En ce 21 novembre 2012, il y a 38 ans… Maison Générale de la FSSPX

Basilique Sainte-Marie-Majeure - 14 mars 2013 - Le Pape François priant devant la chasse de saint Pie V, le lendemain même de son élection, en la chapelle sixtine construite par Sixte V et dédiée à saint Pie V

« Nous adhé­rons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catho­lique, gar­dienne de la Foi catho­lique et des tra­di­tions néces­saires au main­tien de cette foi, à la Rome éter­nelle, maî­tresse de sagesse et de vérité. »

« Nous refu­sons par contre et avons tou­jours refu­sé de suivre la Rome de ten­dance néo-​moderniste et néo-​protestante qui s’est mani­fes­tée clai­re­ment dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »

« Toutes ces réformes, en effet, ont contri­bué et contri­buent encore à la démo­li­tion de l’Eglise, à la ruine du Sacerdoce, à l’a­néan­tis­se­ment du Sacrifice et des Sacrements, à la dis­pa­ri­tion de la vie reli­gieuse, à un ensei­gne­ment natu­ra­liste et teil­har­dien dans les Universités, les Séminaires, la caté­chèse, ensei­gne­ment issu du libé­ra­lisme et du pro­tes­tan­tisme condam­nés maintes fois par le magis­tère solen­nel de l’Eglise. »

« Aucune auto­ri­té, même la plus éle­vée dans la hié­rar­chie ne peut nous contraindre à aban­don­ner ou à dimi­nuer notre foi catho­lique clai­re­ment expri­mée et pro­fes­sée par le magis­tère de l’Eglise depuis dix-​neuf siècles. »

« S’il arri­vait, dit saint Paul, que nous-​même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai ensei­gné, qu’il soit ana­thème. (Gal. 1:8) »

« N’est-​ce par ce que nous répète le Saint-​Père aujourd’­hui ? Et si une cer­taine contra­dic­tion se mani­fes­tait dans ses paroles et ses actes ain­si que dans les actes des dicas­tères, alors nous choi­sis­sons ce qui a tou­jours été ensei­gné et nous fai­sons la sourde oreille aux nou­veau­tés des­truc­trices de l’Eglise. »

« On ne peut modi­fier pro­fon­dé­ment la “lex oran­di” sans modi­fier la “lex cre­den­di.” A messe nou­velle cor­res­pond caté­chisme nou­veau, sacer­doce nou­veau, sémi­naires nou­veaux, uni­ver­si­tés nou­velles, Eglise cha­ris­ma­tique, pen­te­cô­tiste, toutes choses oppo­sées à l’or­tho­doxie et au magis­tère de toujours. »

« Cette Réforme étant issue du libé­ra­lisme, du moder­nisme, est tout entière empoi­son­née ; elle sort de l’hé­ré­sie et abou­tit à l’hé­ré­sie, même si tous ses actes ne sont pas for­mel­le­ment héré­tiques. Il est donc impos­sible à tout catho­lique conscient et fidèle d’a­dop­ter cette Réforme et de s’y sou­mettre de quelque manière que ce soit. »

« La seule atti­tude de fidé­li­té à l’Eglise et à la doc­trine catho­lique, pour notre salut, est le refus caté­go­rique d’ac­cep­ta­tion de la Réforme. »

« C’est pour­quoi sans aucune rébel­lion, aucune amer­tume, aucun res­sen­ti­ment nous pour­sui­vons notre œuvre de for­ma­tion sacer­do­tale sous l’é­toile du magis­tère de tou­jours, per­sua­dés que nous ne pou­vons rendre un ser­vice plus grand à la Sainte Eglise Catholique, au Souverain Pontife et aux géné­ra­tions futures. »

« C’est pour­quoi nous nous en tenons fer­me­ment à tout ce qui a été cru et pra­ti­qué dans la foi, les moeurs, le culte, l’en­sei­gne­ment du caté­chisme, la for­ma­tion du prêtre, l’ins­ti­tu­tion de l’Eglise, par l’Eglise de tou­jours et codi­fié dans les livres parus avant l’in­fluence moder­niste du concile en atten­dant que la vraie lumière de la Tradition dis­sipe les ténèbres qui obsur­cissent le ciel de la Rome éternelle. »

« Ce fai­sant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convain­cus de demeu­rer fidèles à l’Eglise Catholique et Romaine, à tous les suc­ces­seurs de Pierre, et d’être les “fidèles dis­pen­sa­teurs des mys­tères de Notre Seigneur Jésus- Christ” dans le Saint-​Esprit. Amen. »

Le 18 mai 1975, le fondateur de la Fraternité Saint-​Pie X donnait le sens exact de cette déclaration :

« Jamais il n’a été dans mon inten­tion ni dans celle de mes col­la­bo­ra­teurs, de rompre en quoi que ce soit l’unité avec l’Eglise catho­lique et avec son chef légi­time, le pape Paul VI. Aussi, solen­nel­le­ment, je renou­velle mon atta­che­ment au Souverain Pontife et à la hié­rar­chie catho­lique dont, par la grâce de Dieu et l’autorité du siège apos­to­lique, je fais par­tie depuis près de 30 ans. Interpréter ma décla­ra­tion du 21 novembre, dans un sens schis­ma­tique est une chose impos­sible et je l’ai rap­pe­lé à M. l’abbé de Nantes, dans ma lettre du 19 mars 1975 dans laquelle j’écrivais : « Sachez que si un évêque rompt avec Rome ce ne sera pas moi ». Ma décla­ra­tion le dit expli­ci­te­ment et fortement. »

« Cependant nier l’influence moder­niste et libé­rale qui s’exerce dans l’Eglise, spé­cia­le­ment depuis le concile Vatican II, dans des réformes qui pré­tendent être ins­pi­rées du concile, équi­vau­drait à nier l’évidence qui se fait chaque jour plus pres­sante et dou­lou­reuse au cœur des fidèles.

« Nous res­pec­tons en toute sin­cé­ri­té les textes de ce concile pas­to­ral dans la ligne de toute la Tradition, ain­si que le pré­ci­sait le Souverain Pontife Jean XXIII, dans son allo­cu­tion qui clô­tu­rait la messe d’ouverture du 11 octobre 1962. C’est pour­quoi nous réprou­vons avec vigueur toute ambi­guï­té et toute inter­pré­ta­tion abu­sive des textes de Vatican II et, nous pro­fes­sons l’autorité de ce concile dans le res­pect des dif­fé­rentes notes théo­lo­giques, appli­cables à tous les textes conci­liaires. Foi en l’Eglise, foi dans le pri­mat du Pontife romain, le refus de tout ce qui contri­bue à l’autodestruction de l’Eglise, telle est la ligne que nous sui­vons dans et mal­gré l’épreuve présente.

« Ecône se veut une source sacer­do­tale pour contri­buer à l’édification de l’Eglise catho­lique apos­to­lique et romaine. Ecône n’a pas d’autre prétention. »

Le 16 juillet 2012, à l’issue du Chapitre général de la Fraternité Saint-​Pie X, Mgr Bernard Fellay reprenait la déclaration de Mgr Lefebvre

DICI : Comment s’est dérou­lé le Chapitre géné­ral ? Dans quelle atmosphère ?

Mgr Fellay : Dans une atmo­sphère assez chaude, parce que le mois de juillet est par­ti­cu­liè­re­ment tor­ride, en Valais ! Mais dans une atmo­sphère très appli­quée, sur le fond, car les membres du Chapitre ont pu échan­ger en toute liber­té, comme il convient dans une telle réunion de travail.

DICI : Les rela­tions avec Rome ont-​elles été trai­tées ? N’y avait-​il pas de ques­tions inter­dites ? Les dis­sen­sions qui se sont mani­fes­tées au sein de la FSSPX, ces der­niers temps, ont-​elles pu être apaisées ?

Mgr Fellay : Cela fait beau­coup de ques­tions ! Au sujet de Rome, nous sommes vrai­ment allés au fond des choses, et tous les capi­tu­lants ont pu prendre connais­sance du dos­sier com­plet. Rien n’a été mis de côté, il n’y a pas de tabou entre nous. Je me devais d’exposer pré­ci­sé­ment l’ensemble des docu­ments échan­gés avec le Vatican, ce qui avait été ren­du dif­fi­cile par le cli­mat délé­tère de ces der­niers mois. Cet expo­sé a per­mis une dis­cus­sion franche qui a éclai­ré les doutes et dis­si­pé les incom­pré­hen­sions. Cela a favo­ri­sé la paix et l’unité des cœurs, et c’est très réjouissant.

DICI : Comment voyez-​vous les rela­tions avec Rome après ce chapitre ? 

Mgr Fellay : Toutes les ambi­guï­tés ont été levées chez nous. Nous ferons très pro­chai­ne­ment par­ve­nir à Rome la posi­tion du Chapitre qui nous a don­né l’occasion de pré­ci­ser notre feuille de route en insis­tant sur la conser­va­tion de notre iden­ti­té, seul moyen effi­cace pour aider l’Eglise à res­tau­rer la Chrétienté. Car, comme je vous l’ai dit récem­ment, « si nous vou­lons faire fruc­ti­fier le tré­sor de la Tradition pour le bien des âmes, nous devons par­ler et agir » (voir entre­tien du 8 juin 2012). Nous ne pou­vons gar­der le silence devant la perte de la foi géné­ra­li­sée, ni devant la chute ver­ti­gi­neuse des voca­tions et de la pra­tique reli­gieuse. Nous ne pou­vons nous taire devant « l’apostasie silen­cieuse » et ses causes. Car le mutisme doc­tri­nal n’est pas la réponse à cette « apos­ta­sie silen­cieuse » que même Jean-​Paul II consta­tait, en 2003.

Dans cette démarche, nous enten­dons nous ins­pi­rer non seule­ment de la fer­me­té doc­tri­nale de Mgr Lefebvre, mais aus­si de sa cha­ri­té pas­to­rale. L’Eglise a tou­jours consi­dé­ré que le meilleur témoi­gnage en faveur de la véri­té était don­né par l’union des pre­miers chré­tiens dans la prière et la cha­ri­té. Ils ne fai­saient « qu’un seul cœur et qu’une seule âme », nous disent les Actes des Apôtres (4, 32). Le bul­le­tin de liai­son interne de la Fraternité Saint-​Pie X s’intitule Cor unum, c’est un idéal com­mun, un mot d’ordre pour tous. Aussi nous nous sépa­rons avec force de tous ceux qui ont vou­lu pro­fi­ter de la situa­tion pour semer la ziza­nie, en oppo­sant les membres de la Fraternité les uns aux autres. Cet esprit-​là ne vient pas de Dieu.

DICI : Que vous ins­pire la nomi­na­tion de Mgr Ludwig Müller à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ?

L’ancien évêque de Ratisbonne, où se trouve notre sémi­naire de Zaitzkofen, ne nous appré­cie pas, ce n’est un secret pour per­sonne. Après l’acte cou­ra­geux de Benoît XVI en notre faveur en 2009, il n’avait guère paru vou­loir col­la­bo­rer dans le même sens, et nous trai­tait comme des parias ! C’est lui qui décla­rait alors que notre sémi­naire devrait être fer­mé et que nos étu­diants devraient aller dans les sémi­naires de leur région d’origine, avant d’affirmer sans détour : « Les quatre évêques de la Fraternité Saint-​Pie X doivent tous démis­sion­ner » ! (voir entre­tien dans Zeit Online du 8 mai 2009).

Mais plus impor­tant et plus inquié­tant pour nous est le rôle qu’il va devoir assu­mer à la tête de la Congrégation de la Foi qui doit défendre la foi, dont la mis­sion propre est de com­battre les erreurs doc­tri­nales et les héré­sies. Car plu­sieurs textes de Mgr Müller sur la trans­sub­stan­tia­tion véri­table du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ, sur le dogme de la vir­gi­ni­té de Marie, sur la néces­si­té pour les non-​catholiques d’une conver­sion à l’Eglise catho­lique… sont plus que dis­cu­tables ! Sans aucun doute, ils auraient fait autre­fois l’objet d’une inter­ven­tion de la part du Saint-​Office dont est issue la Congrégation de la Foi qu’il pré­side aujourd’hui.

DICI : Comment se pré­sente l’avenir de la Fraternité Saint-​Pie X ? Dans son com­bat pour la Tradition de l’Eglise, est-​elle tou­jours sur une ligne de crête ? 

Mgr Fellay : Plus que jamais nous devons effec­ti­ve­ment gar­der cette ligne de crête fixée par notre véné­ré fon­da­teur. C’est une ligne dif­fi­cile à tenir, mais abso­lu­ment vitale pour l’Eglise et le tré­sor de sa Tradition. Nous sommes catho­liques, nous recon­nais­sons le pape et les évêques, mais devons avant tout conser­ver inal­té­rée la foi, source de la grâce du Bon Dieu. Il faut par consé­quent évi­ter tout ce qui pour­rait la mettre en dan­ger, sans pour­tant nous sub­sti­tuer à l’Eglise catho­lique, apos­to­lique et romaine. Loin de nous l’idée de consti­tuer une Eglise paral­lèle, exer­çant un magis­tère parallèle !

Mgr Lefebvre a très bien expli­qué cela, il y a plus de trente ans : il n’a vou­lu que trans­mettre ce qu’il avait reçu de l’Eglise bimil­lé­naire. Et c’est tout ce que nous vou­lons à sa suite, car ce n’est qu’ainsi que nous pour­rons aider effi­ca­ce­ment à « res­tau­rer toutes choses dans le Christ ». Ce n’est pas nous qui rom­prons avec Rome, la Rome éter­nelle, maî­tresse de sagesse et de véri­té. Pour autant il serait irréa­liste de nier l’influence moder­niste et libé­rale qui s’exerce dans l’Eglise depuis le concile Vatican II et les réformes qui en sont issues. En un mot, nous gar­dons la foi dans la pri­mau­té du Pontife romain et dans l’Eglise fon­dée sur Pierre, mais nous refu­sons tout ce qui contri­bue à l’« auto­des­truc­tion de l’Eglise », recon­nue par Paul VI lui-​même, dès 1968.

Daigne Notre-​Dame, Mère de l’Eglise, hâter le jour de son authen­tique restauration !

Source : FSSPX/​MG – DICI du 21/​11/​12