Communiqué de Belgique et Chrétienté du 19 avril 2006

Depuis 2003, les occu­pa­tions d’é­glises par des immi­grés clan­des­tins sont deve­nues fréquentes.

Une fré­quence qui s’est encore accé­lé­rée depuis que Patrick Dewael, ministre de l’Intérieur, a accor­dé gain de cause aux occu­pants de l’é­glise Saint-​Boniface à Ixelles.

Devant l’am­pleur du phé­no­mène, « Belgique & Chrétienté » a vou­lu ana­ly­ser les faits. 

L’église est un lieu sacré 

C’est impor­tant de le rap­pe­ler. Même cer­tains membres du cler­gé semblent l’a­voir oublié. 

Chaque église est une « mai­son de Dieu » et doit hono­rer Notre Seigneur Jésus-​Christ par l’exer­cice du culte. En dehors même des offices, le catho­lique doit pou­voir s’y recueillir et y prier. 

Transformer des églises en « boîtes de nuit », comme cela se voit en dif­fé­rents lieux d’Europe, est un sacrilège. 

Concéder des églises catho­liques à la pra­tique d’un autre culte ‑hérétique‑, comme cer­tains dio­cèses acceptent de le faire, consti­tue une impié­té qui viole la sain­te­té du lieu.

Dresser des dor­toirs et des can­tines dans une église, devant l’au­tel, consti­tue un usage sor­dide de l’é­glise, ce qui en viole éga­le­ment la sainteté. 

N’est-​il pas évident qu’une église n’est pas construite pour y tenir des mee­tings révo­lu­tion­naires ou des confé­rences de presse revendicatrices ? 

C’est au culte de Dieu et uni­que­ment au culte de Dieu qu’une église doit ser­vir. Il faut le répé­ter fer­me­ment et encou­ra­ger le cler­gé, tout le cler­gé, à le rap­pe­ler avec force et constance. 

Quel droit d’asile ? 

La mémoire col­lec­tive retient d’au­tre­fois que l’on pou­vait se réfu­gier dans une église, un monas­tère, une abbaye, et y deman­der asile. 

Cette notion, par ailleurs dis­pa­rue du nou­veau droit canon, n’a­vait rien de com­pa­rable avec la situa­tion des occu­pa­tions d’é­glises par des immi­grés clan­des­tins et ceux qui les encadrent. Le deman­deur d’a­sile auprès d’une ins­ti­tu­tion reli­gieuse venait en fait y cher­cher un abri pour échap­per à de quel­conques pour­suites en s’y fon­dant dans une par­faite discrétion. 

Reprenant à son compte une tra­di­tion ancienne qui concer­nait déjà les temps païens, l’Eglise offrait un lieu invio­lable. Mais celui qui pro­fi­tait de cette immu­ni­té ne venait pas s’y ins­tal­ler pour obte­nir une tri­bune pour ses reven­di­ca­tions. Au contraire, le béné­fi­ciaire de cette immu­ni­té adop­tait une vie dis­crète et, en contre­par­tie, par­ti­ci­pait le plus sou­vent à de petits tra­vaux au sein de la com­mu­nau­té qui l’accueillait. 

Et, est-​ce besoin de le rap­pe­ler tant c’é­tait autre­fois élé­men­taire, celui qui obte­nait l’a­sile mon­trait un mini­mum de res­pect vis-​à-​vis de la reli­gion catho­lique et n’au­rait en rien cher­ché à per­tur­ber la pra­tique de son culte. 

Cela se com­prend aisé­ment si l’on se sou­vient que le deman­deur d’a­sile était presque tou­jours catho­lique. Décidément, on est bien loin de la situa­tion actuelle.

Instrumentalisation 

Comme l’ont décla­ré plu­sieurs prêtres, nous assis­tons à « une ins­tru­men­ta­li­sa­tion d’é­di­fices reli­gieux et des com­mu­nau­tés qui s’y rassemblent »

. D’abord, il est évident que ce mou­ve­ment n’est pas spon­ta­né. Ces immi­grés clan­des­tins ne débarquent pas « par hasard » au même endroit au même moment. Ils sont enca­drés par des pro­fes­sion­nels de la sub­ver­sion camou­flés sous des labels de col­lec­tifs quelconques.

Ceux qui poussent l’ob­ser­va­tion auront repé­ré autour des immi­grés clan­des­tins divers mili­tants com­mu­nistes, trots­kistes et anar­chistes. Les mêmes qui, en d’autres cir­cons­tances, dénoncent l’ordre moral ensei­gné par l’Eglise et véhi­culent un anti­clé­ri­ca­lisme pathologique.

Quant un tel groupe enva­hit une église, il ne vient pas y cher­cher de l’aide mais l’oc­cu­per si le prêtre accepte d’être com­plai­sant. Si jamais un prêtre s’op­pose à l’oc­cu­pa­tion de son église tout en pro­po­sant cepen­dant une salle parois­siale, les immi­grés clan­des­tins marquent leur décep­tion. En fait, ce qu’ils cherchent, c’est de la visi­bi­li­té. Et cette visi­bi­li­té s’ob­tient notam­ment en per­tur­bant le culte.

Quelques propositions alternatives assurées de visibilité 

Pourquoi occu­per des églises catho­liques et uni­que­ment des églises catho­liques s’il n’y avait, chez ceux qui les encadrent, une inten­tion catho­phobe connexe ? 

Ni temples, ni mos­quées, ni syna­gogues, ni mai­sons du peuple, comme l’ont rele­vé quelques journalistes.

Interrogé par la télé­vi­sion, un Africain répon­dait que dans les mos­quées, ils seraient « mal accueillis ». 

Pourtant, de nom­breux clan­des­tins concer­nés sont musulmans.

Et, à l’in­verse, rares sont les occu­pants d’é­glises que l’on pour­rait qua­li­fier de catho­liques dévots. Ce serait encore et tou­jours une ques­tion de « visi­bi­li­té » pré­tendent cer­tains. Soit. 

Si ce n’est que cela et si l’i­ma­gi­na­tion leur fait à ce point défaut, nous leur pro­po­sons d’autres lieux à occu­per où, avec cer­ti­tude, ils béné­fi­cie­ront d’une visi­bi­li­té incom­pa­rable : le siège du par­ti socia­liste, le siège d’Ecolo, ou du CDH, quelques cabi­nets minis­té­riels rouges ou verts, le siège cen­tral de la FGTB ou de la CSC,. Autant de lieux où on ne pour­ra « mal les accueillir » et où se pré­ci­pi­te­ront les camé­ras de télévision. 

Qui plus est, ils auront des inter­lo­cu­teurs pri­vi­lé­giés sous la main.

Les paroissiens doivent se mobiliser 

Ce mou­ve­ment d’oc­cu­pa­tions d’é­glises se déve­loppe grâce à l’a­pa­thie des paroissiens. 

Pourtant, c’est à leur détri­ment qu’il se pro­page. Nous encou­ra­geons les parois­siens à appe­ler fer­me­ment leurs prêtres à ne pas livrer leurs églises à de telles profanations. 

Par télé­phone, par mail, par cour­rier, agissez ! 

Si les parois­siens se mobi­lisent, ils peuvent mettre un coup d’ar­rêt à ces occu­pa­tions. C’est leur devoir de catholiques. 

Alain Escada, Président de Belgique & Chrétienté