A quelques jours du Pèlerinage de Tradition, un prêtre donne quelques conseils pour élever les âmes par le chant et propose un livret téléchargeable.
Nous avions évoqué, dans le Fideliter n°266, la figure de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Son mérite a été de traduire le catéchisme, non pas dans des langues inconnues et lointaines, mais tout simplement en musique, afin que les paroles saintes pénètrent plus facilement dans les âmes des auditeurs par une musique entraînante et sanctifiante.
Nous voudrions aujourd’hui en donner une application très concrète en vue d’un rendez-vous prochain, le pèlerinage de Chartres à Paris, en particulier pour les chapitres-enfants, car ces jeunes âmes sont très réceptives à ce que signifient les langages non-verbaux. Après quelques principes généraux mûris par l’expérience de plusieurs confrères ou chefs de chapitres, nous tâcherons de proposer une séquence complète pour un temps de marche d’un chapitre-enfant, afin d’aider ceux qui ont charge de jeunes âmes pendant ces trois jours à faire bien prier ; car « chanter, c’est prier deux fois. » Un livret de chants y est joint[1], cet article en est le mode d’emploi.
Principes généraux
Un enfant a besoin de changer d’activité régulièrement, mais il n’a pas besoin de pratiquer tous les genres d’activités au cours d’une même journée. Les institutrices le savent, une récréation de vingt à trente minutes suffit pour aérer un enfant de huit ans pendant une matinée de trois heures. Il peut même arriver que même cette récréation ne soit pas libre, mais que le jeu soit organisé ; l’enfant n’en sera pas affecté, même si ce n’est pas son préféré.
Il en est de même en pèlerinage, prier pendant une matinée avec quelques moments de récréation dirigée n’est pas impossible, l’expérience de plusieurs chefs de chapitre en témoigne. Le chef de chapitre peut proposer aux enfants : 1° une méditation sur un texte du dossier spirituel, 2° une histoire donnant l’exemple d’un saint, 3° la récitation d’une prière, en particulier le chapelet médité, 4° un chant pieux, 5° un chant récréatif. Tout cela peut être un peu mélangé, et on peut aussi avec grand profit interroger les enfants sur ce qu’ils ont entendu ou chanté.
Mais en réalité, le chant n’est pas si extérieur aux autres activités, car de nombreux chants font méditer les vérités de la foi (les chants de saint Louis-Marie en particulier), sont une prière (Je vous adore, ô Sainte Eucharistie), invitent à la prière (Par l’Ave Maria) ou relatent l’exemple d’un saint ou d’un modèle (Le Roy Louis).
Il est donc possible et tout-à-fait recommandé, de bannir de nos chapitres enfants, non seulement les rengaines modernes de pseudo-piété sentimentale (de fait, elles sont déjà bannies du carnet du pèlerin), mais également des chants de détente dont le texte n’est pas approprié aux enfants (chansons à boire et chansons d’amour) ! N’oublions pas que la musique donne une force supplémentaire au texte (comme le dit saint Pie X de la musique liturgique dans son Motu Proprio Tra le Sollecitudini). Il ne faudrait pas ancrer dans l’âme des jeunes pèlerins les mauvaises mœurs de “troubadours” révolutionnaires de l’époque romantique. Volontairement, je ne donne pas ici la liste des chants à éviter ; elle ne serait pas exhaustive et donnerait trop de mauvaises idées à certains. Nous ne donnerons donc que de bonnes idées.
Il est inutile de rappeler que si chanter, c’est prier, crier n’est pas chanter. C’est souvent contre-éducatif et malheureusement les séquelles sur la voix (nodules irréversibles) sont largement sous-estimées.
Un dernier conseil : un chant de chapitre sera bienvenu. Il ne parle pas forcément de la région, du saint du chapitre, mais les enfants le connaissent, il est pieux et entraînant. On le chante souvent, surtout à l’arrivée aux bivouacs.
Une demi-journée de pèlerinage
Lorsque le chef de chapitre reprendra en main les enfants au départ de la marche, il est évident qu’il leur fera offrir leur journée de marche. Mais plutôt que de donner quelques considérations mal écoutées par des enfants mal réveillés, il gagnera à leur faire chanter eux-mêmes l’offrande. « À Vous, Jésus, ma journée » développe plusieurs aspects de cette offrande bien nécessaire : les prières en premier lieu, mais aussi les leçons (ce n’est pas le cas en pèlerinage mais ce sera une habitude pour les jours d’école), les sacrifices, l’obéissance (vertu particulière aux enfants) et autres victoires. Dans la Croisade Eucharistique, ces bonnes œuvres sont comptabilisées dans le trésor du soir. Rien n’empêche ceux qui ne sont pas Croisés de pratiquer cette même offrande et ce bilan quotidien.
Après un premier texte du dossier spirituel, le chef de chapitre proposera certainement l’exemple d’un saint qui appliqua les vertus prônées dans ce dossier. Puis il invitera à prendre le chapelet, cette “mitraillette à cinquante-trois coups”, comme dit l’expression connue. Dans le cadre d’un pèlerinage, en récitant certaines dizaines (et en en chantant d’autres) et en mettant à profit les trajets en car, il est possible de réciter le rosaire dans la journée. Lorsque certains enfants pourront sembler lassés par le chapelet, il sera temps d’en vanter les mérites par le chant composé par saint Louis-Marie à cet effet : « Par l’Ave Maria ».
Au bout de quelques kilomètres, après une ou deux dizaines, la récréation sera bienvenue et certains sentiront peut-être la fatigue. Il est temps de chanter quelque chose d’entraînant et qui donne du courage pour la marche et les sacrifices inhérents à celle-ci. Après avoir expliqué la différence entre la S.P.A. et le Sacrifice Par Amour dont il est question dans ce chant, il est possible de faire chanter le chant du S.P.A. Il rappelle les différentes formes de sacrifice que l’on peut pratiquer lorsqu’on veut être soldat de Jésus-Christ (ce que signifie essentiellement le mot “Croisé”).
Je passe sur les exemples que l’on peut lire, sur lesquels on peut interroger les enfants, afin de s’assurer qu’ils écoutent (la mémoire des enfants est souvent sous-estimée). Le dossier spirituel des chapitres enfants est complet de ce côté.
Pour encourager les enfants dans la prière pour les vocations, thème du pèlerinage 2026, on peut utiliser le chant « Nous voulons Dieu ». La Croisade Eucharistique en propose une version adaptée aux enfants, qui permet de leur faire chanter « Nous voulons Dieu dans notre école pour qu’on nous parle de sa loi », plutôt que « Nous voulons Dieu dans nos écoles pour qu’on enseigne à tous nos fils … » Le refrain également a été adapté : « Bénis notre Croisade, douce Reine des cieux ! Contre le mal qui les dégrade, garde nos cœurs purs et joyeux ! » Ce changement n’est pas grand-chose, et la version « adultes » est présente dans le carnet, mais ça peut aider.
Le chef de chapitre préparera les enfants à la communion par un chant d’adoration : Je vous adore, ô Sainte Eucharistie. L’enregistrement est disponible, selon cette version adaptée aux enfants par la Croisade Eucharistique.
Pour la détente, quelque temps après le SPA, « Le Roy Louis » donnera l’ardeur nécessaire aux enfants pour cette Croisade des Vocations à laquelle le thème du pèlerinage nous appelle.
Si jamais il vient à pleuvoir, plutôt que des rengaines peu heureuses, l’invocation de Saint Médard sera bienvenue : « O Bon Saint-Médard » peut être appris en quelques minutes et répété lorsque la pluie rend impossible de sortir son carnet de chant. Nous vous en donnons l’enregistrement.
Nous parlions en introduction de chants entraînants et enseignant le catéchisme : « Le dévot esclave de Jésus » est un bon exemple. On peut l’apprendre grâce à cet enregistrement du Centre Grégorien Saint-Pie‑X. Nous espérons que ces quelques conseils et le livret de cantiques ci-joint, facile à imprimer en livret A6, seront utiles pour les chapitres enfants ; mais aussi que le livret bénéficiera de leurs remarques pour les années futures !
- Le fichier “livret de chants Pentecôte-livretA6” permet d’obtenir un livret de poche par une simple impression en livret.[↩]






