Abbaye Saint-Michel

Saint-Michel-en-Brenne
Sœurs de la Fraternité Saint Pie X
Messe Dimanche & Fêtes

11h

Messe en Semaine

7h15 (en général)

grandes fêtes: se renseigner

Décès de Sœur Marie Emmanuel Faure, Sœur de la Fraternité Saint-Pie X, le 8 février à l'Abbaye Saint Michel.

Paru le

1) Histoire

Au VIIe siècle (641), Sigiranus, fils du comte de Bourges, éta­blit un monas­tère au bord de la Claise, au lieu dit « Longoret » (soit « le long-​gué », du cel­tique ritos, gué). Le vocable pri­mi­tif de Notre-​Dame de Longoret céda la place à celui du pre­mier abbé, sous lequel l’abbaye est la plus connue (Sigiranus>Cyran, d’où Abbaye Saint-​Cyran). Saint-​Michel est le vocable de l’église parois­siale qui a don­né son nom à la com­mune. La Brenne est une région au sol argi­leux très pauvre. D’après la tra­di­tion locale, ce sont les moines de Saint-​Cyran et de l’abbaye voi­sine de Méobecq qui mirent la région en valeur en amé­na­geant les étangs qui per­mirent la pis­ci­cul­ture tout en drai­nant les terres marécageuses.

En 1462 com­mence à Saint-​Cyran la série des abbés « com­men­da­taires ». Un abbé « com­men­da­taire » est un abbé plus ou moins « sur le papier » : il n’est pas reli­gieux, n’est pas élu par les moines mais nom­mé par le roi ; il ne réside pas ordi­nai­re­ment sur place, mais délègue le soin spi­ri­tuel des reli­gieux à un prieur claus­tral. Il se contente d’administrer le tem­po­rel et de per­ce­voir à son pro­fit per­son­nel une part impor­tante des reve­nus fon­ciers de l’abbaye, le reste étant des­ti­né à faire vivre la com­mu­nau­té et à entre­te­nir les bâti­ments. Le sys­tème de la com­mende fut une catas­trophe pour les abbayes qui y furent soumises.

De 1620 à 1643, l’abbé com­men­da­taire fut le trop célèbre Jean Duvergier de Hauranne, pas­sé dans l’histoire sous le nom d’ « abbé de Saint-​Cyran », l’un des prin­ci­paux fau­teurs de l’hérésie jan­sé­niste. Son neveu Martin de Barcos lui suc­cé­da jusqu’en 1678. Tous deux peu­plèrent l’abbaye de reli­gieux jan­sé­nistes, de sorte que l’archevêque de Bourges, dési­reux d’en finir avec ce foyer de troubles, fit fer­mer l’abbaye sur ordre du roi en 1712.

La des­truc­tion des lieux régu­liers s’échelonna sur tout le XVIIIe siècle. Sur l’emplacement de l’abbatiale et du cloître s’élève un médiocre châ­teau construit au XIXe et aujourd’hui mairie.

Les com­muns ont en revanche sub­sis­té. Ils forment un ensemble en forme de fer à che­val où s’échelonnaient jadis écu­rie, étable, grange, pres­soir, loge­ment du gar­dien et mou­lin. L’ancienne hôtel­le­rie, d’époque Renaissance, avait héber­gé quelques soli­taires de Port-​Royal ; elle se mire dans l’étang et consti­tue le plus joli des bâti­ments sub­sis­tants. Ceux-​ci avaient en der­nier lieu abri­té une colo­nie de vacances lorsque Mgr Lefebvre ache­ta ces der­niers ves­tiges de l’antique abbaye en 1975.

Il fit amé­na­ger une par­tie des locaux pour y amé­na­ger un prieu­ré et une mai­son d’exercices spi­ri­tuels, et quelques retraites y furent de fait prê­chées. Mais une seule mai­son (Le Pointet) suf­fi­sant dans le dis­trict pour cet usage, la mai­son abri­ta les Sœurs de la Fraternité Saint-​Pie X à par­tir de sep­tembre 1977.

La congré­ga­tion des Sœurs de la Fraternité Saint-​Pie X exis­tait déjà dans les pro­jets de Monseigneur dès 1970 ; les sta­tuts de la Fraternité rédi­gés à cette date y font allu­sion. Mais la réa­li­sa­tion pra­tique ne com­men­ça qu’en 1974, avec l’arrivée de quelques jeunes filles à Albano (près de Rome) autour de Mère Marie Gabriel. Désireux en 1977 de récu­pé­rer la mai­son d’Albano pour ses sémi­na­ristes, et ne réus­sis­sant pas à trou­ver une pro­prié­té conve­nable proche de la fron­tière suisse et d’Ecône, Mgr Lefebvre mit à la dis­po­si­tion des Sœurs les com­muns de l’Abbaye Saint-​Cyran, bap­ti­sés « Abbaye Saint-​Michel » pour faire oublier le trop fameux janséniste.

Pendant plus de 40 ans, la com­mu­nau­té des Sœurs se conten­ta pour cha­pelle de la grande pièce amé­na­gée à cette fin en 1975. Pour faire face à l’accroissement conti­nu de la congré­ga­tion, tous les autres bâti­ments furent peu à peu amé­na­gés, puis le novi­ciat démé­na­gea à Ruffec en 1989 (voir ce nom), seule la mai­son mère et le caté­chisme par cor­res­pon­dance res­tant à Saint-​Michel. Mais ce n’était pas suf­fi­sant, d’où le pro­jet de construc­tion d’une église.

2) Description

La nou­velle église, qui reprend le vocable d’origine de Saint-​Cyran, ne pou­vait pas reprendre l’emplacement de l’ancienne, occu­pé par la mai­rie. Elle fut située au centre du fer à che­val for­mé par les anciens com­muns, dans l’axe de la porte d’entrée et régu­liè­re­ment orien­tée. Les volumes géné­raux ont des pro­por­tions anciennes.

Des maté­riaux modernes ont été uti­li­sés pour la struc­ture : béton pour la tri­bune por­tant le clo­cher, briques iso­lantes pour les murs. Toutes les par­ties visibles ont en revanche été réa­li­sées avec des maté­riaux à l’ancienne : enduits talo­chés à la chaux pour l’intérieur et l’extérieur, pierre de Chauvigny pour les enca­dre­ments des ouver­tures, tuiles plates de Puycheny pour la toi­ture, lattes de châ­tai­gnier pour la voûte en carène de bateau sur la nef, dal­lage en pierre de La Celle. L’autel de pierre est fait en par­tie d’éléments récu­pé­rés. Trois des vitraux sont figu­ra­tifs (la cru­ci­fixion, Saint Joseph et Saint Cyran, sur des car­tons des sœurs), les autres ont des losanges à l’ancienne.

En consé­quence, l’impression de tous les visi­teurs est que cette église pour­tant toute neuve « a tou­jours été là », ce qui consti­tue le plus beau com­pli­ment pour l’architecte et les entre­prises, tous spé­cia­li­sés dans la res­tau­ra­tion du patrimoine.

Seul le clo­cher, résul­tat des contraintes admi­nis­tra­tives de l’Architecte des bâti­ments de France et des contraintes tech­niques de l’entreprise qui construi­sait son pre­mier clo­cher, a une forme plus sur­pre­nante ; il abrite cepen­dant déjà deux cloches de la fon­de­rie Paccard qui sonnent joyeu­se­ment en atten­dant la consé­cra­tion de l’église pré­vue, si Dieu veut, le 31 octobre 2020.