Discours aux jeunes mariés

17 mai 1939

La joie immuable

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 22 mai 1941

L’Ascension, fête de la joie et de l’espérance.

Elles sont toujours chères à Notre regard et plus chères encore à Notre cœur, ces assemblées de jeunes époux venus pour recevoir la bénédiction du Père commun des âmes, une bénédiction qui entend être et est réellement un signe et un gage de la bénédiction de Dieu.

Mais il Nous est plus agréable encore de vous accorder audience à la veille de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ. L’Ascen­sion, c’est la fête de la joie pure, de l’espérance sublime, des saints désirs ; et la solennité de vos noces, chers époux, semble un reflet de cette fête, puisque dans le mariage chrétien que vous avez célébré au saint autel, tout semble susciter et annoncer la joie, l’espérance, les désirs, les projets. Afin que ces sentiments, qui ont réjoui et qui réjouissent encore vos coeurs, soient profondément sin­cères et durables, unissez-les à ceux que vous suggère la fête de demain.

Que votre joie soit pure comme celle des Apôtres, qui, après avoir assisté à la glorieuse Ascension du Seigneur, descendirent du Mont des Oliviers (Actes, i, 12), cum gaudio magno (Luc, xxiv, 52), le cœur débordant de joie : de joie pour la gloire de Jésus, qui cou­ronnait sa vie terrestre par cette entrée triomphale au ciel, de joie pour leur bonheur éternel, qu’ils entrevoyaient dans le triomphe du divin Maître.

C’est sur ces motifs, très chers enfants, que doit reposer votre joie pour être vraie et pure ; et comme ces motifs ne sauraient jamais manquer, votre joie ne sera jamais sujette aux changements des joies éphémères que promet le monde : Pacem meam do vobis, non quomodo mundus dat, ego do vobis, avait dit Jésus. « Je vous donne ma paix, je ne la donne pas comme la donne le monde » (Jean, xiv, 27).

Fondée sur l’espérance la plus sûre, la joie de ce jour se per­pétue et se dilate dans le cœur des fidèles : « Je vais vous préparer une place au ciel » (Jean, xiv, 2) dit Notre-Seigneur ; et Il ajou­tait : « Vous recevrez la force du Saint-Esprit, qui descendra sur vous » (Actes, i, 8). Promesses magnifiques : la promesse du ciel et la promesse des dons du Saint-Esprit. Tout cela doit animer votre foi, alimenter et renforcer votre espérance, élever vos pensées et vos désirs. C’est la prière de l’Eglise dans la sainte liturgie. « Accor­dez-nous, Dieu tout-puissant, nous vous en supplions, à nous qui croyons que votre Fils unique, notre Rédempteur, est monté aujour­d’hui au ciel, accordez-nous d’y habiter aussi nous-mêmes en esprit » [1] et, parmi les vicissitudes de ce monde, fixez nos cœurs là où sont les vraies joies : inter mundanas varietates ibi nostra fixa sint corda, ubi vera sunt gaudia [2].

Nous vous bénissons, chers époux, au nom de ce même Jésus qui bénit les Apôtres et les premiers disciples lors de sa montée au ciel : dum benediceret illis, recessit ab eis et ferebatur in coelum (Luc, xxiv, 51).

PIE XII, Pape.

Notes de bas de page

  1. Ascension[]
  2. IVe dimanche après Pâques.[]
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