Pie XII

17 mai 1939

Discours aux jeunes époux

L'Ascension, fête de la joie et de l'espérance

Donné à Rome, près Saint-​Pierre, le 22 mai 1941

L’Ascension, fête de la joie et de l’espérance.

Elles sont tou­jours chères à Notre regard et plus chères encore à Notre cœur, ces assem­blées de jeunes époux venus pour rece­voir la béné­dic­tion du Père com­mun des âmes, une béné­dic­tion qui entend être et est réel­le­ment un signe et un gage de la béné­dic­tion de Dieu.

Mais il Nous est plus agréable encore de vous accor­der audience à la veille de l’Ascension de Notre-​Seigneur Jésus-​Christ. L’Ascen­sion, c’est la fête de la joie pure, de l’es­pé­rance sublime, des saints dési­rs ; et la solen­ni­té de vos noces, chers époux, semble un reflet de cette fête, puisque dans le mariage chré­tien que vous avez célé­bré au saint autel, tout semble sus­ci­ter et annon­cer la joie, l’es­pé­rance, les dési­rs, les pro­jets. Afin que ces sen­ti­ments, qui ont réjoui et qui réjouissent encore vos coeurs, soient pro­fon­dé­ment sin­cères et durables, unissez-​les à ceux que vous sug­gère la fête de demain.

Que votre joie soit pure comme celle des Apôtres, qui, après avoir assis­té à la glo­rieuse Ascension du Seigneur, des­cen­dirent du Mont des Oliviers [1], cum gau­dio magno [2], le cœur débor­dant de joie : de joie pour la gloire de Jésus, qui cou­ronnait sa vie ter­restre par cette entrée triom­phale au ciel, de joie pour leur bon­heur éter­nel, qu’ils entre­voyaient dans le triomphe du divin Maître.

C’est sur ces motifs, très chers enfants, que doit repo­ser votre joie pour être vraie et pure ; et comme ces motifs ne sau­raient jamais man­quer, votre joie ne sera jamais sujette aux chan­ge­ments des joies éphé­mères que pro­met le monde : Pacem meam do vobis, non quo­mo­do mun­dus dat, ego do vobis, avait dit Jésus. « Je vous donne ma paix, je ne la donne pas comme la donne le monde » [3].

Fondée sur l’es­pé­rance la plus sûre, la joie de ce jour se per­pétue et se dilate dans le cœur des fidèles : « Je vais vous pré­pa­rer une place au ciel » [4] dit Notre-​Seigneur ; et Il ajou­tait : « Vous rece­vrez la force du Saint-​Esprit, qui des­cen­dra sur vous » [5]. Promesses magni­fiques : la pro­messe du ciel et la pro­messe des dons du Saint-​Esprit. Tout cela doit ani­mer votre foi, ali­men­ter et ren­for­cer votre espé­rance, éle­ver vos pen­sées et vos dési­rs. C’est la prière de l’Eglise dans la sainte litur­gie. « Accor­dez-​nous, Dieu tout-​puissant, nous vous en sup­plions, à nous qui croyons que votre Fils unique, notre Rédempteur, est mon­té aujour­d’hui au ciel, accordez-​nous d’y habi­ter aus­si nous-​mêmes en esprit » [6] et, par­mi les vicis­si­tudes de ce monde, fixez nos cœurs là où sont les vraies joies : inter mun­da­nas varie­tates ibi nos­tra fixa sint cor­da, ubi vera sunt gau­dia [7].

Nous vous bénis­sons, chers époux, au nom de ce même Jésus qui bénit les Apôtres et les pre­miers dis­ciples lors de sa mon­tée au ciel : dum bene­di­ce­ret illis, reces­sit ab eis et fere­ba­tur in coe­lum (Luc, xxiv, 51).

PIE XII, Pape.

Notes de bas de page

  1. Ac 1, 12.[]
  2. Lc 24, 52.[]
  3. Jn 14, 27.[]
  4. Jn 14, 2.[]
  5. Ac 1, 8.[]
  6. Oraison de l’Ascension[]
  7. IVe dimanche après Pâques.[]
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