Pèlerinage de Chartres 2007 : éditorial


Abbé Patrick Troadec, Directeur du sémi­naire de Flavigny 

Le Christ m’a aimé et s’est livré pour moi.[1] Saint Paul révèle ici le fon­de­ment de sa voca­tion. Profondément ému devant l’a­mour de Notre-​Seigneur pour lui, il a tout aban­don­né pour le suivre.

Deux mille ans plus tard, des jeunes gens géné­reux, émer­veillés par ce même amour, se disent intérieurement :

« je ne peux pas vivre comme si Dieu n’é­tait pas venu sur terre, comme si le Christ n’é­tait pas mort pour moi. En réponse à cet amour, je ne veux pas me conten­ter d’une vie sim­ple­ment hon­nête dans le monde, je veux répondre à cet amour par un amour exclu­sif, par un amour total, par un amour per­pé­tuel qui engage toutes mes forces, toute mon éner­gie, toute ma vie ». [2]

Dès qu’ils empruntent cette voie en pro­non­çant un Fiat géné­reux, un oui magna­nime, un oui plein et défi­ni­tif, ces jeunes gens sont lar­ge­ment récom­pen­sés. En effet, Dieu n’a pas atten­du le Ciel pour gra­ti­fier les âmes qui se donnent à lui : en retour, il se donne spé­cia­le­ment à elles. Notre-​Seigneur infi­ni­ment bon, infi­ni­ment géné­reux, n’est pas chiche dans ses dons. Dès ici-​bas, il noue un com­merce d’a­mi­tié avec ceux qui consentent à vivre dans son inti­mi­té. Il a pro­mis dès ici bas le cen­tuple à ceux qui aban­donnent tout pour le suivre et il est bien fidèle dans ses pro­messes. Ceux qui le suivent l’ex­pé­ri­mentent chaque jour.

Mais il en fau­drait un bien plus grand nombre pour répondre aux immenses besoins de l’Eglise et du monde.

« Plus les âmes se perdent et plus les voca­tions sont néces­saires. Plus que jamais sont indis­pen­sables les grâces de la Croix de Notre-​Seigneur et de la Rédemption. Il est donc aujourd’­hui plus urgent que jamais que les âmes s’offrent avec Notre-​Seigneur en vic­times d’a­mour et de cha­ri­té pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Il en fau­drait des cen­taines de mille à tra­vers le monde, tant dans les cloîtres et monas­tères que dans les sémi­naires et dans les œuvres spi­ri­tuelles et cor­po­relles de miséricorde ».

Conscients de ce besoin, nos bons fidèles font tout ce qu’ils peuvent pour vivre avec un grand esprit de foi et de sacri­fice. En effet, ils savent que le milieu le plus favo­rable à l’é­clo­sion des voca­tions est celui où règnent la vraie pié­té et l’es­prit de sacri­fice. Soutenus par les écoles spé­ci­fi­que­ment catho­liques, ils mettent leurs enfants à l’a­bri du monde cor­rom­pu et cor­rup­teur et entre­tiennent en eux la soif d’un bel idéal. Nous voyons dès à pré­sent le fruit de leurs efforts par les entrées régu­lières d’âmes pures et droites au sémi­naire

Cependant à côté des jeunes gens qui fran­chissent les portes du sémi­naire, com­bien d’autres, hélas, cèdent devant les ten­ta­tions mul­tiples qui se pré­sentent : la crainte de l’ef­fort, la pusil­la­ni­mi­té, l’at­trait du monde, la recherche d’une vie facile !

Aussi, pour enle­ver ces obs­tacles, la prière et le sacri­fice de tous sont néces­saires. Voilà pour­quoi, nous vou­lons cette année prier et offrir nos 3 jours de marche de Notre Dame de Chartres au Sacré Cœur de Montmartre pour que se lève une légion de jeunes gens géné­reux, rem­plis de l’Esprit-​Saint, réso­lus à suivre l’ap­pel du Christ-​Roi en don­nant toute leur vie à Dieu dans la sublime voca­tion sacer­do­tale ou religieuse.

Abbé Patrick Troadec, 30 sep­tembre 2006

Extrait du dos­sier 2007 de pré­pa­ra­tion au pèlerinage

Notes de bas de page
  1. Gal II,20[]
  2. Monseigneur Lefebvre, Albano 1983.[]