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Entretien du cardinal Kasper au Corriere della Sera – La conversion des juifs – 7 février 2008

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Nous pensons raisonnablement que cette prière ne peut devenir un obstacle au dialogue, parce qu’elle reflète la foi de l’Eglise et du reste, les juifs aussi ont dans leurs textes liturgiques des prières qui ne nous plaisent pas à nous, chrétiens. Cela doit être accepté et respecté dans la diversité

Eminence, ce qui dérange les juifs, c’est cette prière qui demande leur conversion…

C’est vrai. Mais cette invocation doit être comprise en fonction de la source des mots utilisés pour cette prière. C’est un texte de l’Apître Paul qui exprime l’espérance eschatologique – c’est-à-dire en référence aux temps derniers, à la fin de l’histoire – que le peuple d’Israël entre aussi dans l’Eglise quand tous les autres peuples y entreront. Je veux dire qu’elle exprime une espérance finale et n’appelle pas à une mission parmi eux.

La prière demande à Dieu « que, entrant dans la plénitude des membres de ton Église, tout Israël soit sauvé ». On demande par conséquent à Israël d’entrer dans l’Église…

Vous pouvez vérifier que ces mots sont tirés de l’Épître de Paul aux Romains qui, au chapitre 11, versets 25 et 26, prévoit que « à l’entrée de l’ensemble des païens (…) Israël tout entier sera sauvé ». L’Écriture est pour nous un texte normatif. Nul ne doit être offensé par le fait que nous sommes fidèles à nos Écritures, du moment qu’il est évident – comme c’est le cas ici – qu’on n’en donne pas une interprétation offensante.

La prière demande aussi que Dieu « illumine leurs cœurs, pour qu’ils reconnaissent Jésus-Christ sauveur de tous les hommes ».

Avec cette expression, nous rendons témoignage de notre foi en Jésus-Christ. Pour nous, Jésus est le Christ, le Messie et le Fils de Dieu. Les juifs ne le reconnaissent pas comme tel. La différence sur ce point est constitutive du dialogue et doit être acceptée. Nous sommes de toutes nos forces pour le dialogue, mais son objectif n’est certainement la suppression des différences constitutives.

Il n’était pas difficile de reprendre la prière du Missel de Paul VI…

C’est vrai, mais le pape a préféré composer une prière qui rappelle la place centrale du Christ, comme cela avait été le cas avec l’Instruction Dominus Jesus en 2000. Le Saint-Père est très attentif à cet aspect de notre foi, qui est sans aucun doute central. Je dois dire que je ne comprends pas pourquoi les juifs ne peuvent accepter que nous jouissions de notre liberté dans la formulation de nos
prières.

N’est-ce pas à cause du mauvais souvenir des conversions forcées ?

Des choses très mauvaises ont été faites, lorsqu’on voulait contraindre les juifs à la conversion. Nous comprenons le mauvais souvenir de faits pour lesquels nous avons demandé pardon. Mais nous avons plus de difficulté à comprendre comment on ne peut accepter le témoignage de notre foi quand celle-ci est exprimée dans le plein respect de la foi d’autrui

Recueilli par Luigi Accattoli

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