père ne revint, il l’a­ver­tis­sait de retour­ner à la mai­son de ses parents afin que la paix n’y soit pas trou­blée par des dis­putes à son sujet. Dans sa sim­pli­ci­té, il lui fal­lut de longues années pour com­prendre que cet aimable enfant, dont la pré­sence la rem­plis­sait d’un si grand bon­heur, était l’Enfant-Jésus.

Elle vivait dans un monde qui n’é­tait pas le nôtre. L’instruction qu’elle rece­vait dans ces moments l’in­tro­dui­sait dans les plus hautes sphères de la mystique.

Un jour de cette petite enfance, son « bon frère » ain­si qu’elle le nom­mait, la com­mu­nia puis, dans son désir ardent de souf­frir pour l’a­mour de Dieu, Il lui impo­sa les stig­mates. Elle avait 4 ou 5 ans. Les ani­maux lui obéis­saient. Souvent pri­vée de toute nour­ri­ture, on la trou­ve­ra plus tard ne plus se nour­rir que de l’Eucharistie.

Le 19 sep­tembre 1846,il fait un temps radieux. Mélanie a 14 ans. Elle ne sait ni lire ni écrire, ne parle et ne com­prend que le patois. Pour deux jours, Maximin Giraud, un enfant de 10 ans, aus­si igno­rant qu’elle, gar­de­ra le trou­peau de son maître avec celui de Mélanie. Après leur fru­gal repas et une courte sieste, leur appa­raît une lumière éblouis­sante qui, lors­qu’elle se fut ouverte, leur découvre une belle dame assise, la tête entre les mains. Cette belle dame se lève en les regar­dant et dit :

« Avancez mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous annon­cer une grande nouvelle. »

Les enfants sont tout près d’Elle qui com­mence son dis­cours pen­dant que les larmes coulent de ses beaux yeux. Ce dis­cours peut se divi­ser en trois parties :

1) On peut appe­ler « Discours Public » le pre­mier mes­sage qui est un aver­tis­se­ment à tout le peuple chré­tien contre ses blas­phèmes et son oubli des com­man­de­ments de Dieu et de l’Eglise.

2) La seconde par­tie com­prend les « secrets » adres­sés sépa­ré­ment à Mélanie puis à Maximin. Mélanie reçut l’ordre de ne le divul­guer qu’à par­tir de 1858. Maximin ne livre­ra le sien uni­que­ment au Pape Pie IX et par écrit.

3) La troi­sième par­tie consiste en une Règle de vie reli­gieuse, que Mélanie s’est enten­due dicter.

Elle n’a vou­lu la don­ner qu’aux per­sonnes dis­po­sées à la suivre. Le soir, de retour au vil­lage, les enfants racon­te­ront les faits et les paroles de la belle dame. Le curé sera mis au cou­rant, puis l’é­vêque de Grenoble, Mgr de Bruillard qui, après enquête et inter­ro­ga­toire des enfants, sera vite convain­cu de l’au­then­ti­ci­té des faits, ce que seul le Pape peut pro­cla­mer officiellement.

Pie IX ayant les infor­ma­tions en mains, le fera. Léon XIII les confir­me­ra à son tour.

Une source mira­cu­leuse a jailli à l’en­droit où s’é­tait tenue la Sainte Vierge. Vite iden­ti­fiée par les auto­ri­tés ecclé­sias­tiques, les foules ne tardent pas à affluer à La Salette, où se pro­duisent de nom­breux miracles et conver­sions. Les enfants répètent indé­fi­ni­ment le « Discours Public », mais nul ne peut leur arra­cher un mot de leur secret res­pec­tif qu’ils ne se sont pas trans­mis entre eux.

Les enfants com­mencent à être ins­truits. Mélanie fait son novi­ciat chez les reli­gieuses de Corps.

Mais l’en­ne­mi de tout bien veille et, devant la rapi­di­té avec laquelle se pro­pagent les faits mer­veilleux, va sus­ci­ter à l’en­contre des paroles de Notre Dame une cam­pagne de sus­pi­cion, contre les voyants, notam­ment Mélanie.

Une vague de calom­nies et men­songes orches­trée par le nou­vel évêque de Grenoble, Mgr Ginoulhiac, lui inter­dit son entrée en reli­gion, puis réus­sit à l’en­voyer en Angleterre et à la faire entrer dans un car­mel d’où elle n’au­rait plus la pos­si­bi­li­té de dif­fu­ser le mes­sage don­né par la Sainte Vierge, à par­tir de 1858.

Avec l’aide de la pro­vi­dence, Mélanie sort du car­mel anglais. Elle est rele­vée de ses voux afin de pou­voir res­ter fidèle à la demande du ciel, mais il lui fau­dra s’exi­ler en Italie pour trou­ver la pro­tec­tion de Mgr Petagna et faire impri­mer son « secret ».

Ce très long secret, Mélanie le rédige et peut le remettre en mains propres au Pape Léon XIII en 1878. Avec son accord, à par­tir de 1879, elle se pré­oc­cupe de sa dif­fu­sion. Elle l’a­vait reçu avec les recom­man­da­tions sui­vantes, répé­tées par deux fois :

  • « Vous le ferez pas­ser à tout mon peuple ». 
  • « Commentez le secret pour que le peuple le com­prenne bien ».

Maître Amédée Nicolas, de Lyon, pres­sen­ti pour le com­men­taire fût empê­ché de réa­li­ser ce tra­vail en rai­son de la farouche hos­ti­li­té ren­con­trée dans le clergé.

Ce secret qui a pu être mis en paral­lèle avec l’a­po­ca­lypse de Saint Jean, semble pré­sen­ter une appa­rence de contra­dic­tion sur cer­tains passages.

Dans le dérou­le­ment des temps à venir, c’est une fresque gran­diose et impressionnante.

Le cler­gé y est très sou­vent mis en cause.

L’existence des voyants fut une longue suite d’at­taques et de dif­fi­cul­tés de tous ordres.

Mélanie mou­rut en Italie, dans une extrême pau­vre­té, à l’é­cart de tout. Maximin finit ses jours dans la mala­die et la misère.

Notre Seigneur a connu l’a­go­nie, le cal­vaire et la croix. Le ser­vi­teur n’est pas au-​dessus de son maître.

G.T. – Toulouse