François

266e pape ; élu le 13 mars 2013

21 novembre 2014

Lettre apostolique

Lettre à tous les consacrés à l'occasion de l'année de la vie consacrée

Table des matières

Du Vatican, le 21 novembre 2014, Fête de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie.

Chères consa­crées et chers consacrés !

Je vous écris comme Successeur de Pierre, à qui le Seigneur a confié la tâche de confir­mer ses frères dans la foi (cf. Lc 22, 32), et je vous écris comme votre frère, consa­cré à Dieu comme vous.

Remercions ensemble le Père, qui nous a appe­lés à suivre Jésus dans la pleine adhé­sion à son Évangile et dans le ser­vice de l’Église, et qui a répan­du dans nos cœurs l’Esprit Saint qui nous donne la joie et nous fait rendre témoi­gnage au monde entier de son amour et de sa miséricorde.

En me fai­sant l’écho du sen­ti­ment de beau­coup d’entre vous et de la Congrégation pour les Instituts de vie consa­crée et les Sociétés de vie apos­to­lique, à l’occasion du 50ème anni­ver­saire de la Constitution dog­ma­tique Lumen gen­tium sur l’Église, qui au cha­pitre VI traite des reli­gieux, comme aus­si du Décret Perfectae cari­ta­tis sur le renou­veau de la vie reli­gieuse, j’ai déci­dé d’ouvrir une Année de la Vie Consacrée. Elle com­men­ce­ra le 30 novembre pro­chain, 1er dimanche de l’Avent, et se ter­mi­ne­ra avec la fête de la Présentation de Jésus au Temple, le 2 février 2016.

Après avoir écou­té la Congrégation pour les Instituts de vie consa­crée et les Sociétés de vie apos­to­lique, j’ai indi­qué comme objec­tifs pour cette Année les mêmes que saint Jean-​Paul II avait pro­po­sés à l’Église au début du troi­sième mil­lé­naire, repre­nant, d’une cer­taine façon, ce qu’il avait déjà indi­qué dans l’Exhortation pos-​synodale Vita conse­cra­ta : « Vous n’avez pas seule­ment à vous rap­pe­ler et à racon­ter une his­toire glo­rieuse, mais vous avez à construire une his­toire glo­rieuse ! Regardez vers l’avenir, où l’Esprit vous envoie pour faire encore avec vous de grandes choses » (n. 110).

I – Les objectifs pour l’Année de la Vie Consacrée

1. Le pre­mier objec­tif est de regar­der le pas­sé avec recon­nais­sance. Chacun de nos Instituts vient d’une riche his­toire cha­ris­ma­tique. À ses ori­gines est pré­sente l’action de Dieu qui, dans son Esprit, appelle cer­taines per­sonnes à la suite rap­pro­chée du Christ, à tra­duire l’Évangile dans une forme par­ti­cu­lière de vie, à lire avec les yeux de la foi les signes des temps, à répondre avec créa­ti­vi­té aux néces­si­tés de l’Église. L’expérience des débuts a ensuite gran­di et s’est déve­lop­pée, asso­ciant d’autres membres dans de nou­veaux contextes géo­gra­phiques et cultu­rels, don­nant vie à de nou­velles manières de mettre en œuvre le cha­risme, à de nou­velles ini­tia­tives et expres­sions de cha­ri­té apos­to­lique. C’est comme la semence qui devient un arbre en éten­dant ses branches.

Au cours de cette Année, il sera oppor­tun que chaque famille cha­ris­ma­tique se sou­vienne de ses débuts et de son déve­lop­pe­ment his­to­rique, pour rendre grâce à Dieu qui a ain­si offert à l’Église tant de dons qui la rendent belle et équi­pée pour toute œuvre bonne (cf. Lumen gen­tium, n. 12).

Raconter sa propre his­toire est indis­pen­sable pour gar­der vivante l’identité, comme aus­si pour raf­fer­mir l’unité de la famille et le sens d’appartenance de ses membres. Il ne s’agit pas de faire de l’archéologie ou de culti­ver des nos­tal­gies inutiles, mais bien plu­tôt de par­cou­rir à nou­veau le che­min des géné­ra­tions pas­sées pour y cueillir l’étincelle ins­pi­ra­trice, les idéaux, les pro­jets, les valeurs qui les ont mues, à com­men­cer par les Fondateurs, par les Fondatrices et par les pre­mières com­mu­nau­tés. C’est aus­si une manière de prendre conscience de la manière dont le cha­risme a été vécu au long de l’histoire, quelle créa­ti­vi­té il a libé­rée, quelles dif­fi­cul­tés il a dû affron­ter et com­ment elles ont été sur­mon­tées. On pour­ra décou­vrir des inco­hé­rences, fruit des fai­blesses humaines, par­fois peut-​être aus­si l’oubli de cer­tains aspects essen­tiels du cha­risme. Tout est ins­truc­tif et devient en même temps appel à la conver­sion. Raconter son his­toire, c’est rendre louange à Dieu et le remer­cier pour tous ses dons.

Nous le remer­cions de manière par­ti­cu­lière pour ces 50 der­nières années fai­sant suite au Concile Vatican II, qui a repré­sen­té un ‘coup de vent’ de l’Esprit Saint pour toute l’Église. Grâce à lui la vie consa­crée a mis en œuvre un che­min fécond de renou­veau qui, avec ses lumières et ses ombres, a été un temps de grâce, mar­qué par la pré­sence de l’Esprit.

Que cette Année de la Vie Consacrée soit aus­si une occa­sion pour confes­ser avec humi­li­té et grande confiance dans le Dieu Amour (cf. 1 Jn 4, 8) sa propre fra­gi­li­té et pour la vivre comme une expé­rience de l’amour misé­ri­cor­dieux du Seigneur ; une occa­sion pour crier au monde avec force et pour témoi­gner avec joie de la sain­te­té et de la vita­li­té pré­sentes chez un grand nombre de ceux qui ont été appe­lés à suivre le Christ dans la vie consacrée.

2. Cette Année nous appelle en outre à vivre le pré­sent avec pas­sion. La mémoire recon­nais­sante du pas­sé nous pousse, dans une écoute atten­tive de ce que l’Esprit dit à l’Église aujourd’hui, à mettre en œuvre d’une manière tou­jours plus pro­fonde les aspects consti­tu­tifs de notre vie consacrée.

Depuis les débuts du pre­mier mona­chisme, jusqu’aux « nou­velles com­mu­nau­tés » d’aujourd’hui, chaque forme de vie consa­crée est née de l’appel de l’Esprit à suivre le Christ comme il est ensei­gné dans l’Évangile (cf. Perfectae cari­ta­tis, n. 2). Pour les Fondateurs et les Fondatrices, la règle en abso­lu a été l’Évangile, toute autre règle vou­lait être seule­ment une expres­sion de l’Évangile et un ins­tru­ment pour le vivre en plé­ni­tude. Leur idéal était le Christ, adhé­rer à lui entiè­re­ment, jusqu’à pou­voir dire avec Paul : « Pour moi, vivre, c’est le Christ » (Ph 1, 21) ; les vœux avaient du sens seule­ment pour mettre en œuvre leur amour passionné.

La ques­tion que nous sommes appe­lés à nous poser au cours de cette Année est de savoir si nous aus­si nous nous lais­sons inter­pel­ler par l’Évangile et com­ment ; s’il est vrai­ment le vade­me­cum pour notre vie de chaque jour et pour les choix que nous sommes appe­lés à faire. Il est exi­geant et demande à être vécu avec radi­ca­li­té et sin­cé­ri­té. Il ne suf­fit pas de le lire (même si la lec­ture et l’étude res­tent d’extrême impor­tance), il ne suf­fit pas de le médi­ter (et nous le fai­sons avec joie chaque jour). Jésus nous demande de le mettre en œuvre, de vivre ses paroles.

Nous devons nous deman­der encore : Jésus est-​il vrai­ment notre pre­mier et unique amour, comme nous nous le sommes pro­po­sés quand nous avons pro­fes­sé nos vœux ? C’est seule­ment s’il en est ain­si que nous pou­vons et devons aimer dans la véri­té et dans la misé­ri­corde chaque per­sonne que nous ren­con­trons sur notre che­min, parce que nous aurons appris de lui ce qu’est l’amour et com­ment aimer : nous sau­rons aimer parce que nous aurons son cœur même.

Nos Fondateurs et nos Fondatrices ont éprou­vé en eux la com­pas­sion qui pre­nait Jésus quand il voyait les foules comme des bre­bis dis­per­sées sans pas­teur. Comme Jésus, mû par cette com­pas­sion, a don­né sa parole, a gué­ri les malades, a don­né le pain à man­ger, a offert sa vie-​même, de même les Fondateurs se sont aus­si mis au ser­vice de l’humanité à qui l’Esprit les envoyait, selon les manières les plus diverses : l’intercession, la pré­di­ca­tion de l’Évangile, la caté­chèse, l’instruction, le ser­vice des pauvres, des malades… L’imagination de la cha­ri­té n’a pas connu de limites et a su ouvrir d’innombrables che­mins pour por­ter le souffle de l’Évangile dans les cultures et dans les milieux sociaux les plus divers.

L’Année de la Vie Consacrée nous inter­roge sur la fidé­li­té à la mis­sion qui nous a été confiée. Nos minis­tères, nos œuvres, nos pré­sences, répondent-​ils à ce que l’Esprit a deman­dé à nos Fondateurs, sont-​ils adap­tés à en pour­suivre les fina­li­tés dans la socié­té et dans l’Église d’aujourd’hui ? Y‑a-​t-​il quelque chose que nous devons chan­ger ? Avons-​nous la même pas­sion pour nos gens, sommes-​nous proches d’eux au point d’en par­ta­ger les joies et les souf­frances, afin d’en com­prendre vrai­ment les besoins et de pou­voir offrir notre contri­bu­tion pour y répondre ? « Les mêmes géné­ro­si­té et abné­ga­tion qui ani­maient les Fondateurs – deman­dait déjà saint Jean-​Paul II – doivent vous conduire, vous, leurs enfants spi­ri­tuels, à main­te­nir vivants leurs cha­rismes qui, avec la même force de l’Esprit qui les a sus­ci­tés, conti­nuent à s’enrichir et à s’adapter, sans perdre leur carac­tère authen­tique, pour se mettre au ser­vice de l’Église et conduire à sa plé­ni­tude l’implantation de son Royaume »[1] .

Dans le rap­pel de la mémoire des ori­gines une com­po­sante sup­plé­men­taire du pro­jet de vie consa­crée est mise en lumière. Les Fondateurs et les Fondatrices étaient fas­ci­nés par l’unité des Douze autour de Jésus, par la com­mu­nion qui carac­té­ri­sait la pre­mière com­mu­nau­té de Jérusalem. En don­nant vie à leur propre com­mu­nau­té, cha­cun d’eux a vou­lu repro­duire ces modèles évan­gé­liques, être un seul cœur et une seule âme, jouir de la pré­sence du Seigneur (cf. Perfectae cari­ta­tis, n. 15).

Vivre le pré­sent avec pas­sion signi­fie deve­nir « experts de com­mu­nion », « témoins et arti­sans de ce « pro­jet de com­mu­nion » qui se trouve au som­met de l’histoire de l’homme selon Dieu »[2] . Dans une socié­té de l’affrontement, de la coha­bi­ta­tion dif­fi­cile entre des cultures dif­fé­rentes, du mépris des plus faibles, des inéga­li­tés, nous sommes appe­lés à offrir un modèle concret de com­mu­nau­té qui, à tra­vers la recon­nais­sance de la digni­té de chaque per­sonne et du par­tage du don dont cha­cun est por­teur, per­mette de vivre des rela­tions fraternelles.
Soyez donc des femmes et des hommes de com­mu­nion, rendez-​vous pré­sents avec cou­rage là où il y a des dis­pa­ri­tés et des ten­sions, et soyez signe cré­dible de la pré­sence de l’Esprit qui infuse dans les cœurs la pas­sion pour que tous soient un (cf. Jn 17, 21). Vivez la mys­tique de la ren­contre : « la capa­ci­té d’entendre, d’être à l’écoute des autres. La capa­ci­té de cher­cher ensemble le che­min, la méthode »[3] , vous lais­sant éclai­rer par la rela­tion d’amour qui passe entre les trois per­sonnes divines (cf. 1 Jn 4, 8), ce modèle de toute rela­tion interpersonnelle.

3. Embrasser l’avenir avec espé­rance veut être le troi­sième objec­tif de cette Année. Nous connais­sons les dif­fi­cul­tés que ren­contre la vie consa­crée dans ses dif­fé­rentes formes : la dimi­nu­tion des voca­tions et le vieillis­se­ment, sur­tout dans le monde occi­den­tal, les pro­blèmes éco­no­miques suite à la grave crise finan­cière mon­diale, les défis de l’internationalité et de la mon­dia­li­sa­tion, les ten­ta­tions du rela­ti­visme, la mar­gi­na­li­sa­tion et l’insignifiance sociale… C’est bien dans ces incer­ti­tudes que nous par­ta­geons avec beau­coup de nos contem­po­rains, que se met en œuvre notre espé­rance, fruit de la foi au Seigneur de l’histoire qui conti­nue de nous répé­ter : « Ne crains pas… car que je suis avec toi » (Jr 1, 8).

L’espérance dont nous par­lons ne se fonde pas sur des chiffres ni sur des œuvres, mais sur Celui en qui nous avons mis notre confiance (cf. 2 Tm 1, 12), et pour lequel « rien n’est impos­sible » (Lc 1, 37). Là est l’espérance qui ne déçoit pas et qui per­met­tra à la vie consa­crée de conti­nuer à écrire une grande his­toire dans l’avenir, vers lequel nous devons tenir notre regard tour­né, conscients que c’est vers lui que nous pousse l’Esprit Saint pour conti­nuer à faire avec nous de grandes choses.

Ne cédez pas à la ten­ta­tion du nombre et de l’efficacité, moins encore à celle de se fier à ses propres forces. Scrutez les hori­zons de votre vie et du moment actuel en veille vigi­lante. Avec Benoît XVI je vous répète : « Ne vous unis­sez pas aux pro­phètes de mal­heur qui pro­clament la fin ou le non sens de la vie consa­crée dans l’Église de nos jours ; mais revêtez-​vous plu­tôt de Jésus Christ et revê­tez les armes de lumière comme exhorte saint Paul (cf. Rm 13, 11–14) – en demeu­rant éveillés et vigi­lants »[4]. Continuons et repre­nons tou­jours notre che­min avec la confiance dans le Seigneur.

Je m’adresse sur­tout à vous les jeunes. Vous êtes le pré­sent parce que vous vivez déjà acti­ve­ment au sein de vos Instituts, en offrant une contri­bu­tion déter­mi­nante avec la fraî­cheur et la géné­ro­si­té de votre choix. En même temps, vous en êtes l’avenir parce que vous serez bien vite appe­lés à prendre en main la conduite de l’animation, de la for­ma­tion, du ser­vice, de la mis­sion. Cette Année vous serez pro­ta­go­nistes dans le dia­logue avec la géné­ra­tion qui est devant vous. Dans une com­mu­nion fra­ter­nelle, vous pour­rez vous enri­chir de son expé­rience et de sa sagesse, et en même temps vous pour­rez lui pro­po­ser de nou­veau l’idéal qu’elle a connu à son début, offrir l’élan et la fraî­cheur de votre enthou­siasme, aus­si pour éla­bo­rer ensemble des manières nou­velles de vivre l’Évangile et des réponses tou­jours plus adap­tées aux exi­gences du témoi­gnage et de l’annonce.

Je suis heu­reux de savoir que vous aurez des occa­sions de vous ras­sem­bler entre vous, jeunes de dif­fé­rents Instituts. Que la ren­contre devienne un che­min habi­tuel de com­mu­nion, de sou­tien mutuel, d’unité.

II – Les attentes pour l’Année de la Vie Consacrée

Qu’est-ce que j’attends en par­ti­cu­lier de cette Année de grâce de la vie consacrée ?

1. Que soit tou­jours vrai ce que j’ai dit un jour : « Là où il y a les reli­gieux il y a la joie ». Que nous soyons appe­lés à expé­ri­men­ter et à mon­trer que Dieu est capable de com­bler notre cœur et de nous rendre heu­reux, sans avoir besoin de cher­cher ailleurs notre bon­heur ; que l’authentique fra­ter­ni­té vécue dans nos com­mu­nau­tés ali­mente notre joie ; que notre don total dans le ser­vice de l’Église, des familles, des jeunes, des per­sonnes âgées, des pauvres, nous réa­lise comme per­sonnes et donne plé­ni­tude à notre vie.

Que ne se voient pas par­mi nous des visages tristes, des per­sonnes mécon­tentes et insa­tis­faites, parce qu’« une seque­la triste est une triste seque­la ». Nous aus­si, comme tous les autres hommes et femmes, nous avons des dif­fi­cul­tés : nuits de l’esprit, décep­tions, mala­dies, déclin des forces dû à la vieillesse. C’est pré­ci­sé­ment en cela que nous devrions trou­ver la « joie par­faite », apprendre à recon­naître le visage du Christ qui s’est fait en tout sem­blable à nous, et donc éprou­ver la joie de nous savoir sem­blables à lui qui, par amour pour nous, n’a pas refu­sé de subir la croix.

Dans une socié­té qui exhibe le culte de l’efficacité, de la recherche de la san­té, du suc­cès, et qui mar­gi­na­lise les pauvres et exclut les « per­dants », nous pou­vons témoi­gner, à tra­vers notre vie, la véri­té des paroles de l’Écriture : « Quand je suis faible c’est alors que je suis fort » (2 Co 12,10).

Nous pou­vons bien appli­quer à la vie consa­crée ce que j’ai écrit dans l’Exhortation apos­to­lique Evangelii gau­dium, en citant une homé­lie de Benoît XVI : « L’Église ne gran­dit pas par pro­sé­ly­tisme, mais par attrac­tion » (n. 14). Oui, la vie consa­crée ne gran­dit pas si nous orga­ni­sons de belles cam­pagnes voca­tion­nelle, mais si les jeunes qui nous ren­contrent se sentent atti­rés par nous, s’ils nous voient être des hommes et des femmes heu­reux ! De même, son effi­ca­ci­té apos­to­lique ne dépend pas de l’efficacité ni de la puis­sance de ses moyens. C’est votre vie qui doit par­ler, une vie de laquelle trans­pa­rait la joie et la beau­té de vivre l’Évangile et de suivre le Christ.

Je vous répète aus­si ce que j’ai dit durant la der­nière Vigile de la Pentecôte aux Mouvements ecclé­siaux : « La valeur de l’Église, fon­da­men­ta­le­ment, c’est de vivre l’Évangile et de rendre témoi­gnage de notre foi. L’Église est le sel de la terre, c’est la lumière du monde, elle est appe­lée à rendre pré­sent dans la socié­té le levain du Royaume de Dieu, et elle le fait avant tout par son témoi­gnage, le témoi­gnage de l’amour fra­ter­nel, de la soli­da­ri­té, du par­tage » (18 mai 2013).

2. J’attends que « vous réveilliez le monde », parce que la note qui carac­té­rise la vie consa­crée est la pro­phé­tie. Comme je l’ai dit aux Supérieurs Généraux « la radi­ca­li­té évan­gé­lique ne revient pas seule­ment aux reli­gieux : elle est deman­dée à tous. Mais les reli­gieux suivent le Seigneur d’une manière spé­ciale, de manière pro­phé­tique ». Voilà la prio­ri­té qui est à pré­sent récla­mée : « être des pro­phètes qui témoignent com­ment Jésus a vécu sur cette terre…Jamais un reli­gieux ne doit renon­cer à la pro­phé­tie » (29 novembre 2013).

Le pro­phète reçoit de Dieu la capa­ci­té de scru­ter l’histoire dans laquelle il vit, et d’interpréter les évé­ne­ments : il est comme une sen­ti­nelle qui veille durant la nuit et sait quand arrive l’aurore (cf. Is 21, 11–12). Il connait Dieu et il connait les hommes et les femmes, ses frères et sœurs. Il est capable de dis­cer­ne­ment et aus­si de dénon­cer le mal du péché et les injus­tices, parce qu’il est libre ; il ne doit répondre à d’autre maître que Dieu, il n’a pas d’autres inté­rêts que ceux de Dieu. Le pro­phète se tient habi­tuel­le­ment du côté des pauvres et des sans défense, parce que Dieu lui-​même est de leur côté.

J’attends donc, non pas que vous main­te­niez des « uto­pies », mais que vous sachiez créer d’« autres lieux », où se vive la logique évan­gé­lique du don, de la fra­ter­ni­té, de l’accueil de la diver­si­té, de l’amour réci­proque. Monastères, com­mu­nau­tés, centres de spi­ri­tua­li­té, vil­lages d’accueil, écoles, hôpi­taux, mai­sons fami­liales, et tous ces lieux que la cha­ri­té et la créa­ti­vi­té cha­ris­ma­tique ont fait naître – et qu’ils feront naître encore par une créa­ti­vi­té nou­velle – doivent deve­nir tou­jours plus le levain d’une socié­té ins­pi­rée de l’Évangile, la « ville sur la mon­tagne » qui dit la véri­té et la puis­sance des paroles de Jésus.

Parfois, comme il est arri­vé à Élie et à Jonas, peut venir la ten­ta­tion de fuir, de se sous­traire à la tâche de pro­phète, parce qu’elle est trop exi­geante, parce qu’on est fati­gué, déçu des résul­tats. Mais le pro­phète sait qu’il n’est jamais seul. À nous aus­si, comme à Jérémie, Dieu dit avec assu­rance : « N’aie pas peur…parce que je suis avec toi pour te défendre » (Jr 1,8).

3. Les reli­gieux et reli­gieuses, à éga­li­té avec toutes les autres per­sonnes consa­crées, sont appe­lés à être « experts en com­mu­nion ». J’attends par consé­quent que la « spi­ri­tua­li­té de la com­mu­nion », indi­quée par saint Jean-​Paul II, devienne réa­li­té, et que vous soyez en pre­mière ligne pour recueillir le « grand défi qui se trouve devant nous » en ce nou­veau mil­lé­naire : « faire de l’Église la mai­son et l’école de la com­mu­nion »[5]. Je suis cer­tain que durant cette Année vous tra­vaille­rez avec sérieux pour que l’idéal de fra­ter­ni­té pour­sui­vi par les Fondateurs et Fondatrices gran­disse à tous les niveaux, comme des cercles concentriques.

La com­mu­nion s’exerce avant tout à l’intérieur des com­mu­nau­tés res­pec­tives de l’Institut. A ce sujet je vous invite à relire mes fré­quentes inter­ven­tions dans les­quelles je ne cesse pas de répé­ter que les cri­tiques, les bavar­dages, les envies, les jalou­sies, les anta­go­nismes, sont des atti­tudes qui n’ont pas le droit d’habiter dans nos mai­sons. Mais, ceci étant dit, le che­min de la cha­ri­té qui s’ouvre devant nous est presque infi­ni, parce qu’il s’agit de pour­suivre l’accueil et l’attention réci­proque, de pra­ti­quer la com­mu­nion des biens maté­riels et spi­ri­tuels, la cor­rec­tion fra­ter­nelle, le res­pect des per­sonnes les plus faibles… C’est « la ‘mys­tique’ du vivre ensemble », qui fait de notre vie un « saint pèle­ri­nage »[6] . Nous devons nous inter­ro­ger aus­si sur le rap­port entre les per­sonnes de cultures diverses, en consta­tant que nos com­mu­nau­tés deviennent tou­jours plus inter­na­tio­nales. Comment accor­der à cha­cun de s’exprimer, d’être accueilli avec ses dons spé­ci­fiques, de deve­nir plei­ne­ment coresponsable ?

J’attends, de plus, que gran­disse la com­mu­nion entre les membres des divers Instituts. Cette Année ne pourrait-​elle pas être l’occasion de sor­tir avec plus de cou­rage des fron­tières de son propre Institut, pour éla­bo­rer ensemble, au niveau local et glo­bal, des pro­jets com­muns de for­ma­tion, d’évangélisation, d’interventions sociales ? De cette manière, un réel témoi­gnage pro­phé­tique pour­ra être offert plus effi­ca­ce­ment. La com­mu­nion et la ren­contre entre les dif­fé­rents cha­rismes et voca­tions est un che­min d’espérance. Personne ne construit l’avenir en s’isolant, ni seule­ment avec ses propres forces, mais en se recon­nais­sant dans la véri­té d’une com­mu­nion qui s’ouvre tou­jours à la ren­contre, au dia­logue, à l’écoute, à l’aide réci­proque, et nous pré­serve de la mala­die de l’autoréférentialité.
En même temps, la vie consa­crée est appe­lée à pour­suivre une sin­cère syner­gie entre toutes voca­tions dans l’Église, en par­tant des prêtres et des laïcs, en sorte de « déve­lop­per la spi­ri­tua­li­té de la com­mu­nion, d’abord à l’intérieur d’elles-mêmes, puis dans la com­mu­nau­té ecclé­siale et au delà de ses limites »[7].

4. J’attends encore de vous ce que je demande à tous les membres de l’Église : sor­tir de soi-​même pour aller aux péri­phé­ries exis­ten­tielles. « Allez par­tout dans le monde » a été la der­nière parole que Jésus a adres­sée aux siens, et qu’il conti­nue d’adresser aujourd’hui à nous tous (cf. Mc 16,15). C’est une huma­ni­té entière qui attend : per­sonnes qui ont per­du toute espé­rance, familles en dif­fi­cul­té, enfants aban­don­nés, jeunes aux­quels tout ave­nir est fer­mé par avance, malades et per­sonnes âgées aban­don­nées, riches ras­sa­siés de biens et qui ont le cœur vide, hommes et femmes en recherche de sens de la vie, assoif­fés de divin…

Ne vous repliez pas sur vous-​mêmes, ne vous lais­sez pas asphyxier par les petites dis­putes de mai­son, ne res­tez pas pri­son­niers de vos pro­blèmes. Ils se résou­dront si vous allez dehors aider les autres à résoudre leurs pro­blèmes et annon­cer la bonne nou­velle. Vous trou­ve­rez la vie en don­nant la vie, l’espérance en don­nant l’espérance, l’amour en aimant.

J’attends de vous des gestes concrets d’accueil des réfu­giés, de proxi­mi­té aux pauvres, de créa­ti­vi­té dans la caté­chèse, dans l’annonce de l’Évangile, dans l’initiation à la vie de prière. Par consé­quent, je sou­haite l’allègement des struc­tures, la réuti­li­sa­tion des grandes mai­sons en faveur d’œuvres répon­dant davan­tage aux exi­gence actuelles de l’évangélisation et de la cha­ri­té, l’adaptation des œuvres aux nou­veaux besoins.

5. J’attends que toute forme de vie consa­crée s’interroge sur ce que Dieu et l’humanité d’aujourd’hui demandent.

Les monas­tères et les groupes d’orientation contem­pla­tive pour­raient se ren­con­trer, ou bien se relier de manières plus variées pour échan­ger les expé­riences sur la vie de prière, sur com­ment gran­dir dans la com­mu­nion avec toute l’Église, sur com­ment sou­te­nir les chré­tiens per­sé­cu­tés, sur com­ment accueillir et accom­pa­gner ceux qui sont en recherche d’une vie spi­ri­tuelle plus intense ou qui ont besoin d’un sou­tien moral ou matériel.

Les Instituts cari­ta­tifs, consa­crés à l’enseignement, à la pro­mo­tion de la culture, ceux qui se lancent dans l’annonce de l’Évangile ou qui déve­loppent des minis­tères pas­to­raux par­ti­cu­liers, les Instituts sécu­liers avec leur pré­sence dif­fuse dans les struc­tures sociales, pour­ront faire de même. L’imagination de l’Esprit a engen­dré des modes de vie et de faire si divers que nous ne pou­vons pas faci­le­ment les cata­lo­guer ni les ins­crire dans des sché­mas pré­fa­bri­qués. Il ne m’est donc pas pos­sible de faire réfé­rence à chaque forme par­ti­cu­lière de cha­risme. Personne, cepen­dant, cette Année, ne devrait se sous­traire à une véri­fi­ca­tion sérieuse concer­nant sa pré­sence dans la vie de l’Église et sur la manière de répondre aux demandes nou­velles conti­nuelles qui se lèvent autour de nous, au cri des pauvres.

C’est seule­ment dans cette atten­tion aux besoins du monde et dans la doci­li­té aux impul­sions de l’Esprit, que cette Année de la Vie Consacrée se trans­for­me­ra en un authen­tique Kairòs, un temps de Dieu riche de grâces et de transformations.

III – Les horizons de l’Année de la Vie Consacrée

1. Par cette lettre, au-​delà des per­sonnes consa­crées, je m’adresse aux laïcs qui, avec elles, par­tagent idéaux, esprit, mis­sion. Certains Instituts reli­gieux ont une tra­di­tion ancienne à ce sujet, d’autres une expé­rience plus récente. De fait, autour de chaque famille reli­gieuse, comme aus­si des Sociétés de vie apos­to­lique et même des Instituts sécu­liers, est pré­sente une famille plus grande, la ‘‘famille cha­ris­ma­tique’’, qui com­prend plu­sieurs Instituts qui se recon­naissent dans le même cha­risme, et sur­tout des chré­tiens laïcs qui se sentent appe­lés, dans leur propre condi­tion laïque, à par­ti­ci­per à la même réa­li­té charismatique.

Je vous encou­rage vous aus­si laïcs, à vivre cette Année de la Vie Consacrée comme une grâce qui peut vous rendre plus conscients du don reçu. Célébrez-​le avec toute la ‘‘famille’’, pour croître et répondre ensemble aux appels de l’Esprit dans la socié­té contem­po­raine. À cer­taines occa­sions, quand les consa­crés de divers Instituts se ren­con­tre­ront cette Année, faites en sorte d’être pré­sents vous aus­si comme expres­sion de l’unique don de Dieu, de manière à connaître les expé­riences des autres familles cha­ris­ma­tiques, des autres groupes de laïcs, et de manière à vous enri­chir et à vous sou­te­nir réciproquement.

2. L’Année de la Vie Consacrée ne concerne pas seule­ment les per­sonnes consa­crées, mais l’Église entière. Je m’adresse ain­si à tout le peuple chré­tien pour qu’il prenne tou­jours davan­tage conscience du don qu’est la pré­sence de tant de consa­crées et de consa­crés, héri­tiers de grands saints qui ont fait l’histoire du chris­tia­nisme. Que serait l’Église sans saint Benoît et saint Basile, sans saint Augustin et saint Bernard, sans saint François et saint Dominique, sans saint Ignace de Loyola et sainte Thérèse d’Avila, sans sainte Angèle Merici et saint Vincent de Paul ? La liste serait presque infi­nie, jusqu’à saint Jean Bosco et à la bien­heu­reuse Teresa de Calcutta. Le bien­heu­reux Paul VI affir­mait : « Sans ce signe concret, la cha­ri­té de l’ensemble de l’Église ris­que­rait de se refroi­dir, le para­doxe sal­vi­fique de l’Évangile de s’émousser, le ‘‘sel’’ de la foi de se diluer dans un monde en voie de sécu­la­ri­sa­tion » (Evangelica tes­ti­fi­ca­tio, n. 3).

J’invite donc toutes les com­mu­nau­tés chré­tiennes à vivre cette Année avant tout pour remer­cier le Seigneur et faire mémoire recon­nais­sante des dons reçus, et que nous rece­vons encore à tra­vers la sain­te­té des Fondateurs et des Fondatrices et de la fidé­li­té de tant de consa­crés à leur propre cha­risme. Je vous invite tous à vous retrou­ver autour des per­sonnes consa­crées, à vous réjouir avec elles, à par­ta­ger leurs dif­fi­cul­tés, à col­la­bo­rer avec elles, dans la mesure du pos­sible, pour la pour­suite de leur minis­tère et de leur œuvre, qui sont aus­si ceux de l’Église tout entière. Faites-​leur sen­tir l’affection et la cha­leur de tout le peuple chrétien.

Je bénis le Seigneur pour l’heureuse coïn­ci­dence de l’Année de la Vie Consacrée avec le Synode sur la famille. Famille et vie consa­crée sont des voca­tions por­teuses de richesse et de grâce pour tous, des espaces d’humanisation dans la construc­tion de rela­tions vitales, lieux d’évangélisation. On peut s’y aider les uns les autres.

3. Par cette lettre, j’ose m’adresser aus­si aux per­sonnes consa­crées et aux membres des fra­ter­ni­tés et des com­mu­nau­tés appar­te­nant à des Églises de tra­di­tion dif­fé­rente de la tra­di­tion catho­lique. Le mona­chisme est un patri­moine de l’Église indi­vise, tou­jours très vivant aus­si bien dans les Églises ortho­doxes que dans l’Église catho­lique. À ce patri­moine, comme à d’autres expé­riences ulté­rieures, du temps où l’Église d’Occident était encore unie, s’inspirent des ini­tia­tives ana­logues sur­gies dans les milieux des Communautés ecclé­siales de la Réforme, les­quelles ont conti­nué ensuite à géné­rer en leur sein d’autres formes de com­mu­nau­tés fra­ter­nelles et de service.

La Congrégation pour les Instituts de vie consa­crée et les Sociétés de vie apos­to­lique a pro­gram­mé des ini­tia­tives pour faire se ren­con­trer les membres appar­te­nant à des expé­riences de vie consa­crée et fra­ter­nelle des dif­fé­rentes Églises. J’encourage cha­leu­reu­se­ment ces ren­contres pour que gran­dissent la connais­sance mutuelle, l’estime, la col­la­bo­ra­tion réci­proque, de manière à ce que l’œcuménisme de la vie consa­crée soit une aide à la marche plus large vers l’unité entre toutes les Églises.

4. Nous ne pou­vons pas ensuite oublier que le phé­no­mène du mona­chisme et d’autres expres­sions de fra­ter­ni­té reli­gieuse est pré­sent dans toutes les grandes reli­gions. Des expé­riences, même appro­fon­dies, de dia­logue inter-​monastique entre l’Église catho­lique et cer­taines grandes tra­di­tions reli­gieuses ne manquent pas. Je sou­haite que l’Année de la Vie Consacrée soit l’occasion pour éva­luer le che­min par­cou­ru, pour sen­si­bi­li­ser dans ce domaine les per­sonnes consa­crées, pour nous deman­der quels pas sup­plé­men­taires sont à faire vers une connais­sance réci­proque tou­jours plus pro­fonde, et pour une col­la­bo­ra­tion dans de nom­breux domaines com­muns du ser­vice de la vie humaine.

Cheminer ensemble est tou­jours un enri­chis­se­ment et peut ouvrir des voies nou­velles à des rela­tions entre peuples et cultures qui en ces temps-​ci appa­raissent héris­sées de difficultés.

5. Je m’adresse enfin de manière par­ti­cu­lière à mes frères dans l’épiscopat. Que cette Année soit une oppor­tu­ni­té pour accueillir cor­dia­le­ment et avec joie la vie consa­crée comme un capi­tal spi­ri­tuel qui pro­fite au bien de tout le Corps du Christ (cf. Lumen gen­tium, n. 43) et non seule­ment des familles reli­gieuses. « La vie consa­crée est un don à l’Église, elle naît dans l’Église, croît dans l’Église, et est toute orien­tée vers l’Église »[8]. C’est pour­quoi, en tant que don à l’Église, elle n’est pas une réa­li­té iso­lée ni mar­gi­nale, mais elle lui appar­tient inti­me­ment. Elle est au cœur de l’Église comme un élé­ment déci­sif de sa mis­sion, en tant qu’elle exprime l’intime nature de la voca­tion chré­tienne et la ten­sion de toute l’Église Épouse vers l’union avec l’unique Époux ; donc elle « appar­tient… sans conteste à sa vie et à sa sain­te­té » (ibid, n. 44).

Dans ce contexte, je vous invite, Pasteurs des Églises par­ti­cu­lières, à une sol­li­ci­tude spé­ciale pour pro­mou­voir dans vos com­mu­nau­tés les dif­fé­rents cha­rismes, his­to­riques ou bien nou­veaux, en sou­te­nant, en ani­mant, en aidant le dis­cer­ne­ment, en vous fai­sant proches avec ten­dresse et amour des situa­tions de souf­france et de fai­blesse dans les­quelles peuvent se trou­ver cer­tains consa­crés, et sur­tout en éclai­rant le peuple de Dieu par votre ensei­gne­ment sur la valeur de la vie consa­crée de manière à en faire res­plen­dir la beau­té et la sain­te­té dans l’Église.

Je confie à Marie, la Vierge de l’écoute et de la contem­pla­tion, pre­mière dis­ciple de son Fils bien-​aimé, cette Année de la Vie Consacrée. C’est Elle, fille bien-​aimée du Père et revê­tue de tous les dons de la grâce, que nous consi­dé­rons comme modèle insur­pas­sable de la seque­la dans l’amour de Dieu et dans le ser­vice du prochain.

Reconnaissant d’ores et déjà avec vous tous pour les dons de grâce et de lumière dont le Seigneur vou­dra nous enri­chir, je vous accom­pagne tous avec la Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 21 novembre 2014, Fête de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie.

François

Notes de bas de page

  1. Lett. ap. Les che­mins de l’Évangile, aux reli­gieux et reli­gieuses d’Amérique latine, à l’occasion du Vème cen­te­naire de l’évangélisation du Nouveau Monde – 29 juin 1990, DC n° 2013, p. 834–844, n. 26.[]
  2. Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, Religieux et pro­mo­tion humaine, 12 août 1980, n.24 : L’Osservatore Romano, Suppl. 12 nov. 1980, pp. I‑VIII.[]
  3. Discours aux rec­teurs et aux étu­diants des Collèges pon­ti­fi­caux de Rome, 12 mai 2014.[]
  4. Homélie de la fête de la Présentation de Jésus au Temple, 2 février 2013.[]
  5. Lett. ap. Novo mil­len­nio ineunte, 6 jan­vier 2001, n. 43.[]
  6. Exh. ap. Evangelii gau­dium, 24 novembre 2013, n. 87.[]
  7. Jean-​Paul II, Exhort. ap. post-​syn. Vita consa­cra­ta, 25 mars 1996, n.51.[]
  8. S.E. Mgr J.M. Bergoglio, Intervention au Synode sur la vie consa­crée et sa mis­sion dans l’Église et dans le monde, 16ème Congrégation géné­rale, 13 octobre 1994.[]
17 octobre 2015
Discours du 50e anniversaire de l'institution du synode des évêques
  • François
24 octobre 2015
Discours de conclusion du synode sur la famille
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