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Editorial de janvier 2005

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Editorial du mois de janvier 2005, par l’abbé Luc Radier

Éditorial de Pélé-Infos n° 14

« Cet esprit de réparation, de « satisfaction ». C’est celui de la Croix, c’est celui de la Sainte Messe et c’est cet esprit qui vainc, qui règne et qui commande… »

La dernière étape du pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle est la prière devant le sépulcre de l’apôtre, sous le maître-autel de la basilique. Pendant les quelques minutes dont il dispose alors, courtes mais combien précieuses, le pèlerin peut penser à cette parole de Notre Seigneur « si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits ». Car, en pensant à la vie de l’apôtre, on ne peut que voir réalisée cette parole, dans la disproportion, à vue humaine, entre l’apostolat de Saint Jacques en Espagne et la renommée surnaturelle qui s’est dégagée dans l’histoire autour de son tombeau.

Je vous recommande, chers pèlerins, de lire l’article de Monsieur l’abbé Ramon Anglès, dans Nouvelles de Chrétienté de juillet-août derniers, sur la vie de Saint Jacques. Le voyage apostolique de l’apôtre a été de courte durée et s’est soldé par un manque de succès apparent, décourageant pour celui qui était pourtant appelé par Jésus-Christ lui-même « Fils du Tonnerre ». Quelle humiliation pour un caractère que l’on nous dit impétueux et véhément.

Encouragée par Notre-Dame elle-même, voilà que cette courte activité apostolique se termine par le martyre. Saint Jacques est le premier à avoir donné sa vie et versé son sang à l’invitation de son divin Maître. Voilà que Dieu a voulu que son sépulcre soit là ! Non pas à Jérusalem, près du Saint Sépulcre, mais en Espagne, à Compostelle, là où il oeuvré. Et Dieu a donné à ce tombeau la renommée surnaturelle que l’on connaît, attirant des pèlerins de toute l’Europe. Saint-Jacques a donné à la catholique Espagne les grâces de son patronage puissant.

Nous, les «tradis», nous sommes fiers et nous avons raison de l’être, de notre religion et du combat de la foi. Mais cette légitime fierté comporte le danger d’être trop humaine, d’être vaniteuse, de nous pousser au mépris du prochain et d’être stérile, voire scandaleuse. Souvenons-nous, en pensant à Saint Jacques et à tous les martyrs, à la Croix qu’ils nous montrent, que si nous voulons vaincre le monde, nous devons mériter la victoire. En clair : nos actions pour le règne de Notre Seigneur ne porteront de fruits qu’avec la prière et la pénitence. D’ailleurs, ne soyons pas présomptueux.

Que valent nos 7000 pèlerins traversant Paris, à côté des manifs qui rassemblent des dizaines de milliers de personnes en faveur de l’immoralité ? Que sont nos feuilles de choux à faible tirage à côté de la grande presse ? Que vaut un site Internet noyé dans un brouhaha de bêtises ou même de saletés ? Certes, nous ne devons pas nous décourager de cette situation sur le plan humain, mais nous devons d’autant plus compter sur les moyens surnaturels, que nous n’avons franchement pas de quoi nous enorgueillir. Si nous ne savons pas précisément ce que Notre-Dame-du-Pilier a pu dire à Saint Jacques, nous savons ce que Notre Dame a dit à Lourdes, à la Salette, à Fatima… prière et pénitence pour la conversion des pêcheurs.

Joignons donc le sens de la miséricorde pour le prochain au sens de la justice vis-à-vis de Dieu : réparons, par nos sacrifices et nos peines, les péchés publics. Nous ne sommes pas forcément appelés à être martyrs, mais nous devons avoir l’esprit des martyrs.

Voilà pourquoi, pour la Pentecôte 2005, notre pèlerinage de Notre-Dame-de-Chartres au Sacré- Cœur-de-Montmartre sera un pèlerinage de réparation. Le thème de cette année sera très pratique. Tous les pèlerinages sont des actes de pénitence et de réparation, certes… mais cette fois, nous le proclamerons comme tel et, en particulier, comme réparation pour les péchés publics des états, des nations : l’apostasie, la légalisation des péchés, l’homosexualité, l’avortement… Cet esprit de réparation, de « satisfaction ». C’est celui de la Croix, c’est celui de la Sainte Messe et c’est cet esprit qui vainc, qui règne et qui commande : « In hoc signum vinces », c’est l’esprit de Jésus-Christ. C’est l’Esprit Saint : « Christus vincit, Christus regnat. Christus imperat ».

« Je vous bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l’avoir révélé aux tout petits. »

Abbé Luc Radier †
Directeur du Pélerinage

Pélerinage de Tradition

Pèlerinages de Tradition
23 rue Poliveau
75005 Paris

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Le pélerinage 2004
Le pélerinage 2003

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