Paul VI

262e pape ; de 1963 à 1978

3 avril 1969

Institutio Generalis Missale Romanum

Présentation Générale du Nouveau Missel Romain. Version revue et corrigée après 1969.

Table des matières

Préambule

1. Alors qu´il allait célé­brer avec ses dis­ciples le repas pas­cal où il ins­ti­tua le sacri­fice de son Corps et de son Sang, le Christ Seigneur ordon­na de pré­pa­rer une grande salle amé­na­gée (Lc 22, 12). L´Église a tou­jours esti­mé que cet ordre la concer­nait, en ce qu´il réglait la dis­po­si­tion des esprits, des lieux, des rites et des textes rela­tifs à la célé­bra­tion de la sainte Eucharistie. De même, les règles d´aujourd´hui qui ont été pres­crites en s´appuyant sur la volon­té du IIe concile oecu­mé­nique du Vatican et le nou­veau Missel que l´Église de rite romain uti­li­se­ra désor­mais pour célé­brer la messe prouvent cette atten­tion de l´Église, sa foi et son amour inchan­gés envers ce plus grand des mys­tères qu’est l’Eucharistie, et témoignent de sa tra­di­tion conti­nue et inin­ter­rom­pue, quelles que soient les nou­veau­tés qui y ont été introduites.

Témoignage d´une foi inchangée

2. La nature sacri­fi­cielle de la messe, solen­nel­le­ment affir­mée par le concile de Trente[1] en accord avec toute la tra­di­tion de l´Église, a été pro­fes­sée de nou­veau par le IIe concile du Vatican, qui a énon­cé, au sujet de la messe, ces paroles signi­fi­ca­tives : « Notre Sauveur, à la der­nière Cène , ins­ti­tua le sacri­fice eucha­ris­tique de son Corps et de son Sang pour per­pé­tuer le sacri­fice de la croix au long des siècles, jusqu´à ce qu´il vienne, et en outre pour confier à l´Église, son épouse bien-​aimée, le mémo­rial de sa mort et de sa résur­rec­tion[2] »

Ce qui est ain­si ensei­gné par le concile est éga­le­ment expri­mé de façon concor­dante par les for­mules de la messe. En effet, la doc­trine signi­fiée avec pré­ci­sion par cette phrase d’un sacra­men­taire ancien, appe­lé léo­nien : « Chaque fois que nous célé­brons ce sacri­fice en mémo­rial, c´est l´œuvre de notre rédemp­tion qui s´accomplit[3] « , cette doc­trine est déve­lop­pée de façon claire et pré­cise dans les prières eucha­ris­tiques ; dans ces prières, en effet, lorsque le prêtre pro­clame l´anamnèse, en s´adressant à Dieu au nom de tout le peuple, il lui rend grâce et lui offre le sacri­fice vivant et saint, c´est-à-dire l´oblation de l´Église et la vic­time par l´immolation de laquelle Dieu nous a réta­blis dans son Alliance[4] , et il prie pour que le Corps et le Sang du Christ soient un sacri­fice digne d’être agréé par le Père et qui sauve le monde[5] . C´est ain­si que dans le nou­veau Missel, la « règle de la prière » (lex oran­di) de l´Église cor­res­pond à sa constante « règle de la foi » (lex cre­den­di). Celle-​ci nous aver­tit que, sauf la manière d´offrir qui est dif­fé­rente, il y a iden­ti­té entre le sacri­fice de la croix et son renou­vel­le­ment sacra­men­tel à la messe que le Christ Seigneur a ins­ti­tué lors de la der­nière Cène et qu´il a ordon­né à ses Apôtres de faire en mémoire de lui. Par consé­quent, la messe est tout ensemble sacri­fice de louange, d´action de grâce, de pro­pi­tia­tion et de satisfaction.

3. De même, le mys­tère admi­rable de la pré­sence réelle du Seigneur sous les espèces eucha­ris­tiques est affir­mé de nou­veau par le IIe concile du Vatican[6] et les autres docu­ments du magis­tère de l´Église [7] avec le même sens et la même doc­trine selon les­quels le concile de Trente l´avait pro­po­sé à notre foi[8] . Le mys­tère, dans la célé­bra­tion de la messe, est mis en lumière non seule­ment par les paroles mêmes de la consé­cra­tion, qui rendent le Christ pré­sent par trans­sub­stan­tia­tion, mais encore par le sen­ti­ment et l´expression exté­rieure de sou­ve­rain res­pect et d´adoration que l´on trouve au cours de la litur­gie eucha­ris­tique. Pour le même motif, le peuple chré­tien est ame­né à hono­rer d´une manière par­ti­cu­lière, par l´adoration, cet admi­rable sacre­ment, le jeu­di de la Cène du Seigneur et en la solen­ni­té du Corps et du Sang du Christ.

4. Quant à la nature du sacer­doce minis­té­riel, propre à l’évêque et au prêtre qui, agis­sant en la per­sonne du Christ (in per­so­na Christi), offrent le sacri­fice et pré­sident l´assemblée du peuple saint, elle est mise en relief, dans la forme du rite lui-​même, par l´éminence de la place et de la fonc­tion de ce sacer­doce. Les prin­cipes de cette fonc­tion sont d´ailleurs énon­cés et clai­re­ment expli­qués dans la pré­face de la messe chris­male du Jeudi saint, car c´est pré­ci­sé­ment ce jour-​là que l´on com­mé­more l´institution du sacer­doce. Ce texte sou­ligne le pou­voir sacer­do­tal confé­ré par l´imposition des mains ; et l´on y décrit ce pou­voir lui-​même en énu­mé­rant toutes ses fonc­tions : il conti­nue le pou­voir du Christ, Souverain Pontife de la Nouvelle Alliance.

5. De plus, la nature même du sacer­doce minis­té­riel met dans sa juste lumière une autre réa­li­té de grande impor­tance : le sacer­doce royal des fidèles, dont le sacri­fice spi­ri­tuel atteint sa consom­ma­tion par le minis­tère de l’évêque et des prêtres, en union avec le sacri­fice du Christ, unique média­teur[9]. Car la célé­bra­tion de l´Eucharistie est l´acte de l´Église tout entière, dans lequel cha­cun fait seule­ment, mais tota­le­ment, ce qui lui revient, compte tenu du rang qu´il occupe dans le peuple de Dieu. Par là, on prête une plus grande atten­tion à des aspects de la célé­bra­tion qui, au cours des siècles, avaient été par­fois négli­gés. Ce peuple est, en effet, le peuple de Dieu, acquis par le Sang du Christ, ras­sem­blé par le Seigneur, nour­ri par sa Parole ; peuple dont la voca­tion est de faire mon­ter vers Dieu les prières de toute la famille humaine ; peuple qui, dans le Christ, rend grâce pour le mys­tère du salut en offrant son sacri­fice ; peuple enfin qui, par la com­mu­nion au Corps et au Sang du Christ, ren­force son uni­té. Ce peuple est saint par son ori­gine ; cepen­dant, par sa par­ti­ci­pa­tion consciente, active et fruc­tueuse au mys­tère eucha­ris­tique, il pro­gresse conti­nuel­le­ment en sain­te­té[10].

Manifestation d´une tradition ininterrompue

6. En énon­çant les règles selon les­quelles le rite de la messe serait révi­sé, le IIe concile du Vatican a ordon­né, entre autres, que cer­tains rites « seraient réta­blis selon l´ancienne norme des Pères [11] « , repre­nant en cela les mots mêmes employés par saint Pie V, dans la Constitution apos­to­lique Quo pri­mum par laquelle, en 1570, il pro­mul­guait le Missel du concile de Trente. Par cette coïn­ci­dence ver­bale elle-​même, on peut remar­quer de quelle façon les deux Missels romains, bien que sépa­rés par quatre siècles, gardent une tra­di­tion sem­blable et égale. Si l´on appré­cie les élé­ments pro­fonds de cette tra­di­tion, on com­prend aus­si com­bien le second Missel com­plète le pre­mier d´une manière très heureuse.

7. En des temps vrai­ment dif­fi­ciles où, sur la nature sacri­fi­cielle de la messe, le sacer­doce minis­té­riel, la pré­sence réelle et per­ma­nente du Christ sous les espèces eucha­ris­tiques, la foi catho­lique avait été mise en dan­ger, il fal­lait avant tout, pour saint Pie V, pré­ser­ver une tra­di­tion rela­ti­ve­ment récente, injus­te­ment atta­quée, en intro­dui­sant le moins pos­sible de chan­ge­ments dans le rite sacré. Et, à la véri­té, le Missel de 1570 dif­fère très peu du pre­mier Missel qui ait été impri­mé, en 1474, lequel déjà répète fidè­le­ment le Missel de l´époque d´Innocent III. En outre, les manus­crits de la Bibliothèque vati­cane, s´ils ont ser­vi en cer­tains cas à amé­lio­rer les textes, n´ont pas per­mis d´étendre les recherches rela­tives aux « auteurs anciens et approu­vés » au-​delà des com­men­taires litur­giques du Moyen Âge.

8. Aujourd´hui, au contraire, cette « norme des Pères » que visaient les cor­rec­teurs res­pon­sables du Missel de saint Pie V s´est enri­chie par les innom­brables études des savants. En effet, après la pre­mière édi­tion du sacra­men­taire gré­go­rien, en 1571, les anciens sacra­men­taires romains et ambro­siens ont été l´objet de nom­breuses édi­tions cri­tiques, de même que les anciens livres litur­giques his­pa­niques et gal­li­cans. On a ain­si mis au jour quan­ti­té de prières, d´une grande qua­li­té spi­ri­tuelle, igno­rées jusque-​là. De la même manière, les tra­di­tions des pre­miers siècles, anté­rieures à la for­ma­tion des rites d´Orient et d´Occident, sont d´autant mieux connues main­te­nant qu´on a décou­vert un nombre consi­dé­rable de docu­ments litur­giques. En outre, le pro­grès des études patris­tiques a per­mis d´éclairer la théo­lo­gie du mys­tère eucha­ris­tique par l´enseignement des Pères les plus émi­nents de l´antiquité chré­tienne, comme saint Irénée, saint Ambroise, saint Cyrille de Jérusalem, saint Jean Chrysostome.

9. C´est pour­quoi la « norme des Pères » ne demande pas seule­ment que l´on conserve la tra­di­tion léguée par nos pré­dé­ces­seurs immé­diats, mais qu’on embrasse et qu’on exa­mine de plus haut tout le pas­sé de l´Église et toutes les manières dont la foi unique s´est mani­fes­tée dans des formes de culture humaine et pro­fane aus­si dif­fé­rentes que celles qui ont été en vigueur chez les Sémites, les Grecs, les Latins. Cette enquête plus vaste nous per­met de voir com­ment l´Esprit Saint accorde au peuple de Dieu une fidé­li­té admi­rable pour conser­ver l´immuable dépôt de la foi à tra­vers la diver­si­té consi­dé­rable des prières et des rites.

Adaptation aux conditions nouvelles

10. Le nou­veau Missel, tout en attes­tant la règle de prière de l´Église romaine et en pré­ser­vant le dépôt de la foi légué par les récents conciles, marque donc à son tour une étape très impor­tante dans la tra­di­tion litur­gique. Lorsque les Pères du IIe concile du Vatican ont répé­té les affir­ma­tions dog­ma­tiques du concile de Trente, ils ont par­lé à une époque bien dif­fé­rente de la vie du monde ; c´est pour­quoi, dans le domaine pas­to­ral, ils ont pu appor­ter des sug­ges­tions et des conseils qu’on ne pou­vait même pas pré­voir quatre siècles auparavant.

11. Le concile de Trente avait déjà recon­nu la grande valeur caté­ché­tique de la célé­bra­tion de la messe sans pou­voir cepen­dant en tirer toutes les consé­quences pra­tiques. Certes beau­coup deman­daient qu´il fût per­mis d´employer la langue du pays dans la célé­bra­tion du sacri­fice eucha­ris­tique. Devant une telle requête, le concile, tenant compte des cir­cons­tances d´alors, esti­mait de son devoir de réaf­fir­mer la doc­trine tra­di­tion­nelle de l´Église, selon laquelle le sacri­fice eucha­ris­tique est avant tout l´action du Christ lui-​même : par consé­quent, son effi­ca­ci­té propre n´est pas atteinte par la manière dont les fidèles peuvent y par­ti­ci­per. C´est pour­quoi il s´est expri­mé de cette façon ferme et mesu­rée : « Bien que la messe contienne un riche ensei­gne­ment pour le peuple fidèle, les Pères n´ont pas jugé bon qu´elle soit célé­brée sans dis­cer­ne­ment dans la langue du pays. [12] » Et il a condam­né celui qui esti­me­rait « qu´il faut réprou­ver le rite de l´Église romaine par lequel le Canon et les paroles de la consé­cra­tion sont pro­non­cés à voix basse : ou que la messe doit être célé­brée uni­que­ment en langue du pays[13] « . Néanmoins, si d´un côté il a inter­dit l´emploi de la langue vivante dans la messe, de l’autre, il a pres­crit aux pas­teurs d´y sup­pléer par une caté­chèse faite au moment vou­lu : « Pour que les bre­bis du Christ ne souffrent pas de la faim… le concile ordonne aux pas­teurs et à tous ceux qui ont charge d´âmes d´expliquer fré­quem­ment, au cours de la célé­bra­tion de la messe, par eux-​mêmes ou par d´autres, tel ou tel des textes qui sont lus au cours de la messe et, entre autres, d´éclairer le mys­tère de ce sacri­fice, sur­tout les dimanches et les jours de fête[14] »

12. C´est pour­quoi, ras­sem­blé pour adap­ter l´Église aux condi­tions de sa fonc­tion apos­to­lique à notre époque, le IIe concile du Vatican a scru­té pro­fon­dé­ment, comme celui de Trente, la nature didac­tique et pas­to­rale de la litur­gie [15] . Et comme il n´est aucun catho­lique pour nier que le rite accom­pli en langue latine soit légi­time et effi­cace, il a pu concé­der en outre que « l´emploi de la langue vivante peut être sou­vent très utile pour le peuple », et il en a per­mis l´usage[16] . L´empressement évident avec lequel ce conseil a été reçu par­tout a eu pour effet que, sous la conduite des évêques et du Siège apos­to­lique lui-​même, on a per­mis que toutes les célé­bra­tions litur­giques aux­quelles le peuple par­ti­ci­pe­rait soient faites en langue vivante, pour que l´on com­prenne plus plei­ne­ment le mys­tère célébré.

13. Néanmoins, puisque l´usage de la langue vivante dans la litur­gie n´est qu´un ins­tru­ment, certes très impor­tant, pour que s´exprime plus clai­re­ment la caté­chèse du mys­tère conte­nu dans la célé­bra­tion, le IIe concile du Vatican a, en outre, exhor­té à mettre en pra­tique cer­taines pres­crip­tions du concile de Trente aux­quelles on n´avait pas obéi par­tout, comme le devoir de faire l´homélie les dimanches et jours de fête[17] , et la pos­si­bi­li­té d´intercaler dans les rites quelques moni­tions [18] Mais sur­tout, le IIe concile du Vatican, en conseillant « cette par­ti­ci­pa­tion meilleure à la messe qui consiste en ce que les fidèles, après la com­mu­nion du prêtre, reçoivent le Corps du Seigneur avec des pains consa­crés à ce même sacri­fice[19] « , a pous­sé à réa­li­ser un autre sou­hait du concile de Trente, à savoir que, pour par­ti­ci­per plus plei­ne­ment à l´Eucharistie, « les fidèles com­mu­nient à chaque messe, non seule­ment par le désir spi­ri­tuel, mais aus­si par la récep­tion sacra­men­telle de l´Eucharistie[20] « .

14. Poussé par le même esprit et le même zèle pas­to­ral, le IIe concile du Vatican a pu réexa­mi­ner ce que le concile de Trente avait sta­tué au sujet de la com­mu­nion sous les deux espèces. En effet, puisque aujourd´hui on ne met aucu­ne­ment en doute les prin­cipes doc­tri­naux sur la pleine valeur de la com­mu­nion, où l´Eucharistie est reçue sous la seule espèce du pain, il a per­mis de don­ner par­fois la com­mu­nion sous les deux espèces, parce que, alors, grâce à une pré­sen­ta­tion plus claire du signe sacra­men­tel, on pro­cure une occa­sion par­ti­cu­lière de péné­trer plus pro­fon­dé­ment le mys­tère auquel par­ti­cipent les fidèles[21] .

15. De la sorte, tan­dis que l´Église demeure fidèle à sa charge d’enseigner la véri­té en gar­dant « ce qui est ancien », c´est-à-dire le dépôt de la Tradition, elle accom­plit aus­si son devoir d´examiner et d´adopter pru­dem­ment « ce qui est nou­veau » (cf. Mt 13, 52). En effet, une par­tie du nou­veau Missel rat­tache plus clai­re­ment les prières de l´Église aux besoins de notre temps ; de ce genre relèvent prin­ci­pa­le­ment les messes rituelles et « pour inten­tions et cir­cons­tances diverses », dans les­quelles se com­binent heu­reu­se­ment tra­di­tion et nou­veau­té. C´est pour­quoi aus­si, tan­dis que sont demeu­rées intactes beau­coup d´expressions pui­sées dans la plus antique tra­di­tion de l´Église, et ren­dues fami­lières par le même Missel romain dans ses nom­breuses édi­tions, beau­coup d´autres ont été adap­tées aux exi­gences et aux condi­tions actuelles. D´autres, enfin, comme les orai­sons pour l´Église, les laïcs, la sanc­ti­fi­ca­tion du tra­vail humain , la com­mu­nau­té de toutes les nations, et pour cer­tains besoins propres à notre époque, ont été entiè­re­ment com­po­sées à neuf, en emprun­tant les pen­sées et sou­vent les termes mêmes aux récents docu­ments conci­liaires. De même, parce qu´on pre­nait conscience de la situa­tion nou­velle du monde contem­po­rain, il a sem­blé qu´on ne por­tait aucune atteinte au véné­rable tré­sor de la tra­di­tion en modi­fiant cer­taines phrases emprun­tées à la plus ancienne tra­di­tion pour que leur style s´accorde mieux avec le lan­gage théo­lo­gique d´aujourd´hui et se rat­tache en véri­té à la situa­tion actuelle de la dis­ci­pline dans l´Église. C´est pour­quoi cer­taines expres­sions, concer­nant l´appréciation et l´usage des biens ter­restres, ont été chan­gées, ain­si que d’autres qui met­taient en relief une forme de péni­tence exté­rieure propre à l´Église d’autres époques. Voilà com­ment les normes litur­giques du concile de Trente ont été, sur bien des points, com­plé­tées et par­ache­vées par les normes du IIe concile du Vatican ; celui-​ci a conduit à son terme les efforts visant à rap­pro­cher les fidèles de la litur­gie, efforts entre­pris pen­dant ces quatre siècles et sur­tout à une époque récente, grâce au zèle litur­gique déployé par saint Pie X et ses successeurs.

Chapitre I – Importance et dignité de la célébration eucharistique

16. La célé­bra­tion de la messe, comme action du Christ et du peuple de Dieu orga­ni­sé hié­rar­chi­que­ment, est le centre de toute la vie chré­tienne pour l´Église, aus­si bien uni­ver­selle que locale, et pour cha­cun des fidèles[22] . C´est en elle en effet que se trouve le som­met de l´action par laquelle Dieu, dans le Christ, sanc­ti­fie le monde, et du culte que l’humanité offre au Père, en l´adorant dans l’Esprit Saint par le Christ Fils de Dieu[23] . En outre, c´est dans cette célé­bra­tion que les mys­tères de la Rédemption, au cours du cycle annuel, sont com­mé­mo­rés de telle sorte qu´ils sont ren­dus pré­sents d´une cer­taine façon[24] . Quant aux autres actions sacrées et à toutes les oeuvres de la vie chré­tienne, elles s´y relient, elles y trouvent leur source et leur fin[25] .

17. Il est donc de la plus grande impor­tance que la célé­bra­tion de la messe, c´est-à-dire de la Cène du Seigneur, soit réglée de telle façon que les ministres et les fidèles, y par­ti­ci­pant selon leur condi­tion, en recueillent plei­ne­ment les fruits[26] que le Christ Seigneur a vou­lu nous faire obte­nir en ins­ti­tuant le sacri­fice eucha­ris­tique de son Corps et de son Sang, et en le confiant, comme le mémo­rial de sa pas­sion et de sa résur­rec­tion, à l´Église, son épouse bien-​aimée[27].

18. Ce résul­tat sera obte­nu si, en tenant compte de la nature de chaque assem­blée et des diverses cir­cons­tances qui la carac­té­risent, la célé­bra­tion tout entière est orga­ni­sée pour favo­ri­ser chez les fidèles cette par­ti­ci­pa­tion consciente, active et plé­nière du corps et de l´esprit, ani­mée par la fer­veur de la foi, de l´espérance et de la cha­ri­té. Une telle par­ti­ci­pa­tion est sou­hai­tée par l´Église et deman­dée par la nature même de la célé­bra­tion ; elle est un droit et un devoir pour le peuple chré­tien en ver­tu de son bap­tême[28].

19. La pré­sence et la par­ti­ci­pa­tion active des fidèles, qui mani­festent plus clai­re­ment la nature ecclé­siale de la célé­bra­tion[29], ne sont pas tou­jours réa­li­sables. Cependant la célé­bra­tion eucha­ris­tique pos­sède tou­jours son effi­ca­ci­té et sa digni­té, car elle est l´acte du Christ et de l´Église, dans lequel le prêtre accom­plit sa prin­ci­pale fonc­tion et agit tou­jours pour le salut du peuple. Il lui est donc recom­man­dé de célé­brer même chaque jour le sacri­fice eucha­ris­tique, s’il le peut[30] .

20. Mais, comme la célé­bra­tion de l´Eucharistie, de même que toute la litur­gie, se fait par des signes sen­sibles par les­quels la foi se nour­rit, se for­ti­fie et s´exprime[31] , il faut appor­ter un très grand soin à choi­sir et à orga­ni­ser les formes et les élé­ments pro­po­sés par l´Église. Car ceux-​ci, compte tenu des cir­cons­tances de per­sonnes et de lieux, peuvent déve­lop­per plus inten­sé­ment la par­ti­ci­pa­tion active et plé­nière, et répondre plus exac­te­ment aux besoins spi­ri­tuels des fidèles.

21. C´est pour­quoi cette Présentation vise à don­ner les lignes géné­rales selon les­quelles la célé­bra­tion de l´Eucharistie sera bien orga­ni­sée, et à expli­quer les règles selon les­quelles seront éta­blies les dif­fé­rentes formes de célé­bra­tion[32].

22. La célé­bra­tion de l’Eucharistie dans les Eglises par­ti­cu­lières est éga­le­ment de la plus haute impor­tance. En effet, l’évêque dio­cé­sain, pre­mier dis­pen­sa­teur des mys­tères de Dieu, est, dans l’Eglise par­ti­cu­lière qui lui est confiée, celui qui règle et pro­meut toute la vie litur­gique, et en est le gar­dien[33]. Dans les célé­bra­tions, sur­tout les célé­bra­tions eucha­ris­tiques, qui se déroulent sous sa pré­si­dence avec la par­ti­ci­pa­tion des prêtres, des diacres et du peuple, le mys­tère de l’Eglise se mani­feste. C’est pour­quoi de telles messes solen­nelles doivent être un exemple pour tout le dio­cèse. Aussi l’évêque doit-​il s’appliquer à ce que les prêtres, les diacres et les fidèles laïcs com­prennent tou­jours plus pro­fon­dé­ment le sens authen­tique des rites et des textes litur­giques et soient ain­si conduits à une célé­bra­tion active et fruc­tueuse de l’eucharistie. Dans le même esprit, il doit veiller à une digni­té tou­jours plus grande des célé­bra­tions elles-​mêmes, ce à quoi contri­bue tout par­ti­cu­liè­re­ment la beau­té de l’espace sacré, de la musique et des œuvres d’art.

23. En outre, pour que la célé­bra­tion cor­res­ponde plus plei­ne­ment aux pres­crip­tions et à l’esprit de la litur­gie, et que son effi­ca­ci­té pas­to­rale soit plus grande, on trou­ve­ra expo­sées dans cette Présentation et dans l’Ordinaire de la messe quelques amé­na­ge­ments et adaptations.

24. Ces adap­ta­tions, pour la plu­part, consistent dans le choix de cer­tains rites ou de cer­tains textes, comme les chants, les lec­tures, les prières, les moni­tions et les gestes, qui répondent mieux aux besoins, à la for­ma­tion et à la men­ta­li­té des par­ti­ci­pants, et qui sont confiés au prêtre célé­brant. Celui-​ci se sou­vien­dra cepen­dant qu’il est le ser­vi­teur de la litur­gie et qu’il ne peut de son propre chef ajou­ter, enle­ver ou chan­ger quoi que ce soit dans la célé­bra­tion de la messe[34] .

25. Le Missel signale en outre, chaque fois en son lieu, cer­taines adap­ta­tions qui, selon la Constitution sur la litur­gie, sont de la com­pé­tence soit de l’évêque dio­cé­sain soit de la Conférence des évêques[35] (cf. ci-​dessous, nn. 387, 388–393).

26. Pour ce qui est des adap­ta­tions et des chan­ge­ments plus impor­tants qu’il serait utile ou néces­saire d’introduire pour faire droit aux tra­di­tions et à la men­ta­li­té des peuples et des régions, selon l’esprit de l’art. 40 de la Constitution sur la Liturgie, on obser­ve­ra ce qui est expo­sé dans l’instruction sur la litur­gie romaine et l’inculturation[36]et ci-​dessous (nn. 395–399).

Chapitre II – La structure de la Messe, ses éléments et ses parties

I – Structure générale de la Messe

27. A la messe ou Cène du Seigneur, le peuple de Dieu est convo­qué et ras­sem­blé, sous la pré­si­dence du prêtre, qui agit en la per­sonne du Christ, pour célé­brer le mémo­rial du Seigneur, ou sacri­fice eucha­ris­tique[37] . C´est pour­quoi ce ras­sem­ble­ment local de la sainte Église réa­lise de façon émi­nente la pro­messe du Christ : « Lorsque deux ou trois sont ras­sem­blés en mon nom, je suis là, au milieu d´eux » (Mt 18, 20). En effet, dans la célé­bra­tion de la messe où est per­pé­tué le sacri­fice de la croix[38] , le Christ est réel­le­ment pré­sent dans l´assemblée elle-​même réunie en son nom, dans la per­sonne du ministre, dans sa Parole et aus­si, mais de façon sub­stan­tielle et per­ma­nente, sous les espèces eucha­ris­tiques[39].

28. La messe com­porte comme deux par­ties : la litur­gie de la Parole et la litur­gie eucha­ris­tique ; mais elles sont si étroi­te­ment liées qu´elles forment un seul acte de culte[40] . En effet, la messe dresse la table aus­si bien de la parole de Dieu que du Corps du Christ, où les fidèles sont ins­truits et res­tau­rés[41] . En outre, cer­tains rites ouvrent la célé­bra­tion et la concluent.

II – Les divers éléments de la Messe

La lecture et l’explication de la parole de Dieu

29. Lorsqu´on lit dans l´Église la sainte Écriture, c´est Dieu lui-​même qui parle à son peuple, et c´est le Christ, pré­sent dans sa parole, qui annonce l’Évangile. C´est pour­quoi les lec­tures de la parole de Dieu, qui consti­tuent un élé­ment de très grande impor­tance dans la litur­gie, doivent être écou­tées par tous avec le plus grand res­pect. Cependant, bien que la parole divine, dans les lec­tures de la sainte Écriture, s´adresse à tous les hommes de n´importe quelle époque et leur soit intel­li­gible, sa pleine intel­li­gence et son effi­ca­ci­té sont favo­ri­sées par un expo­sé vivant, c´est-à-dire par l´homélie, qui fait par­tie de l´action litur­gique[42].

Les oraisons et les autres parties qui reviennent au prêtre

30. De tout ce qui revient au prêtre, la Prière eucha­ris­tique occupe la pre­mière place, car elle est le som­met de toute la célé­bra­tion. Viennent ensuite les orai­sons, c´est-à-dire la prière d´ouverture (col­lecte), la prière sur les offrandes et la prière après la com­mu­nion. Ces prières, dites par le prêtre qui pré­side l´assemblée en tenant la place du Christ en per­sonne, s´adressent à Dieu au nom de tout le peuple saint et de tous ceux qui sont pré­sents [43]. C´est donc à juste titre qu´on les nomme « orai­sons présidentielles ».

31. C´est encore au prêtre, dans sa fonc­tion de pré­sident de l´assemblée, qu´il revient de pro­non­cer cer­taines moni­tions pré­vues dans le rite lui-​même. Là où les rubriques l’indiquent, il lui est per­mis de les adap­ter quelque peu pour qu’elles cor­res­pondent mieux à la com­pré­hen­sion des par­ti­ci­pants. Le prêtre aura soin cepen­dant de tou­jours conser­ver le sens de la moni­tion pro­po­sée dans le Missel, et de l’exprimer en peu de mots. Il revient éga­le­ment au prêtre qui pré­side de diri­ger la litur­gie de la parole de Dieu, et de don­ner la béné­dic­tion finale. Il lui est per­mis en outre, d’introduire les fidèles à la messe du jour par des paroles très brèves, après la salu­ta­tion ini­tiale et avant l’acte péni­ten­tiel ; à la litur­gie de la Parole, avant les lec­tures ; à la Prière eucha­ris­tique, avant la pré­face, mais jamais au cours de la prière elle-​même ; et enfin de conclure toute la célé­bra­tion, avant l’envoi des fidèles.

32. La nature des par­ties « pré­si­den­tielles » exige qu´elles soient pro­non­cées clai­re­ment et à haute voix, et qu´elles soient écou­tées atten­ti­ve­ment par tous[44]. Par consé­quent, pen­dant que le prêtre les pro­nonce, il n´y aura pas d´autres prières ni d´autres chants, l´orgue et les autres ins­tru­ments res­te­ront silencieux.

33. Le prêtre prie comme pré­sident, au nom de l’Eglise et de la com­mu­nau­té ras­sem­blée ; il prie aus­si par­fois en son nom propre pour accom­plir son minis­tère avec plus d’attention et de pié­té. Ces prières-​là, pro­po­sées avant la lec­ture de l’Evangile, à la pré­pa­ra­tion des dons, avant et après la com­mu­nion du prêtre, sont pro­non­cées à voix basse.

Les autres formules dans la célébration

34. Puisque, par sa nature, la célé­bra­tion de la messe a un carac­tère « com­mu­nau­taire »[45] , les dia­logues entre le prêtre et les fidèles ras­sem­blés, ain­si que les accla­ma­tions, pos­sèdent une grande signi­fi­ca­tion[46] : en effet, ce ne sont pas seule­ment des signes exté­rieurs de la célé­bra­tion com­mune, mais des élé­ments qui favo­risent et réa­lisent la com­mu­nion entre le prêtre et le peuple.

35. Les accla­ma­tions des fidèles et leurs réponses aux salu­ta­tions et aux prières du prêtre consti­tuent un degré de par­ti­ci­pa­tion active qui doit être réa­li­sé par les fidèles ras­sem­blés quelle que soit la forme de la messe, pour expri­mer clai­re­ment et pour favo­ri­ser l´action de toute la com­mu­nau­té[47] .

36. Il y a d´autres par­ties qui sont très utiles pour mani­fes­ter et favo­ri­ser la par­ti­ci­pa­tion active des fidèles, et qui reviennent à toute l´assemblée, notam­ment l’acte péni­ten­tiel, la pro­fes­sion de foi, la prière uni­ver­selle et l´oraison dominicale.

37. Enfin, par­mi les autres formules :

a) cer­taines consti­tuent un rite ou un acte ayant valeur en lui-​même, comme l´hymne Gloria, le psaume res­pon­so­rial, l´Alléluia et le ver­set avant l´Évangile, le Sanctus, l´acclamation d´anamnèse, le chant après la communion ;

b) cer­taines autres, comme les chants pour l’entrée, l’offertoire, la frac­tion (Agnus Dei /​Agneau de Dieu) et la com­mu­nion, accom­pagnent un rite.

Les façons de prononcer les différents textes

38. Dans les textes qui doivent être pro­non­cés clai­re­ment et à voix haute par le prêtre, le diacre, le lec­teur, ou par tous, le ton de voix doit répondre au genre du texte lui-​même, selon qu´il s´agit d´une lec­ture, d´une prière, d´une moni­tion, d´une accla­ma­tion ou d´un chant ; il doit répondre aus­si à la forme de la célé­bra­tion et à la solen­ni­té du ras­sem­ble­ment. En outre, on tien­dra compte du carac­tère des diverses langues et de la men­ta­li­té des peuples. Dans les rubriques et les normes qui suivent, les mots « dire » ou « pro­non­cer » doivent donc s’en­tendre soit du chant, soit de la réci­ta­tion, en obser­vant les prin­cipes expo­sés ci-dessus.

L’importance du chant

39. L´Apôtre invite les fidèles qui se ras­semblent dans l´attente de l´avènement de leur Seigneur, à chan­ter ensemble des psaumes, des hymnes et des can­tiques ins­pi­rés (cf. Col 3, 16). Le chant est en effet le signe de l´allégresse du cœur (cf. Ac 2, 46). Aussi saint Augustin dit-​il jus­te­ment : « Chanter est le fait de celui qui aime »[48] , et selon un pro­verbe ancien : « Bien chan­ter, c’est prier deux fois ».

40. On fera donc grand usage du chant dans les célé­bra­tions, en tenant compte de la men­ta­li­té des peuples et des apti­tudes de chaque assem­blée. S’il n’est pas tou­jours néces­saire, par exemple aux messes de semaine, de chan­ter tous les textes qui, par eux-​mêmes, sont des­ti­nés à être chan­tés, on met­tra tout le soin pos­sible pour que le chant des ministres et du peuple ne soit pas absent des célé­bra­tions, les dimanches et fêtes de pré­cepte. Cependant, en choi­sis­sant les par­ties qui seront effec­ti­ve­ment chan­tées, on don­ne­ra tou­te­fois la prio­ri­té à celles qui ont plus d´importance, et sur­tout à celles qui doivent être chan­tées par le prêtre, le diacre ou le lec­teur, avec réponse du peuple, ou qui doivent être pro­non­cées simul­ta­né­ment par le prêtre et le peuple[49]

41. Le chant gré­go­rien, en tant que chant propre de la litur­gie romaine, doit, toutes choses égales d’ailleurs, occu­per la pre­mière place. Les autres genres de musique sacrée, et sur­tout la poly­pho­nie, ne sont nul­le­ment exclues, pour­vu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action litur­gique et qu’ils favo­risent la par­ti­ci­pa­tion de tous les fidèles.>[50] Et comme les ras­sem­ble­ments entre fidèles de diverses nations deviennent de plus en plus fré­quentes, il est néces­saire que ces fidèles sachent chan­ter ensemble, en latin, sur des mélo­dies assez faciles, au moins quelques par­ties de l´Ordinaire de la messe, notam­ment la pro­fes­sion de foi et l´oraison domi­ni­cale.[51]

Les gestes et les attitudes du corps

42. Les gestes et les atti­tudes du corps, tant ceux du prêtre, du diacre ou des ministres, que ceux du peuple doivent viser à ce que toute la célé­bra­tion mani­feste une belle et noble sim­pli­ci­té, que soit per­çue toute la vraie signi­fi­ca­tion de ses diverses par­ties et que soit favo­ri­sée la par­ti­ci­pa­tion de tous[52] . On devra donc être atten­tif aux normes de cette Présentation géné­rale et à la pra­tique reçue du rite romain ain­si qu’au bien com­mun spi­ri­tuel du peuple de Dieu, plu­tôt qu’à ses goûts per­son­nels et à son propre juge­ment. Les atti­tudes com­munes à obser­ver par tous les par­ti­ci­pants sont un signe de l’unité des membres de la com­mu­nau­té chré­tienne ras­sem­blée dans la sainte Liturgie ; en effet, elles expriment et déve­loppent l´esprit et la sen­si­bi­li­té des participants.

43. Les fidèles se tien­dront debout depuis le début du chant d´entrée, ou quand le prêtre se rend à l´autel, jusqu´à la prière d´ouverture (col­lecte) inclu­si­ve­ment ; au chant de l´Alléluia avant l´Évangile ; pen­dant la pro­cla­ma­tion de l´Évangile ; pen­dant la pro­fes­sion de foi et la prière uni­ver­selle ; et depuis l’invitation Orate fratres (Prions ensemble) avant la prière sur les offrandes jusqu´à la fin de la messe, excep­té ce que l´on va dire. Ils seront assis pen­dant les lec­tures qui pré­cèdent l´Évangile et le psaume res­pon­so­rial ; à l´homélie et pen­dant la pré­pa­ra­tion des dons pour l’offertoire ; et, si on le juge bon, pen­dant qu´on observe un temps de silence sacré après la com­mu­nion. Ils s´agenouilleront pour la consé­cra­tion, à moins que leur état de san­té, l´exiguïté des lieux ou le grand nombre des par­ti­ci­pants ou d´autres justes rai­sons ne s´y opposent. Ceux qui ne s’agenouillent pas pour la consé­cra­tion feront une incli­na­tion pro­fonde pen­dant que le prêtre fait la génu­flexion après la consé­cra­tion. Il appar­tient tou­te­fois à la Conférence des évêques d´adapter les gestes et les atti­tudes décrits dans l’Ordinaire de la messe à la men­ta­li­té et aux justes tra­di­tions des peuples, selon la norme du droit[53] . On veille­ra cepen­dant à ce qu´ils cor­res­pondent au sens et au carac­tère des dif­fé­rentes par­ties de la célé­bra­tion. Là où il est de cou­tume que le peuple demeure à genoux depuis la fin du Sanctus jusqu’à la fin de la Prière eucha­ris­tique, et avant la com­mu­nion quand le prêtre dit Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), il sera bon de conser­ver cette cou­tume. Pour obte­nir des atti­tudes et des gestes com­muns au cours d’une même célé­bra­tion, les fidèles sui­vront les moni­tions du diacre, ou d’un autre ministre laïc, ou du prêtre, selon les indi­ca­tions du Missel.

44. Parmi les gestes, on compte aus­si les actions et les pro­ces­sions quand le prêtre, avec le diacre et les ministres, se rend à l´autel ; quand le diacre porte à l’ambon l’Evangéliaire ou le Livre des évan­giles avant la pro­cla­ma­tion de l’Evangile ; quand les fidèles apportent les dons et s´approchent pour la com­mu­nion. Il convient que ces actions et pro­ces­sions se déroulent avec beau­té, tan­dis qu´on exé­cute les chants appro­priés, selon les normes fixées pour chacune.

Le silence

45. Le silence sacré fait par­tie de la célé­bra­tion : il doit aus­si être obser­vé en son temps[54] . Sa nature dépend du moment où il trouve place dans chaque célé­bra­tion. En effet, pen­dant l’acte péni­ten­tiel et après l´invitation à prier, cha­cun se recueille ; après une lec­ture ou l´homélie, on médite briè­ve­ment ce qu´on a enten­du ; après la com­mu­nion, le silence per­met la louange et la prière inté­rieure.
Dès avant la célé­bra­tion elle-​même, il est bon de gar­der le silence dans l’église, à la sacris­tie et dans les lieux avoi­si­nants, pour que tous se dis­posent à célé­brer les saints mys­tères reli­gieu­se­ment et selon les rites.

III – Les différentes parties de la Messe

A) Rites initiaux

46. Les rites qui pré­cèdent la litur­gie de la Parole, c´est-à-dire le chant d´entrée (introït), la salu­ta­tion, l’acte péni­ten­tiel, le Kyrie, le Gloria et la prière d´ouverture (col­lecte), ont le carac­tère d´une ouver­ture, d´une intro­duc­tion et d´une pré­pa­ra­tion. Leur but est que les fidèles qui se réunissent réa­lisent une com­mu­nion et se dis­posent à bien entendre la parole de Dieu et à célé­brer digne­ment l´Eucharistie. Dans cer­taines célé­bra­tions qui sont jointes à la messe, selon la norme des livres litur­giques, on omet les rites d’ouverture ou on les accom­plit d’une manière particulière.

Le chant d´entrée (l’introït)

47. Lorsque le peuple est ras­sem­blé, tan­dis que le prêtre entre avec le diacre et les ministres, on com­mence le chant d´entrée (introït). Le but de ce chant est d´ouvrir la célé­bra­tion, de favo­ri­ser l´union des fidèles ras­sem­blés, d´introduire leur esprit dans le mys­tère du temps litur­gique ou de la fête, et d´accompagner la pro­ces­sion du prêtre et des ministres.

48. Il est exé­cu­té alter­na­ti­ve­ment par la cho­rale et le peuple ou, de la même manière, par le chantre et le peuple, ou bien entiè­re­ment par le peuple ou par la cho­rale seule.On peut uti­li­ser ou bien l´antienne avec son psaume qui se trouvent soit dans le Graduale roma­num soit dans le Graduale sim­plex ; ou bien un autre chant accor­dé à l´action sacrée, au carac­tère du jour ou du temps, et dont le texte soit approu­vé par la Conférence des évêques[55] . S’il n’y a pas de chant pour l´entrée, on fait réci­ter l´antienne que pro­pose le Missel, soit par les fidèles, soit par cer­tains d´entre eux, soit par un lec­teur ou, autre­ment, par le prêtre lui-​même, qui peut aus­si l’adapter sous forme de moni­tion d’ouverture.

La salutation à l´autel et au peuple rassemblé

49. Lorsqu´ils sont arri­vés au « sanc­tuaire »*, le prêtre, le diacre et les ministres saluent l´autel par une incli­na­tion pro­fonde.
Pour expri­mer leur véné­ra­tion, le prêtre et le diacre baisent ensuite l’autel ; et le prêtre, si cela est oppor­tun, encense la croix et l’autel. .
50. Lorsque le chant d´entrée est fini, le prêtre, debout à son siège, fait le signe de la croix avec toute l´assemblée. Ensuite, en saluant la com­mu­nau­té ras­sem­blée, il lui signi­fie la pré­sence du Seigneur. Cette salu­ta­tion et la réponse du peuple mani­festent le mys­tère de l´Église ras­sem­blée. Après la salu­ta­tion au peuple, le prêtre, ou le diacre, ou un ministre laïc, peut, par quelques mots très brefs, intro­duire les fidèles à la messe du jour.

L’acte pénitentiel

51. Ensuite, le prêtre invite à l’acte péni­ten­tiel qui, après un bref ins­tant de silence, est réa­li­sé par toute la com­mu­nau­té en uti­li­sant une for­mule de confes­sion géné­rale ; le prêtre la conclut par une abso­lu­tion, qui n’a pas tou­te­fois l’efficacité du sacre­ment de péni­tence.
Le dimanche, au Temps pas­cal sur­tout, en lieu et place de l’acte péni­ten­tiel, on peut faire la béné­dic­tion de l’eau et l’aspersion en mémoire du bap­tême[56] .

Le Kyrie eleison

52. Après l’acte péni­ten­tiel, on com­mence tou­jours le Kyrie elei­son, à moins que cette invo­ca­tion n´ait déjà trou­vé place dans l’acte péni­ten­tiel lui-​même. Puisque c´est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa misé­ri­corde, il est habi­tuel­le­ment exé­cu­té par tous, le peuple, la cho­rale ou un chantre y tenant leur par­tie. Chaque accla­ma­tion est ordi­nai­re­ment dite deux fois, mais cela n´exclut pas, en rai­son du génie des dif­fé­rentes langues, des exi­gences de l´art musi­cal, ou en rai­son des cir­cons­tances, qu´on puisse la répé­ter davan­tage. Quand le Kyrie est chan­té comme fai­sant par­tie de l’acte péni­ten­tiel, on fait pré­cé­der d’un » trope « * chaque acclamation.

Le Gloria in excelsis

53. Le Gloria est une hymne très ancienne et véné­rable par laquelle l´Église, ras­sem­blée dans l´Esprit Saint, glo­ri­fie Dieu le Père ain­si que l´Agneau qu’elle sup­plie. On ne peut jamais rem­pla­cer le texte de cette hymne par un autre. Le Gloria est enton­né par le prêtre ou, si cela est oppor­tun, par un chantre ou par la cho­rale ; il est chan­té soit par tous ensemble, soit par le peuple alter­nant avec la cho­rale, soit par la cho­rale elle-​même. Si on ne le chante pas, il doit être réci­té par tous, ensemble ou par deux chœurs qui alternent. On chante ou on dit le Gloria le dimanche en dehors de l´Avent et du Carême, aux solen­ni­tés et aux fêtes, ou encore dans des célé­bra­tions par­ti­cu­lières plus solennelles.

La prière d´ouverture (collecte)

54. Puis, le prêtre invite le peuple à prier ; et tous, avec le prêtre, font un ins­tant de silence, pour prendre conscience qu´ils se tiennent en pré­sence de Dieu, et pour men­tion­ner inté­rieu­re­ment leurs inten­tions de prière. Ensuite le prêtre pro­nonce la prière d’ouverture, appe­lée habi­tuel­le­ment « col­lecte », qui exprime le carac­tère de la célé­bra­tion. Selon l’antique tra­di­tion de l’Eglise, cette prière s’adresse habi­tuel­le­ment à Dieu le Père, par le Christ, dans l´Esprit Saint[57] , et se ter­mine par une conclu­sion tri­ni­taire, c’est-à-dire par la conclu­sion longue, de la manière suivante :

- si elle s´adresse au Père : « Per Dominum nos­trum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat in uni­tate Spritus Sancti, Deus, per omnia sae­cu­la sae­cu­lo­rum » (Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-​Esprit, main­te­nant et pour les siècles des siècles);

- si elle s´adresse au Père, mais avec men­tion du Fils à la fin : « Qui tecum vivit et regnat in uni­tate Spiritus Sancti, Deus, per omnia sae­cu­la sae­cu­lo­rum » (Lui qui règne avec toi et le Saint-​Esprit, main­te­nant et pour les siècles des siècles);

- si elle s´adresse au Fils : « Qui vivis et regnas cum Deo Patre in uni­tate Spuiritus Sancti, Deus, per omnia sae­cu­la sae­cu­lo­rum » (Toi qui règnes avec le Père et le Saint-​Esprit, main­te­nant et pour les siècles des siècles).
Le peuple s´unit à la sup­pli­ca­tion et la fait sienne par l´acclamation Amen.

A la messe on ne dit tou­jours qu’une seule prière d’ouverture (col­lecte).

B) Liturgie de la Parole

55. La par­tie prin­ci­pale de la litur­gie de la Parole est consti­tuée par les lec­tures tirées de la sainte Écriture, avec les chants qui s´y inter­calent. En outre, l´homélie, la pro­fes­sion de foi et la prière uni­ver­selle la déve­loppent et la concluent. Car dans les lec­tures, que l´homélie explique, Dieu adresse la parole à son peuple[58] , il découvre le mys­tère de la rédemp­tion et du salut et il offre une nour­ri­ture spi­ri­tuelle ; et le Christ lui-​même est là, pré­sent par sa parole, au milieu des fidèles[59] . Cette parole divine, le peuple la fait sienne par le silence et les chants, et il y adhère par la pro­fes­sion de foi ; nour­ri par elle, il sup­plie avec la prière uni­ver­selle pour les besoins de toute l´Église et pour le salut du monde entier.

Le silence

56. La litur­gie de la Parole doit se célé­brer de manière à favo­ri­ser la médi­ta­tion, c’est-à-dire en évi­tant toute forme de pré­ci­pi­ta­tion qui empêche le recueille­ment. Il est même bon qu’elle com­prenne quelques brefs moments de silence, adap­tés à l’assemblée réunie : par ce moyen, avec l’aide de l’Esprit Saint, la parole de Dieu est accueillie dans le cœur et la réponse de cha­cun se pré­pare dans la prière. Ces moments de silence peuvent être obser­vés oppor­tu­né­ment, par exemple avant de com­men­cer la litur­gie de la Parole, après la pre­mière et la seconde lec­ture, et enfin après l’homélie[60] .

Les lectures bibliques

57. Dans les lec­tures, la table de la parole de Dieu est dres­sée pour les fidèles, et les tré­sors bibliques leur sont ouverts[61] . Il importe par consé­quent d’observer l’ordonnance des lec­tures bibliques, qui montre bien l’unité de l’un et l’autre Testament et de l’histoire du salut, et il n’est jamais per­mis de rem­pla­cer les lec­tures et le psaume res­pon­so­rial, qui contiennent la parole de Dieu, par d’autres textes non bibliques[62].

58. Dans la célé­bra­tion de la messe avec peuple, les lec­tures sont tou­jours pro­cla­mées de l’ambon.

59. Traditionnellement, la fonc­tion de pro­cla­mer les lec­tures n´est pas une fonc­tion pré­si­den­tielle, mais minis­té­rielle. Les lec­tures seront donc pro­cla­mées par un lec­teur et l’Evangile par le diacre ou, en son absence, par un autre prêtre. Toutefois s’il n’y a pas de diacre ou d’autre prêtre, le prêtre célé­brant lira lui-​même l´Évangile ; et s’il ne se trouve pas non plus d’autre lec­teur idoine, le prêtre célé­brant pro­cla­me­ra aus­si les autres lec­tures. Après chaque lec­ture, le lec­teur dit une accla­ma­tion à laquelle répond le peuple ras­sem­blé, accor­dant ain­si hon­neur à la parole de Dieu accueillie dans la foi et dans un cœur reconnaissant.

60. La pro­cla­ma­tion de l’Evangile consti­tue le som­met de la litur­gie de la Parole. Il faut lui accor­der la plus grande véné­ra­tion. La litur­gie elle-​même nous l´enseigne puisqu’elle la dis­tingue des autres lec­tures par des marques d’honneur spé­ci­fiques : soit de la part du ministre char­gé de l´annoncer, qui s´y pré­pare par la béné­dic­tion et la prière ; soit de la part des fidèles qui par leurs accla­ma­tions recon­naissent et pro­fessent que le Christ est pré­sent et leur parle, et qui écoutent sa lec­ture debout ; soit par les signes de véné­ra­tion adres­sés au Livre des Évangiles.

Le psaume responsorial

61. La pre­mière lec­ture est sui­vie du psaume res­pon­so­rial qui fait par­tie inté­grante de la litur­gie de la Parole et a une grande impor­tance litur­gique et pas­to­rale, car il favo­rise la médi­ta­tion de la parole de Dieu. Le psaume res­pon­so­rial cor­res­pond à chaque lec­ture et se prend d’ordinaire dans le lec­tion­naire. Il importe que le psaume res­pon­so­rial soit chan­té, au moins pour ce qui est de la réponse du peuple. Le psal­miste, ou chantre du psaume, exé­cute les ver­sets du psaume à l´ambon ou à un autre endroit appro­prié, tan­dis que toute l´assemblée est assise et écoute ; habi­tuel­le­ment celle-​ci par­ti­cipe par un refrain, à moins que le psaume ne soit dit de manière sui­vie, c´est-à-dire sans reprise d’un refrain. Cependant, pour que le peuple puisse plus faci­le­ment don­ner une réponse en forme de psal­mo­die, on a choi­si quelques textes de refrains et de psaumes pour les dif­fé­rents temps de l´année ou pour les dif­fé­rentes caté­go­ries de saints, que l´on peut employer, au lieu du texte cor­res­pon­dant à la lec­ture, chaque fois que le psaume est chan­té. Si le psaume ne peut pas être chan­té, on le réci­te­ra de la manière la plus apte à favo­ri­ser la médi­ta­tion de la parole de Dieu. A la place du psaume mar­qué dans le lec­tion­naire, on peut chan­ter aus­si le répons gra­duel du Graduale roma­num, ou le psaume res­pon­so­rial ou allé­luia­tique du Graduale sim­plex, tels qu´ils se trouvent dans ces dif­fé­rents livres.

L’acclamation avant l’Evangile

62. Après la lec­ture qui pré­cède immé­dia­te­ment l’Evangile, on chante l´Alléluia ou un autre chant éta­bli par les rubriques, selon ce que demande le temps litur­gique. Ce genre d’acclamation consti­tue un rite ou un acte ayant valeur en lui-​même, par lequel l’assemblée des fidèles accueille le Seigneur qui va leur par­ler dans l’Evangile, le salue et pro­fesse sa foi en chan­tant. L’acclamation est chan­tée par tous debout, la cho­rale ou le chantre don­nant l’intonation et, le cas échéant, on répète l’acclamation ; le ver­set est chan­té par la cho­rale ou le chantre.

  • Alléluia est chan­té en tout temps en dehors du Carême. Les ver­sets sont pris au lec­tion­naire ou au Graduale.
  • Pendant le Carême on rem­place l’Alléluia par un ver­set avant l’Evangile, qui se trouve dans le lec­tion­naire. On peut encore chan­ter un autre psaume ou « trait », tel qu’on le trouve dans le Graduale.

63. Quand il n´y a qu´une seule lec­ture avant l´Évangile :

  • Au temps où l´on doit dire l´Alléluia, on peut employer soit le psaume allé­luia­tique, soit le psaume sui­vi de l´Alléluia avec son verset.
  • Au temps où l´on ne doit pas dire l´Alléluia, on peut employer ou bien le psaume et le ver­set avant l´Évangile, ou bien le psaume seulement.
  • Si on ne les chante pas, on peut omettre l´Alléluia ou le ver­set avant l´Évangile.

64. La séquence, qui est facul­ta­tive sauf aux jours de Pâques et de la Pentecôte, est chan­tée avant l’Alléluia.

L´homélie

65. L´homélie fait par­tie de la litur­gie et elle est for­te­ment recom­man­dée car elle est néces­saire pour nour­rir la vie chré­tienne[63] . Elle doit expli­quer un aspect des lec­tures scrip­tu­raires, ou bien d´un autre texte de l´ordinaire ou du propre de la messe du jour, en tenant compte soit du mys­tère que l´on célèbre, soit des besoins par­ti­cu­liers des audi­teurs[64] .

66. L’homélie doit être faite habi­tuel­le­ment par le prêtre célé­brant lui-​même ou par un prêtre concé­lé­brant à qui il l’aura deman­dé, ou par­fois aus­si, si cela est oppor­tun, par un diacre, mais jamais par un laïc[65] . Dans des cas par­ti­cu­liers et pour une juste cause, l’homélie peut être faite aus­si par l’évêque ou un prêtre qui par­ti­cipe à la célé­bra­tion et qui ne peut pas concé­lé­brer. Les dimanches et fêtes de pré­cepte, il faut faire l´homélie à toutes les messes célé­brées en pré­sence du peuple, et on ne pour­ra l’omettre que pour une cause grave ; les autres jours, elle est aus­si recom­man­dée, sur­tout aux féries de l´Avent, du Carême et du Temps pas­cal, ain­si qu´aux autres fêtes et aux occa­sions où le peuple se rend à l’église en plus grand nombre[66] . Après l’homélie, il sera utile d’observer un bref moment de silence.

La profession de foi

67. Le Symbole, ou pro­fes­sion de foi, vise à ce que tout le peuple ras­sem­blé réponde à la parole de Dieu annon­cée dans les lec­tures de la sainte Ecriture et expli­quée dans l´homélie, et, en pro­fes­sant la règle de la foi dans une for­mule approu­vée pour l’usage litur­gique, se rap­pelle et pro­fesse les grands mys­tères de la foi avant que ne com­mence leur célé­bra­tion dans l’Eucharistie.

68. Le Symbole doit être chan­té ou dit par le prêtre avec le peuple, le dimanche et les jours de solen­ni­té ; on peut aus­si le dire lors de célé­bra­tions par­ti­cu­lières plus solen­nelles. S´il est chan­té, il est enton­né par le prêtre ou, si cela est oppor­tun, par un chantre ou par la cho­rale ; mais il est chan­té soit par tous ensemble, soit par le peuple alter­nant avec la cho­rale. Si on ne le chante pas, il doit être réci­té par tous, ensemble ou par deux chœurs qui se répondent l’un l’autre.

La prière universelle

69. Dans la prière uni­ver­selle, ou prière des fidèles, le peuple répond en quelque sorte à la parole de Dieu reçue dans la foi et, exer­çant la fonc­tion de son sacer­doce bap­tis­mal, pré­sente à Dieu des prières pour le salut de tous. Il convient que cette prière ait lieu habi­tuel­le­ment aux messes avec peuple, si bien que l´on fasse des sup­pli­ca­tions pour la sainte Église, pour ceux qui nous gou­vernent, pour ceux qui sont acca­blés par diverses misères, pour tous les hommes et pour le salut du monde entier >[67]

70. Les inten­tions seront habituellement :

a) pour les besoins de l´Église,
b) pour les diri­geants des affaires publiques et le salut du monde entier,
c) pour ceux qui sont acca­blés par toutes sortes de dif­fi­cul­tés,
d) pour la com­mu­nau­té locale.

Toutefois, dans une célé­bra­tion par­ti­cu­lière, comme une confir­ma­tion, un mariage ou des obsèques, l´ordre des inten­tions pour­ra s´appliquer plus exac­te­ment à cette occa­sion particulière.

71. C´est au prêtre célé­brant de diri­ger la prière, de son siège. Il l’introduit par une brève moni­tion qui invite les fidèles à prier. Il la conclut par une orai­son. Il faut que les inten­tions soient sobres, com­po­sées avec une sage liber­té et en peu de mots, et qu’elles expriment la sup­pli­ca­tion de toute la com­mu­nau­té. Elles sont dites de l’ambon, ou d’un autre lieu appro­prié, par le diacre, un chantre, un lec­teur ou un autre fidèle laïc[68] Le peuple, debout, exprime sa sup­pli­ca­tion, soit par une invo­ca­tion com­mune après cha­cune des inten­tions, soit par une prière silencieuse.

C) Liturgie eucharistique

72. A la der­nière Cène, le Christ a ins­ti­tué le sacri­fice et le ban­quet pas­cal par lequel le sacri­fice de la croix est sans cesse ren­du pré­sent dans l´Église lorsque le prêtre, repré­sen­tant le Christ Seigneur, accom­plit cela même que le Seigneur lui-​même a fait et qu´il a trans­mis à ses dis­ciples pour qu´ils le fassent en mémoire de lui[69] . En effet, le Christ prit le pain et la coupe, ren­dit grâce, fit la frac­tion et les don­na à ses dis­ciples, en disant : « Prenez, man­gez, buvez ; ceci est mon Corps ; ceci est la coupe de mon Sang. Vous ferez cela en mémoire de moi ». Aussi l´Église a‑t-​elle orga­ni­sé toute la célé­bra­tion de la litur­gie eucha­ris­tique en par­ties qui cor­res­pondent à ces paroles et à ces actes du Christ. De fait :

1) Dans la pré­pa­ra­tion des dons, on apporte à l´autel le pain et le vin avec l´eau, c´est-à-dire les élé­ments que le Christ a pris dans ses mains.
2) Dans la Prière eucha­ris­tique, on rend grâce à Dieu pour toute l’œuvre du salut, et les dons offerts deviennent le Corps et le Sang du Christ.
3) Par la frac­tion du pain et par la com­mu­nion, les fidèles, aus­si nom­breux soient-​ils, reçoivent d’un seul pain le Corps du Seigneur et d’une seule coupe le Sang du Seigneur, de la même manière que les Apôtres les ont reçus des mains du Christ lui-même.

La pré­pa­ra­tion des dons

73. Au com­men­ce­ment de la litur­gie eucha­ris­tique, on apporte à l´autel les dons qui devien­dront le Corps et le Sang du Christ. D´abord on pré­pare l´autel, ou table du Seigneur, qui est le centre de toute la litur­gie eucha­ris­tique[70] , en y pla­çant le cor­po­ral, le puri­fi­ca­toire, le mis­sel et le calice, à moins que celui-​ci ne soit pré­pa­ré à la cré­dence. Puis on apporte les offrandes : faire pré­sen­ter le pain et le vin par les fidèles est un usage à recom­man­der ; le prêtre ou le diacre reçoit ces offrandes à un endroit favo­rable, pour les dépo­ser sur l´autel. Même si les fidèles n´apportent plus, comme autre­fois, du pain et du vin de chez eux, ce rite de l´apport des dons garde sa valeur et sa signi­fi­ca­tion spi­ri­tuelle. De l´argent, ou d´autres dons au pro­fit des pauvres ou de l´Église, peuvent être appor­tés par les fidèles ou recueillis dans l´église ; on les dépose à un endroit appro­prié, hors de la table eucharistique.

74. La pro­ces­sion qui apporte les dons est accom­pa­gnée par le chant d’offertoire (Cf. n. 37b) qui se pro­longe au moins jusqu´à ce que les dons aient été dépo­sés sur l´autel. Les normes qui concernent la manière d´exécuter ce chant sont les mêmes que pour le chant

d´entrée (n. 48). Le chant peut tou­jours accom­pa­gner les rites de l’offertoire, même lorsqu’il n’y a pas de pro­ces­sion des dons.
75. Le pain et le vin sont dépo­sés par le prêtre sur l’autel, geste qu’il accom­pagne des for­mules éta­blies ; le prêtre peut encen­ser les dons pla­cés sur l´autel, puis la croix et l´autel lui-​même, pour signi­fier que l’oblation de l´Église et sa prière montent comme l´encens devant la face de Dieu. Puis, le diacre ou un autre ministre encense le prêtre, à cause de son minis­tère sacré, et le peuple, en rai­son de sa digni­té baptismale.

76. Ensuite le prêtre se lave les mains sur le côté de l’autel, rite qui exprime le désir de puri­fi­ca­tion intérieure.

La prière sur les offrandes

77. Lorsqu´on a dépo­sé les offrandes et ter­mi­né les rites d´accompagnement, on conclut la pré­pa­ra­tion des dons et on se pré­pare à la Prière eucha­ris­tique par l´invitation à prier avec le prêtre et par la prière sur les offrandes. A la messe, on dit une seule prière sur les offrandes, qui se ter­mine par la conclu­sion brève : Per Christum Dominum nos­trum (Par Jésus, le Christ, notre Seigneur) ; si cepen­dant elle fait men­tion du Fils à la fin, ce sera : Qui vivit et regnat in sae­cu­la sae­cu­lo­rum (Toi qui règnes pour les siècles des siècles). Le peuple s’unit à la prière et la fait sienne par l’acclamation Amen.

La Prière eucharistique

78. C´est main­te­nant que com­mence ce qui est le centre et le som­met de toute la célé­bra­tion : la Prière eucha­ris­tique, prière d´action de grâce et de sanc­ti­fi­ca­tion. Le prêtre invite le peuple à éle­ver les cœurs vers le Seigneur dans la prière et l´action de grâce, et il se l´associe dans la prière qu´il adresse à Dieu le Père par Jésus Christ dans l’Esprit Saint, au nom de toute la com­mu­nau­té. Le sens de cette prière est que toute l´assemblée des fidèles s´unisse au Christ dans la confes­sion des hauts faits de Dieu et dans l´offrande du sacri­fice. La Prière eucha­ris­tique exige que tous l’écoutent avec res­pect et en silence.

79. On peut dis­tin­guer comme suit les prin­ci­paux élé­ments qui forment la prière eucharistique :

a) L´action de grâce (qui s´exprime sur­tout dans la pré­face) : le prêtre, au nom de tout le peuple saint, glo­ri­fie Dieu le Père et lui rend grâce pour toute l´œuvre de salut ou pour un de ses aspects par­ti­cu­liers, selon la diver­si­té des jours, des fêtes ou des temps.
b) L´acclamation : toute l´assemblée, s´unissant aux puis­sances d’en haut, chante le Sanctus. Cette accla­ma­tion, qui fait par­tie de la Prière eucha­ris­tique, est pro­non­cée par tout le peuple avec le prêtre.
c) L´épiclèse : par des invo­ca­tions par­ti­cu­lières, l´Église implore la puis­sance de l’Esprit Saint, pour que les dons offerts par les hommes soient consa­crés, c´est-à-dire deviennent le Corps et le Sang du Christ, et pour que la vic­time sans tache, qui sera reçue dans la com­mu­nion, pro­fite au salut de ceux qui vont y par­ti­ci­per.
d) Le récit de l´Institution et la consé­cra­tion : par les paroles et les actions du Christ s´accomplit le sacri­fice que le Christ lui-​même a ins­ti­tué à la der­nière Cène lorsqu´il offrit son Corps et son Sang sous les espèces du pain et du vin, les don­na à man­ger et à boire aux Apôtres et leur lais­sa l´ordre de per­pé­tuer ce mys­tère.
e) L´anamnèse : en accom­plis­sant l´ordre reçu du Christ Seigneur par l´intermédiaire des Apôtres, l´Église fait mémoire du Christ lui-​même, célé­brant prin­ci­pa­le­ment le mémo­rial de sa pas­sion bien­heu­reuse, de sa glo­rieuse résur­rec­tion, et de son ascen­sion dans le ciel.
f) L´offrande : au cœur de cette mémoire, l´Église, sur­tout celle qui est actuel­le­ment ici ras­sem­blée, offre au Père, dans le Saint-​Esprit, la vic­time sans tache. L´Église veut que les fidèles non seule­ment offrent cette vic­time sans tache, mais encore qu´ils apprennent à s´offrir eux-​mêmes[71] et soient par­fai­te­ment réunis, de jour en jour, par la média­tion du Christ, dans l´unité avec Dieu et entre eux, pour qu´à la fin Dieu soit tout en tous[72]
g) Les inter­ces­sions : on y exprime que l´Eucharistie est célé­brée en union avec toute l´Église, celle du ciel comme celle de la terre, et que l´offrande est faite pour elle et pour tous ses membres vivants et morts, qui ont été appe­lés à par­ti­ci­per à la rédemp­tion et au salut obte­nus par le Corps et le Sang du Christ.
h) La doxo­lo­gie finale : elle exprime la glo­ri­fi­ca­tion de Dieu ; elle est rati­fiée et conclue par l´acclamation du peuple : Amen.

Les rites de communion

80. Puisque la célé­bra­tion eucha­ris­tique est le ban­quet pas­cal, il convient que, selon l´ordre du Seigneur, son Corps et son Sang soient reçus par les fidèles bien pré­pa­rés comme une nour­ri­ture spi­ri­tuelle. C´est à cela que tendent la frac­tion et les autres rites pré­pa­ra­toires par les­quels les fidèles sont immé­dia­te­ment ame­nés à la communion.

L’oraison domi­ni­cale>

81. Dans l´oraison domi­ni­cale, on demande le pain quo­ti­dien qui, pour les chré­tiens, évoque sur­tout le pain eucha­ris­tique, et on y implore la puri­fi­ca­tion des péchés, pour que les choses saintes soient vrai­ment don­nées aux saints. Le prêtre pro­nonce l´invitation à la prière, tous les fidèles disent celle-​ci avec le prêtre, et le prêtre seul ajoute l´embolisme que le peuple conclut par la doxo­lo­gie. L´embolisme, qui déve­loppe la der­nière demande de l´oraison domi­ni­cale, demande pour toute la com­mu­nau­té des fidèles la libé­ra­tion de l’emprise du Mal. L´invitation, la prière pro­pre­ment dite, l´embolisme et la doxo­lo­gie par laquelle le peuple conclut cet ensemble, sont chan­tés ou dits à haute voix.

Le rite de la paix

82. Vient ensuite le rite de la paix : l’Eglise implore la paix et l´unité pour elle-​même et toute la famille humaine, et les fidèles expriment leur com­mu­nion dans l’Eglise ain­si que leur amour mutuel avant de com­mu­nier au sacre­ment. En ce qui concerne le signe de la paix à trans­mettre, la façon de faire sera déci­dée par les Conférences des évêques, selon la men­ta­li­té et les us et cou­tumes de chaque peuple. Il convient cepen­dant que cha­cun sou­haite la paix de manière sobre et uni­que­ment à ceux qui l’entourent.

La frac­tion du pain

83. Le prêtre rompt le pain eucha­ris­tique, aidé, le cas échéant, par le diacre ou un concé­lé­brant. Le geste de la frac­tion, accom­pli par le Christ à la der­nière Cène et qui a don­né son nom à toute l’action eucha­ris­tique à l´âge apos­to­lique, signi­fie que les mul­tiples fidèles, dans la com­mu­nion à l´unique pain de vie, qui est le Christ, mort et res­sus­ci­té pour le salut du monde, deviennent un seul Corps (1 Co 10, 17). La frac­tion com­mence après le rite de la paix, et se fait avec le res­pect qui s’impose, en évi­tant de le pro­lon­ger sans néces­si­té ou de lui don­ner trop d’importance. Ce rite est réser­vé au prêtre et au diacre. Le prêtre rompt le pain et met dans le calice une par­celle de l’hostie pour signi­fier l’unité du Corps et du Sang du Seigneur dans l’œuvre du salut, c’est-à-dire le Corps du Christ Jésus vivant et glo­rieux. L’invocation Agnus Dei (Agneau de Dieu) est ordi­nai­re­ment chan­tée par la cho­rale ou le chantre, et le peuple y répond, ou bien elle est dite à haute voix. Cette invo­ca­tion accom­pagne la frac­tion du pain et peut donc être répé­tée autant de fois qu´il est néces­saire jusqu’à ce que le rite soit ache­vé. La der­nière fois, elle est conclue par les mots : dona nobis pacem (donne-​nous la paix).

La com­mu­nion

84. Le prêtre, par une prière à voix basse, se pré­pare à rece­voir avec fruit le Corps et le Sang du Christ. Les fidèles font de même par une prière silen­cieuse. Puis le prêtre montre aux fidèles le pain eucha­ris­tique, au-​dessus de la patène ou du calice, et les invite au ban­quet du Christ ; en même temps que les fidèles, il fait un acte d´humilité, en repre­nant les paroles évan­gé­liques indiquées.

85. Il est très sou­hai­table que les fidèles, comme le prêtre est tenu de le faire lui-​même, reçoivent le Corps du Seigneur avec des hos­ties consa­crées au cours de cette même célé­bra­tion et, dans les cas pré­vus (cf. n. 283), qu´ils par­ti­cipent au calice, afin que par ces signes mêmes, la com­mu­nion appa­raisse mieux comme la par­ti­ci­pa­tion au sacri­fice actuel­le­ment célé­bré[73] .

86. Pendant que le prêtre consomme le Sacrement, on com­mence le chant de com­mu­nion pour expri­mer par l´unité des voix l´union spi­ri­tuelle entre les com­mu­niants, mon­trer la joie du cœur et mettre davan­tage en lumière le carac­tère « com­mu­nau­taire » de la pro­ces­sion qui conduit à la récep­tion de l’Eucharistie. Le chant se pro­longe pen­dant que les fidèles com­mu­nient>[74] . Mais il s’arrêtera au moment oppor­tun s’il y a une hymne après la com­mu­nion. On veille­ra à ce que les cho­ristes aus­si puissent com­mu­nier commodément.

87. Pour le chant de com­mu­nion, on peut prendre soit l´antienne du Graduale roma­num, avec ou sans psaume, soit l´antienne avec son psaume du Graduale sim­plex, ou un autre chant appro­prié approu­vé par la Conférence des évêques. Le chant est exé­cu­té soit par la cho­rale seule, soit par la cho­rale ou le chantre avec le peuple. S´il n´y a pas de chant, l´antienne pro­po­sée dans le Missel peut être dite soit par les fidèles, soit par quelques-​uns d´entre eux, soit par un lec­teur ou, à défaut, par le prêtre, après avoir lui-​même com­mu­nié et avant qu’il ne dis­tri­bue la com­mu­nion aux fidèles.

88. Lorsque la dis­tri­bu­tion de la com­mu­nion est ache­vée, le prêtre et les fidèles, si cela est oppor­tun, prient en silence pen­dant un cer­tain temps. Si on le décide ain­si, toute l´assemblée pour­ra aus­si exé­cu­ter une hymne, un psaume, ou un autre chant de louange.

89. Pour ache­ver la prière du peuple de Dieu et conclure tout le rite de com­mu­nion, le prêtre dit la prière après la com­mu­nion, dans laquelle il demande les fruits du mys­tère célé­bré. A la messe, on dit une seule prière après la com­mu­nion, qui se ter­mine par la conclu­sion brève qui est :

- si elle s’adresse au Père : Per Christum Dominum nos­trum (Par Jésus, le Christ, notre Seigneur);
- si elle s’adresse au Père, mais avec men­tion du Fils à la fin : Qui vivit et regnat in sae­cu­la sae­cu­lo­rum (Lui qui règne pour les siècles des siècles);
- si elle s’adresse au Fils : Qui vivis et regnas in sae­cu­la sae­cu­lo­rum (Toi qui règnes pour les siècles des siècles).

Le peuple fait sienne cette orai­son par l´acclamation Amen.

D) Rites de conclusion

90. Relèvent des rites de conclusion :

a) de brèves annonces, si elles sont néces­saires ;
b) la salu­ta­tion et la béné­dic­tion du prêtre qui, cer­tains jours et à cer­taines occa­sions, est enri­chie et déve­lop­pée par la prière sur l´assemblée ou une autre for­mule solen­nelle ;
c) l’envoi du peuple par le diacre ou le prêtre afin que cha­cun retourne à ses bonnes œuvres, en louant et bénis­sant le Seigneur ;
d) le bai­ser de l’autel par le prêtre et le diacre, sui­vi de l’inclination pro­fonde vers l’autel par le prêtre, le diacre et les autres ministres.

CHAPITRE III – LES OFFICES ET LES MINISTÈRES A LA MESSE

91. La célé­bra­tion eucha­ris­tique est l’action du Christ et de l’Eglise qui est le peuple saint réuni et orga­ni­sé sous l’autorité de l’évêque. C’est pour­quoi elle concerne le Corps tout entier de l’Eglise ; elle le mani­feste et l’affecte ; en réa­li­té, elle atteint cha­cun de ses membres, de façon variée, selon la diver­si­té des ordres, des fonc­tions et de leur par­ti­ci­pa­tion effec­tive[75] . De cette manière, le peuple chré­tien, « race élue, sacer­doce royal, nation sainte, peuple rache­té », mani­feste sa cohé­sion et son orga­ni­sa­tion hié­rar­chique[76] . C´est pour­quoi tous, ministres ordon­nés ou fidèles laïcs, en accom­plis­sant leur fonc­tion ou leur office, feront tout ce qui leur revient, et cela seule­ment[77].

I ‑LES OFFICES DE L’ORDRE SACRE

92. Toute célé­bra­tion légi­time de l´Eucharistie est diri­gée par l´évêque, soit par lui-​même, soit par les prêtres qui le secondent[78] .
Lorsque l´évêque est pré­sent à la messe où le peuple est ras­sem­blé, il convient au plus haut point que ce soit lui qui célèbre l’Eucharistie et qu´il s´associe les prêtres comme concé­lé­brants dans l’action sacrée. Il ne s’agit pas ici de rehaus­ser la solen­ni­té exté­rieure du rite, mais d’éclairer d´une lumière plus vive le mys­tère de l´Église, « sacre­ment de l´unité »[79] . Si l´évêque ne célèbre pas l´Eucharistie, mais charge un autre de le faire, il convient que, revê­tu de l’aube et por­tant par-​dessus la croix pec­to­rale, l’étole et la chape, il pré­side la litur­gie de la Parole ; et qu’à la fin de la Messe il donne la béné­dic­tion[80].

93. Le prêtre, lui aus­si, est dans l’Eglise inves­ti, par le sacre­ment de l’Ordre, du pou­voir sacré d’offrir le sacri­fice en la per­sonne du Christ (in per­so­na Christi)[81]. En consé­quence il est à la tête du peuple fidèle ici ras­sem­blé, il pré­side à sa prière, il lui annonce le mes­sage du salut, il s´associe le peuple dans l´offrande du sacri­fice à Dieu le Père par le Christ dans l´Esprit Saint, il donne à ses frères le pain de la vie éter­nelle et y par­ti­cipe avec eux. Donc, lorsqu´il célèbre l´Eucharistie, il doit ser­vir Dieu et le peuple avec digni­té et humi­li­té et, par sa manière de se com­por­ter et de pro­non­cer les paroles divines, sug­gé­rer aux fidèles une pré­sence vivante du Christ.

94. Après le prêtre, le diacre, en ver­tu de l’ordination sacrée, occupe la pre­mière place par­mi ceux qui exercent un minis­tère dans la célé­bra­tion eucha­ris­tique. Depuis le temps mémo­rable des Apôtres, en effet, l’Ordre sacré du dia­co­nat a été en grand hon­neur dans l´Église[82]. Dans la messe, le diacre a son rôle propre : il annonce l´Évangile et par­fois il prêche la parole de Dieu, il dit les inten­tions de la prière uni­ver­selle, il seconde le prêtre en pré­pa­rant l’autel et en accom­plis­sant son ser­vice dans la célé­bra­tion du sacri­fice, il dis­tri­bue aux fidèles l´Eucharistie, sur­tout sous l´espèce du vin, et il indique par­fois au peuple les gestes et atti­tudes à adopter.

II – LES FONCTIONS DU PEUPLE DE DIEU

95. Dans la célé­bra­tion de la messe, les fidèles consti­tuent le peuple saint, le peuple acquis par Dieu et le sacer­doce royal, pour rendre grâce à Dieu et pour offrir la vic­time sans tache : l´offrir non seule­ment par les mains du prêtre, mais l´offrir avec lui et apprendre à s´offrir eux-​mêmes[83] . Ils s´efforceront donc de le mani­fes­ter par un pro­fond sens reli­gieux et par leur cha­ri­té envers les frères qui par­ti­cipent à la même célé­bra­tion. Ils évi­te­ront donc toute espèce de par­ti­cu­la­risme ou de divi­sion ; ils se rap­pel­le­ront tou­jours qu´ils ont un unique Père dans le ciel et que, pour cette rai­son, ils sont tous frères et soeurs les uns des autres.

96. Ils consti­tue­ront un seul corps que ce soit en écou­tant la parole de Dieu, ou en pre­nant part aux prières et au chant, ou bien sur­tout par l´oblation com­mune du sacri­fice et la par­ti­ci­pa­tion com­mune à la table du Seigneur. Cette uni­té se mani­feste avec beau­té du fait que les fidèles ont les mêmes gestes et les mêmes attitudes.

97. Les fidèles ne refu­se­ront pas de se mettre avec joie au ser­vice du peuple de Dieu, chaque fois qu´on leur demande d´exercer un minis­tère ou une fonc­tion par­ti­cu­lière dans la célébration.

III – LES MINISTÈRES PARTICULIERS

Le minis­tère de l’acolyte et du lec­teur institués

98. L´acolyte est ins­ti­tué pour ser­vir à l´autel et pour aider le prêtre et le diacre. C´est à lui prin­ci­pa­le­ment qu´il revient de pré­pa­rer l´autel et les vases sacrés et, si cela est néces­saire, de dis­tri­buer aux fidèles l´Eucharistie dont il est le ministre extra­or­di­naire[84] . Dans le ser­vice de l’autel, l’acolyte a son propre rôle (cf. nn. 187–193) qu’il doit accom­plir lui-même.

99. Le lec­teur est ins­ti­tué pour pro­cla­mer les lec­tures de l´Écriture sainte, excep­té l´Évangile. Il peut aus­si pro­po­ser les inten­tions de la prière uni­ver­selle et, en l´absence d´un psal­miste, dire le psaume entre les lec­tures. Dans la célé­bra­tion eucha­ris­tique, le lec­teur a sa fonc­tion propre (cf. nn. 194–198), qu´il doit exer­cer par lui-même.

Les autres fonctions

100. A défaut d’acolyte ins­ti­tué, des ministres laïcs peuvent être choi­sis pour le ser­vice de l’autel et pour aider le prêtre et le diacre ; ils portent la croix, les cierges, l´encensoir, le pain, le vin et l´eau. Ils peuvent même être délé­gués pour dis­tri­buer la com­mu­nion comme ministres extra­or­di­naires[85] .

101. A défaut de lec­teur ins­ti­tué, d’autres laïcs seront appe­lés pour pro­cla­mer les lec­tures de la sainte Ecriture, à condi­tion qu’ils soient vrai­ment aptes et soi­gneu­se­ment pré­pa­rés à accom­plir cette fonc­tion, pour que, à l’écoute des lec­tures divines, les fidèles, dans leur cœur, éprouvent du goût et un vif amour pour la sainte Écriture>[86].

102. Il revient au psal­miste de dire le psaume ou un autre can­tique biblique pla­cé entre les lec­tures. Pour bien rem­plir sa fonc­tion, il est néces­saire que le psal­miste excelle dans l´art de la psal­mo­die, pos­sède une bonne pro­non­cia­tion et une bonne diction.

103. Parmi les fidèles, la scho­la ou la cho­rale exerce sa fonc­tion litur­gique propre ; il lui appar­tient d´assurer les par­ties qui lui reviennent en les exé­cu­tant comme il se doit, selon les divers genres de chant, et de favo­ri­ser la par­ti­ci­pa­tion active des fidèles par le chant[87]. Ce qui est dit ici de la cho­rale s’applique, de manière ana­logue, pour les autres musi­ciens, et sur­tout pour l´organiste.

104. Il convient d´avoir un chantre ou un maître de chœur pour gui­der et sou­te­nir le chant du peuple. Surtout, en l´absence de cho­rale, il appar­tient au chantre de mener les divers chants, le peuple conti­nuant à par­ti­ci­per selon le rôle qui est le sien[88].

105. D’autres encore exercent une fonc­tion liturgique :

a) Le sacris­tain, qui dis­pose avec soin les livres litur­giques, les vête­ments litur­giques et tout ce qui est néces­saire à la célé­bra­tion de la messe.
b) Le com­men­ta­teur, qui pro­pose briè­ve­ment aux fidèles, si cela est oppor­tun, des expli­ca­tions et des moni­tions pour les intro­duire dans la célé­bra­tion et mieux les dis­po­ser à la com­prendre. Il faut que les moni­tions du com­men­ta­teur aient été pré­pa­rées avec grand soin et soient claires dans leur sobrié­té. Pour accom­plir sa fonc­tion, le com­men­ta­teur se tient dans un endroit appro­prié, face aux fidèles, mais jamais à l´ambon.
c) Ceux qui font les col­lectes dans l´église.
d) Ceux qui, dans cer­taines régions, accueillent les fidèles aux portes de l´église, les guident aux places qui leur conviennent, et orga­nisent les processions.

106. Il est bon, au moins dans les églises cathé­drales et autres églises impor­tantes, qu’il y ait un ministre com­pé­tent ou céré­mo­niaire pour veiller à ce que les actions litur­giques soient bien orga­ni­sées et accom­plies par les ministres sacrés et les fidèles laïcs avec beau­té, ordre et piété.

107. Les fonc­tions litur­giques qui ne sont pas réser­vées au prêtre ou au diacre et dont il est ques­tion ci-​dessus (nn. 100–106) peuvent aus­si être confiées, par une béné­dic­tion litur­gique ou une délé­ga­tion tem­po­raire, à des laïcs idoines, choi­sis par le curé ou le rec­teur de l´église[89]. Pour ce qui est de la fonc­tion de ser­vir le prêtre à l’autel, on obser­ve­ra les normes éta­blies par l’évêque pour son diocèse.

IV – REPARTITION DES FONCTIONS ET PREPARATION DE LA CELEBRATION

108. Un seul et même prêtre doit tou­jours exer­cer la fonc­tion pré­si­den­tielle dans toutes ses com­po­santes, excep­té ce qui est propre à la messe où l’évêque est pré­sent (cf. ci-​dessus n. 92).

109. Si plu­sieurs per­sonnes capables d´exercer un même minis­tère sont pré­sentes, rien ne leur inter­dit de se par­ta­ger entre elles et d´accomplir les diverses par­ties du même minis­tère ou du même office. Par exemple, un diacre peut être char­gé de ce qui est à chan­ter, et un autre du ser­vice de l´autel ; s´il y a plu­sieurs lec­tures, on les dis­tri­bue­ra volon­tiers entre plu­sieurs lec­teurs, et ain­si de suite. Mais il ne convient pas du tout que plu­sieurs se divisent entre eux un même élé­ment de la célé­bra­tion : par exemple, la même lec­ture lue par deux, l’un après l’autre, sauf s’il s’agit de la Passion du Seigneur.

110. Si, à la messe avec peuple, il n´y a qu´un seul ministre, celui-​ci peut exer­cer diverses fonct

111. La pré­pa­ra­tion pra­tique de chaque célé­bra­tion litur­gique doit se faire dans l’harmonie et avec soin, selon le Missel et les autres livres litur­giques, entre ceux que cela concerne, soit quant aux rites, soit quant à la pas­to­rale et à la musique, sous la direc­tion du rec­teur de l´église et aus­si en écou­tant les avis des fidèles pour ce qui les concerne direc­te­ment. Quant au prêtre qui pré­side la célé­bra­tion, demeure tou­jours pour lui le droit de déci­der au sujet de ce qui lui incombe[90] .

CHAPITRE IV- LES DIVERSES FORMES DE CÉLÉBRATION DE LA MESSE

112. Dans l´Église locale, on accor­de­ra évi­dem­ment le pre­mier rang, en rai­son de ce qu´elle signi­fie, à la messe pré­si­dée par l´évêque entou­ré de son pres­by­te­rium, des diacres et des ministres laïcs[91] , et à laquelle le saint peuple de Dieu par­ti­cipe de façon plé­nière et active. Car c´est alors la prin­ci­pale mani­fes­ta­tion de l´Église. A la messe que l’évêque célèbre, ou à laquelle il pré­side sans célé­brer l’Eucharistie, on obser­ve­ra les normes que l’on trou­ve­ra dans le Cérémonial des évêques[92] .

113. On doit aus­si esti­mer gran­de­ment la messe célé­brée avec une com­mu­nau­té, sur­tout parois­siale, en tant que cette com­mu­nau­té repré­sente l´Église uni­ver­selle, à un moment et dans un lieu déter­mi­nés ; et cela vaut sur­tout pour la célé­bra­tion com­mu­nau­taire du dimanche[93].

114. Parmi les messes célé­brées par cer­taines com­mu­nau­tés, une place par­ti­cu­lière revient à la messe conven­tuelle comme fai­sant par­tie de l´Office quo­ti­dien, ou à la messe dite « de com­mu­nau­té ». Et bien que ces messes ne com­portent aucune forme spé­ciale de célé­bra­tion, il convient tout par­ti­cu­liè­re­ment qu´elles soient avec chant, et sur­tout que tous les membres de la com­mu­nau­té y par­ti­cipent plei­ne­ment, qu´il s´agisse de reli­gieux ou de cha­noines. Dans ces messes, en effet, cha­cun exerce sa fonc­tion selon l´Ordre ou le minis­tère qu´il a reçu. Il est bien que tous les prêtres qui ne sont pas tenus de célé­brer indi­vi­duel­le­ment dans l´intérêt des fidèles, y concé­lèbrent dans la mesure du pos­sible. En outre, tous les prêtres de la com­mu­nau­té tenus de célé­brer indi­vi­duel­le­ment pour le bien pas­to­ral des fidèles peuvent concé­lé­brer, le même jour, la messe conven­tuelle ou « de com­mu­nau­té »[94] . Il importe, en effet, que les prêtres qui sont pré­sents à une célé­bra­tion eucha­ris­tique exercent d’ordinaire la fonc­tion de leur Ordre propre, sauf si une juste cause les en excuse, et par consé­quent qu’ils y par­ti­cipent comme concé­lé­brants revê­tus des vête­ments litur­giques. Sinon, ils por­te­ront leur propre habit de chœur ou le sur­plis sur la soutane.

I – LA MESSE AVEC PEUPLE

115. On entend par « messe avec peuple » celle qui se célèbre avec la par­ti­ci­pa­tion des fidèles. Aussi, il est bon que, dans la mesure du pos­sible, sur­tout les dimanches et aux fêtes de pré­cepte, la célé­bra­tion soit chan­tée et réunisse un nombre conve­nable de ministres[95] ; cepen­dant, elle peut aus­si se faire sans que l´on chante, et avec un seul ministre.

116. Quelle que soit la messe célé­brée, s’il y a un diacre, il exer­ce­ra sa fonc­tion. Habituellement, il est bon aus­si qu´il y ait auprès du prêtre célé­brant un aco­lyte, un lec­teur et un chantre. Mais le rite qu´on va décrire ci-​dessous pré­voit la pos­si­bi­li­té d´avoir un plus grand nombre de ministres.

La pré­pa­ra­tion

117. L´autel sera cou­vert d’au moins une nappe de cou­leur blanche. Sur l´autel ou alen­tour, on met­tra des chan­de­liers avec des cierges allu­més : au moins deux pour toute célé­bra­tion, ou même quatre, ou six, sur­tout s’il s’agit de la messe domi­ni­cale ou d’une fête de pré­cepte, ou encore sept si c´est l´évêque du dio­cèse qui célèbre. Il y aura aus­si sur l´autel ou à proxi­mi­té une croix avec l’effigie du Christ cru­ci­fié. Les chan­de­liers et la croix avec l’effigie du Christ cru­ci­fié pour­ront être por­tés dans la pro­ces­sion d´entrée. Sur l´autel même, on pour­ra mettre, à moins qu´on ne le porte dans la pro­ces­sion d´entrée, l’Evangéliaire, dis­tinct du livre des autres lectures.

118. On pré­pa­re­ra aussi :

a) près du siège du prêtre, le mis­sel et, si cela est oppor­tun, le livret des chants ;
b) à l´ambon, le lec­tion­naire ;
c) sur la cré­dence : le calice, le cor­po­ral, le puri­fi­ca­toire et, si cela est oppor­tun, la pale ; la patène et, si c’est néces­saire, des ciboires ; le pain des­ti­né à la com­mu­nion du prêtre qui pré­side, du diacre, des ministres et du peuple ; les burettes avec le vin et l´eau, sauf si tout cela est appor­té en pro­ces­sion par les fidèles à l’offertoire ; le vase d’eau à bénir, si l’on fait l’aspersion ; le pla­teau pour la com­mu­nion des fidèles ; enfin ce qu´il faut pour se laver les mains. Il est très sou­hai­table de recou­vrir le calice d´un voile qui peut être de la cou­leur du jour ou de cou­leur blanche.

119. Dans la sacris­tie, selon les diverses formes de célé­bra­tion, on pré­pa­re­ra les vête­ments litur­giques du prêtre (cf. nn. 337–341), du diacre et des autres ministres :

a) pour le prêtre : l´aube, l´étole et la cha­suble ;
b) pour le diacre : l´aube, l´étole et la dal­ma­tique ; mais celle-​ci peut être omise par néces­si­té, ou pour un degré moindre de solen­ni­té ;
c) pour les autres ministres : des aubes ou les autres vête­ments légi­ti­me­ment approu­vés[96] .
Tous ceux qui revêtent l´aube uti­li­se­ront le cor­don et l´amict, à moins que la forme même de l’aube ne l’exige pas.
Si l’entrée se fait en pro­ces­sion, on pré­pa­re­ra aus­si l’Evangéliaire ; l’encensoir et la navette d’encens les dimanches et jours de fête, si on emploie l’encens ; la croix qui sera por­tée en pro­ces­sion, les chan­de­liers avec des cierges allumés.

A) La messe sans diacre

Rites ini­tiaux

120. Lorsque le peuple est ras­sem­blé, le prêtre et les ministres, por­tant les vête­ments litur­giques, s´avancent vers l´autel, dans l´ordre suivant :

a) le thu­ri­fé­raire avec l´encensoir fumant, si l´on emploie l´encens ;
b) les ministres qui portent les cierges allu­més, et au milieu d´eux, l’acolyte ou un autre ministre avec la croix ;
c) les aco­lytes et les autres ministres ;
d) le lec­teur, qui peut por­ter l’Evangéliaire en l’élevant un peu, mais non le lec­tion­naire ;
e) le prêtre qui va célé­brer la messe.
Si on emploie l´encens, le prêtre en met dans l´encensoir avant le départ de la pro­ces­sion et le bénit d’un signe de croix sans rien dire.

121. Pendant la pro­ces­sion vers l´autel, on exé­cute le chant d´entrée (cf. n. 47–48).

122. Lorsqu´ils sont par­ve­nus à l´autel, le prêtre et les ministres font une incli­na­tion pro­fonde. La croix avec l’effigie du Christ cru­ci­fié, si elle a été por­tée en pro­ces­sion, peut être dres­sée pour deve­nir la croix de l´autel, qui doit être unique, ou sinon posée dans un autre endroit conve­nable. Les chan­de­liers sont pla­cés sur ou près de l´autel ; quant à l’Evangéliaire, il est très sou­hai­table qu’il soit dépo­sé sur l´autel.

123. Le prêtre monte à l´autel et le vénère par un bai­ser. Ensuite, si cela est oppor­tun, il encense la croix et l’autel, en en fai­sant le tour.

124. Cela fait, le prêtre gagne son siège. Quand le chant d´entrée est ache­vé, tous, prêtre et fidèles, debout, font le signe de la croix. Le prêtre dit : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti (Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-​Esprit). Le peuple répond : Amen. Puis, tour­né vers le peuple et éten­dant les mains, le prêtre le salue avec une des for­mules pro­po­sées. Lui-​même ou un autre ministre peut aus­si intro­duire les fidèles à la messe du jour par quelques mots très brefs.

125. Vient ensuite l’acte péni­ten­tiel. Puis on chante ou on dit le Kyrie, selon les rubriques (cf. n. 52)

126. Aux célé­bra­tions où cela est pres­crit, on chante ou on dit le Gloria (cf. n. 53).

127. Ensuite, le prêtre invite le peuple à la prière. Les mains jointes, il dit : Oremus (Prions ensemble). Et tous, avec lui, prient en silence pen­dant un ins­tant. Alors le prêtre, les mains éten­dues, dit la prière d´ouverture (col­lecte) à la fin de laquelle le peuple dit l´acclamation Amen.

Liturgie de la Parole

128. La prière d’ouverture (col­lecte) ache­vée, tous s’assoient. Le prêtre peut, en quelques mots très brefs, intro­duire les fidèles à la litur­gie de la Parole. Le lec­teur se rend à l´ambon où le lec­tion­naire est déjà en place avant la messe, et il y pro­clame la pre­mière lec­ture que tous écoutent. A la fin, le lec­teur dit l’acclamation : Verbum Domini (Parole du Seigneur), et tous répondent : Deo gra­tias (Nous ren­dons grâce à Dieu). On peut alors, si cela est oppor­tun, obser­ver un bref moment de silence pour que tous méditent ce qu’ils ont entendu.

129. Ensuite le psal­miste ou le lec­teur lui-​même dit le psaume, auquel le peuple répond habi­tuel­le­ment par un refrain (cf. n. 61).

130. S´il y a une deuxième lec­ture avant l´Evangile, le lec­teur la pro­clame à l´ambon ; tous l’écoutent et, à la fin, répondent par l´acclamation comme indi­qué ci-​dessus (n. 128). Puis, si cela est oppor­tun, on peut obser­ver un bref moment de silence.

131. Ensuite tous se lèvent et on chante l´Alléluia, ou un autre chant, selon les exi­gences du temps litur­gique (cf. n. 62–64).

132. Pendant qu´on chante l´Alléluia ou un autre chant, le prêtre met l´encens, si on l´emploie à cette messe, et le bénit. Puis, les mains jointes, et pro­fon­dé­ment incli­né devant l´autel, il dit à voix basse : Munda cor meum (Purifie mon cœur)..

133. Alors, si l’Evangéliaire est sur l´autel, il le prend et, pré­cé­dé par les ministres laïcs qui peuvent tenir l´encensoir et les cierges, il se rend à l´ambon, en por­tant l’Evangéliaire un peu éle­vé. Tous se tiennent debout, tour­nés vers l’ambon, mani­fes­tant ain­si le res­pect par­ti­cu­lier dû à l’Evangile du Christ.

134. A l´ambon, le prêtre ouvre le livre et, les mains jointes, dit : Dominus vobis­cum (Le Seigneur soit avec vous). Le peuple répond : Et cum spi­ri­tu tuo (Et avec votre esprit). Le prêtre annonce ensuite : Lectio sanc­ti Evangelii (Evangile de Jésus Christ selon N.), en fai­sant le signe de la croix avec le pouce sur le livre, puis sur lui-​même au front, à la bouche et à la poi­trine. Tous se signent de la même manière. Le peuple acclame : Gloria tibi, Domine (Gloire à toi, Seigneur). Si l´on emploie l´encens, le prêtre encense le livre (cf. nn. 276–277). Puis il pro­clame l´Évangile. A la fin, il ajoute : Verbum Domini (Acclamons la parole de Dieu), et le peuple acclame : Laus tibi, Christe (Louange à toi, Seigneur Jésus !). Le prêtre baise le livre en disant à voix basse : Per evan­ge­li­ca dic­ta (Que cet Evangile efface nos péchés)..

135. S´il n´y a pas de lec­teur, le prêtre pro­clame lui-​même toutes les lec­tures et le psaume, debout à l´ambon. C´est au même endroit qu´il met l´encens, si on l´emploie, qu’il le bénit et que, pro­fon­dé­ment incli­né, il dit : Munda cor meum (Purifie mon cœur).

136. Le prêtre, debout à son siège ou à l´ambon ou, si cela est oppor­tun, à un autre endroit appro­prié, fait l´homélie, à la fin de laquelle on peut obser­ver un moment de silence.

137. Le Symbole est chan­té ou réci­té par le prêtre avec le peuple, tous se tenant debout (cf. n. 68). Aux mots : Et incar­na­tus est (Par l’Esprit Saint, il a pris chair), etc. tous s´inclinent pro­fon­dé­ment ; et, aux solen­ni­tés de l´Annonciation et de Noël, tous font la génuflexion.

138. Après le Symbole, le prêtre, debout à son siège et les mains jointes, invite les fidèles à la prière uni­ver­selle par une brève moni­tion. Puis le chantre, ou un lec­teur ou quelqu’un d’autre, tour­né vers le peuple, dit les inten­tions de l’ambon ou d’un autre endroit qui convient, et de son côté le peuple par­ti­cipe à la sup­pli­ca­tion par sa réponse. Enfin le prêtre, les mains éten­dues, dit la prière de conclusion.

Liturgie eucha­ris­tique

139. Lorsque la prière uni­ver­selle est ache­vée, tous s’assoient et on com­mence le chant d’offertoire (cf. n. 74). L’acolyte ou un autre ministre laïc met sur l´autel le cor­po­ral, le puri­fi­ca­toire, le calice, la pale et le missel.

140. Il est bien que la par­ti­ci­pa­tion des fidèles se mani­feste par l´offrande du pain et du vin pour la célé­bra­tion de l´Eucharistie, comme par d´autres dons des­ti­nés à sub­ve­nir aux besoins de l´Église et des pauvres.
Les offrandes des fidèles sont reçues par le prêtre, avec l´aide de l’acolyte ou d’un autre ministre. Le pain et le vin pour l’Eucharistie sont pré­sen­tés au prêtre célé­brant qui les dépose sur l’autel ; les autres dons sont pla­cés à un autre endroit appro­prié (cf. n. 73).

141. Le prêtre, à l´autel, reçoit la patène avec le pain, et il la tient des deux mains un peu éle­vée au-​dessus de l´autel, en disant à voix basse : Benedictus es, Domine (Tu es béni). Ensuite, il dépose la patène avec le pain sur le corporal.

142. Puis, se tenant sur le côté de l´autel, le prêtre verse dans le calice le vin et un peu d´eau qu’un ministre lui pré­sente dans les burettes, et il dit à voix basse : Per huius aquae (Comme cette eau). Revenu au milieu de l´autel, il élève un peu le calice qu´il tient des deux mains, en disant à voix basse : Benedictus es, Domine (Tu es béni). Puis il dépose le calice sur l´autel et, si cela est oppor­tun, le couvre de la pale. S’il n’y a pas de chant d’offertoire ou si l’on ne joue pas de l’orgue, le prêtre peut, en pré­sen­tant le pain et le vin, dire à haute voix les for­mules de béné­dic­tion, et chaque fois le peuple répond : Benedictus Deus in sae­cu­la (Béni soit Dieu).

143. Après avoir dépo­sé le calice sur l´autel, le prêtre, pro­fon­dé­ment incli­né, dit à voix basse : In spi­ri­tu humi­li­ta­tis (Humbles et pauvres).

144. Ensuite, si on emploie l’encens, le prêtre en met dans l’encensoir, le bénit sans rien dire et encense les offrandes, la croix et l´autel. C’est le ministre qui, en se tenant sur le côté de l’autel, encense le prêtre, puis le peuple.

145. Après la prière In spi­ri­tu humi­li­ta­tis (Humbles et pauvres), ou après l´encensement, le prêtre, debout sur le côté de l´autel, se lave les mains, en disant à voix basse : Lava me, Domine (lave-​moi de mes fautes) tan­dis que le ministre verse l´eau.

146. Revenu ensuite au milieu de l´autel, le prêtre, en se tour­nant vers le peuple, et en éten­dant puis en joi­gnant les mains, invite le peuple à la prière en disant : Orate, fratres (Prions ensemble). Le peuple se lève et répond : Suscipiat Dominus (Pour la gloire de Dieu). Ensuite, le prêtre, les mains éten­dues, dit la prière sur les offrandes. A la fin, le peuple répond : Amen.

147. Le prêtre com­mence alors la Prière eucha­ris­tique. Il choi­sit, selon les rubriques, une de celles qui se trouvent dans le Missel romain ou qui ont été approu­vées par le Siège Apostolique. La Prière eucha­ris­tique exige, de par sa nature, que seul le prêtre la pro­nonce, en ver­tu de son ordi­na­tion. Le peuple s’associe au prêtre dans la foi et en silence, ain­si que par les inter­ven­tions pré­vues au cours de la prière : les réponses au dia­logue de la pré­face, le Sanctus, l’acclamation après la consé­cra­tion, l’acclamation Amen après la doxo­lo­gie finale, ain­si que les autres accla­ma­tions approu­vées par la Conférence des évêques et recon­nues par le Saint-​Siège. Il convient tout à fait que le prêtre chante les par­ties de la Prière eucha­ris­tique mises en musique.

148. Le prêtre com­mence la Prière eucha­ris­tique en éten­dant les mains ; il chante ou dit : Dominus vobis­cum (Le Seigneur soit avec vous), et le peuple répond : Et cum spi­ri­tu tuo (Et avec votre esprit). Il reprend en éle­vant les mains : Sursum cor­da (Elevons notre cœur). Le peuple répond : Habemus ad Dominum (Nous le tour­nons vers le Seigneur). Puis le prêtre ajoute, les mains éten­dues : Gratias aga­mus Domino Deo nos­tro (Rendons grâce au Seigneur notre Dieu), et le peuple répond : Dignum et ius­tum est (Cela est juste et bon). Alors le prêtre, les mains éten­dues, pour­suit la pré­face. Lorsqu´elle est finie, les mains jointes, avec toute l’assistance, il chante ou il dit à voix haute : Sanctus (Saint !) (cf. n. 79b).

149. Le prêtre conti­nue la Prière eucha­ris­tique, selon les rubriques qui se trouvent dans cha­cune de ces prières. Si le célé­brant est évêque, après les mots : Papa nos­tro N. (après la men­tion du Pape), il dit dans les prières : et me indi­gno famu­lo tuo (pour moi-​même, ton humble ser­vi­teur). De même, si l’évêque célèbre hors de son dio­cèse, après les mots : Papa nos­tro N. (après la men­tion du Pape), il ajoute : et me indi­gno famu­lo tuo, et fratre meo N., Episcopo huius Ecclesiae N. (pour moi-​même, ton humble ser­vi­teur, pour mon frère N., évêque de cette Eglise de N.) On doit nom­mer l´évêque dio­cé­sain ou celui qui lui est équi­pa­ré en droit en disant cette for­mule : una cum famu­lo tuo Papa nos­tro N. et Episcopo ( ou Vicario, Praelato, Praefecto, Abbate) nos­tro N. (pour notre évêque, ou vicaire apos­to­lique ou pré­lat ou pré­fet apos­to­lique ou abbé N.) Dans la Prière eucha­ris­tique, on peut aus­si nom­mer les évêques coad­ju­teurs et auxi­liaires mais non les autres évêques qui seraient pré­sents. Quand il y en a plu­sieurs à nom­mer, on emploie une for­mule géné­rale : et Episcopo nos­tro N. eiusque Episcopis adiu­to­ri­bus. (pour notre évêque N. et les évêques qui col­la­borent avec lui). Dans chaque Prière eucha­ris­tique on adap­te­ra les for­mules pour res­pec­ter les normes grammaticales.

150. Un peu avant la consé­cra­tion, un ministre, si cela est oppor­tun, aver­tit les fidèles avec la clo­chette. Puis, il sonne éga­le­ment la clo­chette à chaque élé­va­tion du pain et du vin, confor­mé­ment aux usages de chaque lieu. Si l’on emploie l’encens, quand le prêtre montre l’hostie et le calice au peuple après la consé­cra­tion, un ministre les encense.

151. Après la consé­cra­tion, le prêtre dit : Mysterium fidei (Il est grand, le mys­tère de la foi), et le peuple pour­suit par l’acclamation cor­res­pon­dante, selon l’une des for­mules pres­crites. A la fin de la Prière eucha­ris­tique, le prêtre prend la patène avec l’hostie et le calice et les élève, en disant seul la doxo­lo­gie : Per ipsum (Par lui). Le peuple acclame : Amen. Ensuite, le prêtre dépose la patène et le calice sur le corporal.

152. Lorsque est ache­vée la Prière eucha­ris­tique, le prêtre, les mains jointes, dit la moni­tion qui pré­cède l´oraison domi­ni­cale, puis il pour­suit avec le peuple, les mains étendues.

153. Lorsque l´oraison domi­ni­cale est ter­mi­née, les mains éten­dues, le prêtre dit seul l´embolisme Libera nos (Délivre-​nous), et à la fin le peuple acclame : Quia tuum est regnum (Car c’est à toi qu’appartiennent).

154. Ensuite le prêtre, les mains éten­dues, dit à haute voix la prière : Domine Iesu Christe, qui dixis­ti (Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes Apôtres). Lorsqu´elle est finie, il étend puis joint les mains et il dit, tour­né vers le peuple Pax Domini sit sem­per vobis­cum (Que la paix du Seigneur soit tou­jours avec vous). Le peuple répond : Et cum spi­ri­tu tuo (Et avec votre esprit). Ensuite, si cela est oppor­tun, le prêtre ajoute : Offerte vobis pacem (Frères, dans la cha­ri­té du Christ, donnez-​vous la paix). Le prêtre peut don­ner la paix aux ministres, en res­tant cepen­dant tou­jours dans le sanc­tuaire, pour ne pas trou­bler la célé­bra­tion. Il fera de même s’il veut don­ner la paix, pour une juste cause, à quelques fidèles. Tous se mani­festent la paix, la com­mu­nion et la cha­ri­té mutuelle selon la manière éta­blie par la Conférence des évêques. En se don­nant la paix, on peut dire : Pax Domini sit sem­per tecum (Que la paix du Seigneur soit tou­jours avec vous), à quoi on répond : Amen.

155. Après cela, le prêtre prend l´hostie, la rompt au-​dessus de la patène, et en met une par­celle dans le calice en disant à voix basse : Haec com­mix­tio (Que le Corps et le Sang). Pendant ce temps, le chœur et le peuple chantent ou disent : Agnus Dei (Agneau de Dieu) (cf. n. 83).

156. Alors le prêtre dit, à voix basse et les mains jointes, la prière pour la com­mu­nion : Domine Iesu Christe, Filii Dei vivi (Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant) ou Perceptio Corporis et Sanguinis (Seigneur Jésus Christ, que cette com­mu­nion)..

157. Cette prière ter­mi­née, le prêtre fait la génu­flexion, prend l´hostie consa­crée à cette même messe et, la tenant un peu éle­vée au-​dessus de la patène ou du calice, tour­né vers le peuple, il dit : Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), et il ajoute avec le peuple : Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne).

158. Ensuite, en se tour­nant vers l´autel, le prêtre dit à voix basse : Corpus Christi cus­to­diat me in vitam aeter­nam (Que le Corps du Christ me garde pour la vie éter­nelle), et il consomme avec res­pect le Corps du Christ. Puis il prend le calice, dit à voix basse : Sanguis Christi cus­to­diat me in vitam aeter­nam (Que le Sang du Christ me garde pour la vie éter­nelle), et boit avec res­pect le Sang du Christ.

159. Pendant que le prêtre consomme le Sacrement, on com­mence le chant de com­mu­nion (cf. n. 86).

160. Le prêtre prend alors la patène ou le ciboire, et s´approche des com­mu­niants qui ordi­nai­re­ment s’avancent en pro­ces­sion. Il n’est pas per­mis aux fidèles de prendre eux-​mêmes le pain consa­cré ou le calice, encore moins de se le trans­mettre de main en main. Les fidèles com­mu­nient à genoux ou debout, selon ce qu’aura éta­bli la Conférence des évêques. Quand ils com­mu­nient debout, il leur est recom­man­dé, avant de rece­voir le Sacrement, de faire un geste de véné­ra­tion appro­prié, que la Conférence des évêques aura établi.

161. Si la com­mu­nion est don­née seule­ment sous l´espèce du pain, le prêtre montre à cha­cun l´hostie en l´élevant légè­re­ment et dit : Corpus Christi (Le Corps du Christ). Le com­mu­niant répond : Amen, et reçoit le Sacrement dans la bouche ou bien, là où cela c’est auto­ri­sé, dans la main, selon son choix. Celui qui reçoit la sainte hos­tie pour com­mu­nier la consomme aus­si­tôt et inté­gra­le­ment.
Si la com­mu­nion est don­née sous les deux espèces, on obser­ve­ra le rite décrit en son lieu (cf. n. 284–287).

162. Pour dis­tri­buer la com­mu­nion, le prêtre peut se faire aider par d’autres prêtres qui seraient là. S’il n’y en a pas et que le nombre des com­mu­niants soit vrai­ment éle­vé, le prêtre peut faire appel pour l’aider à des ministres extra­or­di­naires, c’est-à-dire à un aco­lyte ins­ti­tué ou même à d’autres fidèles qui sont dépu­tés pour accom­plir ce rite[97] . En cas de néces­si­té, le prêtre peut, pour l’occasion, dépu­ter des fidèles capables[98] . Ces ministres ne doivent pas avan­cer vers l’autel avant que le prêtre ait com­mu­nié. Ils rece­vront tou­jours de sa main les saintes espèces eucha­ris­tiques à dis­tri­buer aux fidèles.

163. Lorsque la dis­tri­bu­tion de la com­mu­nion est ache­vée, le prêtre consomme lui-​même aus­si­tôt à l’autel le vin consa­cré qui pour­rait res­ter ; quant aux hos­ties consa­crées qui res­tent, ou il les consomme à l’autel, ou il les porte au lieu des­ti­né à conser­ver l’Eucharistie. Revenu à l´autel, le prêtre recueille les frag­ments, s´il y en a ; puis, se tenant à l´autel ou à la cré­dence, il puri­fie la patène ou le ciboire au-​dessus du calice ; ensuite, disant à voix basse : Quod ore sump­si­mus (Puissions-​nous accueillir d’un cœur pur), il puri­fie le calice et l´essuie avec le puri­fi­ca­toire. Si les vases puri­fiés sont à l´autel, le ministre les porte à la cré­dence. Mais il est per­mis de lais­ser les vases à puri­fier, sur­tout s´ils sont nom­breux, après les avoir recou­verts comme il faut, à l´autel ou à la cré­dence, sur le cor­po­ral, et de les puri­fier aus­si­tôt après la messe, une fois le peuple renvoyé.

164. Après cela, le prêtre peut reve­nir au siège. On peut obser­ver, pen­dant un cer­tain temps, un silence sacré ou bien chan­ter un psaume, un can­tique de louange ou une hymne (cf. n. 88).

165. Ensuite, debout au siège ou à l´autel, le prêtre tour­né vers le peuple dit, les mains jointes : Oremus (Prions), puis il pro­nonce, les mains éten­dues, la prière après la com­mu­nion, que peut pré­cé­der un bref moment de silence, à moins qu´on n´ait déjà gar­dé le silence aus­si­tôt après la com­mu­nion. A la fin de la prière, le peuple répond : Amen.

Rite de conclusion

166. Une fois ache­vée la prière après la com­mu­nion, on fera, si c´est utile, de brèves annonces au peuple.

167. Ensuite le prêtre, éten­dant les mains, salue le peuple en disant : Dominus vobis­cum (Le Seigneur soit avec vous), et le peuple lui répond : Et cum spi­ri­tu tuo (Et avec votre esprit). Joignant de nou­veau les mains et, aus­si­tôt, posant la main gauche sur la poi­trine et éle­vant la main droite, le prêtre ajoute : Benedicat vos omni­po­tens Deus (Que Dieu tout-​puissant vous bénisse)et, fai­sant le signe de croix sur le peuple, il conti­nue : Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus (Le Père, le Fils et le Saint-​Esprit). Tous répondent : Amen.
Certains jours et en cer­taines occa­sions, selon les rubriques, cette béné­dic­tion com­prend une prière sur le peuple ou une autre for­mule plus solen­nelle[99] . L’évêque bénit le peuple en pre­nant la for­mule qui convient et en fai­sant trois fois le signe de croix sur le peuple.

168. Aussitôt après la béné­dic­tion, le prêtre, les mains jointes, ajoute : Ite, mis­sa est (Allez, dans la paix du Christ): et tous répondent : Deo gra­tias (Nous ren­dons grâce à Dieu).

169. Habituellement le prêtre vénère alors l´autel par un bai­ser et, après l´avoir salué par une incli­na­tion pro­fonde avec les ministres laïcs, il se retire avec eux.

170. Si la messe est sui­vie d’une autre action litur­gique, on omet le rite de conclu­sion, c´est-à-dire la salu­ta­tion, la béné­dic­tion et l’envoi.

B) La messe avec diacre

171. Quand un diacre est pré­sent à une célé­bra­tion eucha­ris­tique, il exerce son minis­tère revê­tu des vête­ments liturgiques :

a) il assiste le prêtre et marche à son côté ;
b) à l´autel, il fait le ser­vice soit du calice, soit du livre ;
c) il pro­clame l’Evangile et peut, à la demande du prêtre célé­brant, faire l’homélie (cf. n. 66) ;
d) il dirige le peuple fidèle par des moni­tions appro­priées et il dit les inten­tions de la prière uni­ver­selle ;
e) il aide le prêtre célé­brant à dis­tri­buer la com­mu­nion, il puri­fie et range les vases sacrés ;
f) en cas de néces­si­té, il accom­plit les fonc­tions des autres ministres, si aucun d’eux n’est présent.

Ouverture de la célébration

172. S’il porte en pro­ces­sion l’Evangéliaire un peu éle­vé, le diacre marche devant le prêtre qui se rend à l´autel ; sinon, il s’avance à côté de lui.

173. Lorsqu´il y est par­ve­nu, le diacre monte à l’autel en omet­tant l’inclination s’il porte l’Evangéliaire. Puis, comme cela est sou­hai­table, il dépose l’Evangéliaire sur l’autel et vénère celui-​ci d´un bai­ser en même temps que le prêtre. S’il ne porte pas l’Evangéliaire, il fait avec le prêtre une incli­na­tion pro­fonde à l’autel de la manière habi­tuelle et, avec lui, il vénère l’autel d’un bai­ser. Enfin, si on emploie l´encens, il assiste le prêtre pour l’imposer et pour encen­ser la croix et l´autel.

174. Une fois l’autel encen­sé, il gagne le siège avec le prêtre, il y demeure à côté de lui, et lui rend les ser­vices nécessaires.

Liturgie de la Parole

175. Pendant qu´on chante l´Alléluia ou une autre accla­ma­tion, si on emploie l’encens, le diacre sert le prêtre pour l’imposition ; puis, pro­fon­dé­ment incli­né devant le prêtre, il demande sa béné­dic­tion, en disant à mi-​voix : Iube, domne, bene­di­cere (Père, bénissez-​moi). Le prêtre le bénit en disant : Dominus sit in corde tuo (Que le Seigneur soit dans ton cœur). Le diacre fait sur lui-​même le signe de la croix et répond : Amen. Ensuite, après une incli­na­tion à l’autel, il prend l’Evangéliaire qui y a été dépo­sé et il se rend à l´ambon en por­tant le livre un peu éle­vé, pré­cé­dé par le thu­ri­fé­raire avec l’encensoir fumant et les ministres avec les cierges allu­més. Là, il salue le peuple en disant les mains jointes : Dominus vobis­cum (Le Seigneur soit avec vous). Puis quand il dit : Lectio sanc­ti Evangelii (Evangile de Jésus Christ), il signe du pouce le livre, puis se signe lui-​même au front, à la bouche et à la poi­trine, il encense le livre et pro­clame l´Évangile. Celui-​ci ter­mi­né, il dit : Verbum Domini (Acclamons la Parole de Dieu), et tous répondent : Laus tibi, Christe (Louange à toi, Seigneur Jésus). Il vénère alors le livre par un bai­ser en disant à voix basse : Per evan­ge­li­ca dic­ta (Que cet Evangile efface) et revient auprès du prêtre. Quand le diacre assiste l’évêque, il lui porte le livre à bai­ser ou il baise lui-​même le livre, en disant à voix basse : Per evan­ge­li­ca dic­ta (Que cet Evangile efface). Dans les célé­bra­tions solen­nelles, si cela est oppor­tun, l’évêque bénit le peuple avec l’Evangéliaire. Enfin le diacre peut por­ter l’Evangéliaire à la cré­dence ou à un autre endroit digne et convenable.

176. S’il n’y a pas d’autre lec­teur idoine, le diacre fera aus­si les autres lectures.

177. Après l´introduction du prêtre, le diacre dit lui-​même les inten­tions de la prière uni­ver­selle, habi­tuel­le­ment de l´ambon.

Liturgie eucha­ris­tique

178. Après la prière uni­ver­selle, tan­dis que le prêtre reste à son siège, le diacre pré­pare l´autel, aidé par l’acolyte ; cepen­dant, c´est lui qui prend soin des vases sacrés. Il assiste aus­si le prêtre pour rece­voir les dons du peuple. Puis il remet au prêtre la patène avec le pain à consa­crer ; il verse le vin et un peu d´eau dans le calice, en disant à voix basse : Per huius aquae (Comme cette eau), et il pré­sente ensuite le calice au prêtre. Il peut faire cette pré­pa­ra­tion du calice à la cré­dence. Si on emploie l’encens, il sert le prêtre pour encen­ser les dons, la croix et l´autel. Ensuite lui-​même ou un aco­lyte encense le prêtre et le peuple.

179. Pendant la Prière eucha­ris­tique, le diacre se tient auprès du prêtre, mais un peu en arrière, pour le ser­vir, quand il le faut, au calice ou au Missel. De l’épiclèse jusqu’à l’ostension du calice, le diacre demeure ordi­nai­re­ment à genoux. S’il y a plu­sieurs diacres, l’un d’eux peut pré­pa­rer l’encens pour la consé­cra­tion et encen­ser à l’élévation de l’hostie et du calice.

180. A la doxo­lo­gie finale de la Prière eucha­ris­tique, le diacre, se tenant à côté du prêtre, tient le calice éle­vé, tan­dis que le prêtre élève la patène avec l´hostie, jusqu´à ce que le peuple ait accla­mé Amen.

181. Après que le prêtre a dit la prière pour la paix et Pax Domini sit sem­per vobis­cum (Que la paix du Seigneur soit tou­jours avec vous), et que le peuple a répon­du : Et cum spi­ri­tu tuo (Et avec votre esprit), c´est le diacre qui, si cela est oppor­tun, invite à la paix en disant, les mains jointes et tour­né vers le peuple : Offerte vobis pacem (Frères et sœurs, dans la cha­ri­té du Christ, donnez-​vous la paix). Lui-​même reçoit du prêtre la paix, et il peut la don­ner aux ministres les plus proches de lui.

182. Lorsque le prêtre a com­mu­nié, le diacre reçoit du prêtre lui-​même la com­mu­nion sous les deux espèces puis il aide le prêtre à don­ner la com­mu­nion au peuple. Si l´on donne la com­mu­nion sous les deux espèces, c´est lui qui pré­sente le calice aux com­mu­niants et, quand il a ter­mi­né, il consomme aus­si­tôt à l’autel avec res­pect tout ce qui reste du Sang du Christ, en se fai­sant aider, le cas échéant, par les autres diacres et prêtres.

183. Lorsque la com­mu­nion est ache­vée, le diacre revient à l´autel avec le prêtre, recueille les frag­ments s´il y en a, puis porte le calice et les autres vases sacrés à la cré­dence ; là, il les puri­fie et les range comme d’habitude, tan­dis que le prêtre retourne au siège. Il est per­mis cepen­dant de lais­ser à la cré­dence, sur un cor­po­ral, les vases à puri­fier, conve­na­ble­ment recou­verts, et de les puri­fier aus­si­tôt après la messe, une fois le peuple renvoyé.

Rite de conclusion

184. Une fois dite la prière après la com­mu­nion, le diacre fait au peuple les brèves annonces, au cas où ce serait utile, à moins que le prêtre ne veuille le faire lui-même.

185. Si l’on emploie la prière sur le peuple ou la for­mule de béné­dic­tion solen­nelle, le diacre dit : Inclinate vos ad bene­dic­tio­nem (Inclinez-​vous pour la béné­dic­tion). Lorsque le prêtre a don­né la béné­dic­tion, le diacre envoie le peuple en disant, les mains jointes et tour­né vers lui : Ite, mis­sa est (Allez, dans la paix du Christ).

186. Ensuite, avec le prêtre, il baise l´autel et, après avoir fait une incli­na­tion pro­fonde, s´en retourne en pro­ces­sion, comme il était venu.

C) Les fonc­tions de l´acolyte

187. Les fonc­tions que l´acolyte peut rem­plir sont diverses. Il arrive même que cer­taines d´entre elles doivent s´exercer en même temps. Il convient donc qu´elles soient répar­ties entre plu­sieurs per­sonnes. S´il n´y a qu´un aco­lyte, il accom­plit les fonc­tions les plus impor­tantes ; les autres étant confiées à d´autres ministres.

Rites ini­tiaux

188. Lorsqu´on se rend à l´autel, l´acolyte peut por­ter la croix entre deux ministres qui portent les cierges allu­més. Lorsqu´il arrive à l´autel, il ins­talle la croix près de celui-​ci pour qu’elle soit la croix de l’autel ; sinon, il la met dans un endroit digne. Puis il gagne sa place dans le sanctuaire.

189. Pendant toute la célé­bra­tion, l´acolyte doit pou­voir se rendre auprès du prêtre ou du diacre pour leur pré­sen­ter le livre ou les assis­ter quand il en est besoin. Autant que pos­sible, il convient donc de pré­voir pour lui une place d´où il puisse faci­le­ment rem­plir sa fonc­tion soit au siège soit à l´autel.

Liturgie eucha­ris­tique

190. Une fois ache­vée la prière uni­ver­selle, l´acolyte, en l´absence d´un diacre, pose sur l´autel le cor­po­ral, le puri­fi­ca­toire, le calice, la pale et le mis­sel, tan­dis que le prêtre reste au siège. Ensuite, s´il y a lieu, il assiste le prêtre pour rece­voir les dons du peuple. Puis, éven­tuel­le­ment, il porte à l´autel le pain et le vin et les remet au prêtre. Si l´on emploie l´encens, il pré­sente l´encensoir au prêtre et assiste celui-​ci pour l´encensement des dons, de la croix et de l´autel. Ensuite il encense le prêtre et le peuple.

191. Si c’est néces­saire, l’acolyte ins­ti­tué, en tant que ministre extra­or­di­naire de la com­mu­nion, peut assis­ter le prêtre pour don­ner la com­mu­nion aux fidèles[100]. Lorsque la com­mu­nion est don­née sous les deux espèces, et qu’il n’y a pas de diacre, il pré­sente le calice aux com­mu­niants ou bien, si la com­mu­nion est don­née par intinc­tion, il tient le calice.

192. De même, après la com­mu­nion, l’acolyte ins­ti­tué aide le prêtre ou le diacre à puri­fier les vases sacrés et à les remettre à leur place. En l´absence d´un diacre, il porte les vases sacrés à la cré­dence, où il les puri­fie, les essuie et les remet à leur place comme d’habitude.

193. La célé­bra­tion de la messe ter­mi­née, l’acolyte et les autres ministres, avec le diacre et le prêtre, retournent en pro­ces­sion à la sacris­tie, de la même manière et dans le même ordre qu’à l’entrée.

D) Les fonc­tions du lecteur

Rites ini­tiaux

194. En l´absence d´un diacre, lorsqu´on se rend à l´autel, le lec­teur, por­tant un vête­ment approu­vé, peut por­ter, en l’élevant un peu, l’Evangéliaire. Dans ce cas, il marche devant le prêtre. Autrement, il se place avec les autres ministres.

195. Lorsqu´il arrive à l´autel, il fait avec les autres une incli­na­tion pro­fonde. S´il porte l’Evangéliaire, il monte à l´autel pour y dépo­ser le livre ; puis il gagne sa place avec les autres ministres dans le sanctuaire.

Liturgie de la Parole

196. Il lit, de l´ambon, les lec­tures qui pré­cèdent l´Évangile. A défaut de psal­miste, il peut dire le psaume res­pon­so­rial après la pre­mière lecture.

197. Pour la prière uni­ver­selle, en l´absence du diacre, le lec­teur peut, de l’ambon, dire les inten­tions après que le prêtre a intro­duit la prière.

198. S´il n´est pas pré­vu de chan­ter à l´entrée ou à la com­mu­nion, et que les antiennes pro­po­sées au mis­sel ne sont pas dites par les fidèles, il peut les lire au moment oppor­tun (cf. nn. 48, 87).

II – LA MESSE CONCÉLÉBRÉE

199. La concé­lé­bra­tion, qui mani­feste heu­reu­se­ment l´unité du sacer­doce et du sacri­fice, ain­si que l´unité du peuple de Dieu tout entier, est pres­crite par le rite lui-​même : à l´ordination d´un évêque ou à celle de prêtres, à la messe pour la béné­dic­tion d´un abbé, et à la messe chris­male. Elle est recom­man­dée, à moins que l´utilité des fidèles ne requière ou ne sug­gère de faire autrement :

a. le Jeudi saint, à la messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur ;
b. à la messe dans les conciles, les assem­blées d´évêques et les synodes ;
c. à la messe conven­tuelle et à la messe prin­ci­pale, dans les églises et ora­toires ;
d. à la messe lors de réunions de prêtres, tant sécu­liers que reli­gieux[101] .

Cependant, il est recon­nu à tout prêtre la liber­té de célé­brer l’Eucharistie indi­vi­duel­le­ment, pour­vu qu’il n’y ait pas une concé­lé­bra­tion au même moment dans la même église ou le même ora­toire. Toutefois il n’est pas per­mis de célé­brer la messe indi­vi­duel­le­ment le Jeudi saint et à la Veillée pascale.

200. On accueille­ra volon­tiers à la concé­lé­bra­tion eucha­ris­tique les prêtres de pas­sage, pour­vu que l’on connaisse leur iden­ti­té sacerdotale.

201. Là où il y a un grand nombre de prêtres, la concé­lé­bra­tion peut avoir lieu plu­sieurs fois le même jour, si la néces­si­té ou l’utilité pas­to­rale le demande ; cela doit cepen­dant se faire à des moments suc­ces­sifs, ou bien en dif­fé­rents lieux sacrés[102] .

202. Il appar­tient à l´évêque, confor­mé­ment au droit, de régler la dis­ci­pline de la concé­lé­bra­tion dans toutes les églises et ora­toires de son diocèse.

203. On doit par­ti­cu­liè­re­ment esti­mer la concé­lé­bra­tion où les prêtres d´un dio­cèse concé­lèbrent avec leur propre évêque, à la messe « sta­tio­nale » sur­tout aux jours de grande solen­ni­té de l’année litur­gique, à la messe d’ordination du nou­vel évêque du dio­cèse, de son coad­ju­teur, ou de son auxi­liaire, à la messe chris­male, à la messe du Jeudi saint au soir en mémoire de la Cène du Seigneur, aux célé­bra­tions du saint fon­da­teur de l’Eglise locale ou du patron du dio­cèse, aux anni­ver­saires de l’évêque, enfin à l’occasion du synode ou de la visite pas­to­rale[103] . Pour la même rai­son, la concé­lé­bra­tion est recom­man­dée chaque fois que les prêtres se réunissent avec leur évêque, à l´occasion des exer­cices spi­ri­tuels ou d´une autre réunion. Le signe de l´unité du sacer­doce et de l´Église, qui carac­té­rise toute concé­lé­bra­tion, se mani­feste alors de façon plus évidente.

204. Pour un motif par­ti­cu­lier, à cause de la signi­fi­ca­tion du rite ou de l´importance de la fête, il est per­mis de célé­brer ou de concé­lé­brer plu­sieurs fois le même jour, dans les cas suivants :

a) Celui qui, le Jeudi saint, a célé­bré ou concé­lé­bré la messe chris­male peut encore célé­brer ou concé­lé­brer la messe du soir.
b) Celui qui a célé­bré ou concé­lé­bré la messe lors de la Veillée pas­cale peut célé­brer ou concé­lé­brer le jour de Pâques.
c) A Noël, tous les prêtres peuvent célé­brer ou concé­lé­brer trois messes, du moment que c’est à l´heure vou­lue.
d) Le jour de la Commémoration de tous les fidèles défunts, tous les prêtres peuvent célé­brer ou concé­lé­brer trois messes pour­vu que les célé­bra­tions aient lieu à des moments dif­fé­rents et qu’on observe ce qui est pres­crit pour l’application de la seconde et de la troi­sième messe [104] .
e) Si un prêtre concé­lèbre avec l’évêque ou son délé­gué, au synode, lors d’une visite pas­to­rale ou de quelque réunion de prêtres, il peut célé­brer de nou­veau la messe pour l’utilité des fidèles. Cela vaut, toutes pro­por­tions gar­dées, pour les réunions de religieux.

205. La messe concé­lé­brée, quelle qu´en soit la forme, suit les règles à obser­ver com­mu­né­ment (cf. nn. 112–198), en les conser­vant ou en les chan­geant sur les points indi­qués ci-dessous.

206. Personne ne sera jamais admis à concé­lé­brer une fois la messe commencée.

207. On pré­pa­re­ra dans le sanc­tuaire : a) des sièges et des livrets pour les prêtres qui concé­lèbrent ; b) à la cré­dence, un calice suf­fi­sam­ment grand, ou plu­sieurs calices.

208. S’il n’y a pas de diacre, quelques-​uns des concé­lé­brants accom­pli­ront les fonc­tions qui lui reviennent. S’il n’y a pas non plus d’autres ministres, des fidèles capables peuvent être char­gés de leurs fonc­tions ; sinon, quelques-​uns des concé­lé­brants les rempliront.

209. Les concé­lé­brants revêtent à la sacris­tie ou dans un autre local appro­prié les vête­ments litur­giques qu´ils ont l´habitude de prendre lorsqu´ils célèbrent la messe indi­vi­duel­le­ment. Toutefois, pour une juste cause, par exemple un nombre très éle­vé de concé­lé­brants, qui fait qu’on manque d’ornements, les concé­lé­brants, excep­té tou­jours le célé­brant prin­ci­pal, pour­ront se pas­ser de cha­suble, et por­ter l’étole sur l’aube.

Rites ini­tiaux

210. Lorsque tout est bien pré­pa­ré, on se rend comme ordi­nai­re­ment à l´autel en pro­ces­sion dans l´église. Les prêtres concé­lé­brants pré­cèdent le célé­brant principal.

211. Lorsqu´ils sont par­ve­nus à l´autel, les concé­lé­brants et le célé­brant prin­ci­pal, après avoir fait une incli­na­tion pro­fonde, vénèrent l’autel d’un bai­ser, puis gagnent les sièges qui leur ont été attri­bués. Le célé­brant prin­ci­pal, si cela est oppor­tun, encense la croix et l´autel, après quoi il rejoint son siège.

Liturgie de la Parole

212. Pendant la litur­gie de la Parole, les concé­lé­brants se tiennent à leur place. Ils s´assoient et se lèvent comme le célé­brant prin­ci­pal.
Au début du chant de l’Alléluia, tous se lèvent, sauf l’évêque qui met de l’encens sans rien dire et qui bénit le diacre ou, en son absence, le prêtre concé­lé­brant qui va pro­cla­mer l’Evangile. Cependant, lors d’une concé­lé­bra­tion pré­si­dée par un prêtre, le concé­lé­brant qui, en l’absence de diacre, pro­clame l’Evangile ne demande ni ne reçoit la béné­dic­tion du célé­brant principal.

213. Ordinairement, c’est le célé­brant prin­ci­pal qui pro­nonce l´homélie, ou bien l´un des concélébrants.

Liturgie eucha­ris­tique

214. Le célé­brant prin­ci­pal fait la pré­pa­ra­tion des dons (cf. nn. 139–146), les autres concé­lé­brants res­tant à leur place.

215. Une fois la prière sur les offrandes dite par le célé­brant prin­ci­pal, les concé­lé­brants s´approchent de l´autel et se placent tout autour, mais de façon à ne pas gêner l´accomplissement des rites et à per­mettre aux fidèles de bien voir l´action sacrée ; ils ne doivent pas non plus gêner le diacre lorsque celui-​ci, en rai­son de son minis­tère, doit s´approcher de l´autel. Le diacre s’acquittera de son minis­tère à l’autel, en fai­sant le ser­vice du calice et du mis­sel. Cependant, il se tien­dra, autant que pos­sible, un peu en retrait, der­rière les concé­lé­brants qui se tiennent autour du célé­brant principal.

Manière de dire la Prière eucharistique

216. La pré­face est chan­tée ou dite uni­que­ment par le prêtre célé­brant prin­ci­pal. Mais le Sanctus est chan­té ou réci­té par tous les concé­lé­brants avec le peuple et la chorale.

217. Le Sanctus ache­vé, les prêtres concé­lé­brants pour­suivent la Prière eucha­ris­tique de la manière décrite ci-​dessous. Seul, le célé­brant prin­ci­pal fait les gestes, à moins d’indication différente.

218. Les par­ties pro­non­cées par tous les concé­lé­brants ensemble, et sur­tout les paroles de la consé­cra­tion, que tous sont tenus de pro­non­cer, doivent être réci­tées à mi-​voix, si bien que l´on entende clai­re­ment la voix du célé­brant prin­ci­pal. De cette manière les mots seront mieux sai­sis par le peuple. Il est bien de chan­ter les par­ties qui doivent être dites ensemble par tous les concé­lé­brants et qui sont mises en musique dans le Missel.

A) Prière eucha­ris­tique I, ou Canon romain

219. Dans la Prière eucha­ris­tique I, ou Canon romain, le célé­brant prin­ci­pal seul, les mains éten­dues, dit : Te igi­tur (Père infi­ni­ment bon).

220. Il convient de confier à un ou à deux concé­lé­brants le Memento des vivants (Souviens-​toi), et le Communicantes (Dans la com­mu­nion); cha­cun dit ces prières seul, les mains éten­dues et à haute voix.

221. Hanc igi­tur (Voici l’offrande) est dit de nou­veau par le célé­brant prin­ci­pal seul, les mains étendues.

222. De Quam obla­tio­nem (Sanctifie plei­ne­ment) à Supplices (Nous t’en sup­plions), le célé­brant prin­ci­pal fait seul les gestes, mais tous les concé­lé­brants pro­noncent ensemble tous les textes de la façon suivante :

a) Quam obla­tio­nem (Sanctifie plei­ne­ment), les mains éten­dues vers les dons.
b) Qui pri­die (La veille de sa pas­sion) et Simili modo (de même), les mains jointes.
c) Les paroles du Seigneur, en éten­dant la main droite, si on le juge oppor­tun, vers le pain et le calice ; les concé­lé­brants regardent l´hostie et le calice éle­vés par le célé­brant prin­ci­pal et ensuite s´inclinent pro­fon­dé­ment.
d) Unde et memores (C’est pour­quoi) et Supra quae (Et comme il t’a plu), les mains éten­dues.
e) Supplices (Nous t’en sup­plions), incli­nés et les mains jointes jusqu´aux mots ex hac alta­ris par­ti­ci­pa­tione (afin qu’en rece­vant ici), et ensuite ils se relèvent et se signent aux paroles omni bene­dic­tione cae­les­ti et gra­tia replea­mur (nous soyons com­blés de ta grâce et de tes béné­dic­tions).

223. Il convient de confier le Memento des défunts (Souviens-​toi), et le Nobis quoque pec­ca­to­ri­bus (Et nous, pécheurs) à l’un ou l’autre des concé­lé­brants ; cha­cun dit ces prières seul, les mains éten­dues et à haute voix.

224. Aux mots Nobis quoque pec­ca­to­ri­bus (Et nous, pécheurs) tous les concé­lé­brants se frappent la poitrine.

225. Per quem haec omnia (C’est par lui) est dit par le célé­brant prin­ci­pal seul.

B) Prière eucha­ris­tique II

226. Dans la Prière eucha­ris­tique II, Vere Sanctus (Toi qui es vrai­ment saint) est dit par le célé­brant prin­ci­pal seul, les mains étendues.

227. Depuis Haec ergo dona (Sanctifie ces offrandes) jusqu´à Et sup­plices (Humblement, nous te deman­dons), tous les concé­lé­brants disent ensemble tous les textes, de la manière suivante :

a) Haec ergo dona (Sanctifie ces offrandes), en éten­dant les mains vers les dons.
b) Qui cum pas­sio­ni (Au moment d’être livré) et Simili modo (De même), les mains jointes.
c) Les paroles du Seigneur, en éten­dant la main droite, si on le juge oppor­tun, vers le pain et le calice ; les concé­lé­brants regardent l´hostie et le calice éle­vés par le célé­brant prin­ci­pal et ensuite s´inclinent pro­fon­dé­ment.
d) Memores igi­tur (Faisant ici mémoire) et Et sup­plices (Humblement, nous te deman­dons), les mains étendues.

228. Il convient de confier les inter­ces­sions pour les vivants : Recordare, Domine (Souviens-​toi, Seigneur) et pour les défunts : Memento etiam fra­trum nos­tro­rum (Souviens-​toi aus­si) à l’un ou l’autre des concé­lé­brants dont cha­cun dit ces prières seul, les mains éten­dues et à voix haute.

C) Prière eucha­ris­tique III

229. Dans la Prière eucha­ris­tique III, Vere Sanctus (Tu es vrai­ment saint) est dit par le célé­brant prin­ci­pal seul, les mains étendues.

230. Depuis Supplices ergo te, Domine ( C’est pour­quoi nous te sup­plions) jusqu´à Respice, quae­su­mus (Regarde, Seigneur), tous les concé­lé­brants disent ensemble tous les textes, de la manière suivante :

a) Supplices ergo te, Domine (C’est pour­quoi nous te sup­plions), les mains éten­dues vers les dons.
b) Ipse enim in qua nocte tra­de­ba­tur (La nuit même où il fut livré), et Simili modo (De même), les mains jointes.
c) Les paroles du Seigneur en éten­dant la main droite, si on le juge oppor­tun, vers le pain et le calice ; les concé­lé­brants regardent l´hostie et le calice éle­vés par le célé­brant prin­ci­pal et ensuite s´inclinent pro­fon­dé­ment.
d) Memores igi­tur (En fai­sant mémoire) et Respice, quae­su­mus (Regarde, Seigneur), les mains étendues.

231. Il convient de confier les inter­ces­sions : Ipse nos, Haec hos­tia nos­trae recon­ci­lia­tio­nis (Que l´Esprit Saint fasse de nous) et Fratres nos­tros (Et main­te­nant, nous te sup­plions, Seigneur), à l’un ou l’autre des concé­lé­brants, dont cha­cun dit ces prières seul, les mains éten­dues et à voix haute.

D) Prière eucha­ris­tique IV

232. Dans la Prière eucha­ris­tique IV, Confitemur tibi, Pater sancte (Père très saint, nous pro­cla­mons) jusqu´à omnem sanc­ti­fi­ca­tio­nem com­ple­ret (achève toute sanctification)est dit par le célé­brant prin­ci­pal seul, les mains étendues.

233. Depuis Quaesumus igi­tur, Domine (Que ce même Esprit Saint) jusqu´à Respice, Domine (Regarde, Seigneur), tous les concé­lé­brants disent ensemble tous les textes, de la manière suivante :

a) Quaesumus igi­tur, Domine (Que ce même Esprit Saint), les mains éten­dues vers les dons.
b) Ipse enim, cum hora venis­set (Quand l’heure fut venue) et Simili modo (De même), les mains jointes.
c) Les paroles du Seigneur en éten­dant la main droite, si on le juge oppor­tun, vers le pain et le calice ; les concé­lé­brants regardent l´hostie et le calice éle­vés par le célé­brant prin­ci­pal et ensuite s´inclinent pro­fon­dé­ment.
d) Unde et nos (Voilà pour­quoi, Seigneur) et Respice, Domine (Regarde, Seigneur), les mains étendues.

234. Il convient de confier les inter­ces­sions Nunc ergo, Domine, omnium recor­dare et Nobis omni­bus (à par­tir de : Et main­te­nant Seigneur) à l´un ou l’autre des concé­lé­brants qui les dit seul, les mains éten­dues et à voix haute.

235. Pour les autres Prières eucha­ris­tiques approu­vées par le Saint-​Siège, on obser­ve­ra les normes éta­blies pour cha­cune d’elles.

236. La doxo­lo­gie finale de la Prière eucha­ris­tique est pro­non­cée uni­que­ment par le célé­brant prin­ci­pal et, s’il le sou­haite, avec tous les concé­lé­brants, mais non par les fidèles.

Rites de communion

237. Ensuite le célé­brant prin­ci­pal, les mains jointes, dit la moni­tion qui pré­cède l´oraison domi­ni­cale, puis les mains éten­dues, il dit avec les autres concé­lé­brants qui eux aus­si étendent les mains, et avec tout le peuple l´oraison domi­ni­cale elle-même.

238. Libera nos ( Délivre-​nous) est dit par le célé­brant prin­ci­pal seul, les mains éten­dues. Tous les concé­lé­brants, avec le peuple, pro­noncent l´acclamation finale : Quia tuum est regnum (Car c’est à toi qu’appartiennent).

239. Après la moni­tion du diacre ou, en son absence, d´un concé­lé­brant : Offerte vobis pacem (Frères, donnez-​vous la paix du Christ), tous se donnent la paix mutuel­le­ment. Ceux qui sont les plus rap­pro­chés du célé­brant prin­ci­pal reçoivent de lui la paix avant le diacre.

240. Pendant qu´on dit l´Agnus Dei (Agneau de Dieu), les diacres ou quelques-​uns des concé­lé­brants peuvent aider le célé­brant prin­ci­pal à rompre les hos­ties pour la com­mu­nion des concé­lé­brants et celle du peuple.

241. Lorsque l´immixtion est accom­plie, seul le célé­brant prin­ci­pal, les mains jointes, dit à voix basse l’une des deux prières Domine Iesu Christe, Filii Dei vivi (Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant) ou Perceptio Corporis et Sanguinis (Seigneur Jésus Christ, que cette com­mu­nion à ton Corps et à ton Sang).

242. Lorsque la prière avant la com­mu­nion est ache­vée, le célé­brant prin­ci­pal fait la génu­flexion et s´écarte un peu. Les concé­lé­brants, l´un après l´autre, viennent au milieu de l´autel, font la génu­flexion, prennent à l´autel le Corps du Christ avec res­pect, le tenant de la main droite, posée sur la main gauche et retournent à leur place. Cependant les concé­lé­brants peuvent res­ter à leur place et prendre le Corps du Christ sur la patène, que tiennent le célé­brant prin­ci­pal ou l´un ou plu­sieurs des concé­lé­brants qui passent devant eux ; ou bien ils se trans­mettent la patène de l´un à l´autre jusqu´au dernier.

243. Ensuite le célé­brant prin­ci­pal prend l´hostie consa­crée à cette messe et, en la tenant un peu éle­vée au-​dessus de la patène ou du calice, tour­né vers le peuple, il dit : Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu)et il pour­suit en disant, avec les concé­lé­brants et le peuple : Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne).

244. Puis le célé­brant prin­ci­pal, tour­né vers l´autel, dit à voix basse : Corpus Christi cus­to­diat me in vitam aeter­nam (Que le Corps du Christ me garde pour la vie éter­nelle), et il consomme avec res­pect le Corps du Christ. Les concé­lé­brants font de même, en se com­mu­niant eux-​mêmes. Après eux, le diacre reçoit du célé­brant prin­ci­pal le Corps et le Sang du Seigneur.

245. On peut consom­mer le Sang du Christ soit en buvant direc­te­ment au calice, soit par intinc­tion, soit en employant un cha­lu­meau, ou une cuiller.

246. Si la com­mu­nion se fait en buvant direc­te­ment au calice, on peut employer une des manières suivantes.

a) Le célé­brant prin­ci­pal, au milieu de l’autel, prend le calice et dit à voix basse : Sanguis Christi cus­to­diat me in vitam aeter­nam (Que le Sang du Christ me garde pour la vie éter­nelle), consomme un peu du Précieux Sang, et remet le calice au diacre ou à un concé­lé­brant. Il dis­tri­bue ensuite la com­mu­nion aux fidèles (cf. nn. 160–162).
Les concé­lé­brants, un par un, ou deux par deux s’il y a deux calices, s´approchent de l´autel, font la génu­flexion, consomment le Précieux Sang, essuient le bord du calice et reviennent à leur siège.

b) Le célé­brant prin­ci­pal consomme le Sang du Seigneur en se tenant, comme d’habitude, au milieu de l´autel. Restant à leur place, les concé­lé­brants peuvent consom­mer le Sang du Seigneur en buvant au calice que leur pré­sente le diacre ou l´un des concé­lé­brants ; ou encore en se le trans­met­tant de l’un à l’autre. Le calice est tou­jours essuyé, soit par celui qui boit, soit par celui qui pré­sente le calice. Chacun, après avoir com­mu­nié, retourne à son siège.

247. Le diacre consomme avec res­pect à l’autel tout ce qui reste du Sang du Christ, en se fai­sant aider, le cas échéant, par quelques concé­lé­brants, puis il porte le calice à la cré­dence. Là, lui-​même ou un aco­lyte ins­ti­tué le puri­fie, l´essuie et le range comme à l’ordinaire (cf. n. 183).

248. On peut encore orga­ni­ser la com­mu­nion des concé­lé­brants de telle manière que cha­cun à l’autel com­mu­nie au Corps et, aus­si­tôt après, au Sang du Seigneur. Dans ce cas, le célé­brant prin­ci­pal com­mu­nie sous les deux espèces comme à l’accoutumée (cf. n. 158), mais en obser­vant pour la com­mu­nion au calice le rite choi­si pour la cir­cons­tance et uti­li­sé par les autres concé­lé­brants. Après la com­mu­nion du célé­brant prin­ci­pal, on dépose le calice sur un autre cor­po­ral, d’un côté de l´autel. Les concé­lé­brants viennent au milieu de l´autel l´un après l´autre, font la génu­flexion et com­mu­nient au Corps du Seigneur ; puis ils passent sur le côté de l´autel et consomment le Sang du Seigneur, selon le rite choi­si pour la com­mu­nion au calice comme on l’a dit pré­cé­dem­ment. La com­mu­nion du diacre et la puri­fi­ca­tion du calice se font comme décrit plus haut.

249. Si la com­mu­nion des concé­lé­brants se fait par intinc­tion, le célé­brant prin­ci­pal prend le Corps et le Sang du Seigneur de la manière habi­tuelle, en veillant seule­ment à ce qu´il reste dans le calice assez de vin consa­cré pour la com­mu­nion des concé­lé­brants. Puis le diacre ou l´un des concé­lé­brants dis­pose conve­na­ble­ment le calice au milieu ou sur un côté de l’autel, sur un autre cor­po­ral, avec une patène conte­nant des mor­ceaux d’hostie. Les concé­lé­brants, l´un après l´autre, s´approchent de l´autel, font la génu­flexion, prennent une par­celle, qu’ils trempent en par­tie dans le calice et, en tenant le puri­fi­ca­toire au-​dessous de leur bouche, consomment l´hostie trem­pée, puis ils regagnent leur place du début de la messe. C´est aus­si par intinc­tion que le diacre com­mu­nie. Il répond Amen au concé­lé­brant qui lui dit : Corpus et Sanguis Christi (Le Corps et le Sang du Christ). Le diacre consomme à l´autel tout le vin consa­cré qui reste, en se fai­sant aider, le cas échéant, par quelques concé­lé­brants, et porte le calice à la cré­dence. Là, lui-​même ou l´acolyte ins­ti­tué le puri­fie, l´essuie et le range comme à l’ordinaire.

Rite de conclusion

250. Le célé­brant prin­ci­pal, à son siège, fait tout le reste comme d´habitude (cf. nn. 166–168) jusqu´à la fin de la messe, les concé­lé­brants demeu­rant à leur siège.

251. Avant de quit­ter l´autel, les concé­lé­brants font devant lui une incli­na­tion pro­fonde. Le célé­brant prin­ci­pal accom­pa­gné du diacre vénère, comme d’habitude, l´autel par un baiser.

III – LA MESSE AVEC PARTICIPATION D’UN SEUL MINISTRE

252. Quand un prêtre célèbre la messe et n´a qu´un seul ministre pour l´assister et lui répondre, il obser­ve­ra les rites de la messe avec peuple (cf. nn. 120–169) , le ministre pro­non­çant, quand cela convient, les réponses du peuple.

253. Si pour­tant le ministre est un diacre, il accom­plit les fonc­tions qui sont les siennes (cf. nn. 171–186) et pro­nonce aus­si les réponses du peuple.

254. Le prêtre ne célé­bre­ra pas sans ministre ou sans la pré­sence d’au moins un fidèle sauf pour une cause juste et rai­son­nable. En ce cas, les salu­ta­tions, les moni­tions et la béné­dic­tion à la fin de la messe sont omises.

255. Les vases sacrés néces­saires sont pré­pa­rés avant la messe, soit sur une cré­dence, soit sur le côté droit de l´autel.

Rites ini­tiaux

256. Le prêtre vient à l’autel et, après avoir fait avec le ministre une incli­na­tion pro­fonde, le vénère par un bai­ser et se rend au siège ; s’il le juge bon, il peut res­ter à l’autel ; dans ce cas, le mis­sel y sera pré­pa­ré. Le ministre ou le prêtre lit alors l´antienne d´ouverture.

257. Ensuite le prêtre, debout et avec le ministre, fait sur lui-​même le signe de la croix en disant : In nomine Patris (Au nom du Père). Puis tour­né vers le ministre, il le salue par l’une des for­mules proposées.

258. Ensuite il accom­plit l’acte péni­ten­tiel et dit le Kyrie et le Gloria, selon les rubriques.

259. Ensuite, les mains jointes, il dit : Oremus (Prions ensemble)et, après une pause conve­nable, les mains éten­dues, il dit la prière d´ouverture (col­lecte). A la fin, le ministre répond : Amen.

Liturgie de la Parole

260. Autant que pos­sible, les lec­tures sont faites de l’ambon ou d’un pupitre.

261. Une fois la col­lecte dite, le ministre lit la pre­mière lec­ture et le psaume et, quand on doit la dire, la deuxième lec­ture et le ver­set de l´Alléluia ou un autre chant.

262. Puis le prêtre, pro­fon­dé­ment incli­né, dit Munda cor meum (Purifie mon cœur) et lit l´Evangile. A la fin, il dit : Verbum Domini (Acclamons la parole de Dieu), et le ministre répond : Laus tibi, Christe (Louange à toi, Seigneur Jésus !). Puis le prêtre vénère le livre par un bai­ser, en disant à voix basse : Per evan­ge­li­ca dic­ta (Que cet Evangile).

263. Le prêtre récite ensuite le Symbole, selon les rubriques, avec le ministre.

264. Vient alors la prière uni­ver­selle, qui peut se dire même à cette messe ; le prêtre intro­duit et conclut la prière et le ministre dit les intentions.

Liturgie eucha­ris­tique

265. Pour la litur­gie eucha­ris­tique, tout se fait comme dans la messe avec peuple, sauf ce qui suit.

266. Une fois ache­vée l´acclamation à la fin de l´embolisme qui suit l’oraison domi­ni­cale, le prêtre dit la prière Domine Iesu Christe, qui dixis­ti (Seigneur Jésus Christ, tu as dit); puis, il ajoute : Pax Domini sit sem­per vobis­cum (Que la paix du Seigneur soit tou­jours avec vous), à quoi le ministre répond : Et cum spi­ri­tu tuo (Et avec votre esprit). Si cela est oppor­tun, le prêtre donne la paix au ministre.

267. Puis, pen­dant qu´il dit l´Agnus Dei (Agneau de Dieu) avec le ministre, le prêtre rompt l´hostie au-​dessus de la patène. Une fois ache­vé l´Agnus Dei (Agneau de Dieu), il fait l´immixtion en disant à voix basse : Haec com­mix­tio (Que le Corps et le Sang).

268. Après l´immixtion, le prêtre dit à voix basse l’une des prières Domine Iesu Christe, Filii Dei vivi (Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant)ou Perceptio (Seigneur Jésus Christ, que cette com­mu­nion); ensuite, il fait la génu­flexion, prend l´hostie et, si le ministre com­mu­nie, il dit, tour­né vers lui et tenant l´hostie un peu éle­vée au-​dessus de la patène ou du calice : Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), et, avec lui, il pour­suit en disant Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne). Ensuite, tour­né vers l´autel, il consomme le Corps du Christ. Si tou­te­fois le ministre ne reçoit pas la com­mu­nion, le prêtre, après avoir fait la génu­flexion, prend l´hostie et, tour­né vers l´autel, dit à voix basse : Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne)et Corpus Christi cus­to­diat (Que le Corps du Christ me garde), puis il consomme le Corps du Christ. Ensuite, il prend le calice, dit à voix basse : Sanguis Christi cus­to­diat (Que le Sang du Christ me garde), et consomme le Sang.

269. Avant que la com­mu­nion ne soit don­née au ministre, l´antienne de la com­mu­nion est lue par lui ou par le prêtre.

270. Le prêtre puri­fie le calice à la cré­dence ou à l’autel. S’il puri­fie le calice à l’autel, le ministre le peut por­ter à la cré­dence, ou bien le prêtre le laisse sur le côté de l´autel.

271. Lorsque la puri­fi­ca­tion du calice est ache­vée, il convient que le prêtre observe un temps de silence ; ensuite, il dit la prière après la communion.

Rite de conclu­sion
272. Le rite de conclu­sion se fait comme à la messe avec peuple, mais en omet­tant Ite (Allez, dans la paix du Christ), Le prêtre vénère, comme d’habitude, l’autel par un bai­ser et, après une incli­na­tion pro­fonde avec le ministre, il se retire.

IV – QUELQUES RÈGLES VALABLES POUR TOUTES LES FORMES DE MESSE

Vénération de l´autel et de l’Evangéliaire.

273. Selon l’usage reçu, on vénère l´autel et l’Evangéliaire par un bai­ser. Là pour­tant où ce geste sym­bo­lique ne cor­res­pond pas bien aux tra­di­tions ou à la men­ta­li­té du pays, il appar­tient à la Conférence des évêques d´établir un autre geste à employer à sa place, avec l’accord du Siège Apostolique.

Génuflexion et inclination

274. La génu­flexion, en flé­chis­sant le genou droit jusqu’à terre, signi­fie l’adoration ; elle est donc réser­vée au Saint-​Sacrement, et à la sainte Croix depuis l’adoration solen­nelle faite au cours de l’action litur­gique du Vendredi saint jusqu’au début de la Veillée pas­cale. Au cours de la messe, le prêtre célé­brant fait trois génu­flexions : après l’élévation de l´hostie, après l’élévation du calice, et avant la com­mu­nion. On a noté en leur lieu les normes par­ti­cu­lières à obser­ver aux messes concé­lé­brées (cf. nn. 210–251). Si le taber­nacle avec le Saint-​Sacrement est dans le sanc­tuaire, le prêtre, le diacre et les autres ministres font la génu­flexion quand ils arrivent à l’autel et s’en retirent, mais non pen­dant la célé­bra­tion de la messe. Autrement, tous ceux qui passent devant le Saint-​Sacrement font la génu­flexion sauf s’ils s’avancent en pro­ces­sion. Les ministres qui portent la croix de pro­ces­sion ou les cierges font une incli­na­tion de la tête à la place de la génuflexion.

275. L’inclination signi­fie le res­pect et l’honneur que l’on doit aux per­sonnes elles-​mêmes ou à leurs repré­sen­ta­tions. Il y a deux espèces d´inclination : celle de la tête et celle du corps.

a) On incline la tête lorsque les trois Personnes divines sont nom­mées ensemble, aux noms de Jésus, de la bien­heu­reuse Vierge Marie, et du Saint en l´honneur de qui on dit la messe.

b) On incline le corps, par ce qu´on appelle l´inclination pro­fonde : devant l´autel, aux prières Munda cor meum (Purifie mon cœur) et In spi­ri­tu humi­li­ta­tis (Humbles et pauvres); dans la réci­ta­tion du Symbole, aux mots Et incar­na­tus est (Par l´Esprit Saint, il a pris chair); et dans le Canon romain, aux mots Supplices te roga­mus (Nous t’en sup­plions). La même incli­na­tion est faite par le diacre quand il demande la béné­dic­tion avant de pro­cla­mer l´Évangile. En outre, le prêtre s´incline un peu, à la consé­cra­tion, quand il dit les paroles du Seigneur.

Encensement

276. L’encensement exprime le res­pect et la prière comme l’indique la sainte Ecriture (cf. Ps 140,2 ; Ap 8,3). On peut, à son gré, employer l´encens, quelle que soit la forme de la messe :

a) pen­dant la pro­ces­sion d´entrée ;
b) au début de la messe, pour encen­ser la croix et l´autel ;
c) pour la pro­ces­sion d´Évangile et sa pro­cla­ma­tion ;
d) quand le pain et le calice ont été dépo­sés sur l’autel, pour encen­ser les dons, la croix et l´autel ain­si que le prêtre et le peuple ;
e) à l’élévation de l´hostie et du calice après la consécration.

277. Le prêtre met l´encens dans l´encensoir et le bénit d´un signe de croix, sans rien dire. Avant et après l’encensement, on fait une incli­na­tion pro­fonde devant la per­sonne ou l’objet que l’on encense, excep­té l’autel et les offrandes pour le sacri­fice de la messe. On encense par trois coups d’encensoir : le Saint-​Sacrement, les reliques de la sainte Croix et les images du Seigneur expo­sées à la véné­ra­tion publique, les offrandes pour le sacri­fice de la messe, la croix de l’autel, l’Evangéliaire, le cierge pas­cal, le prêtre et le peuple. On encense de deux coups d’encensoir les reliques et les images des saints expo­sées à la véné­ra­tion publique, mais seule­ment au début de la célé­bra­tion, quand on encense l’autel. On encense l´autel par des coups d’encensoir suc­ces­sifs de la façon suivante :

a) Si l´autel est sépa­ré du mur, le prêtre l´encense en en fai­sant le tour.
b) Si l´autel est pla­cé contre le mur, le prêtre encense en pas­sant d´abord le long du côté droit, puis du côté gauche.

Si la croix est sur l´autel ou près de lui, le prêtre l´encense avant l´autel ; sinon il l´encense lorsqu´il passe devant elle. Le prêtre encense les offrandes, avant l’encensement de la croix et de l’autel, par trois coups d’encensoir ou bien en tra­çant un signe de croix sur elles avec l’encensoir.

Purification

278. Chaque fois qu´une par­celle d´hostie s´est atta­chée aux doigts, ce qui arrive sur­tout après la frac­tion ou après la com­mu­nion des fidèles, le prêtre la déta­che­ra de ses doigts au-​dessus de la patène, ou si cela est néces­saire, il se les lave­ra. De même, il recueille­ra les par­celles qui seraient en dehors de la patène.

279. Les vases litur­giques sont puri­fiés par le prêtre, par le diacre ou par l´acolyte ins­ti­tué, après la com­mu­nion ou après la messe, autant que pos­sible à la cré­dence. On fait la puri­fi­ca­tion du calice avec de l´eau ou bien avec de l´eau et du vin, et l´ablution est consom­mée par celui qui puri­fie. Ordinairement on essuie­ra la patène avec le puri­fi­ca­toire. Il faut veiller à consom­mer à l’autel aus­si­tôt et com­plè­te­ment le Sang du Christ qui res­te­rait après la dis­tri­bu­tion de la communion.

280. Si une hos­tie ou une par­celle tom­bait, on les ramas­se­rait avec res­pect ; si du vin consa­cré se répan­dait, on lave­rait l´endroit avec de l´eau, et cette eau serait ensuite jetée dans la pis­cine de la sacristie.

Communion sous les deux espèces

281. La sainte com­mu­nion réa­lise plus plei­ne­ment sa forme de signe lorsqu´elle se fait sous les deux espèces. Car, sous cette forme, le signe du ban­quet eucha­ris­tique est mis plus plei­ne­ment en lumière, et on exprime plus clai­re­ment la volon­té divine d´accomplir la nou­velle et éter­nelle Alliance dans le Sang du Seigneur ; on montre aus­si plus clai­re­ment la rela­tion entre le ban­quet eucha­ris­tique et le ban­quet escha­to­lo­gique dans le royaume du Père[105] .

282. Les pas­teurs veille­ront, de la façon la plus appro­priée pos­sible, à rap­pe­ler aux fidèles qui par­ti­cipent à ce rite ou à ceux qui y assistent la doc­trine catho­lique sur la forme de la sainte com­mu­nion, selon le concile de Trente. Avant tout, on redi­ra aux fidèles l’enseignement de la foi catho­lique : même sous une seule des deux espèces, on reçoit le Christ tout entier, sans aucun manque, et le Sacrement dans toute sa véri­té ; par suite, en ce qui regarde les fruits de la com­mu­nion, ceux qui la reçoivent sous une seule espèce ne sont pri­vés d´aucune grâce néces­saire au salut[106] . Ils ensei­gne­ront en outre que l´Église a auto­ri­té sur la manière de don­ner les sacre­ments : du moment que l´essentiel est sau­ve­gar­dé, elle peut déci­der ou modi­fier ce qu´elle juge plus avan­ta­geux pour la véné­ra­tion qu´on leur doit ou pour l’utilité de ceux qui les reçoivent, en rai­son de la diver­si­té des cir­cons­tances, des époques et des lieux[107] . Mais en même temps, on invi­te­ra les fidèles à vou­loir par­ti­ci­per plus inten­sé­ment au rite sacré, de sorte que le signe du ban­quet eucha­ris­tique soit mis davan­tage en lumière.

283. En plus des cas pré­vus dans les livres litur­giques, la com­mu­nion sous les deux espèces est permise :

a) aux prêtres qui ne peuvent célé­brer ou concé­lé­brer ;
b) au diacre et à tous ceux qui exercent une fonc­tion au cours de la messe ;
c) aux membres des com­mu­nau­tés à la messe conven­tuelle ou à la messe dite de com­mu­nau­té, aux sémi­na­ristes, à tous ceux qui font les exer­cices spi­ri­tuels ou par­ti­cipent à une réunion spi­ri­tuelle ou pastorale.

Au sujet de la com­mu­nion sous les deux espèces, l’évêque dio­cé­sain peut déter­mi­ner pour son dio­cèse des normes qui doivent être obser­vées même dans les églises des reli­gieux et dans les petits groupes. Il a aus­si la facul­té de per­mettre de don­ner la com­mu­nion sous les deux espèces, chaque fois que le prêtre à qui la com­mu­nau­té est confiée en tant que son pas­teur propre l’estime oppor­tun, pour­vu que les fidèles soient bien ins­truits et que soit évi­té tout dan­ger de pro­fa­ner le Sacrement, ou que le nombre des par­ti­ci­pants ou une autre rai­son n’en rende l’exécution trop dif­fi­cile. Sur la manière de don­ner aux fidèles la com­mu­nion sous les deux espèces, et l’extension de la facul­té de la don­ner, les Conférences des évêques peuvent publier des normes, après appro­ba­tion des actes par le Siège Apostolique.

284. Quand on com­mu­nie sous les deux espèces :

a) d’ordinaire, le diacre pré­sente le calice, ou, en son absence, un prêtre ; ou encore un aco­lyte ins­ti­tué ou un autre ministre extra­or­di­naire de la com­mu­nion ; ou un fidèle à qui, en cas de néces­si­té, on confie cette fonc­tion pour une fois ;
b) s’il reste du Sang du Christ, le prêtre le consomme à l’autel, ou le diacre, ou l’acolyte ins­ti­tué qui a pré­sen­té le calice : il puri­fie les vases litur­giques, les essuie et les remet à leur place comme d’habitude.
Aux fidèles qui vou­draient éven­tuel­le­ment com­mu­nier sous la seule espèce du pain, la com­mu­nion sera don­née sous cette forme.

285. Pour dis­tri­buer la com­mu­nion sous les deux espèces, on prépare :

a) si la com­mu­nion se fait en buvant direc­te­ment au calice, soit un calice suf­fi­sam­ment grand, soit plu­sieurs calices, en pre­nant tou­jours soin de pré­voir qu’il ne reste pas trop de Sang du Christ à consom­mer à la fin de la célé­bra­tion ;
b) si la com­mu­nion se fait par intinc­tion, on doit veiller à ce que les hos­ties ne soient ni trop minces ni trop petites, mais un peu plus épaisses que d´habitude, pour qu´on puisse com­mo­dé­ment les dis­tri­buer après les avoir trem­pées en par­tie dans le Sang du Christ.

286. Si la com­mu­nion au Sang du Christ se fait en buvant direc­te­ment au calice, le com­mu­niant, après avoir reçu le Corps du Christ, se dirige vers le ministre char­gé du calice et se tient devant lui. Le ministre dit : Sanguis Christi (Le Sang du Christ), le com­mu­niant répond : Amen. Le ministre lui tend le calice, que le com­mu­niant prend lui-​même de ses mains pour l’approcher de sa bouche. Le com­mu­niant boit un peu au calice, le rend au ministre et se retire ; le ministre essuie le bord du calice avec le purificatoire.

287. Si la com­mu­nion au calice se fait par intinc­tion, le com­mu­niant, tenant le pla­teau de com­mu­nion au des­sous de sa bouche, s´approche du prêtre qui tient le vase conte­nant les saintes espèces, alors qu’à son côté se tient le ministre qui porte le calice. Le prêtre prend une hos­tie, la trempe en par­tie dans le calice, et, en la lui mon­trant, dit : Corpus et Sanguis Christi (Le Corps et le Sang du Christ). Le com­mu­niant répond Amen, reçoit du prêtre le Sacrement dans la bouche, puis il se retire.

CHAPITRE V – DISPOSITION ET ORNEMENTATION DES ÉGLISES POUR LA CÉLÉBRATION DE L´EUCHARISTIE

I – PRINCIPES GÉNÉRAUX

288. Pour la célé­bra­tion de l´Eucharistie, le peuple de Dieu se ras­semble géné­ra­le­ment dans une église ou bien, si elle fait défaut ou en cas d’insuffisances, dans un autre lieu hono­rable qui soit cepen­dant digne d´un si grand mys­tère. Ces églises ou ces autres lieux se prê­te­ront à accom­plir l´action sacrée et à obte­nir la par­ti­ci­pa­tion active des fidèles. En outre, les édi­fices sacrés et les objets des­ti­nés au culte divin seront dignes et beaux, et capables de signi­fier et de sym­bo­li­ser les réa­li­tés sur­na­tu­relles[108] .

289. Aussi l´Église ne cesse-​t-​elle de faire appel à la contri­bu­tion d’un art de qua­li­té, et elle prend en consi­dé­ra­tion les valeurs artis­tiques de tous les peuples et de toutes les régions[109] . Bien plus, de même qu´elle s´applique à conser­ver les œuvres d´art et les tré­sors légués par les siècles pas­sés[110] et, autant qu´il est néces­saire, à les adap­ter aux besoins nou­veaux, elle s´efforce de pro­mou­voir des créa­tions qui s’accordent à l’esprit de chaque époque[111] . C´est pour­quoi, dans les pro­grammes pro­po­sés aux artistes et dans le choix des œuvres à admettre dans les églises, on recher­che­ra des réa­li­sa­tions d’une véri­table qua­li­té artis­tique, pour que ces œuvres nour­rissent la foi et la pié­té et répondent au sens et à la fina­li­té qu’on attend d’elles [112].

290. Toutes les églises seront dédi­ca­cées ou au moins bénites. Mais les églises cathé­drales et parois­siales seront dédi­ca­cées selon le rite solennel.

291. Pour la construc­tion, la res­tau­ra­tion et l´aménagement des édi­fices sacrés, les res­pon­sables consul­te­ront la com­mis­sion dio­cé­saine de litur­gie et d´art sacré. L´évêque dio­cé­sain recour­ra au conseil et à l´aide de cette com­mis­sion quand il s´agira de four­nir des règles en ce domaine, d´approuver les pro­jets de nou­veaux édi­fices et de tran­cher les ques­tions de quelque impor­tance[113] .

292. L´ornementation de l´église doit viser à une noble sim­pli­ci­té plu­tôt qu´à un luxe pom­peux. Pour choi­sir les élé­ments d’ornementation, on aura sou­ci de la véri­té des choses et on cher­che­ra à assu­rer l´éducation des fidèles et la digni­té de l’ensemble du lieu sacré.

293. Pour répondre d’une manière oppor­tune aux besoins de notre époque, l´organisation de l´église et de ses dépen­dances requiert qu´on ne se pré­oc­cupe pas seule­ment de ce qui concerne direc­te­ment la célé­bra­tion des actions sacrées, mais qu’on pré­voie aus­si ce qui contri­bue à un confort rai­son­nable des fidèles, comme on a cou­tume de le pré­voir dans les lieux où se tiennent habi­tuel­le­ment des réunions.

294. Le peuple de Dieu, qui se ras­semble pour la messe, forme une assem­blée orga­ni­sée et hié­rar­chique, qui s´exprime par la diver­si­té des minis­tères et des actions selon chaque par­tie de la célé­bra­tion. Il faut que le plan d´ensemble de l´édifice sacré soit conçu de manière à offrir en quelque sorte l´image de l’as­sem­blée qui s´y réunit, à per­mettre la répar­ti­tion har­mo­nieuse de tous et à favo­ri­ser le juste accom­plis­se­ment de chaque fonc­tion. Les fidèles et la cho­rale auront une place qui faci­lite leur par­ti­ci­pa­tion active [114]. Le prêtre célé­brant, le diacre et les autres ministres pren­dront place dans le sanc­tuaire. On y pré­pa­re­ra aus­si les sièges des concé­lé­brants, à moins qu’à cause de leur grand nombre on ne dis­pose leurs sièges dans une autre par­tie de l’église, mais tou­jours auprès de l’autel. Ces dis­po­si­tions, tout en expri­mant l´ordre hié­rar­chique et la diver­si­té des fonc­tions, devront aus­si assu­rer l’unité pro­fonde et orga­nique de l´édifice, qui met­tra en lumière l´unité de tout le peuple saint. La nature et la beau­té du lieu et de tout le mobi­lier favo­ri­se­ront la pié­té et mani­fes­te­ront la sain­te­té des mys­tères qu’on y célèbre.

II – DISPOSITION DU SANCTUAIRE POUR LA CÉLÉBRATION COMMUNAUTAIRE

295. Le sanc­tuaire est le lieu où se dresse l’autel, où est pro­cla­mée la parole de Dieu, où le prêtre, le diacre et les autres ministres exercent leurs fonc­tions. Il convient qu’il se dis­tingue du reste de l´église soit par une cer­taine élé­va­tion, soit par une struc­ture et une orne­men­ta­tion par­ti­cu­lières. Il doit être assez vaste pour que la célé­bra­tion de l’Eucharistie puisse être accom­plie et vue faci­le­ment [115].

L’autel et son ornementation

296. L´autel, où le sacri­fice de la croix est ren­du pré­sent sous les signes sacra­men­tels, est aus­si la table du Seigneur à laquelle, dans la messe, le peuple de Dieu est invi­té à par­ti­ci­per ; il est aus­si le centre de l’ac­tion de grâce qui s´accomplit plei­ne­ment par l´Eucharistie.

297. Dans un lieu des­ti­né au culte, la célé­bra­tion de l´Eucharistie doit s´accomplir sur un autel ; en dehors d´un lieu sacré, elle peut s´accomplir même sur une table conve­nable, où l´on met­tra tou­jours la nappe et le cor­po­ral, la croix et les chandeliers.

298. Il convient que dans toutes les églises il y ait un autel fixe, qui signi­fie, de manière claire per­ma­nente le Christ Jésus, Pierre vivante (1P 2,4 ; cf. Ep 2,20) ; mais dans les autres lieux des­ti­nés aux célé­bra­tions sacrées, l’autel peut être mobile. L´autel est appe­lé fixe s´il est construit de telle sorte qu’il adhère au pave­ment et qu’il ne puisse donc pas être dépla­cé ; on l´appelle mobile s´il peut être déplacé.

299. Il convient, par­tout où c’est pos­sible, que l’autel soit éri­gé à une dis­tance du mur qui per­mette d´en faire aisé­ment le tour et d´y célé­brer face au peuple. On lui don­ne­ra l´emplacement qui en fera le centre où converge spon­ta­né­ment l´attention de toute l´assemblée des fidèles [116]. Normalement, il sera fixe et dédicacé.

300. L’autel, qu’il soit fixe ou mobile, sera dédi­ca­cé selon le rite du Pontifical romain ; cepen­dant l’autel mobile pour­ra être sim­ple­ment béni.

301. Selon une cou­tume et un sym­bo­lisme tra­di­tion­nels dans l´Église, la table d´un autel fixe sera en pierre et même en pierre natu­relle. Cependant on pour­ra aus­si employer, au juge­ment de la Conférence des évêques, un autre maté­riau digne, solide et bien tra­vaillé. Les colonnes ou la base sou­te­nant la table peuvent être en n´importe quel autre maté­riau, pour­vu qu´il soit digne et solide. L´autel mobile peut être construit en n´importe quelles matières nobles et solides, et qui, selon les tra­di­tions et les cou­tumes des diverses régions, conviennent à l´usage liturgique.

302. Il est oppor­tun de gar­der l´usage de dépo­ser sous l´autel à dédi­ca­cer des reliques de saints, même non mar­tyrs. On veille­ra cepen­dant à véri­fier l´authenticité de ces reliques.

303. Dans la construc­tion des églises nou­velles, il faut n’élever qu’un seul autel, qui soit le signe, au milieu de l’assemblée des fidèles, de l’unique Christ et de l’unique Eucharistie de l’Eglise. Dans les églises déjà construites, lorsque la situa­tion de l’ancien autel rend dif­fi­cile la par­ti­ci­pa­tion du peuple et qu’on ne peut le dépla­cer sans por­ter atteinte à sa valeur artis­tique, on édi­fie­ra un autre autel fixe, bâti avec art et qui sera dédi­ca­cé ; et c’est seule­ment sur cet autel que s’accompliront les célé­bra­tions litur­giques. Pour évi­ter que l’attention des fidèles ne soit dis­traite du nou­vel autel, on ne don­ne­ra pas à l’ancien d’ornementation particulière.

304. Par res­pect pour la célé­bra­tion du mémo­rial du Seigneur et pour le ban­quet où nous sont don­nés le Corps et le Sang du Seigneur, on met­tra sur l´autel où l’on célèbre au moins une nappe blanche qui par sa forme, ses dimen­sions et sa déco­ra­tion convienne à la struc­ture de cet autel.

305. Pour déco­rer l’autel, on fera preuve de sobrié­té. Pendant l’Avent, l’autel sera déco­ré de fleurs avec la sobrié­té qui convient au carac­tère de ce temps et sans anti­ci­per la joie com­plète de la Nativité du Seigneur. Pendant le Carême, les fleurs à l’autel sont inter­dites, à l’exception du qua­trième dimanche (Laetare), des solen­ni­tés et des fêtes. La déco­ra­tion flo­rale doit tou­jours être dis­crète, et dis­po­sée autour de l’autel plu­tôt que sur la table.

306. On ne met­tra sur la table de l’autel que ce qui est requis pour la célé­bra­tion de la messe, c’est-à-dire l’Evangéliaire, depuis le début de la célé­bra­tion jusqu’à la pro­cla­ma­tion de l’Evangile ; et depuis la pré­sen­ta­tion des dons jusqu’à la puri­fi­ca­tion des vases, le calice avec la patène, le ciboire si c’est néces­saire, enfin le cor­po­ral, le puri­fi­ca­toire, la pale et le mis­sel. On dis­po­se­ra en outre de manière dis­crète ce qui pour­rait être néces­saire pour ampli­fier la voix du prêtre.

307. Les chan­de­liers, qui sont requis pour cha­cune des actions litur­giques (cf. n. 117) afin d´exprimer notre véné­ra­tion et le carac­tère fes­tif de la célé­bra­tion, seront pla­cés, compte tenu de la struc­ture de l´autel et du sanc­tuaire, ou bien sur l´autel, ou bien autour de lui, de manière à réa­li­ser un ensemble har­mo­nieux, et sans que les fidèles soient gênés pour bien voir ce qui se fait à l´autel ou ce que l´on y dépose.

308. De même, sur l´autel ou à proxi­mi­té, il y aura une croix, bien visible pour l´assemblée, et por­tant l’effigie du Christ cru­ci­fié. Il convient que cette croix demeure près de l’autel même en dehors des célé­bra­tions litur­giques, pour rap­pe­ler aux fidèles la pas­sion rédemp­trice du Seigneur.

L’ambon

309. La digni­té de la parole de Dieu requiert qu’il y ait dans l´église un lieu adap­té à sa pro­cla­ma­tion et vers lequel, pen­dant la litur­gie de la Parole, se tourne spon­ta­né­ment l´attention des fidèles[117]. Il convient en règle géné­rale que ce lieu soit un ambon fixe et non un simple pupitre mobile. On amé­na­ge­ra l´ambon, en fonc­tion des don­nées archi­tec­tu­rales de chaque église, de telle sorte que les fidèles voient et entendent bien les ministres ordon­nés et les lec­teurs. C’est uni­que­ment de l’ambon que sont pro­cla­més les lec­tures, le psaume res­pon­so­rial et l’annonce de la Pâque ; on peut aus­si y pro­non­cer l´homélie et les inten­tions de la prière uni­ver­selle. La digni­té de l’ambon exige que seul le ministre de la Parole y monte. Il convient qu’un nou­vel ambon soit béni avant d’être mis en ser­vice pour la litur­gie, selon le rite pré­vu dans le Rituel romain[118] .

Le siège pour le prêtre célé­brant et les autres sièges

310. Le siège du prêtre célé­brant doit être le signe de la fonc­tion de celui qui pré­side l´assemblée et dirige sa prière. Par consé­quent, il sera bien pla­cé s´il est tour­né vers le peuple, et situé dans l’axe du sanc­tuaire, à moins que la struc­ture de l´édifice ou d´autres cir­cons­tances ne s´y opposent, par exemple si la trop grande dis­tance rend dif­fi­cile la com­mu­ni­ca­tion entre le prêtre et l´assemblée des fidèles, ou si le taber­nacle se trouve der­rière l’autel, au milieu. On évi­te­ra toute appa­rence de trône[119] . Il convient que le siège soit béni avant d’être mis en ser­vice pour la litur­gie, selon le rite pré­vu dans le Rituel romain[120] . On dis­po­se­ra aus­si dans le sanc­tuaire des sièges pour les prêtres concé­lé­brants, ain­si que pour les prêtres revê­tus de l’habit de chœur qui par­ti­cipent à la célé­bra­tion sans concé­lé­brer. On pla­ce­ra le siège du diacre près de celui du prêtre célé­brant. Quant aux autres ministres, on dis­po­se­ra leurs sièges de manière à les dis­tin­guer clai­re­ment des sièges du cler­gé, et pour qu’ils puissent accom­plir faci­le­ment leurs fonc­tions[121] .

III – AMENAGEMENT DE L’EGLISE

La place des fidèles

311. On amé­na­ge­ra la place des­ti­née aux fidèles avec tout le soin dési­rable, pour qu´ils puissent par­ti­ci­per comme il se doit, par le regard et par l´esprit, aux célé­bra­tions litur­giques. Il convient ordi­nai­re­ment de mettre à leur dis­po­si­tion des bancs ou des chaises. On doit réprou­ver l´usage de réser­ver des sièges à cer­taines per­sonnes pri­vées[122] . La dis­po­si­tion des bancs ou des chaises, notam­ment dans les églises nou­vel­le­ment construites, per­met­tra aux fidèles d´adopter faci­le­ment les atti­tudes requises par les dif­fé­rents moments de la célé­bra­tion, et de se dépla­cer sans encombre pour aller rece­voir la sainte com­mu­nion. On veille­ra à ce que les fidèles puissent non seule­ment voir le prêtre, le diacre et les lec­teurs, mais encore, grâce aux moyens tech­niques modernes, les entendre aisément.

La place de la cho­rale et des ins­tru­ments de musique

312. Selon la dis­po­si­tion de chaque église, on pla­ce­ra la cho­rale de telle sorte qu´apparaisse clai­re­ment sa nature : elle fait par­tie de l´assemblée des fidèles réunie dans l´église, et elle a une fonc­tion par­ti­cu­lière qu’elle rem­pli­ra ain­si plus aisé­ment ; on fera en sorte qu’à la messe cha­cun de ses membres puisse plei­ne­ment par­ti­ci­per au sacre­ment[123] .

313. L´orgue et les autres ins­tru­ments de musique légi­ti­me­ment approu­vés seront ins­tal­lés dans un endroit appro­prié pour qu´ils puissent sou­te­nir le chant aus­si bien du peuple que de la cho­rale et, s´ils jouent seuls, qu´ils puissent être bien enten­dus par tous. Il convient que l’orgue soit béni avant d’être mis en ser­vice pour la litur­gie, selon le rite pré­vu dans le Rituel romain[124] . Pendant l’Avent, on se ser­vi­ra de l’orgue et des autres ins­tru­ments de musique avec la dis­cré­tion qui convient au carac­tère de ce temps, et sans anti­ci­per sur la joie com­plète de la Nativité du Seigneur. Pendant le Carême, l’orgue et les autres ins­tru­ments ne sont auto­ri­sés que pour sou­te­nir le chant, à l’exception du qua­trième dimanche (Laetare), des solen­ni­tés et des fêtes.

Le lieu de la réserve eucharistique

314. En fonc­tion des don­nées archi­tec­tu­rales de l´église et confor­mé­ment aux cou­tumes locales légi­times, la Sainte Eucharistie sera conser­vée dans un taber­nacle pla­cé dans un lieu très noble, insigne, bien visible, bien déco­ré et per­met­tant la prière [125] . Le taber­nacle sera nor­ma­le­ment unique, fixe, fait d’un maté­riau solide et à l’abri des effrac­tions, non trans­pa­rent et si bien fer­mé que soit évi­té au maxi­mum tout dan­ger de pro­fa­na­tion>[126] . Il convient de plus que le taber­nacle soit béni avant d’être mis en ser­vice pour la litur­gie, selon le rite pré­vu dans le Rituel romain[127] .

315. Il est plus conforme à la véri­té du signe que le taber­nacle, où la très sainte Eucharistie est conser­vée, ne soit pas sur l’autel où la messe est célé­brée[128].

Il faut donc que le taber­nacle soit pla­cé, au juge­ment de l’évêque diocésain :

a) soit dans le sanc­tuaire, en dehors de l’autel de la célé­bra­tion, sous la forme et dans un endroit qui conviennent mieux, sans exclure l’ancien autel qui ne ser­vi­rait plus à la célé­bra­tion (cf. n. 303) ;
b) soit encore dans un ora­toire adap­té à l’adoration et à la prière per­son­nelle des fidèles[129] , qui dépende archi­tec­tu­ra­le­ment de l’église et bien visible des fidèles.

316. Selon la cou­tume tra­di­tion­nelle, une lampe spé­ciale, ali­men­té avec de l’huile ou de la cire, brille­ra en per­ma­nence près du taber­nacle, pour signa­ler et hono­rer la pré­sence du Christ>[130] .

317. De plus, on n’oubliera aucu­ne­ment tout ce qui est pres­crit, selon les normes du droit, sur la réserve eucha­ris­tique[131] .

Les images saintes

318. Dans la litur­gie ter­restre, l’Eglise a un avant-​goût de la litur­gie céleste qui se célèbre dans la Cité sainte de Jérusalem vers laquelle tend son pèle­ri­nage, là où le Christ siège à la droite de Dieu, et en véné­rant la mémoire des saints, elle espère par­ta­ger un jour leur com­pa­gnie[132] . C’est pour­quoi, selon une très ancienne tra­di­tion de l´Église, les images du Seigneur, de la bien­heu­reuse Vierge Marie et des saints, sont pro­po­sées à la véné­ra­tion des fidèles dans les édi­fices reli­gieux[133] ; elles y sont dis­po­sées de manière à conduire les fidèles vers les mys­tères de la foi qui y sont célé­brés. Aussi, veillera-​t-​on à ne pas les mul­ti­plier sans dis­cer­ne­ment et à les dis­po­ser de manière à ne pas détour­ner l´attention des fidèles de la célé­bra­tion elle-​même[134] . On n´aura nor­ma­le­ment pas plus d´une seule image du même saint. D´une façon géné­rale, dans l´ornementation et l´aménagement de l´église en ce qui concerne les images, on aura en vue la pié­té de toute la com­mu­nau­té ain­si que la beau­té et la digni­té des images.

CHAPITRE VI – CE QUI EST REQUIS POUR LA CELEBRATION DE LA MESSE

I – LE PAIN ET LE VIN DESTINES A LA CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE

319. Fidèle à l´exemple du Christ, l´Église a tou­jours employé le pain et le vin avec de l´eau pour célé­brer le ban­quet du Seigneur.
320. Le pain des­ti­né à la célé­bra­tion eucha­ris­tique doit être du pain de pur fro­ment, de confec­tion récente, et, selon la tra­di­tion ancienne de l´Église latine, du pain azyme.

321. La véri­té du signe demande que la matière de la célé­bra­tion eucha­ris­tique appa­raisse vrai­ment comme une nour­ri­ture. Il convient donc que le pain eucha­ris­tique, tout en étant azyme et confec­tion­né selon la forme tra­di­tion­nelle, soit tel que le prêtre, à la messe célé­brée avec peuple, puisse vrai­ment rompre l´hostie en plu­sieurs mor­ceaux, et les dis­tri­buer au moins à quelques fidèles. Cependant, on n´exclut aucu­ne­ment les petites hos­ties quand le nombre des com­mu­niants et d´autres motifs pas­to­raux en exigent l’emploi. Mais le geste de la frac­tion du pain, qui dési­gnait à lui seul l´Eucharistie à l´âge apos­to­lique, mani­fes­te­ra plus clai­re­ment la valeur et l´importance du signe de l´unité de tous en un seul pain, et du signe de la cha­ri­té, du fait qu´un seul pain est par­ta­gé entre frères.

322. Le vin de la célé­bra­tion eucha­ris­tique doit pro­ve­nir du fruit de la vigne (cf. Lc 22, 18), être natu­rel et pur, c´est-à-dire sans mélange de sub­stances étrangères.

323. On pren­dra soin de conser­ver en par­fait état le pain et le vin des­ti­nés à l´Eucharistie ; on veille­ra donc à ce que le vin n´aigrisse pas, à ce que le pain ne se gâte, ni ne dur­cisse trop, ce qui ren­drait dif­fi­cile le geste de la fraction.

324. Il peut arri­ver que le prêtre, après la consé­cra­tion ou quand il com­mu­nie, s´aperçoive qu´il n´avait pas ver­sé du vin mais de l´eau dans le calice ; qu´il vide alors cette eau dans un réci­pient et qu´il verse du vin avec de l´eau dans le calice ; il le consa­cre­ra en disant la par­tie du récit de l´institution qui se rap­porte au calice, sans avoir à consa­crer le pain à nouveau.

II – LE MOBILIER LITURGIQUE EN GENERAL

325. Pour la construc­tion des églises, comme pour tout ce qui se rap­porte au mobi­lier litur­gique, l’Eglise accepte l’art de chaque région, et accueille les adap­ta­tions au génie et aux tra­di­tions des dif­fé­rents peuples, pour­vu qu´effectivement tout cor­res­ponde bien à l´usage auquel est des­ti­né le mobi­lier litur­gique[135] .
Dans ce domaine aus­si, on recher­che­ra cette noble sim­pli­ci­té qui s´allie par­fai­te­ment à l´art véritable.

326. Dans le choix des maté­riaux des­ti­nés au mobi­lier litur­gique, en plus de ceux que l´usage a ren­dus tra­di­tion­nels, on peut admettre aus­si ceux que, selon l’esprit de notre temps, on estime nobles (cf. N° 390), qui sont durables et bien adap­tés à l’usage litur­gique. Pour chaque région, c´est la Conférence des évêques qui sera juge en la matière.

III – LES VASES SACRES

327. Parmi les objets requis pour célé­brer la messe, on honore tout spé­cia­le­ment les vases sacrés et, par­mi eux, le calice et la patène dans les­quels le vin et le pain sont offerts, consa­crés et consommés.

328. Les vases sacrés seront en métal noble. S’ils sont faits d´un métal sus­cep­tible de rouiller ou qui soit moins noble que l´or, ils seront nor­ma­le­ment dorés à l´intérieur.

329. Au juge­ment de la Conférence des évêques, après confir­ma­tion des actes par le Siège Apostolique, les vases sacrés peuvent être faits aus­si en d’autres matières solides que, dans cette région, tout le monde juge nobles, comme l´ébène ou d’autres bois durs, pour­vu que ces matières conviennent à l’usage sacré. Dans ce cas, on don­ne­ra tou­jours la pré­fé­rence aux matières qui ne se brisent ni ne s´altèrent faci­le­ment. Cela vaut aus­si pour tous les vases sacrés des­ti­nés à rece­voir les hos­ties, comme la patène, le ciboire, la cus­tode, l´ostensoir, et autres du même genre.

330. Les calices et les autres vases des­ti­nés à rece­voir le Sang du Seigneur auront leur coupe en une matière non poreuse. Quant au pied, il pour­ra être fait d´autres matières, solides et dignes.

331. Pour la consé­cra­tion des hos­ties, on peut employer fort à pro­pos une patène assez grande, dans laquelle on met­tra non seule­ment le pain pour le prêtre et le diacre mais aus­si celui pour les autres ministres et les fidèles.

332. Quant à la forme des vases sacrés, l´artiste peut choi­sir celle qui cor­res­pond aux habi­tudes de chaque région, pour­vu que cha­cun de ces vases soit adap­té à l’usage litur­gique, auquel il est des­ti­né, et qu’on le dis­tingue clai­re­ment des vases à usage quotidien.

333. Pour la béné­dic­tion des vases sacrés, on obser­ve­ra les rites pres­crits par les livres litur­giques[136] .

334. On main­tien­dra la cou­tume d’installer dans la sacris­tie une pis­cine pour y ver­ser l’eau d’ablution des vases et des linges sacrés (cf. n. 280).

IV – LES VÊTEMENTS LITURGIQUES

335. Dans l´Église, qui est le Corps du Christ, tous les membres n´exercent pas la même fonc­tion. Cette diver­si­té des minis­tères dans la célé­bra­tion de l’Eucharistie se mani­feste exté­rieu­re­ment par la diver­si­té des vête­ments litur­giques, qui doivent donc être le signe de la fonc­tion propre à chaque ministre. Il faut cepen­dant que ces vête­ments contri­buent aus­si à la beau­té de l´action litur­gique. Il convient que les vête­ments litur­giques des prêtres et des diacres, ain­si que des ministres laïcs, soient bénis avant de ser­vir pour la litur­gie, selon le rite pré­vu dans le Rituel romain[137] .

336. Le vête­ment litur­gique com­mun aux ministres ordon­nés et ins­ti­tués, de tout degré, est l´aube, ser­rée autour des reins par le cor­don, à moins qu´elle ne soit confec­tion­née de telle manière qu’elle puisse s’ajuster même sans cor­don. On met­tra un amict avant de revê­tir l´aube si celle-​ci ne recouvre pas par­fai­te­ment l’habit com­mun autour du cou. On ne peut pas rem­pla­cer l´aube par le sur­plis, même sur la sou­tane, lorsque l´on doit revê­tir la cha­suble ou la dal­ma­tique, ou, selon les pres­crip­tions, l´étole seule sans la cha­suble ou la dalmatique.

337. Le vête­ment propre au prêtre célé­brant, pour la messe et les autres actions sacrées en lien direct avec la messe, est la cha­suble, à moins que ne soit pré­vu un autre vête­ment à por­ter par-​dessus l´aube et l´étole.

338. Le vête­ment propre au diacre est la dal­ma­tique qu´il doit revê­tir par-​dessus l´aube et l´étole ; en cas de néces­si­té pour­tant ou pour un moindre degré de solen­ni­té, il peut ne pas la mettre.

339. Les aco­lytes, les lec­teurs et les autres ministres laïcs peuvent por­ter l´aube ou un autre vête­ment approu­vé dans leur région par la Conférence des évêques (cf. n. 390).

340. Le prêtre porte l´étole autour du cou et la laisse pendre devant la poi­trine ; le diacre la porte en sau­toir, en tra­vers de la poi­trine, de l´épaule gauche au côté droit du corps, où elle se ferme.

341. Le plu­vial, ou chape, est uti­li­sé par le prêtre lors des pro­ces­sions et autres actions litur­giques, selon les rubriques propres à chaque rite.

342. En ce qui concerne la forme des vête­ments litur­giques, les Conférences des évêques peuvent défi­nir et pro­po­ser au Siège Apostolique les adap­ta­tions cor­res­pon­dant aux besoins et aux habi­tudes de chaque pays[138].

343. Pour la confec­tion des vête­ments litur­giques, outre les matières tra­di­tion­nelles, on peut employer les fibres natu­relles propres à chaque pays, ain­si que cer­taines fibres arti­fi­cielles pour­vu qu´elles conviennent à la digni­té de l´action sacrée et de celui qui l´accomplit. En ce domaine, la Conférence des évêques sera juge[139] .

344. La beau­té et la noblesse du vête­ment ne doit pas tenir à l´abondance des orne­ments sur­ajou­tés, mais à la matière employée et à la forme du vête­ment. Celui-​ci pour­ra pré­sen­ter des motifs, des images ou des sym­boles qui indiquent un usage sacré, et l’on écar­te­ra ceux qui jure­raient avec lui.

345. La varié­té des cou­leurs pour les vête­ments litur­giques vise à expri­mer effi­ca­ce­ment et visi­ble­ment ce qui carac­té­rise les mys­tères de foi que l´on célèbre et par suite le sens de la vie chré­tienne qui pro­gresse à tra­vers le dérou­le­ment de l´année liturgique.

346. L’emploi de diverses cou­leurs des vête­ments litur­giques, on obser­ve­ra l´usage reçu, c´est-à-dire :

a) On emploie le blanc aux offices et aux messes du Temps pas­cal et du Temps de Noël ; en outre, aux célé­bra­tions du Seigneur qui ne sont pas celles de sa Passion ; à celles de la bien­heu­reuse Vierge Marie, des Anges, des saints qui ne sont pas mar­tyrs, aux solen­ni­tés de Tous les saints (1er novembre), et de saint Jean Baptiste (24 juin), aux fêtes de saint Jean l´Évangéliste (27 décembre), de la Chaire de saint Pierre (22 février) et de la Conversion de saint Paul (25 jan­vier).
bv) On emploie le rouge le dimanche de la Passion et le Vendredi saint, le dimanche de la Pentecôte, aux célé­bra­tions de la Passion du Seigneur, aux fêtes de la nais­sance au ciel des Apôtres et des Évangélistes, et aux célé­bra­tions de mar­tyrs.
c) On emploie le vert aux offices et aux messes du Temps ordi­naire (« per annum »).
d) On emploie le vio­let aux temps de l´Avent et du Carême. On peut aus­si le prendre pour les offices et les messes des défunts.
e) On peut employer le noir aux messes des défunts, là où c’est la cou­tume.
f) On peut employer le rose, là où c’est l’usage, au troi­sième dimanche de l’Avent (Gaudete) et au qua­trième dimanche de Carême(Laetare).
g) Aux jours les plus solen­nels, on peut employer des vête­ments litur­giques fes­tifs et par­ti­cu­liè­re­ment beaux, même s’ils ne sont pas de la cou­leur du jour.

Cependant les Conférences des évêques peuvent, en ce qui concerne les cou­leurs litur­giques, déter­mi­ner et pro­po­ser au Siège Apostolique des adap­ta­tions qui cor­res­pondent aux besoins et à la men­ta­li­té des peuples.

347. On célèbre les messes rituelles avec leur cou­leur propre ou bien en blanc ou en cou­leur de fête. On célèbre les messes pour inten­tions et cir­cons­tances diverses avec la cou­leur propre du jour ou du temps, ou bien en vio­let si elles ont un carac­tère péni­ten­tiel (par ex. nn. 31, 33, 38). On dit les messes votives avec la cou­leur qui convient à la messe célé­brée ou bien avec la cou­leur propre du jour ou du temps.

V – LES AUTRES OBJETS EMPLOYES A L’EGLISE

348. Outre les vases sacrés ou les vête­ments litur­giques, pour les­quels une matière déter­mi­née est fixée, tout le reste du mobi­lier des­ti­né à un usage litur­gique pro­pre­ment dit[140] , ou qui est admis dans l´église à un autre titre, doit être digne et répondre à sa destination.

349. Il faut veiller tout par­ti­cu­liè­re­ment à ce que les livres litur­giques, sur­tout l’Evangéliaire et le lec­tion­naire, des­ti­nés à la pro­cla­ma­tion de la parole de Dieu et jouis­sant par consé­quent d’une véné­ra­tion par­ti­cu­lière, soient vrai­ment dans l’action litur­gique signes et sym­boles des réa­li­tés célestes, et donc vrai­ment dignes, nobles et beaux.

350. On appor­te­ra en outre tout le soin requis à ce qui touche direc­te­ment l’autel et la célé­bra­tion eucha­ris­tique, par exemple la croix de l’autel et la croix de procession.

351. On s´efforcera de res­pec­ter sérieu­se­ment les exi­gences de l´art même pour les objets de moindre impor­tance, dans les­quels une noble sim­pli­ci­té s´associera tou­jours à la propreté.

CHAPITRE VII – CHOIX DE LA MESSE ET DE SES DIFFÉRENTES PARTIES

352. L´efficacité pas­to­rale de la célé­bra­tion sera cer­tai­ne­ment accrue si les textes des lec­tures, des prières et des chants cor­res­pondent bien, dans la mesure du pos­sible, et à l´état de pré­pa­ra­tion spi­ri­tuelle et à la men­ta­li­té des par­ti­ci­pants. C´est ce qu´on obtien­dra au mieux si l´on pro­fite des mul­tiples pos­si­bi­li­tés de choix qui vont être énu­mé­rées ci-​dessous. Par consé­quent, le prêtre, en orga­ni­sant la messe, consi­dé­re­ra davan­tage le bien spi­ri­tuel du peuple de Dieu que ses incli­na­tions per­son­nelles. Il se rap­pel­le­ra en outre que ce choix des dif­fé­rentes par­ties devra se faire en accord avec tous ceux qui jouent un rôle dans la célé­bra­tion, sans exclure aucu­ne­ment les fidèles pour ce qui les concerne plus direc­te­ment. Puisque des facul­tés mul­tiples sont offertes pour le choix des dif­fé­rentes par­ties de la messe, il est néces­saire qu´avant la célé­bra­tion, le diacre, les lec­teurs, le psal­miste, le chantre, le com­men­ta­teur, la cho­rale, cha­cun pour sa par­tie, sache bien quel texte, en ce qui le concerne, va être employé, et que rien ne soit lais­sé à l´improvisation du moment. En effet, une orga­ni­sa­tion et une exé­cu­tion har­mo­nieuse des rites faci­litent beau­coup la par­ti­ci­pa­tion des fidèles à l´Eucharistie.

I – CHOIX DE LA MESSE

353. Aux solen­ni­tés, le prêtre est tenu de suivre le calen­drier de l´église où il célèbre.

354. Les dimanches, aux féries de l´Avent, du temps de Noël, du Carême et du Temps pas­cal, aux fêtes et aux mémoires obligatoires :

a) si la messe est célé­brée avec peuple, le prêtre sui­vra le calen­drier de l´église où il célèbre ;
b) si la messe est célé­brée avec la par­ti­ci­pa­tion d’un seul ministre, le prêtre peut choi­sir ou le calen­drier de l´église, ou son calen­drier propre.

355. Les mémoires facultatives :

a) Aux féries de l´Avent du 17 au 24 décembre, aux jours dans l´octave de Noël et aux féries du Carême, à l´exception des féries du Mercredi des Cendres et de la Semaine sainte, le prêtre dit la messe du jour occur­rent ; cepen­dant, s´il y a ce jour-​là une mémoire ins­crite au calen­drier géné­ral, il peut en prendre la prière d’ouverture (col­lecte), pour­vu que ce ne soit pas le Mercredi des Cendres ou un jour de la Semaine sainte. Aux féries du Temps pas­cal, on peut à bon droit célé­brer inté­gra­le­ment la mémoire des saints.
b) Aux féries de l´Avent avant le 17 décembre, aux féries du temps de Noël à par­tir du 2 jan­vier, et à celles du Temps pas­cal, le prêtre peut choi­sir soit la messe de la férie, soit la messe du saint ou de l´un des saints dont on fait mémoire, soit la messe d´un saint ins­crit ce jour-​là au mar­ty­ro­loge.
c) Aux féries du Temps ordi­naire (« per annum »), le prêtre peut choi­sir soit la messe de la férie, soit la messe d´une mémoire facul­ta­tive qui tom­be­rait ce jour-​là, soit la messe d´un saint figu­rant au mar­ty­ro­loge ce même jour, soit une messe pour diverses cir­cons­tances ou une messe votive.

S´il célèbre avec peuple, le prêtre veille­ra à ne pas omettre trop sou­vent et sans motif suf­fi­sant les lec­tures assi­gnées pour chaque jour au lec­tion­naire férial : car l´Église désire que la table de la parole de Dieu soit offerte aux fidèles dans sa plus grande richesse[141] . Pour la même rai­son, il ne pren­dra pas trop sou­vent les messes des défunts : car toutes les messes sont offertes aus­si bien pour les vivants que pour les morts, et chaque Prière eucha­ris­tique com­porte la mémoire des défunts. Là où les fidèles sont atta­chés aux mémoires facul­ta­tives de la bien­heu­reuse Vierge Marie ou des saints, il satis­fe­ra leur légi­time pié­té. Puisqu´il est per­mis de choi­sir entre une mémoire mar­quée au calen­drier géné­ral et une mémoire insé­rée dans le calen­drier dio­cé­sain ou reli­gieux, on pré­fé­re­ra, toutes choses égales d´ailleurs et confor­mé­ment à la tra­di­tion, la mémoire particulière.

II –CHOIX DES PARTIES DE LA MESSE

356. Pour choi­sir les textes des dif­fé­rentes par­ties de la messe, aus­si bien du temps que des saints, on obser­ve­ra les normes suivantes.

Les lec­tures

357. Trois lec­tures sont assi­gnées aux dimanches et solen­ni­tés : le Prophète, l´Apôtre et l´Évangile, qui font com­prendre au peuple chré­tien la conti­nui­té de l’œuvre du salut, selon l´admirable plan de Dieu. Ces lec­tures doivent être stric­te­ment uti­li­sées. Au Temps pas­cal, selon la tra­di­tion de l’Eglise, la pre­mière lec­ture est tirée des Actes des Apôtres et non de l’Ancien Testament. Deux lec­tures sont assi­gnées aux fêtes. Mais si la fête est éle­vée, selon les normes, au degré de solen­ni­té, on en ajoute une troi­sième prise au com­mun. Aux mémoires des saints, à moins qu’ils aient des lec­tures propres, on lit habi­tuel­le­ment les lec­tures assi­gnées à la férie. Dans cer­tains cas, on pro­pose des lec­tures appro­priées, c’est-à-dire qui mettent en lumière un aspect par­ti­cu­lier de la vie spi­ri­tuelle ou de l’activité du saint. On n’imposera pas l’usage de ces lec­tures, sauf si une rai­son pas­to­rale y invi­tait vraiment.

358. Le lec­tion­naire férial pro­pose des lec­tures pour chaque jour de la semaine pen­dant toute l´année : ce sont donc ces lec­tures qu´on pren­dra le plus sou­vent, les jours aux­quels elles sont assi­gnées, à moins qu´il n´y ait ce jour-​là une solen­ni­té ou une fête, ou une mémoire avec des lec­tures propres du Nouveau Testament, c’est-à-dire où l’on trouve men­tion du saint célé­bré. Mais si la lec­ture conti­nue de la semaine est inter­rom­pue à cause d´une solen­ni­té, d’une fête ou de quelque célé­bra­tion par­ti­cu­lière, il sera per­mis au prêtre, en consi­dé­rant l´organisation des lec­tures de toute la semaine, ou bien de réunir aux autres les pas­sages qu´il devra omettre, ou bien de déci­der quels textes doivent l´emporter sur d´autres. Dans les messes pour des groupes par­ti­cu­liers, il est per­mis au prêtre de lire des textes mieux adap­tés à la célé­bra­tion par­ti­cu­lière, pour­vu qu´on les choi­sisse dans un Lectionnaire approuvé.

359. On trouve en outre un choix par­ti­cu­lier de textes de la Sainte Écriture dans le lec­tion­naire pour les messes rituelles au cours des­quelles on célèbre des sacre­ments ou des sacra­men­taux, ou bien qui sont célé­brées pour cer­tains besoins. Ces lec­tion­naires ont été com­po­sés afin d´amener les fidèles, par une écoute plus adap­tée de la parole de Dieu, à com­prendre plus pro­fon­dé­ment le mys­tère auquel ils par­ti­cipent, et de les for­mer à un amour plus vif de la parole de Dieu. On doit par consé­quent choi­sir les textes qui sont pro­cla­més dans l´assemblée litur­gique en tenant compte d´une pas­to­rale adap­tée aus­si bien que des pos­si­bi­li­tés de choix lais­sées en ce domaine.

360. Le même texte est par­fois pro­po­sé dans une forme longue et une forme brève. Pour choi­sir entre les deux, on aura en vue le cri­tère pas­to­ral. Il fau­dra donc être atten­tif à la capa­ci­té des fidèles d’écouter avec fruit la lec­ture plus ou moins longue, à leur capa­ci­té d’écouter avec fruit le texte le plus com­plet, que l’homélie devra expli­quer[142] .

361. Quand la facul­té est don­née de choi­sir entre un texte et un autre déjà déter­mi­né, ou pro­po­sé au choix, on sera atten­tif au bien des par­ti­ci­pants, qu’il s’agisse de prendre un texte plus facile ou mieux adap­té à l’assemblée, ou bien de répé­ter ou de lais­ser un texte qui est assi­gné comme propre à une célé­bra­tion et pro­po­sé à une autre facul­ta­tive, chaque fois que l’utilité pas­to­rale y invite[143] . Cela peut arri­ver soit quand le même texte doit être lu de nou­veau à des jours proches, par exemple un dimanche et le jour sui­vant, ou bien quand on craint qu’un texte ne cause quelques dif­fi­cul­tés dans un groupe don­né de fidèles. On veille­ra cepen­dant, dans le choix des textes de la Sainte Ecriture, à ne pas en exclure conti­nuel­le­ment cer­tains passages.

362. Outre les facul­tés signa­lées ci-​dessus de choi­sir des textes plus adap­tés, les Conférences des évêques peuvent, dans des cir­cons­tances par­ti­cu­lières, indi­quer cer­taines adap­ta­tions en ce qui concerne les lec­tures, sous réserve pour­tant que les textes en soient choi­sis dans un lec­tion­naire dûment approuvé.

Les orai­sons

363. A chaque messe, sauf indi­ca­tion contraire, on dit les orai­sons propres à cette messe.
Aux mémoires des saints, on dit la prière d’ouverture (col­lecte) propre ou, à son défaut, une du com­mun appro­prié ; quant aux prières sur les offrandes et après la com­mu­nion, à moins qu´elles ne soient propres, on peut les prendre soit au com­mun, soit aux féries du temps en cours. Aux féries du Temps ordi­naire (« per annum »), outre les orai­sons du dimanche pré­cé­dent, on peut prendre soit les orai­sons d´un autre dimanche du Temps ordi­naire, soit une des orai­sons pour inten­tions et cir­cons­tances diverses ras­sem­blées dans le mis­sel. Mais il sera tou­jours per­mis de n´emprunter, pour ces messes, que la prière d´ouverture (col­lecte). On dis­pose ain­si d´une quan­ti­té accrue de textes, dont la prière des fidèles peut se nour­rir avec plus d’abondance. Cependant, aux temps forts de l´année, cette adap­ta­tion est déjà réa­li­sée par les orai­sons propres à ces temps qui se trouvent au mis­sel pour chaque jour.

La Prière eucharistique

364. La plu­part des pré­faces dont le Missel romain est doté, visent à faire mieux res­sor­tir les motifs de l´action de grâce dans la Prière eucha­ris­tique et à mettre davan­tage en lumière les dif­fé­rents aspects du mys­tère du salut.

365. Le choix entre les Prières eucha­ris­tiques qui se trouvent dans la litur­gie de la messe est réglé à titre indi­ca­tif par les normes que voici :

a) La Prière eucha­ris­tique I, ou Canon romain, qui peut tou­jours être employée, est plus indi­quée les jours aux­quels sont assi­gnés des Communicantes propres, ou bien aux messes dotées d´un Hanc igi­tur propre, ain­si qu´aux fêtes des Apôtres et des saints men­tion­nés dans le texte de cette Prière ; de même les dimanches, à moins que, pour des motifs pas­to­raux, on ne pré­fère la Prière eucha­ris­tique III.
b) La Prière eucha­ris­tique II, en rai­son de ses carac­té­ris­tiques, est plus indi­quée pour les jours de semaine, ou dans des cir­cons­tances par­ti­cu­lières. Bien qu´elle com­porte une pré­face propre, on peut l´employer aus­si avec d´autres pré­faces, sur­tout avec celles qui rap­pellent en abré­gé le mys­tère du salut, comme les pré­faces com­munes. Quand on célèbre la messe pour un défunt, on peut employer une for­mule par­ti­cu­lière qui est pro­po­sée en son lieu, c´est-à-dire avant Memento etiam (Souviens-​toi aus­si de nos frères).
c) La Prière eucha­ris­tique III peut être dite avec n´importe quelle pré­face. On l´emploiera de pré­fé­rence les dimanches et jours de fête. Si on prend cette prière pour une messe des défunts, on peut insé­rer en son lieu une for­mule par­ti­cu­lière pour le défunt, c´est-à-dire après les mots : Omnes filios tuos ubique dis­per­sos, tibi, cle­mens Pater, mise­ra­tus coniunge (Et ramène à toi, Père très aimant, tous tes enfants dis­per­sés).
d) La Prière eucha­ris­tique IV a une pré­face immuable et offre un résu­mé plus com­plet de l´histoire du salut. On peut l´employer quand la messe n´a pas de pré­face propre et les dimanches du Temps ordi­naire (« per annum »). Dans cette Prière, en rai­son de sa struc­ture, il est impos­sible d´insérer une for­mule par­ti­cu­lière pour un défunt.

Les chants

366. Il n’est pas per­mis de sub­sti­tuer d’autres chants aux chants pla­cés dans la litur­gie de la messe, comme par exemple l’Agnus Dei (Agneau de Dieu).

367. Pour choi­sir les chants qui trouvent place entre les lec­tures, ain­si que les chants d´entrée, d’offertoire et de com­mu­nion, on sui­vra les normes qui sont éta­blies ci-​dessus (cf. nn. 40–41, 47–48, 61–64, 74, 86–88).

CHAPITRE VIII – MESSES ET ORAISONS POUR DES INTENTIONS DIVERSES, MESSES DES DÉFUNTS

I – MESSES ET ORAISONS POUR DES INTENTIONS DIVERSES

368. Puisque la litur­gie des sacre­ments et des sacra­men­taux fait que, chez les fidèles bien dis­po­sés, presque tous les évé­ne­ments de la vie sont sanc­ti­fiés par la grâce divine qui découle du mys­tère pas­cal[144] , et puisque l’Eucharistie est le sacre­ment des sacre­ments, le mis­sel four­nit des modèles de messes et d’o­rai­sons qu’en diverses occa­sions de la vie chré­tienne on peut employer pour les besoins du monde entier, de l’Église uni­ver­selle et de l’Église locale.

369. Si l’on consi­dère la pos­si­bi­li­té élar­gie de choi­sir les lec­tures et les orai­sons, il convient d’employer avec mesure ces messes pour inten­tions diverses, c’est-​à-​dire quand les cir­cons­tances l’exigent.

370. Dans toutes les messes pour des inten­tions diverses, sauf indi­ca­tion contraire expresse, on peut employer, si elles s’ac­cordent avec la célé­bra­tion, les lec­tures de la férie avec les chants qui s’y intercalent.

371. Les messes pour des inten­tions diverses com­prennent les messes rituelles, les messes pour inten­tions ou cir­cons­tances diverses, les messes votives.

372. Les messes rituelles sont liées à la célé­bra­tion de cer­tains sacre­ments ou sacra­men­taux. Elles sont inter­dites les dimanches de l’Avent, du Carême et du Temps pas­cal, aux solen­ni­tés, pen­dant l’oc­tave de Pâques, le 2 novembre, le Mercredi des Cendres, et pen­dant la Semaine sainte, en obser­vant par ailleurs les règles qui sont don­nées dans les rituels ou dans ces messes elles-mêmes.

373. Les messes pour inten­tions et cir­cons­tances diverses sont employées pour des besoins qui peuvent sur­ve­nir soit occa­sion­nel­le­ment, soit à dates fixes. Parmi ces messes l’au­to­ri­té com­pé­tente peut choi­sir les messes pour les prières publiques dont la célé­bra­tion, au cours de l’an­née, sera déci­dée par la Conférence des évêques.

374. En cas de besoin ou d’utilité pas­to­rale par­ti­cu­liè­re­ment impor­tante, la messe cor­res­pon­dante peut être célé­brée, sur l’ordre ou avec la per­mis­sion de l’évêque dio­cé­sain, tous les jours, sauf aux solen­ni­tés, aux dimanches de l’Avent, du Carême et du Temps pas­cal, pen­dant l’oc­tave de Pâques, le 2 novembre, le Mercredi des cendres et pen­dant la Semaine sainte.

375. Les messes votives des mys­tères du Seigneur, ou en l’honneur de la bien­heu­reuse Vierge Marie, des Anges, de tel saint, ou de tous les Saints, peuvent être dites pour la pié­té des fidèles les jours de férie du Temps ordi­naire (« per annum »), même s’il y a ce jour-​là une mémoire facul­ta­tive. Mais on ne peut pas célé­brer comme messes votives les messes qui se rap­portent aux mys­tères de la vie du Seigneur ou de la bien­heu­reuse Vierge Marie, excep­té la messe de son Immaculée concep­tion, parce que leur célé­bra­tion est liée au cours de l’année liturgique.

376. Les messes pour inten­tions et cir­cons­tances diverses et les messes votives sont pro­hi­bées les jours de mémoire obli­ga­toire, ain­si qu’aux féries de l’Avent jus­qu’au 16 décembre, du temps de Noël depuis le 2 jan­vier, et du Temps pas­cal après l’oc­tave de Pâques. Cependant, si un besoin ou une uti­li­té pas­to­rale véri­table le demande, on peut prendre, dans la célé­bra­tion avec peuple, la messe cor­res­pon­dant à ce besoin ou à cette uti­li­té, au juge­ment du rec­teur de l’é­glise ou même du prêtre célébrant.

377. Aux féries du Temps ordi­naire (« per annum ») com­por­tant une mémoire facul­ta­tive, ou bien quand on fait l’of­fice de la férie, il est per­mis de célé­brer n’im­porte quelle messe, ou d’employer n’im­porte quelle orai­son pour des inten­tions diverses, excep­té cepen­dant les messes rituelles.

378. La mémoire facul­ta­tive de sainte Marie les same­dis du Temps ordi­naire (« per annum ») est par­ti­cu­liè­re­ment recom­man­dée, car dans la litur­gie de l’Eglise, en pre­mier lieu et avant tous les saints, la véné­ra­tion s’adresse à la Mère du Rédempteur[145] .

II – MESSES DES DÉFUNTS

379. L’Église offre le sacri­fice eucha­ris­tique de la Pâque du Christ pour les défunts afin que, en rai­son de la com­mu­nion qui unit tous les membres du Christ, l’aide spi­ri­tuelle obte­nue pour les uns apporte aux autres la conso­la­tion de l’espérance.

380. Parmi les messes des défunts, la messe des obsèques occupe la pre­mière place ; elle peut être célé­brée tous les jours, sauf aux solen­ni­tés de pré­cepte, le Jeudi saint, le Triduum pas­cal et les dimanches de l’Avent, du Carême et du Temps pas­cal. On doit de plus obser­ver tout ce qui est pres­crit, selon la norme du droit[146] .

381. A l’annonce d’un décès, ou pour la der­nière sépul­ture du défunt, ou le jour du pre­mier anni­ver­saire, on peut célé­brer la messe des défunts, même pen­dant l’oc­tave de Noël et les jours de mémoire obli­ga­toire ou de férie sauf le Mercredi des cendres, et pen­dant la Semaine sainte. Les autres messes des défunts, dites quo­ti­diennes, peuvent se célé­brer les jours du Temps ordi­naire (« per annum ») où l’on a une mémoire facul­ta­tive, ou bien si l’on célèbre l’of­fice de la férie, pour­vu qu’elles soient vrai­ment célé­brées à l’in­ten­tion des défunts.

382. Aux messes des obsèques, on fera ordi­nai­re­ment une brève homé­lie, en évi­tant tou­te­fois toute appa­rence d’é­loge funèbre.

383. On encou­ra­ge­ra les fidèles, sur­tout les membres de la famille du défunt, à par­ti­ci­per, y com­pris par la com­mu­nion, au sacri­fice eucha­ris­tique offert pour le défunt.

384. Si la messe des obsèques fait par­tie du rite des obsèques, lorsque l’on aura dit la prière après la com­mu­nion, et en omet­tant les rites de conclu­sion, on accom­pli­ra le rite de la der­nière recom­man­da­tion, ou der­nier adieu ; ce rite ne se célèbre qu’en pré­sence du corps.

385. En orga­ni­sant et en choi­sis­sant les par­ties variables de la messe des défunts, sur­tout de la messe des obsèques (par exemple les orai­sons, les lec­tures, la prière uni­ver­selle), on tien­dra compte, comme il est juste, des motifs pas­to­raux rela­tifs au défunt, à sa famille, et à l’as­sis­tance. De plus les pas­teurs tien­dront spé­cia­le­ment compte de ceux qui, à l’oc­ca­sion d’ob­sèques, assistent à des célé­bra­tions litur­giques ou entendent l’Évangile, alors qu’ils ne sont pas catho­liques, ou bien sont des catho­liques qui ne par­ti­cipent jamais ou presque jamais à l’Eucharistie, ou encore qui semblent avoir per­du la foi : car les prêtres sont les ministres de l’Évangile du Christ pour tous.

CHAPITRE IX- ADAPTATIONS QUI RELEVENT DES EVEQUES ET DE LEURS CONFERENCES

386. La révi­sion du Missel romain, effec­tuée en notre temps confor­mé­ment aux décrets du IIe concile oecu­mé­nique du Vatican, a veillé avec soin à ce que tous les fidèles puissent appor­ter, dans la célé­bra­tion eucha­ris­tique, cette par­ti­ci­pa­tion pleine, consciente et active, qui est deman­dée par la nature de la litur­gie elle-​même et qui est pour eux, en ver­tu de leur condi­tion, un droit et un devoir[147] .
Pour que la célé­bra­tion cor­res­ponde plus plei­ne­ment aux normes et à l’esprit de la sainte Liturgie, on trouve pro­po­sées dans cette Présentation et dans la litur­gie de la messe quelques autres adap­ta­tions ulté­rieures, qui sont remises au juge­ment soit de l’évêque dio­cé­sain soit de la Conférence des évêques.

387. L’évêque dio­cé­sain, qui « doit être consi­dé­ré comme le grand prêtre de son trou­peau, de qui découle et dépend en quelque manière la vie des fidèles dans le Christ »[148] , doit favo­ri­ser la vie litur­gique dans son dio­cèse, la régler et veiller sur elle. C’est à lui que, dans cette Présentation, est confié le soin de régler la dis­ci­pline de la concé­lé­bra­tion (cf. nn. 202, 374), d’établir des normes sur la fonc­tion de ser­vir le prêtre à l’autel (cf. n. 107), sur la dis­tri­bu­tion de la com­mu­nion sous les deux espèces (cf. n. 283), sur la construc­tion et la dis­po­si­tion des églises (cf. n. 291). Mais c’est à lui qu’il revient en pre­mier lieu de nour­rir les prêtres, les diacres et les fidèles de l’esprit de la liturgie.

388. Les adap­ta­tions ci-​dessous, qui exigent une plus large coor­di­na­tion, doivent être déter­mi­nées, selon la norme du droit, par la Conférence des évêques.

389. Il revient aux Conférences des évêques tout d’abord de pré­pa­rer et d’approuver l’édition de ce Missel romain dans les langues vivantes recon­nues, pour qu’après confir­ma­tion des actes par le Siège apos­to­lique, elle soit mise en appli­ca­tion dans les pays concer­nés[149] . Que ce soit en latin ou dans les tra­duc­tions légi­ti­me­ment approu­vées, le Missel romain doit être publié intégralement.

390. Il appar­tient aux Conférences des évêques de défi­nir et, après confir­ma­tion des actes par le Siège Apostolique, d’introduire dans le Missel lui-​même les adap­ta­tions indi­quées dans cette Présentation et dans la litur­gie de la messe, et qui concernent :

  • les gestes et atti­tudes des fidèles (cf. n. 43);
  • les gestes de véné­ra­tion de l’autel et de l’Evangéliaire (cf. n. 273);
  • les textes des chants d’entrée, d’offertoire et de com­mu­nion (cf. nn. 48, 74, 87);
  • les lec­tures de la Sainte Ecriture à prendre dans des cir­cons­tances par­ti­cu­lières (cf. n. 362);
  • la manière de don­ner la paix (cf. n. 82);
  • la manière de rece­voir la com­mu­nion (cf. nn. 160, 283);
  • la matière de l’autel, du mobi­lier litur­gique, sur­tout des vases sacrés, ain­si que la matière, la forme et la cou­leur des vête­ments litur­giques (cf. nn. 301, 326, 329, 342–346).

Si les Conférences des évêques le jugent utile, elles peuvent intro­duire dans le Missel romain, à l’endroit appro­prié, un direc­toire ou une intro­duc­tion pas­to­rale, après confir­ma­tion du Siège Apostolique.

391. Il revient aus­si aux Conférences de veiller avec un soin par­ti­cu­lier aux tra­duc­tions des textes bibliques qui sont employées dans la célé­bra­tion de la messe. C’est de la sainte Ecriture en effet que sont tirés les textes qu’on lit et que l’homélie explique, ain­si que les psaumes que l’on chante ; c’est sous son ins­pi­ra­tion et dans son élan que les prières, les orai­sons et les hymnes litur­giques ont jailli, et c’est d’elle que les signes et les actions reçoivent leur sens[150] . On uti­li­se­ra un lan­gage qui cor­res­ponde à la capa­ci­té des fidèles, qui soit adap­té à la pro­cla­ma­tion publique, en conser­vant tou­te­fois les carac­té­ris­tiques propres aux diverses manières de s’exprimer uti­li­sées dans les livres bibliques.

392. De même, il appar­tient aux Conférences des évêques de pré­pa­rer avec grand soin la tra­duc­tion des autres textes, pour que, tout en conser­vant le carac­tère propre de chaque langue, le sens du texte latin d’origine soit plei­ne­ment et fidè­le­ment ren­du. Pour accom­plir cette tâche, on tien­dra compte des divers genres lit­té­raires uti­li­sés dans le Missel, comme les prières pré­si­den­tielles, les antiennes, les accla­ma­tions, les répons, les sup­pli­ca­tions lita­niques, etc.. On ne per­dra pas de vue que la tra­duc­tion des textes n’est pas faite en pre­mier lieu pour la médi­ta­tion, mais plu­tôt pour la pro­cla­ma­tion ou le chant dans l’action litur­gique. Le lan­gage uti­li­sé doit être adap­té aux fidèles d’une région tout en demeu­rant noble et empreint d’une réelle qua­li­té lit­té­raire, res­tant sauve la néces­si­té d’une caté­chèse sur le sens biblique et chré­tien de cer­tains mots et de cer­taines phrases. Il importe que les régions qui ont une même langue aient autant que pos­sible la même tra­duc­tion pour les textes litur­giques, sur­tout pour les textes bibliques et la litur­gie de la messe[151] .

393. En rai­son de la place émi­nente que tient le chant dans la célé­bra­tion, comme par­tie néces­saire ou inté­grante de la litur­gie [152], il revient aux Conférences des évêques d’approuver des mélo­dies appro­priées, sur­tout pour les textes de l’Ordinaire de la messe, pour les réponses et accla­ma­tions du peuple, et pour les rites par­ti­cu­liers durant l’année litur­gique. Elles ont éga­le­ment à juger quelles formes musi­cales, quelles mélo­dies, quels ins­tru­ments de musique peuvent être admis pour le culte divin, pour qu’ils puissent vrai­ment être appro­priés ou adap­tés à un usage sacré.

394. Il faut que chaque dio­cèse ait son calen­drier et son propre des messes. De son côté, la Conférence des évêques éta­bli­ra le calen­drier propre de la nation ou, en union avec d’autres Conférences, le calen­drier d’un ter­ri­toire plus vaste, qui devra être approu­vé par le Siège Apostolique [153]. Pour accom­plir cette tâche, on obser­ve­ra et on pré­ser­ve­ra au maxi­mum le dimanche, comme jour de fête pri­mor­dial, de sorte que les autres célé­bra­tions, sauf si elles sont de la plus haute impor­tance, ne lui soient pas pré­fé­rées[154]. On veille­ra de même à ne pas obs­cur­cir par des élé­ments secon­daires le sens de l’année litur­gique telle que révi­sée par décret du IIe concile du Vatican. En éta­blis­sant le calen­drier d’une nation (cf. n. 373), on indi­que­ra les jours des Rogations et des Quatre-​temps ain­si que les textes à uti­li­ser et les manières de les célé­brer[155], et on aura aus­si en vue leurs autres carac­té­ris­tiques propres. Il convient que, dans l’édition du Missel, les célé­bra­tions propres à toute la nation ou à tout le ter­ri­toire soient insé­rées à leur place par­mi les célé­bra­tions du calen­drier géné­ral, tan­dis que celles qui sont propres à une région ou à un dio­cèse seront mises dans un appen­dice particulier.

395. Enfin, si la par­ti­ci­pa­tion des fidèles et leur bien spi­ri­tuel requièrent des chan­ge­ments et des adap­ta­tions plus pro­fonds pour que la célé­bra­tion litur­gique cor­res­ponde à la men­ta­li­té et aux tra­di­tions des divers peuples, les Conférences des évêques pour­ront, selon la norme de l’article 40 de la Constitution sur la Sainte Liturgie, les pro­po­ser au Siège Apostolique pour qu’avec son consen­te­ment elles soient intro­duites ; et cela sur­tout en faveur des peuples à qui l’Evangile a été annon­cé plus récem­ment[156] . On obser­ve­ra avec soin les normes par­ti­cu­lières éta­blies dans l’Instruction sur « la litur­gie romaine et l’inculturation »[157] . Sur la manière de pro­cé­der, on obser­ve­ra ceci : Tout d’abord on expo­se­ra au Siège apos­to­lique de manière détaillée la pro­po­si­tion envi­sa­gée, pour qu’après avoir obte­nu les facul­tés néces­saires, on pro­cède à l’élaboration de cha­cune des adap­ta­tions. Une fois ces pro­po­si­tions dûment approu­vées par le Siège Apostolique, on fera des expé­ri­men­ta­tions pour une durée et dans des lieux déter­mi­nés. Le cas échéant, après le temps d’expérimentation, la Conférence des évêques déci­de­ra de la pour­suite des adap­ta­tions, et pro­po­se­ra au juge­ment du Siège Apostolique une for­mu­la­tion du pro­jet par­ve­nue à matu­ri­té [158].

396. Avant pour­tant d’en arri­ver à de nou­velles adap­ta­tions, sur­tout des adap­ta­tions plus en pro­fon­deur, il fau­dra soi­gneu­se­ment veiller à pro­mou­voir avec sagesse et ordre l’information indis­pen­sable du cler­gé et des fidèles, à mettre en appli­ca­tion les facul­tés déjà pré­vues et à appli­quer plei­ne­ment les normes pas­to­rales cor­res­pon­dant à l’esprit de la célébration.

397. On obser­ve­ra aus­si le prin­cipe, selon lequel chaque Eglise par­ti­cu­lière doit être en accord avec l’Eglise uni­ver­selle, non seule­ment sur la doc­trine de la foi et sur les signes sacra­men­tels, mais aus­si sur les usages reçus uni­ver­sel­le­ment de la tra­di­tion apos­to­lique inin­ter­rom­pue. On doit les obser­ver non seule­ment pour évi­ter les erreurs, mais pour trans­mettre l’intégrité de la foi, car la règle de la prière (lex oran­di) de l’Eglise cor­res­pond à sa règle de foi (lex cre­den­di) [159] . Le rite romain consti­tue une par­tie notable et pré­cieuse du tré­sor litur­gique et du patri­moine de l’Eglise catho­lique, dont les richesses favo­risent le bien de l’Eglise uni­ver­selle, si bien que leur perte lui nui­rait gra­ve­ment. Tout au long des siècles, ce rite n’a pas seule­ment conser­vé des usages litur­giques nés à Rome même, mais il a su aus­si inté­grer en lui de manière pro­fonde, orga­nique et har­mo­nieuse, d’autres usages pro­ve­nant des cou­tumes et du génie de divers peuples et de dif­fé­rentes Eglises par­ti­cu­lières tant d’Occident que d’Orient, acqué­rant ain­si comme un carac­tère « supra-​régional ». De nos jours, l’identité du rite romain et l’expression de son uni­té se mani­festent par les édi­tions typiques des livres litur­giques pro­mul­gués par l’autorité du Souverain Pontife et dans les livres cor­res­pon­dants, approu­vés pour leur ter­ri­toire par les Conférences des évêques et recon­nus par le Siège Apostolique [160] .

398. La norme éta­blie par le IIe concile du Vatican est de ne faire des inno­va­tions dans la réforme litur­gique que si l’utilité de l’Eglise les exige vrai­ment et avec cer­ti­tude, et après s’être bien assu­ré que les formes nou­velles sortent des formes déjà exis­tantes par un déve­lop­pe­ment en quelque sorte orga­nique [161] : elle doit s’appliquer aus­si au tra­vail d’inculturation du rite romain lui-​même [162]. L’inculturation néces­site de plus une très longue durée pour que la tra­di­tion litur­gique authen­tique ne soit pas alté­rée par pré­ci­pi­ta­tion et impru­dence. Enfin, la recherche d’inculturation ne vise pas du tout à créer de nou­velles familles rituelles, mais à répondre aux besoins d’une culture déter­mi­née, de telle manière tou­te­fois que les adap­ta­tions intro­duites, soit dans le Missel, soit dans les autres livres litur­giques, ne nuisent pas au carac­tère propre du rite romain [163].

399. C’est pour­quoi le Missel romain, tout en fai­sant place à la diver­si­té des langues et à une cer­taine diver­si­té de cou­tumes [164], doit être reçu à l’avenir comme un ins­tru­ment et un signe évident de l’intégrité et de l’unité du rite romain [165] .

Notes de bas de page

  1. Session XXII, du 17 sep­tembre 1562. Cf. Enchiridion Symbolorum, éd. Denzinger-​Schönmetzer 1965 (cité par la suite D.S.), 1738–1759.[]
  2. Constitution sur la sainte litur­gie Sacrosanctum Concilium, citée par la suite Const. lit., n.47 ; cf. Constitution dog­ma­tique sur l’Eglise Lumen Gentium, nn.3, 28 ; Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis, nn. 2, 4, 5.[]
  3. Jeudi Saint, messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur, prière sur les offrandes. Cf. Sacramentarium Veronense, ed. L.C. Mohlberg, n. 93.[]
  4. Cf. prière eucha­ris­tique III.[]
  5. Cf. prière eucha­ris­tique IV.[]
  6. Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, nn. 5, 18.[]
  7. Cf. Pie XII, Encyclique Humani gene­ris, du 12 Août 1950 : DC (1950), 1161–1162 ; Paul VI, Encyclique Mysterium fidei, du 3 sep­tembre 1965 : DC (1965) p. 1641–1647 ; Profession de foi, du 30 juin 1968 : DC 1521 (1968), 1256–1257 ; Instruction de la S. Congrégation des Rites Eucharisticum Mysterium, du 25 mai 1967, n. 3f, 9 : DC 1496 (1967), 1094, 1098.[]
  8. Cf. Session XIII, du 11 octobre 1551 : D.S. 1635–1661.[]
  9. Cf. Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis, n. 2.[]
  10. Cf. Const. lit., n.11.[]
  11. Ibidem, n. 50.[]
  12. Session XXII, doc­tr. du sacri­fice de la messe, chap. 8 : D.S. 1749.[]
  13. Ibid., can. 9 : D.S. 1759.[]
  14. Ibid., chap. 8 : D.S. 1749.[]
  15. Cf. Const. lit., n. 33.[]
  16. Ibid., n. 36.[]
  17. Ibid., n. 52.[]
  18. Ibid., n. 35 § 3.[]
  19. Ibid., n. 55.[]
  20. Session XXII, Doctrine du sacri­fice de la messe, chap. 6 : D.S. 1747.[]
  21. Cf. Const. lit., n. 55.[]
  22. Cf. Const. lit., n. 41 ; Const. dogm. sur l’Église, n. 11 ; Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, nn. 2, 5, 6 ; Décret sur la charge pas­to­rale des évêques, n. 30 ; Décret sur l’Oecuménisme, n. 15 ; Instruction Eucharisticum mys­te­rium, nn. 3e, 6 : DC 1496 (1967), 1094, 1096–1097.[]
  23. Cf. Const. lit. n. 10.[]
  24. Cf. ibid., n. 102.[]
  25. Cf. Const. lit. n. 10 ; Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis, n. 5.[]
  26. Cf. Const. lit., nn. 14, 19, 26, 28, 30.[]
  27. Cf. ibid., n. 47.[]
  28. Cf. ibid., n. 14.[]
  29. Cf. ibid., n. 41.[]
  30. Cf. Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis, n. 13 ; Code de droit cano­nique, can. 904.[]
  31. Cf. Const. lit., n. 59.[]
  32. Pour les célé­bra­tions par­ti­cu­lières de la messe, on obser­ve­ra ce qui est éta­bli : cf. pour les messes de petits groupes, S. Cong. pour le Culte divin, Instruction Actio pas­to­ra­lis, du 15 mai 1969 : DC (1970), 213–215 et la Note de la Commission épis­co­pale de litur­gie de la Conférence des évêques de France du 5 février 1970 ; pour les messes d’enfants : Directoire des messes d’enfants, du 1er novembre 1973. Sur la manière de joindre la litur­gie des heures et la messe : Présentation géné­rale de la litur­gie des Heures, nn. 93–98 ; sur la manière de joindre cer­taines béné­dic­tions et le cou­ron­ne­ment d’une sta­tue de la Vierge Marie et la messe : Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, pré­li­mi­naires, n. 28 ; Rituel du cou­ron­ne­ment d’une sta­tue de la Vierge Marie, nn. 10 et 14.[]
  33. Cf. Décret sur la charge pas­to­rale des évêques, Christus Dominus, n. 15 ; cf. aus­si Const. lit., n. 41.[]
  34. Cf. Const. lit., n. 22.[]
  35. Cf. encore ibi­dem, nn. 38, 40 ; Paul VI, Const. apos­to­lique Missale roma­num, ci-​dessous, p. xxxx.[]
  36. Cong. du Culte divin et de la dis­ci­pline des sacre­ments, Instruction Varietates legi­ti­mae, du 25 jan­vier 1994 : DC 2093 (1994), 435–446.[]
  37. Cf. Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis, n. 5 ; Const. lit., n. 33.[]
  38. Cf. Conc. Trente, Sess. XXII, Doctrine du sacri­fice de la messe, ch. 1 : D.S. 1740 ; cf. Paul VI, Profession de foi, du 30 juin 1968, n. 24 : DC (1968) p. 1256–1257.[]
  39. Cf. Const. lit., n. 7 ; Paul VI, Lettre ency­clique Mysterium fidei, du 3 sep­tembre 1965 : DC 1456 (1965), 1635 ; S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mys­te­rium, du 25 mai 1967, n. 9 : DC 1496 (1967), 1098–1099.[]
  40. Cf. Const. lit., art. n. 56 ; S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mys­te­rium, du 25 mai 1967, n. 3 : DC 1496 (1967), 1092–1095.[]
  41. Cf. Const. lit., nn. 48, 51 ; Const. sur la Révélation, Dei Verbum, n. 21 ; Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, n. 4.[]
  42. Cf. Const. lit., nn. 7, 33, 52.[]
  43. Cf. ibi­dem, n. 33.[]
  44. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, du 5 mars 1967, n. 14 : DC 1490 (1967), 499.[]
  45. Cf. Const. lit., nn. 26 – 27 ; S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum Mysterium, n. 3d : DC 1496 (1967), 1093.[]
  46. Cf. ibi­dem, n. 30.[]
  47. S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, n. 16a. : DC 1490 (1967), 500.[]
  48. Sermon 336, 1 : PL 38, 1472.[]
  49. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, nn. 7, 16 : DC 1490 (1967), 498, 500 ; Ordo can­tus Missae, 1972, Préliminaires.[]
  50. Cf. Const. lit., n. 116 ; cf. aus­si n. 30.[]
  51. Cf. Const. lit., n. 54 ; S. cong. des Rites, Instr. Inter Oecumenici, n. 59 : DC 1435 (1964), 1369 ; Instr. Musicam sacram, n. 47 : DC 1490 (1967), 506.[]
  52. Cf. Const. lit., nn. 30, 34 ; cf. aus­si n. 21.[]
  53. Cf. ibi­dem, n. 40 ; Cf. Cong. du Culte divin et de la dis­ci­pline des Sacrements, Instruction Varietates legi­ti­mae, du 25 jan­vier 1994 : DC 2093 (1994), 435–446.[]
  54. Cf. Const. lit., n. 30. ; S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, n. 17 : DC 1490 (1967), 500.[]
  55. Cf. Jean-​Paul II, Lettre apost. Dies Domini, du 31 mai 1998, n. 50 : DC 2186 (1998), 670.[]
  56. Cf. ci-​dessous, Rite de l’eau bénite, p. xxxx.[]
  57. Cf. Tertullien, Contre Marcion, IV, 9 : PL 376A ; Origène, entre­tien avec Héraclide, n. 4, 24 : SC 67, p. 62 ; Statuta Concilii Hipponensis Breviata, 21 : CCSL 149, p. 39.[]
  58. Cf. Const. lit., n. 33.[]
  59. Cf. ibid., n. 7.[]
  60. Cf. Ordo lec­tio­num mis­sae, ed. typi­ca alte­ra, n. 28.[]
  61. Cf. Const. lit., n. 51.[]
  62. Cf. Jean-​Paul II, Lettre apos­to­lique Vicesimus quin­tus annus, du 4 décembre 1988, n. 13 : DC 1985 (1989), 521.[]
  63. Cf. Const. lit., n. 52 ; cf. Code de droit cano­nique, can. 767 § 1.[]
  64. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Inter Oecumenici, n. 54 : DC 1435 (1964), 1369.[]
  65. Cf. Code de droit cano­nique, can. 767 § 1 ; Conseil pon­ti­fi­cal pour l’interprétation du Code, Réponse à un doute sur le can. 767 § 1 : A.A.S. 79 (1987), p. 1249 ; Instruction inter­di­cas­té­rielle sur cer­taines ques­tions au sujet de la coopé­ra­tion des fidèles laïcs au minis­tère des prêtres, Ecclesiae de mys­te­rio, du 15 août 1997, art. 3 : DC 2171 (1997), 1014–1015.[]
  66. Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Inter Oecumenici, du 26 sep­tembre 1964, n. 53 : DC 1435 (1964), 1368.[]
  67. Cf. Const. lit., n. 53.[]
  68. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Inter Oecumenici, n. 56 : DC 1435 (1964), 1369.[]
  69. Cf. Const. lit., n. 47 ; S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum mys­te­rium, n. 3a, b : DC 1496 (1967), 1092–1093.[]
  70. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Inter Oecumenici, n. 91 : DC 1435 (1964), 1363 ; Instr. Eucharisticum mys­te­rium , n. 24 : DC 1496 (1967), 1104–1105.[]
  71. Const. lit., n. 48 ; S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mys­te­rium, n. 12 : DC 1496 (1967), 1100.[]
  72. Cf. Const. lit., n.48 ; Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis>, n. 5.[]
  73. S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mys­te­rium, nn. 31, 32 : DC 1496 (1967), 1108–1109 ; S. Cong. pour la dis­ci­pline des Sacrements, Instruction Immensae cari­ta­tis, du 29 jan­vier 1973, n. 2 : DC 1630 (1973), 359.[]
  74. Cf. S. Cong. pour les Sacrements et le Culte divin, Instruction Inaestimabile donum, du 3 avril 1980, n. 17 : DC 1789 (1980), 643.[]
  75. Cf. Const. lit.,. n. 26.[]
  76. Cf. ibi­dem, n. 14.[]
  77. Cf. ibi­dem, n. 28.[]
  78. Cf. Const. dogm. sur l’Église, Lumen gen­tium, nn. 26 et 28 ; Const. lit., n. 42.[]
  79. Cf. Const. lit., n. 26.[]
  80. Cf. Cérémonial des Evêques, nn. 175–186.[]
  81. Cf. Const. sur l’Eglise Lumen gen­tium, n. 28 ; Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis, n. 2.[]
  82. Cf. Paul VI, Lettre apos­to­lique Sacrum dia­co­na­tus Ordinem, du 18 juin 1967 : DC 1498 (1967), 1279–1286 ; Pontifical romain, L’ordination de l’Evêque, des prêtres, des diacres, 1996, n. 173.[]
  83. Const. lit., n. 48 ; S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mys­te­rium, n. 12 : DC 1496 (1967), 1100.[]
  84. Cf. Code de droit cano­nique, can. 910 § 2> ; Instruction inter­di­cas­té­rielle sur cer­taines ques­tions au sujet de la coopé­ra­tion des fidèles laïcs au minis­tère des prêtres, Ecclesiae de mys­te­rio, du 15 août 1997, art. 9 : DC 2171 (1997), 1017.[]
  85. Cf. S. Cong. pour la dis­ci­pline des sacre­ments, Inst. Immensae cari­ta­tis, du 29 jan­vier 1973, n. 1 : DC 1630 (1973), 358 ; Code de droit cano­nique,can. 230 § 3.[]
  86. Const. lit., n. 24.[]
  87. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, n. 19.[]
  88. Cf. ibi­dem, n. 21.[]
  89. Cf. Conseil pon­ti­fi­cal pour l’interprétation des textes légis­la­tifs, réponse à un doute sur le canon 230 § 2 : A.A.S. 86 (1994) p. 541.[]
  90. Cf. Const. lit.,n. 22.[]
  91. Cf. ibi­dem, n. 41.[]
  92. Cf. Cérémonial des Evêques, nn. 119–186.[]
  93. Cf. Const. lit., n. 42 ; Const. dogm. sur l’Eglise, Lumen gen­tium, n. 28 ; Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis, n. 5 ; S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mys­te­rium, du 25 mai 1967, n. 26 : DC 1496 (1967), 1106.[]
  94. f. S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mys­te­rium, n. 47 : DC 1496 (1967), 1115.[]
  95. cf. ibi­dem, n. 59 ; S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, nn. 16, 27.[]
  96. Cf. Instruction inter­di­cas­té­rielle sur cer­taines ques­tions au sujet de la coopé­ra­tion des fidèles laïcs au minis­tère des prêtres, Ecclesiae de mys­te­rio, du 15 août 1997, art. 6 : DC 2171 (1997), 1016.[]
  97. Cf. S. Cong. pour les Sacrements et le Culte divin, Instruction Inaestimabile donum, du 3 avril 1980, n. 10 : DC 1789 (1980), 642 ; Instruction inter­di­cas­té­rielle sur cer­taines ques­tions au sujet de la coopé­ra­tion des fidèles laïcs au minis­tère des prêtres, Ecclesiae de mys­te­rio, du 15 août 1997, art. 8 : DC 2171 (1997), 1016–1017.[]
  98. Cf. ci-​dessous : Rite pour délé­guer, occa­sion­nel­le­ment, un ministre pour dis­tri­buer la com­mu­nion, p.xxx[]
  99. Cf. Cérémonial des Evêques, nn. 1118–1121.[]
  100. Cf. Paul VI, Motu pro­prio Ministeria quae­dam, du 15 août 1972 : DC (1972), 853–854.[]
  101. Cf. Const. lit., n. 57 ; Code de Droit cano­nique,>can. 902.[]
  102. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum mys­te­rium., n. 47 : DC 1496 (1967), 1115.[]
  103. Cf. ibi­dem.[]
  104. Cf. Benoit XV, Const. apost. Incruentum alta­ris sacri­fi­cium, du 10 août 1915 : A.A.S. 7 (1915), pp. 401–404.[]
  105. Cf. S. Cong. des Rites,Instr. Eucharisticum Mysterium, n. 47 : DC 1496 (1967), 1115.[]
  106. Cf. Concile de Trente, Sess. XXI, décret sur la com­mu­nion eucha­ris­tique, ch. 1–3 : D.S. 1725–1729.[]
  107. Cf. ibi­dem, ch. 2. : D.S. 1728.[]
  108. Cf. Const. lit., nn. 122–124 ; Décret sur le minis­tère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordi­nis, n. 5 ; S. Cong. des Rites, Instruction Inter Oecumenici, du 26 sep­tembre 1964, n. 90 : DC 1435 (1964), 1374 ; Instruction Eucharisticum mys­te­rium, du 25 mai 1967, n. 24 : DC 1496 (1967), 1104–1105 ; Code de Droit cano­nique, can. 932 § 1.[]
  109. Cf. Const. lit., n. 123.[]
  110. Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum Mysterium, n. 24 : DC 1496 (1967), 1104–1105.[]
  111. Cf. Const. lit., n. 123 ; S. Cong. des Rites, Instruction Inter Oecumenici, n. 13c : DC 1435 (1964), 1361.[]
  112. Cf. Const. lit., n. 123.[]
  113. Cf. Const. lit., n. 126 ; S. Cong. des Rites, Instruction Inter Oecumenici, du 26 sep­tembre 1964, n. 91 : DC 1435 (1964), 1374.[]
  114. Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Inter Oecumenici, nn. 97–98 : DC 1435 (1964), 1375.[]
  115. Cf. ibi­dem, n. 91.[]
  116. Cf. ibi­dem.[]
  117. Cf. ibi­dem, n. 96.[]
  118. Cf. Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, Pour inau­gu­rer un ambon, nn. 900–918.[]
  119. Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Inter oecu­me­ni­ci, du 26 sep­tembre 1964, n. 92 : DC 1435 (1964), 1374.[]
  120. Cf. Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, Pour inau­gu­rer un siège épis­co­pal ou un siège de pré­si­dence, nn. 880–899.[]
  121. Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Inter oecu­me­ni­ci, du 26 sep­tembre 1964, n. 92 : DC 1435 (1964), 1374.[]
  122. Cf. Const. lit., n. 32.[]
  123. Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Musicam sacram, n. 23.[]
  124. Cf. Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, Bénédiction d’un orgue, nn. 1052–1067.[]
  125. Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum Mysterium, n. 54 : DC 1496 (1967), 1117–1118 ; Instruction Inter Oecumenici, n. 95 : DC 1435 (1964), 1375.[]
  126. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum mys­te­rium, du 25 mai 1967, n. 52 : DC 1496 (1967), 1117 ; Instruction Inter oecu­me­ni­ci, du 26 sep­tembre 1964, n. 95 : DC 1435 (1964), 1375 ; S. Cong. pour les sacre­ments, Instruction Nullo unquam tem­pore du 28 mai 1938, n. 4 : A.A.S. 30 (1938) pp. 199–200 ; Rituel romain, Rituel de l’eucharistie en dehors de la messe, nn. 10–11 ; Code de droit cano­nique, can. 938 § 3.[]
  127. Cf. Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, Pour inau­gu­rer un taber­nacle, nn. 919–929.[]
  128. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum mys­te­rium, du 25 mai 1967, n. 55 : DC 1496 (1967), 1118.[]
  129. Cf. ibi­dem, n. 53 : DC 1496 (1967), 1117 ; Rituel romain, Rituel de l’eucharistie en dehors de la messe, n. 9 ; Code de Droit cano­nique, can. 938 § 2 ; Jean-​Paul II, Lettre Dominicae Cenae, du 24 février 1980, n. 3 : DC 1783 (1980), 302.[]
  130. Cf. Code de Droit cano­nique, can. 940 ; S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum mys­te­rium, du 25 mai 1967, n. 57 : DC 1496 (1967), 1118 ; Rituel romain, Rituel de l’eucharistie en dehors de la messe, n. 11.[]
  131. Cf. sur­tout S. Cong. pour les sacre­ments, Instruction Nullo unquam tem­pore du 28 mai 1938 : A.A.S. 30 (1938), pp. 198–207 ; Code de Droit cano­nique, can. 934–944.[]
  132. Cf. Const. lit., n. 8.[]
  133. Cf. Pontifical romain, Rituel de la Dédicace, ch. IV, n. 10 ; Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, Bénédiction d’une image des­ti­née à la véné­ra­tion publique, nn. 984‑1031.[]
  134. Cf. Const. lit., art.125.[]
  135. Cf. ibi­dem, n. 128.[]
  136. Cf. Pontifical romain, Rituel de la Dédicace, ch. VII, Bénédiction du calice et de la patène ; Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, Bénédiction d’objets pour le culte, nn. 1068–1084.[]
  137. Cf. Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, Bénédiction d’objets pour le culte, n. 1070.[]
  138. Cf. Const. lit., n. 128.[]
  139. Cf. ibi­dem.[]
  140. Pour la béné­dic­tion des objets des­ti­nés à l’usage litur­gique dans les églises, cf. Rituel romain, Livre des béné­dic­tions, 3° par­tie.[]
  141. Cf. Const. lit., n. 51.[]
  142. Cf. Missel Romain, Présentation géné­rale du lec­tion­naire romain, n 80.[]
  143. Cf. Missel Romain, Présentation géné­rale du lec­tion­naire romain, n 81.[]
  144. Cf. Const. lit., n. 61.[]
  145. Cf. Const. dog­ma­tique sur l’Eglise, Lumen gen­tium, n. 54 ; Paul VI, Exhortation apos­to­lique Marialis cultus, du 2 février 1974, n. 9 : DC 1651 (1974), 304.[]
  146. Cf. sur­tout Code de Droit cano­nique, can. 1176–1185 ; et Rituel romain, Rituel des funé­railles.[]
  147. Cf. Const. lit., n. 14.[]
  148. Cf. ibi­dem, n. 41.[]
  149. Cf. Code de Droit cano­nique, can. 838 § 3.[]
  150. Cf. ibi­dem, n. 24.[]
  151. Cf. ibi­dem, n. 36 § 3.[]
  152. Cf. ibi­dem, n. 112.[]
  153. Cf.Normes uni­ver­selles de l’année litur­gique, nn. 48–51 ; cf. S. Cong. pour le Culte divin, Instruction Calendaria par­ti­cu­la­ria, du 24 jan­vier 1970, nn. 4, 8 : DC 1571 (1970), 867–868.[]
  154. Cf. Const. lit., n. 106.[]
  155. Cf. Normes uni­ver­selles de l’année litur­gique, nn. 46 ; cf. S. Cong. pour le Culte divin, Instruction Calendaria par­ti­cu­la­ria, du 24 jan­vier 1970, n. 38 : DC 1571 (1970), 871.[]
  156. Cf. Const. lit., art. n. 37–40.[]
  157. Cf. Cong. du Culte divin et de la dis­ci­pline des Sacrements, Instruction Varietates legi­ti­mae, du 25 jan­vier 1994, nn. 54, 62–69 : DC 2093 (1994), 442–443.[]
  158. Cf. ibi­dem, nn. 66–68 : DC 2093 (1994), 443.[]
  159. Cf. ibi­dem, nn. 26–27 : DC 2093 (1994), 438–439.[]
  160. Cf. Jean-​Paul II, Lettre apos­to­lique Vicesimus quin­tus annus, du 4 décembre 1988, n. 16 : DC 1135 (1989), 522 ; Cf. Cong. du Culte divin et de la dis­ci­pline des Sacrements, Instruction Varietates legi­ti­mae, du 25 jan­vier 1994, nn. 2, 36 : DC 2093 (1994), 435, 440.[]
  161. Cf. Const. lit., n. 23.[]
  162. Cf. Cong. du Culte divin et de la dis­ci­pline des Sacrements, Instruction Varietates legi­ti­mae, du 25 jan­vier 1994, n. 46 : DC 2093 (1994), 441.[]
  163. Cf. ibi­dem, n. 36 : A.A.S. 87 (1995), p. 302.[]
  164. Cf. ibi­dem, n. 54 : A.A.S. 87 (1995), p. 308–309.[]
  165. Cf. Const. lit., n. 38 ; Paul VI, Constitution Apostolique Missale Romanum ci-​dessus, p.xxxxxx.[]