Lire la Sainte Écriture

Les recommandations des Papes

Pour lire la Sainte Écriture, il est néces­saire de suivre les recom­man­da­tions des Papes : trou­ver une ver­sion recon­nue par la sainte Église, accom­pa­gnée de com­men­taires, eux aus­si approu­vés par l’autorité dio­cé­saine. Parce que la Sainte Écriture n’est pas la pre­mière source de la révé­la­tion ; elle nous a été trans­mise par l’autorité de l’Église comme venant de Dieu lui-​même, par la Tradition, pre­mière source de la révé­la­tion ; c’est l’Église qui nous donne les textes de la sainte Écriture en garan­tis­sant la ver­sion et la tra­duc­tion en notre langue contre toutes les erreurs ou les approxi­ma­tions de langage.

Pour entrer en contact avec la pensée de Dieu

Pour l’âme dési­reuse d’entrer en contact vivant avec le Dieu qui se révèle, il y a un désir bien hon­nête et com­pré­hen­sible de rece­voir cette parole sans aucune alté­ra­tion. Ainsi, il faut pri­vi­lé­gier les tra­duc­tions lit­té­rales (qui suivent le texte « à la lettre ») et si pos­sible, d’auteurs qui ont une connais­sance appro­fon­die de la langue hébraïque et de la langue grecque. C’est ain­si que saint Jérôme fut un admi­rable tra­duc­teur ; il réa­li­sa la pre­mière ver­sion latine de la Bible, appe­lée la « Vulgate » (de « vul­gus » com­mun, habi­tuel). Il appor­ta, en cette œuvre de la Vulgate com­men­cée en 386 à la demande du Pape Saint Damase (366–384), « son immense talent fait de génie lit­té­raire, de connais­sance appro­fon­die des langues hébraïque et grecque, d’extraordinaire capa­ci­té de tra­vail et d’un esprit de contem­pla­tion par­ve­nu aux som­mets de la vie spi­ri­tuelle » [1]. Cette édi­tion de la Vulgate a été cano­ni­sée par le Concile de Trente : « La vieille édi­tion de la Vulgate, approu­vée dans l’Église par le long usage de tant de siècles, doit être tenue pour offi­cielle dans les leçons publiques, les dis­cus­sions, les pré­di­ca­tions et les expli­ca­tions et que per­sonne ne doit avoir l’audace ou la pré­somp­tion de la reje­ter sous n’importe quel pré­texte » [2].

L’admirable simplicité de l’Écriture

Pour les Français, les ver­sions les plus proches et fidèles au texte de la Vulgate sont les tra­duc­tions par M. l’abbé J.B. Glaire ou celle de M. l’abbé L. C. Fillion. Voici les avan­tages que l’on peut trou­ver à de telles tra­duc­tions. D’abord la Bible conserve mieux son admi­rable sim­pli­ci­té, sa conci­sion pleine de noblesse, la richesse de ses images, la viva­ci­té des cou­leurs et des sen­ti­ments expri­més. Ensuite, c’est ce sys­tème de lit­té­ra­li­té qu’a sui­vi l’Église en sa ver­sion de la Vulgate, conser­vant ain­si cer­taines obs­cu­ri­tés du texte ori­gi­nal pour pré­ser­ver le mys­tère de Dieu ; enfin le res­pect dû à la parole de Dieu lui-​même exige que le tra­duc­teur ne s’expose pas à prê­ter aux écri­vains sacrés des idées qui ne sont pas les leurs. Par exemple, au sujet de la tra­duc­tion de Sacy, d’une pure­té clas­sique irré­pro­chable mais sacri­fiant la pen­sée de Dieu à l’éloquence humaine, Bossuet écri­vait : « La tra­duc­tion de Sacy aurait eu quelque chose de plus véné­rable et de plus conforme à la gra­vi­té de l’original, si on l’avait faite un peu plus simple et si les tra­duc­teurs eussent moins mêlé leur indus­trie, et l’élégance natu­relle de leur esprit à la parole de Dieu » [3]

Les fruits pour nos âmes

Que retirerons-​nous de la lec­ture de la sainte Écriture ? C’est un texte tou­jours vivant ; il nous com­mu­nique les pen­sées du Dieu qui aime nos âmes comme un Père ; nous y décou­vrons aus­si les mœurs divines, com­ment le Bon Dieu juge des actions des hommes et agit à leur égard. Commençons notre lec­ture par l’Évangile : « Philippe, qui me voit, voit aus­si le Père ! ». Puis nous abor­de­rons les Actes des Apôtres pour y décou­vrir l’action de Dieu dans l’Église et à tra­vers la pré­di­ca­tion des apôtres ; ensuite, les Épitres de saint Jean nous ferons entrer dans l’intimité du Cœur de Jésus. Enfin nous pour­rons fré­quen­ter quelques livres de l’ancien Testament ; la Genèse, l’Exode, le Deutéronome nous ini­tie­ront aux épreuves du Peuple élu ; le livre de Tobie nous ensei­gne­ra admi­ra­ble­ment les ver­tus fami­liales si proches de l’Évangile déjà pra­ti­quées au temps de la dépor­ta­tion à Babylone (750 avant JC). Enfin, nous pui­se­rons avec fruit l’esprit de prière dans les Psaumes, la connais­sance de l’amour fidèle de Dieu pour l’âme juste dans les pro­phé­ties d’Isaïe (« le cin­quième Évangéliste ») et la sagesse éter­nelle dans le Livre de la Sagesse. Que cette lec­ture assi­due et fidèle de la sainte Écriture au cours de l’été, nous fasse gran­dir en la connais­sance et l’amour de Notre Seigneur Jésus-​Christ, Verbe éter­nel et Rédempteur de nos âmes.

Notes de bas de page
  1. Laurent Morlier, pré­face à l’édition fran­çaise de la Vulgate, DFT, 2002[]
  2. Concile de Trente, Décret sur l’édition de la Vulgate, 4ème ses­sion, 8 avril 1546[]
  3. Bossuet, Lettre au Maréchal de Bellefonds, t. XXVI, p. 76, édi­tion de Versailles, 1818[]