HISTOIRE
DE LA FSSPX

chronologie de l'histoire de la
Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

La fondation
L'expansion & les premières difficultés
Les sanctions
La Fraternité continue
Un nouveau supérieur général : l'abbé Schmidberger
Lutte contre les scandales de l'Église - expansion
LES SACRES
Les jubilés
Mort de Mgr Lefebvre
Chapitre général, élection de Mgr Fellay
Fin de siècle : paisible croissance
Pèlerinage à Rome en l'an 2000
Contacts avec Rome
Le combat doctrinal : Le problème de la réforme liturgique
De l'oecuménisme à l'apostasie silencieuse
L'élection de Benoît XVI
Décisions préalables & discussions doctrinales
La Fraternité sous le pape François
Contre vents et marées, un monde traditionnel en pleine croissance
1969-1970
1972-1975
1975-1976
1976-1983
1983
1983-1986
30 juin 1988
1989
25 mars 1991
1994
1994-1999
2000
2000-2008
2000
2004
2005
2007-2011
2013
2017-2020
fraternité sainte pie X

1969
1970

LA FONDATION

Dès les années du Concile, Monseigneur Lefebvre, alors Supérieur général de la congrégation des Pères Spiritains, recevait des appels angoissés de la part de séminaristes désemparés.

En effet, la dégradation de la formation sacerdotale se faisait déjà sentir un peu partout. Il commença par les diriger vers des séminaires ou des universités qu’il estimait plus « traditionnels ». Malheureusement, la révolution conciliaire semblait devoir tout emporter : partout on jetait le froc aux orties, on abandonnait les exercices de piété, l’oraison, le chapelet, la dévotion à la Sainte Vierge et aux Saints. L’enseignement de la foi était saccagé, les méthodes nouvelles faisaient table rase du passé, de la philosophie pérenne comme du magistère constant de l’Eglise, la divine Liturgie laissait place aux expériences les plus diverses et les moins sacrées. Devant le constat d’échec des solutions d’attente – comme le Séminaire français de Rome ou l’Université pontificale du Latran –, Mgr Lefebvre se trouva bientôt libre de toute fonction après qu’il eût été amené à démissionner de sa charge, en 1968. Evêque retraité âgé de 63 ans, il se décide alors, comme poussé par la Providence, à ouvrir lui-même une maison de formation à Fribourg en Suisse. Nous sommes en octobre 1969 et la maison de la route de la Vignettaz voit frapper à sa porte les premiers séminaristes demandeurs d’une formation spirituelle vraiment catholique. Parallèlement, ils suivent les cours de l’Université catholique.

1969-1970

C'est l'année cruciale pour lÉglise qui se voit imposer la nouvelle messe.

A Fribourg les débuts sont difficiles : maladie de Mgr Lefebvre, départs de plusieurs séminaristes. A la même époque, en Valais, un groupe de fervents catholiques rachète la maison et le domaine d’Ecône mis en vente par les chanoines du Grand Saint-Bernard. Leur but est de sauver les bâtiments d’un usage profane, car ils ont le ferme espoir de garder à la propriété une finalité religieuse. Bientôt, ils en font don à Mgr Lefebvre qui décide, dans un premier temps, d’y installer l’année préparatoire ou de spiritualité qu’il veut instituer avant les études de philosophie et de théologie. C’est ainsi qu’à la rentrée 1970, 11 séminaristes de 1ère année font leur entrée à Ecône tandis que leurs aînés repartent à Fribourg pour y poursuivre leur formation.

SURTOUT LE 7 NOVEMBRE 1970, Monseigneur Lefebvre annonce fièrement à ses séminaristes l’érection officielle de la « Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » dans le diocèse de Fribourg par Son Excellence Mgr François Charrière.

L’acte est signé du 1er novembre 1970, fête de la Toussaint. L’Eglise catholique reconnaissait ainsi la fondation de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Le 18 février 1971, le cardinal-préfet de la Congrégation du Clergé adressait une lettre de louange pour l’œuvre accomplie. Munie de la reconnaissance et de la bénédiction de l’Eglise, la Fraternité Saint-Pie X semblait promise à un avenir prometteur et serein.

fraternité sainte pie X

1971
1975

L'EXPANSION ET LES PREMIÈRES DIFFICULTÉS

En juin 1971 Monseigneur bénit la première pierre du bâtiment Saint-Pie X à Ecône, pour loger les séminaristes désormais trop nombreux pour les locaux existants.

L’apostolat de ces débuts est encore bien limité : vers 1972, la Fraternité n’exerce de ministère qu’en Grande-Bretagne et en Californie, ainsi qu’en France, où elle assure l’aumônerie d’une modeste école de filles. Mais, en décembre 1972, une campagne de presse est lancée de France contre Ecône. Certains évêques s’agacent de voir partir des jeunes gens pour ce qu’ils ne veulent considérer que comme un « séminaire sauvage ».

En 1973, s’ouvre une nouvelle maison à Armada (Michigan), pour accueillir le séminaire nord-américain. Puis en 1974, c’est l’acquisition d’un ancien noviciat des Frères du Sacré-Cœur à Albano-Laziale, aux portes de Rome.

En octobre 1974, 40 nouveaux candidats se présentent à la porte du séminaire. Ecône compte alors 130 aspirants au sacerdoce, sans compter 5 postulants frères.

Mais, soudain, c’est l’orage. Le 11 novembre 1974, deux visiteurs apostoliques arrivent à Ecône. Ces deux prélats, Mgr Descamps et son secrétaire, Mgr Onclin, tiennent des propos qui choquent les séminaristes, soutenant que « l’ordination de gens mariés était normale », ajoutant qu’ils « n’admettaient pas une Vérité immuable », émettant enfin des « doutes sur la manière traditionnelle de concevoir la Résurrection de Notre-Seigneur »… Scandalisé par cette attitude, et ne voulant pas collaborer à ce que le pape Paul VI a déjà appelé « l’auto-démolition de l’Eglise », Mgr Lefebvre rédige et publie sa fameuse déclaration du 21 novembre 1974.

fraternité sainte pie X

1975
1976

LES SANCTIONS

En juin 1971 Monseigneur bénit la première pierre du bâtiment Saint-Pie X à Ecône, pour loger les séminaristes désormais trop nombreux pour les locaux existants.

Le 13 février 1975, Mgr Lefebvre est invité à « s’entretenir » avec les membres d’une commission de trois cardinaux (Leurs Eminences Garrone, Wright et Tabera). Ce n’est qu’une fois devant eux qu’il comprend qu’ils ont charge d’instruire un procès contre lui, et ce, sans qu’il ait eu connaissance de la compétence d’aucun « tribunal ». Il « comparait » une seconde fois le 3 mars suivant. Le 6 mai 1975, sans qu’un jugement soit survenu, la Fraternité est illégalement supprimée par Mgr Mamie, successeur de Mgr Charrière au siège de Fribourg, la sentence étant « immédiatement effective ». Du jour au lendemain, Mgr Lefebvre doit abandonner 104 séminaristes, 13 professeurs et le personnel, les renvoyer séance tenante, et cela à deux mois de la fin de l’année scolaire ! Nous sommes le 8 mai 1975, proclamée par le Saint-Père « année de la réconciliation » !

Ayant fait appel de cette injustice, Mgr Lefebvre emmène tout le séminaire en pèlerinage à Rome pour l’Année sainte. La Fraternité compte en 1975 quelque 15 prêtres et un évêque.

Durant l’année 1976, devant la calme résistance de « l’évêque de fer », des mesures plus radicales sont alors prises :

blocage (illégal) du recours déposé par Mgr Lefebvre à la Signature apostolique sur intervention du secrétaire d’Etat, le cardinal Villot ; lettre de la Secrétairerie d’Etat aux conférences épiscopales du monde entier par laquelle les Ordinaires sont invités à ne pas accorder l’incardination dans leur diocèse aux candidats de la Fraternité Saint-Pie X ; enfin, menace de sanction si Mgr Lefebvre procède aux ordinations sacerdotales à la fin de l’année. Le nœud autour duquel se joue désormais « le drame d’Ecône » est l’acceptation explicite de tout le Concile Vatican II, de toutes ses décisions et des réformes qui en sont issues, en commençant par l’acceptation de la nouvelle messe. Il aurait suffi que l’évêque acceptât de concélébrer une seule fois dans le nouveau rite, et toute difficulté aurait été aplanie.

Vient l’été 1976, le célèbre « été chaud ».

Après l’ordination de douze prêtres le 29 juin, Mgr Lefebvre est frappé de « suspens a divinis« . Une sanction qui, observe-t-il avec humour, l’empêche de dire la messe… nouvelle ! Le 29 août 1976, il se rend à Lille pour y célébrer la messe devant des milliers de fidèles. Il y prononce un sermon retentissant qui fait aussitôt la une des journaux.

Une autre épreuve s’abat sur Mgr Lefebvre et son œuvre encore fragile lorsque, à la rentrée 1976, le corps professoral fait en partie défection. Mgr Lefebvre décide alors de prendre lui-même la direction du séminaire d’Ecône, avec un corps professoral renouvelé. A la rentrée 1977, tous les professeurs sont issus de la Fraternité.

fraternité sainte pie X

1976
1983

LA FRATERNITÉ CONTINUE

Dès la rentrée de 1975, s’était ouvert à Weissbad, dans le canton d’Appenzell, un séminaire de langue allemande dont M. l’abbé Franz Schmidberger avait pris la direction. En octobre 1977, la Fraternité compte 40 prêtres, 150 séminaristes, 20 maisons et trois séminaires (Ecône et Weissbad en Suisse, Armada aux Etats-Unis).

En 1978 le séminaire de Weissbad se transporte à Zaitzkofen, en Bavière (Allemagne). L’année suivante voit la fondation du séminaire de Buenos Aires avec 12 séminaristes en année de spiritualité. Le séminaire d’Armada déménage à Ridgefield, à 100 miles de New York. Mgr Lefebvre quitte alors la direction du séminaire d’Ecône et s’établit à Rickenbach (canton de Soleure) où il installe la Maison générale. C’est M. l’abbé Tissier de Mallerais qui le remplace à la tête du séminaire.

La suspense de 1976 n’a jamais arrêté les contacts avec Rome. Mais il faut attendre l’élection de Jean-Paul II, jeune pape venu de Pologne, pour que naisse quelque espoir d’entente. En effet, reçu en audience en novembre 1979, Mgr Lefebvre esquisse une formule qui semble devoir satisfaire son illustre interlocuteur. Il parle du « concile Vatican II reçu à la lumière de la Tradition ». Mais le cardinal Seper, présent, intervient pour dénoncer l’attitude du prélat d’Ecône qui « fait de la messe un drapeau », dit-il sur un ton polémique. L’entretien tourne court. En 1980, la Fraternité compte 82 prêtres, et un évêque.

1983

UN NOUVEAU SUPÉRIEUR GÉNÉRAL

Le 29 juin 1983, au sermon prononcé lors des ordinations à Ecône, Mgr Lefebvre annonce que M. l’abbé Schmidberger, qu’il a désigné l’année précédente comme son vicaire général, prend sa place à partir de ce jour comme Supérieur général de la Fraternité.

fraternité sainte pie X

1983
1986

LUTTE CONTRE LES SCANDALES DE L'ÉGLISE. EXPANSION

En 1983, une nouvelle étape est franchie : le pape Jean-Paul II multiplie déclarations et gestes de sympathie à l’égard de Luther dont les protestants célèbrent le cinq-centième anniversaire de la naissance. Plus que jamais, le pape s’engage au nom des droits de l’homme et pose des gestes d’un œcuménisme pourtant condamné. Face à tant de scandales venus de haut, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer, évêque du diocèse de Campos au Brésil, lui écrivent une lettre ouverte le 21 novembre 1983. Ils le font dans l’esprit de saint Paul résistant publiquement à saint Pierre, lorsque celui-ci « ne marchait pas selon l’Evangile » (épître aux Galates 2,14).

En 1985, année où la Fraternité compte 156 prêtres, et un évêque, Mgr Lefebvre publie chez Albin Michel une Lettre ouverte aux catholiques perplexes où, dans un langage clair, accessible à tous, il précise les raisons de sa résistance face aux réformes destructrices du catholicisme. Malheureusement, au Synode de cette même année, synode extraordinaire réuni à l’occasion du vingtième anniversaire de la clôture du concile Vatican II, Jean-Paul II décide de continuer en allant toujours plus loin. Il convoque pour le 21 octobre 1986 une réunion inter-religieuse à Assise, où toutes les religions réunies et placées sur le même pied d’égalité invoquent leurs idoles. Une fois encore, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer réagissent vigoureusement, en successeurs des apôtres, forts dans la foi. Ils dénoncent en particulier un syncrétisme implicite et l’abandon pratique du premier commandement.

Parallèlement à une crise qui semble devoir s’aggraver, la Fraternité connaît toujours le même développement. En France, le séminaire de Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or) ouvre ses portes pour accueillir les séminaristes désormais trop nombreux à Ecône. Par ailleurs, la Fraternité étend son apostolat de manière spectaculaire, en ouvrant de nouvelles maisons au Gabon, au Chili, en Nouvelle-Zélande, aux Antilles, au Zimbabwe et en Inde. Elle est désormais présente dans tous les continents et implantés dans quelque 23 pays.

fraternité sainte pie X

1983
1986

LES SACRES

La mesure de l’apostasie de la Rome conciliaire étant comble avec la confirmation des thèses de la fausse liberté religieuse, Mgr Lefebvre annonce aux ordinations du 29 juin 1987 qu’il n’hésitera pas, si Dieu le veut, à se donner des successeurs dans l’épiscopat pour que l’œuvre de la Fraternité continue.

Rome réagit aussitôt en proposant de procéder à une visite des maisons de la Fraternité afin de mieux connaître l’œuvre de formation sacerdotale et d’en constater les fruits de sainteté et de catholicité à travers le monde. Mgr Lefebvre s’en réjouit et accueille, flanqué de son secrétaire, Mgr Camille Perl, le cardinal Edouard Gagnon, de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, nommé visiteur apostolique. Cette visite est une sorte de reconnaissance de l’illégitimité des sanctions et des suppressions portées auparavant, puisqu’il visite une Fraternité qui, officiellement, n’existe pas. Le cardinal assiste d’ailleurs à la messe de l’évêque « suspens » le 8 décembre 1987 à Ecône. 1

Le même jour, il déclare :

« je veux dire que nous avons été frappés, partout, nous gardons une grande admiration pour la piété des personnes, pour l’actualité et l’importance des œuvres, surtout en ce qui concerne la catéchèse, la formation, l’administration des sacrements. Certainement nous avons en main tout ce qu’il faut pour faire un rapport très positif. »

Ce rapport ne paraîtra jamais et sera, pratiquement, étouffé. A ce jour, il n’a jamais été publié. Par contre, on peut toujours lire dans le Livre d’or du séminaire d’Ecône le souhait du cardinal, que « le merveilleux travail de formation sacerdotale accompli ici rayonne un jour pour le bien de toute la sainte Eglise ».

Mgr Lefebvre avait repoussé la date des sacres dans l’espoir d’un accord acceptable. Une formule doctrinale peu satisfaisante est malgré tout signée par Mgr Lefebvre après une nouvelle réunion à Rome, le 5 mai 1988, avec le cardinal Ratzinger. Dès le lendemain, Monseigneur demande de nouvelles garanties concernant le sacre et le secrétariat romain qui serait chargé de la Tradition. Le refus de ces conditions indispensables conduit Mgr Lefebvre à décider le sacre de quatre évêques membres de la Fraternité pour le 30 juin 1988. Le sacre est légitimé par le cas de nécessité devant lequel l’Eglise se trouve placée, qui rend illégitime le refus explicite du sacre par le pape : en effet, celui-ci doit avoir la volonté habituelle de donner à l’Eglise les moyens indispensables au bien commun de celle-ci. Pour de plus amples détails sur la légitimité des sacres de 1988, voir l’étude théologique de la revue SiSi NoNo – Courrier de Rome.

En mars 1988, s’ouvre le sixième séminaire de la Fraternité, Holy Cross Seminary, implanté en Australie. En septembre de la même année, le séminaire des Etats-Unis se transporte à Winona, dans le Minnesota, dans les beaux bâtiments restaurés d’un ancien noviciat de dominicains. En 1988 la Fraternité Saint-Pie X compte 209 prêtres et 5 évêques.

fraternité sainte pie X

1989

LES JUBILÉS

Le 19 novembre 1989 au Bourget, près de Paris, Monseigneur Lefebvre célèbre le jubilé de ses 60 ans de sacerdoce devant 23.000 fidèles. L’année suivante, la Fraternité Saint-Pie X célèbre ses 20 ans d’existence. Elle compte, en 1990, 236 prêtres et 5 évêques.

fraternité sainte pie X

1991

MORT DE MGR LEFEBVRE ET DE MGR DE CASTRO MEYER - CONSÉCRATION D'UN ÉVÊQUE

Le 25 mars 1991, Monseigneur Lefebvre rend son âme à Dieu. Visitant Ecône, et se recueillant devant la tombe du fondateur de la Fraternité, un cardinal murmure : « Merci, Monseigneur ». Un mois plus tard, le 26 avril, c’est au tour de son compagnon de combat, Mgr de Castro Mayer, de passer à une vie meilleure. L’année de la mort de son fondateur, la Fraternité Saint-Pie X compte 249 prêtres et 4 évêques.

L’année suivante, Mgr Tissier de Mallerais, assisté de Mgr Williamson et de Mgr de Galarreta comme co-consécrateurs, sacre Mgr Licinio Rangel évêque auxiliaire pour la Fraternité Saint Jean-Marie Vianney à Campos, au Brésil. Dans ce pays, les fidèles pourront continuer à vivre de la Tradition bimillénaire de l’Eglise.

Cette même année 1992, la Fraternité ouvre une maison aux Philippines. Dans le même temps, l’apostolat se développe dans les pays de l’Est, à partir de la chute du rideau de fer. Le 25 mars 1993, la première messe est célébrée au Schloss Schwandegg, la nouvelle Maison générale de la Fraternité Saint-Pie X, située à Menzingen, dans le canton de Zoug. Elle accueille aussi le noviciat des sœurs Oblates jusqu’à ce que le nombre de vocations amène les sœurs à installer leur noviciat à Salvan, dans le Valais.

fraternité sainte pie X

1994

ÉLECTION DE MGR FELLAY

En juillet 1994, Mgr Fellay est élu supérieur général pour succéder à M. l’abbé Schmidberger, qui est élu premier Assistant général. L’année suivante est fêté le jubilé d’argent de la Fraternité, à Ecône, tandis qu’est bénie la première pierre de la future église du Cœur Immaculé de Marie. En 1995, la Fraternité compte 329 prêtres et 4 évêques.

fraternité sainte pie X

1994
1999

FIN DE SIÈCLE : PAISIBLE CROISSANCE

Durant les années 1994-1999, la Fraternité vit une paisible croissance.

La Tradition 2 dans son ensemble se développe grâce à l’opération « survie » voulue et réalisée par Mgr Lefebvre.

Le nombre croissant du clergé, des religieux et des religieuses, des fidèles, l’épanouissement des familles et de la vie catholique montrent dans les faits la légitimité du choix de l’évêque « rebelle ». L’expansion géographique corrobore l’état de nécessité qui motive le secours à apporter aux âmes, quelle que soit la latitude ou la longitude. Alors que l’esprit religieux, sous l’effet du décapant conciliaire, s’anémie et tend à disparaître, « l’expérience de la tradition » semble bien réussir !

fraternité sainte pie X

2000

PÈLERINAGE À ROME EN L'AN 2000

L’année jubilaire, Monseigneur Fellay décide d’emmener la Fraternité vénérer les Apôtres à Rome et de marquer ainsi notre attachement au centre de la catholicité, à la papauté, ainsi que notre refus de nous laisser enfermer dans une attitude soit-disant schismatique.

C’est ainsi que plus de 5.000 personnes – un record pour l’Année sainte ! – viendront en plein mois d’août pérégriner dans les Basiliques majeures. Un journal titre : « Cinq mille excommuniés dans la Basilique Saint-Pierre ! » soulignant par cette gentille ironie un aspect marquant de cette crise : ceux qui cherchent à garder la foi et qui luttent contre les ennemis du catholicisme sont mis au ban de l’Eglise.

fraternité sainte pie X

2000

CONTACTS AVEC ROME

Favorablement impressionné par cette démonstration de catholicité, le cardinal Castrillón Hoyos, préfet de la Congrégation du Clergé nouvellement placé à la tête de la commission Ecclesia Dei 3, saisit l’occasion d’établir quelques « contacts » plus étroits. Une solution est avancée, sans toutefois qu’aucune forme concrète soit proposée. Mais, une fois encore, la compréhension des membres de la hiérarchie vis-à-vis de la Tradition montre de claires limites. Les yeux sont encore loin d’être dessillés sur la profondeur et l’origine de la formidable crise qui secoue l’Eglise depuis 40 ans déjà.

A la suite de Mgr Lefebvre, le Supérieur général doit rappeler que le temps n’est pas encore venu pour une pleine collaboration, et que toute recherche d’un accord purement pratique (un statut juridique au sein de l’Eglise conciliaire) est voué à l’échec. Par contre, reprenant la balle au bond, Mgr Fellay oriente le débat sur le fond, à savoir les questions doctrinales. Conformément au souhait de Mgr Lefebvre formulé peu avant sa mort, si la Tradition doit reprendre langue avec les autorités romaines, ce ne peut être désormais que sur les problèmes doctrinaux.

Au préalable, Mgr Fellay demande deux signes d’apaisement, susceptibles de montrer que quelque chose a enfin changé au Vatican. Il demande la libéralisation de la Messe traditionnelle pour tous les prêtres catholiques, et la levée des injustes censures qui pèsent sur les évêques prétendument excommuniés depuis 1988, et qui sont comme une marque d’infamie jetée à la face de l’Eglise de toujours. En l’an 2000, la Fraternité atteint le nombre de 400 prêtres, auxquels s’ajoutent les quatre évêques.

fraternité sainte pie X

2000
2005

LE COMBAT DOCTRINAL : LE PROBLÈME DE LA RÉFORME LITURGIQUE

Dès le commencement de son combat pour la foi, Mgr Lefebvre avait justifié et expliqué, par des conférences, des articles et des livres, les raisons de son attitude. Il n’avait cessé par la suite de dénoncer le mal et de proposer les remèdes pour guérir la plaie ouverte par le récent concile.

De nombreux auteurs, tant ecclésiastiques que laïques ont également mis leur intelligence et leur plume au service de la défense de la foi dès les prémisses du désastre. Il serait trop long de les citer tous. Afin de continuer cette action très nécessaire, la Fraternité a fondé des organes de presse, organisé des colloques et des congrès, soutenu des revues, sans compter toutes les publications destinées à la formation catéchétique et doctrinale des fidèles.

Depuis quelques années des travaux et des publications approfondissent l’analyse des causes et des conséquences de l’esprit et de la lettre conciliaire. En 2001, la Fraternité publie un ouvrage sur la réforme liturgique, le Novus Ordo Missæ, qui renouvelle les critiques faites à ce rite néo-protestant. Adressé au Saint-Père et à plusieurs cardinaux, ainsi qu’à de nombreux évêques, il n’a à ce jour pas reçu de réfutation sérieuse.

fraternité sainte pie X

2004

DE L’OECUMÉNISME À L’APOSTASIE SILENCIEUSE

En janvier 2004, Mgr Fellay et ses deux Assistants (M. l’abbé Schmidberger et Mgr de Galarreta), auxquels s’associent les deux autres évêques (Mgr Tissier de Mallerais et Mgr Williamson) envoient à tous les cardinaux une lettre sur le désastre œcuménique qu’accompagne un document intitulé :

De l’œcuménisme à l’apostasie silencieuse – 25 ans de pontificat. Ce document était à l’origine destiné à être remis au pape à l’occasion de son jubilé. Mais l’état de santé de ce dernier conduit le Supérieur général à l’adresser aux cardinaux. Mgr Fellay présente le document lors d’une conférence de presse, suivie très attentivement par une quarantaine de vaticanistes, le 2 février 2004, à Rome.

Là encore, la rigoureuse démonstration n’a pas reçu à ce jour de réponse sérieuse et encore moins de réfutation. Le sujet est pourtant capital : si l’on peut diagnostiquer une « apostasie silencieuse », en particulier en Europe, selon les termes mêmes du Souverain Pontife, celle-ci doit bien avoir une cause. Certes, celle-ci n’est pas unique, mais il n’est pas difficile de comprendre que l’œcuménisme tel qu’il est conçu et pratiqué aujourd’hui engendre inéluctablement un indifférentisme 4 qui mène précisément à cette apostasie.

fraternité sainte pie X

2005

L'ÉLECTION DE BENOÎT XVI

En 2005, le Supérieur général salue l’élection du nouveau pape comme « une lueur d’espoir ».

Bien qu’acquis à la doctrine de Vatican II sur la liberté religieuse et au faux œcuménisme, comme l’illustrent ses visites aux synagogues et aux mosquées, Benoît XVI est conscient de la situation actuelle de l’Eglise, de la grave crise qu’elle traverse et des défauts, sinon des vices, de la réforme liturgique. Quant à la Fraternité Saint-Pie X, après 35 années d’existence, elle compte 451 prêtres et 4 évêques.

Le Chapitre général réuni à Ecône en 2006 voit la réélection de Mgr Fellay pour un nouveau mandat de douze ans. A ses côtés, sont élus M. l’abbé Niklaus Pfluger, premier Assistant, un Suisse originaire du canton de Soleure, et M. l’abbé Alain-Marc Nély, deuxième Assistant, un Français. La ligne de conduite est confirmée ; le 15 juillet 2006, le Chapitre général rappelle l’actualité de la déclaration du 21 novembre 1974, et déclare :

Dans les échanges qu’elle a eus en ces dernières années avec Rome, la Fraternité a pu constater le bien-fondé et la nécessité des deux préalables 5qu’elle a réclamés, qui procureraient un très grand bien à l’Eglise en restituant à celle-ci au moins une partie de ses droits à sa propre Tradition. Non seulement le trésor de grâces dont jouit la Fraternité serait sorti de dessous le boisseau, mais il apporterait ainsi le remède dont le Corps mystique a tant besoin pour guérir.

« Si, après leur accomplissement, la Fraternité attend la possibilité de discussions doctrinales, c’est encore dans le but de faire résonner plus fortement dans l’Église la voix de la doctrine traditionnelle. En effet, les contacts qu’elle entretient épisodiquement avec les autorités romaines ont pour seul but de les aider à se réapproprier la Tradition que l’Église ne peut renier sans perdre son identité, et non la recherche d’un avantage pour elle-même, ou d’arriver à un impossible « accord » purement pratique. Le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits, « le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être et l’Église retrouvera une nouvelle jeunesse » 6

fraternité sainte pie X

2007
2012

DÉCISIONS PRÉALABLES ET DISCUSSIONS DOCTRINALES

L’année suivante, Benoît XVI publie, le 7 juillet 2007, un motu proprio dans lequel est enfin déclaré que la Messe tridentine n’a jamais été abrogée, et que c’est un droit pour tout prêtre de la célébrer. La Fraternité salue l’événement, bien qu’elle rejette la présentation de deux formes légitimes d’un unique rite latin, formule ambiguë et manifestement destinée à faire passer la mesure auprès d’épiscopats farouchement hostiles à tout ce qui respire la Tradition.

Le 16 janvier, Mgr Fellay remet à Rome un bouquet spirituel d’un million sept cent mille chapelets récités pour obtenir la réhabilitation de la Tradition. Le 24 janvier 2009, après bien des difficultés surmontées au cours de l’année 2008, le Saint-Siège publie un décret du cardinal-préfet de la Congrégation des évêques annulant les effets du décret de 1988 qui avait voulu jeter l’opprobre sur les évêques de la Tradition. Les entretiens doctrinaux, reconnus nécessaires, peuvent enfin s’ouvrir. Ils débutent à partir de l’automne 2009, alors que la Fraternité entre dans sa quarantième année,et s’achèvent le 11 avril 2011. Huit réunions permettront ainsi à la Fraternité de présenter de manière rigoureuse sa critique des nouveautés post-conciliaires : réforme liturgique, liberté religieuse, nouvelle conception de l’Eglise, autorité du Magistère de toujours, œcuménisme… Pendant ce temps, les fidèles de la Fraternité ne lâchent pas leur rosaire : Mgr Fellay demande à Pâques 2009 une nouvelle croisade de douze millions de chapelets pour le triomphe du Cœur immaculé de Marie. Le 25 mars 2010, plus de dix-neuf millions ont été récités…

Le 14 septembre 2011, le cardinal Levada remet à Mgr Fellay une ébauche de reconnaissance canonique, précédée d’un « préambule doctrinal » qui devrait être accepté par tous les membres de la Fraternité. Malgré plusieurs essais de reformulation, ce préambule est jugé inacceptable par la Fraternité, y compris au cours du chapitre général tenu en juillet 2012, car contenant une acceptation trop large des enseignements conciliaires.

Malgré ce refus, des voix s’élèvent dans la Fraternité pour critiquer ces contacts. Le 22 octobre 2012, Mgr Williamson est renvoyé de la Fraternité pour des actes répétés d’insubordination et de violentes attaques contre les supérieurs.

fraternité sainte pie X

2013
2017

LA FRATERNITÉ SOUS LE PAPE FRANÇOIS

Le 23 septembre 2013, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi reçoit Mgr Fellay. Il est décidé que des discussions auront lieu dans un cadre moins formel qu’en 2009-2012

Plusieurs prélats se rendent ainsi dans des séminaires de la Fraternité pour des échanges sur les points cruciaux de la réforme conciliaire. Cependant, le nouveau Pape estime que le dialogue doctrinal mène à une impasse et lui préfère des gestes spectaculaires : à l’occasion du jubilé de la Miséricorde de 2015-2016, il déclare ainsi accorder la juridiction ordinaire aux prêtres de la Fraternité et des communautés amies pour entendre les confessions, et prolonge indéfiniment cette disposition à la clôture du jubilé. De même les prêtres traditionnels reçoivent la faculté de célébrer des mariages avec l’autorisation des autorités diocésaines en 2017 7.

Ces ouvertures n’empêchent pas la Fraternité d’élever la voix contre des actes qui aggravent la confusion dans l’Eglise. Pour les vingt-cinq ans des sacres de 1988, le 27 juin 2013, les évêques de la Fraternité réaffirment leur volonté de poursuivre l’œuvre de Mgr Lefebvre.

La Fraternité ne manque pas de protester contre les actes déplorables qui émaillent le pontificat : béatification et canonisation du pape Paul VI 8, remise en cause de la morale familiale au Synode sur la Famille, déclaration sur la Fraternité mondiale, scandales à l’occasion du synode sur l’Amazonie… Mais elle a aussi recours aux armes surnaturelles. De nouvelles croisades du Rosaire démontrent une nouvelle fois la volonté des fidèles de la Tradition de travailler de toutes leurs forces à la restauration de l’Eglise : en 2014, six millions de chapelets pour la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie et le retour de l’Eglise à sa propre tradition, douze millions de chapelets pour le centenaire des apparitions de Fatima en 2017…

fraternité sainte pie X

2018
2020

CONTRE VENTS ET MARÉES, UN MONDE TRADITIONNEL EN PLEINE CROISSANCE

En octobre, les cent cinquante ans des apparitions de Lourdes sont l’occasion pour la Fraternité de montrer sa vitalité en organisant un pèlerinage auquel participent près de 10 000 fidèles. Le 3 juin 2016, la Fraternité dépasse les 600 prêtres. Cette même année, le séminaire des Etats-Unis, devenu trop petit, déménage : un saut de 1700 km entre le Minnesota et la Virginie, où des travaux sont menés depuis trois ans. Les 19 et 20 août 2017, 10 000 fidèles et 300 prêtres se retrouvent à Fatima pour célébrer Notre-Dame.

Du 3 au 21 juillet 2018 se tient le chapitre général : Mgr Fellay, après 24 ans de supériorat, cède la place à Don Davide Pagliarani, élu pour douze ans. Les Assistants généraux sont pour la même durée Mgr Alfonso de Galarreta et l’abbé Christian Bouchacourt. Le chapitre clôt ses travaux par une déclaration où l’on peut lire :

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X entend poursuivre son but principal qui est le sacerdoce tel que Notre Seigneur Jésus-Christ l’a voulu, et à l’orienter toujours vers ce qui est essentiellement sa raison d’être : le saint Sacrifice de la Messe. Elle est animée des mêmes sentiments que saint Pie X, son saint patron :

« Nous affirmons en toute vérité que Nous ne voulons être et que, avec le secours divin, Nous ne serons rien d’autre, au milieu des sociétés humaines, que le ministre de Dieu qui nous a revêtu de son autorité. Ses intérêts sont Nos intérêts ; leur consacrer Nos forces et Notre vie, telle est Notre résolution inébranlable. C’est pourquoi si l’on nous demande une devise traduisant le fond même de Notre âme, Nous ne donnerons jamais que celle-ci : Restaurer toutes choses dans le Christ. » 9

En 2020, la Fraternité célèbre son jubilé d’or : cinquante ans d’existence au service de l’Eglise et du combat de la Foi, pour l’honneur du Christ-Roi, du sacerdoce et de la fidélité catholique.