Un missionaire nous parle – Rencontre avec la Tradition au Nigeria, par le Père Benedict – Mai-​juin 2015

Un missionaire nous parle – Rencontre avec la Tradition
au Nigeria, par le Père Benedict – Mai-​juin 2015

Le père Benedict nous raconte son par­cours depuis le sémi­naire jus­qu’au Nigeria. Il nous fait par­ta­ger son expé­rience de missionnaire.

Issu d’une famille fran­çaise nom­breuse et catho­lique, j’ai béné­fi­cié d’une édu­ca­tion pro­fon­dé­ment chré­tienne. Ayant très tôt res­sen­ti l’ap­pel du sacer­doce, je suis entré au sémi­naire un an après mon Baccalauréat, dans la Fraternité Saint Pie X. Après les six années de for­ma­tion, j’ai reçu l’or­di­na­tion sacer­do­tale en juin 2012. J’avais fait savoir à mes Supérieurs mon désir de m’é­loi­gner de France pen­dant quelques années : je sou­hai­tais décou­vrir un peu le vaste monde, d’autres cultures, la riche diver­si­té de l’Église ! Et puis j’a­vais tou­jours été un peu fas­ci­né par les mis­sion­naires, je dési­rais me mettre à leur suite.

Quelques jours avant l’or­di­na­tion sacer­do­tale, j’ai appris ma nomi­na­tion en Afrique du Sud, dans la ville de Durban. J’étais com­blé ! Je suis res­té un an à ce pre­mier poste, décou­vrant peu à peu la vie de prêtre, mais aus­si l’Afrique par quelques voyages dans dif­fé­rentes par­ties d’Afrique du Sud, ain­si qu’au Zimbabwe (pen­dant trois mois), et au Gabon lors d’un « stage » d’un mois.

Ces expé­riences m’ont pré­pa­ré à mon deuxième poste : dès la fin de cette pre­mière année en effet, j’é­tais muté au Nigeria !

Nigeria – Enugu 

Cela fait à pré­sent plus d’un an que je suis arri­vé à Enugu, cette « petite » ville de 650 000 habi­tants du Sud- Est du Nigeria. Il est cer­tain que, pour un Français, vivre au Nigeria est une source per­ma­nente d’é­ton­ne­ment. Tout y est si dif­fé­rent de ce que nous pou­vons connaître en Europe ! Les contrastes pauvreté- richesse y sont ter­ri­ble­ment fla­grants, les infra­struc­tures en piètre état ; s’a­joutent à cela le cli­mat chaud et humide, la cor­rup­tion uni­ver­selle, l’ins­ta­bi­li­té poli­tique et reli­gieuse et l’insécurité.

« Les contrastes pauvreté-​richesse sont ter­ri­ble­ment flagrants »

Mais cela n’empêche pas les Nigérians d’être des gens très accueillants et agréables !

Apostolat

La spé­ci­fi­ci­té de la Fraternité Saint Pie X étant de répondre à la demande de catho­liques qui sou­haitent la litur­gie tra­di­tion­nelle et ce qui lui est connexe (caté­chisme, etc), notre ins­tal­la­tion au Nigeria ne déroge pas à cette règle, et ce sont donc dif­fé­rents groupes de fidèles qui se sont consti­tués pour faire appel à notre ministère.

C’est ain­si que, pas­sés les pre­miers mois où il a fal­lu ins­tal­ler notre prieu­ré pro­vi­soire et orga­ni­ser l’a­pos­to­lat, désor­mais il faut inten­si­fier le rythme des tour­nées pas­to­rales dans les villes où se trouvent ces groupes.

Il ne fau­drait pas ima­gi­ner un minis­tère sem­blable à celui des mis­sion­naires du 19ème siècle…

« Il est bien fini le temps des Pères Blancs ou des Spiritains navi­guant en pirogue » 

Aujourd’hui chaque vil­lage de brousse a son église et la visite fré­quente de prêtres autoch­tones ! Il est bien fini le temps des Pères Blancs ou des Spiritains navi­guant en pirogue pen­dant deux jours pour atteindre tel petit vil­lage en forêt. L’Église catho­lique est très bien orga­ni­sée, les prêtres sont nom­breux (pour beau­coup ils portent l’ha­bit ecclé­sias­tique), les sémi­naires sont pleins.

Notre com­mu­nau­té étant consti­tuée de trois prêtres, nous allons à tour de rôle assu­rer le minis­tère auprès de ces groupes. Il faut alors voya­ger en avion, par­tir trois ou quatre jours, faire le plus pos­sible en très peu de temps. Quant à Enugu même, c’est prin­ci­pa­le­ment le caté­chisme, les confes­sions, la cho­rale et la litur­gie, la for­ma­tion de pré-​séminaristes, qui occupent l’emploi du temps.

« Ils se ras­semblent dans une cha­pelle de for­tune faite de bam­bous et de tôles ondulées »

Nous avons tout de même la pos­si­bi­li­té de visi­ter de temps en temps un vil­lage rural, et c’est peut-​être là qu’on se sent le plus proche des anciens mis­sion­naires ! Des gens très simples, vivant pau­vre­ment, sans eau cou­rante ni élec­tri­ci­té. Ils se ras­semblent dans une cha­pelle de for­tune faite de bam­bous et de tôles ondulées.

Ce qui marque le plus dans l’exer­cice de ces divers minis­tères, où qu’ils soient, c’est la foi pro­fonde et la fer­veur des catho­liques (ain­si d’ailleurs que la reli­gio­si­té natu­relle des gens : très rares sont ceux qui se disent athées, et il est pos­sible de par­ler reli­gion dès la pre­mière conver­sa­tion avec un inconnu).

Les catho­liques sont en géné­ral très pieux, très ver­sés dans les pra­tiques de dévo­tion, et peuvent pas­ser des heures en prière à l’é­glise. Ils se confessent sou­vent, ils vivent de leur foi au quo­ti­dien. La dis­po­si­tion natu­relle à la reli­gion joue son rôle dans cette fer­veur, mais celle-​ci est aus­si et sur­tout l’hé­ri­tage des mis­sions catho­liques du passé.

Perspectives

Le pas­sé a pré­pa­ré l’a­ve­nir, les mis­sions des Spiritains fran­çais et irlan­dais ont pré­pa­ré le ter­rain. Aujourd’hui bien des Nigérians sont très atti­rés par la litur­gie traditionnelle.

« Les Nigérians sont très atti­rés par la litur­gie traditionnelle »

Nous sommes là pour leur appor­ter ce dont ils ont besoin. Verra-​ton affluer les foules ? Il est encore trop tôt pour le pré­dire ! L’avenir seul nous le dira… Mais les bre­bis ont faim, il s’a­git de les mener sur les verts pâtu­rages du Maître. Fais ce que dois, et advienne que pourra !

Père Benedict, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X

Source : SOS-​Africa – La lettre aux amis et bien­fai­teurs n° 3 de la mis­sion St-​Michel du Nigeria

Nigeria – Prieuré Saint-​Michel Archange d’Enugu

Prieur : Abbé Pierre Yves Chrissement

Saint Michael’s Priory
Society St Pius X
15 Umukwa Street
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ENUGU – NIGERIA
00 234 70 60 96 98 09
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Le repor­tage pho­tos sur l’i­nau­gu­ra­tion du prieu­ré le 26 aôut 2012