Entretien avec Mère Marie-​Emmanuel – Un cloître dominicain scandale de l’inutilité ?

Elles sont dis­crètes et c’est par voca­tion. Lentement mais sûre­ment leur com­mu­nau­té gran­dit, dans le cadre pai­sible d’un monas­tère d’une beau­té simple et éton­nante. Les domi­ni­caines contem­pla­tives d’Avrillé, près d’Angers, viennent de fêter le vingt­cin­quième anni­ver­saire de leur fon­da­tion. Nous avons inter­ro­gé leur supé­rieure à cette occasion.

Mgr Bernard Tissier de Mallerais, aux jour­nées de la Tradition en automne der­nier, a prê­ché en faveur des voca­tions contem­pla­tives fémi­nines. Comment percevez-​vous cette inter­ven­tion épiscopale ?

Répondons par une autre inter­ro­ga­tion : Que vont deve­nir les fruits et les feuilles d’un arbre dont la sève vient à dis­pa­raître ? Monseigneur a rai­son de s’a­lar­mer. Si la note de sain­te­té de l’Église spé­cia­le­ment repré­sen­tée par la voca­tion des contem­pla­tives vient à dis­pa­raître… Il faut démy­thi­fier nos vies monas­tiques : nos cloîtres ne sont pas des lieux où l’on ne mange pas, où l’on ne dort pas et où l’on meurt de froid après s’être tué au tra­vail ! Nos vies sont au contraire acces­sibles, simples, ruis­se­lantes de joie sur­na­tu­relle et pro­fon­dé­ment équi­li­brées. Cet équi­libre fait aujourd’­hui sou­vent défaut dans le mode de vie des jeunes filles qui pensent se réa­li­ser par une vie d’au­to­no­mie et d’in­dé­pen­dance, et les voi­là cruel­le­ment alié­nées. Pour des jeunes qui veulent don­ner un sens à leur vie, qui doivent réus­sir l’a­ven­ture de l’é­ter­ni­té, la vie contem­pla­tive est cer­tai­ne­ment l’une des plus belles où peut s’en­ga­ger une âme avec pleine assu­rance. Car avec Dieu, peu­ton jamais être déçu ?

Vous par­lez d’une for­mi­dable aven­ture, com­ment se conjugue-​t-​elle avec la régu­la­ri­té de votre vie : lever et cou­cher à la même heure et tous les jours, etc. ?

Face à Dieu, rien n’est mono­tone. Nos vies ne sont pas de ce monde, elles s’a­vancent vers le Ciel, c’est une ascen­sion conti­nuelle. Et comme en mon­tagne, au désert ou aux glaces polaires, s’ar­rê­ter serait mourir.

Votre voca­tion contem­pla­tive vous amène à ne jamais pou­voir sor­tir de la clô­ture. Quel est le sens de cette res­tric­tion qui ne doit pas être facile aux jeunes personnes ?

Nous sommes en réa­li­té comme pri­son­nières de l’Amour et pour­tant infi­ni­ment libres.

Est-​ce vous qui pre­nez la redou­table déci­sion de juger d’une vocation ?

Les choses ne sont pas si simples et heu­reu­se­ment ! Nous exer­çons un pre­mier dis­cer­ne­ment. Mais comme la voca­tion est une pro­po­si­tion de Jésus à telle âme – « Si tu veux » –, l’âme seule peut ou non don­ner son consen­te­ment, un consen­te­ment d’amour.

Ensuite, la com­mu­nau­té qui reçoit a grâce, au nom de l’Église, pour authen­ti­fier cette voca­tion dans la vie quo­ti­dienne et l’é­preuve du temps. Sainte Thérèse d’Avila disait qu’il lui fal­lait dix ans pour se pro­non­cer sur une voca­tion contem­pla­tive : cela cor­res­pond pour nous au délai lais­sé avant de pro­non­cer les voeux défi­ni­tifs. L’Église, en mère pru­dente et sage, sau­ve­garde ain­si à la fois la liber­té de l’âme et celle de la communauté.

Qu’est-​ce qui frappe en pre­mier une pos­tu­lante qui fran­chit la clôture ?

Invariablement le silence, la sim­pli­ci­té et plus que tout la cha­ri­té fraternelle.

Ce silence n’est-​il pas pénible pour celle qui vient du monde et du bruit ?

Non pas, car c’est un silence plein de Dieu, plein de sa pré­sence, tel­le­ment bien­fai­sant pour l’âme ain­si libé­rée de l’é­vé­ne­men­tiel pour se consa­crer à l’essentiel.

Et puis nous avons une récréa­tion par jour où s’ex­priment la joie d’être ensemble, le bon­heur du sou­tien mutuel dans une vie com­mune. Nos récréa­tions sont un jaillis­se­ment de gaie­té. Nous y échan­geons les anec­dotes du jour ou du pas­sé, nos lec­tures, les der­niers ouvrages offerts qui ouvrent tel pan de l’his­toire de l’Église et de nos pays… Chaque natio­na­li­té apporte alors son témoignage.

Ces échanges fra­ter­nels, au même titre que la prière, le tra­vail et l’é­tude sont un moyen pour favo­ri­ser notre vie d’u­nion à Dieu.

Avez-​vous un conseil pour une jeune fille en âge de se poser la ques­tion de la vocation ?

Notre-​Seigneur lui répond dans l’Évangile : « Venez et vous verrez. »

Chaque âme a son his­toire, chaque âme a ses grâces et ses bles­sures, chaque âme est un monde. La voca­tion n’est pas du com­merce en gros. C’est âme par âme qu’il faut consi­dé­rer la question.

Il est des jeunes filles qui viennent à nous dési­reuses ou per­sua­dées d’être appe­lées, mais nous ne dis­cer­nons pas cet appel ou bien les apti­tudes font défaut. Nous les encou­ra­geons alors à se tour­ner vers d’autres com­mu­nau­tés ou à fon­der un foyer si telle est la divine volon­té. Les âmes sont à Dieu. Toutes partent vrai­ment apai­sées car elles voient bien que nous cher­chons la seule volon­té de Dieu avec elles et sur elles.

Quand Dieu appelle, il donne tout ce qu’il faut pour le suivre. L’appel peut être très dis­cret, au fond de l’âme. C’est alors qu’il faut prier. Et une fidé­li­té aux pre­mières avances de Dieu obtient tôt ou tard la lumière.

Pour notre vie cloî­trée, il faut une cer­taine soif de Dieu, un besoin de silence et de prière, et la grâce de com­prendre que der­rière une appa­rente inac­ti­vi­té se cache, dans la foi pure, une richesse de vie inépui­sable. Dans une vie plus active, cette âme s’é­tio­le­rait, dépé­ri­rait, elle ne don­ne­rait pas tout ce qu’elle peut don­ner. Il lui sem­ble­rait voler Dieu.

Si Dieu est Dieu, il est de la plus haute conve­nance qu’il pré­des­tine quel­que­sunes de ses créa­tures à ne s’oc­cu­per que de lui au nom de tous les hommes, tout comme dans les hié­rar­chies angé­liques cer­taines ne sont tour­nées que vers le Dieu trois fois saint.

Les jeunes filles savent, en entrant dans le cloître, qu’elles doivent sacri­fier leur désir natu­rel d’être mère…

Qui est plus mère que la vierge consa­crée ? En s’u­nis­sant à Dieu, elle lui enfante des âmes pour l’éternité.

Qu’est-​ce qui va déter­mi­ner une jeune fille à deve­nir moniale domi­ni­caine plu­tôt que car­mé­lite, cla­risse ou bénédictine ?

Certaines découvrent notre vie par le jeu de la Providence, et c’est alors la révé­la­tion de l’ap­pel pro­fond qui sour­dait au fond de leur être. La jeune fille se sent bien. Elle est en paix : là est le lieu de son repos.

Plusieurs sont atti­rées par notre vie de contem­pla­tion étayée par l’é­tude et l’a­mour de la véri­té. Tout y res­pire la lumière, la sim­pli­ci­té, la joie et une cer­taine gra­vi­té dans la sobrié­té des observances.

D’autres, parce que notre Ordre est émi­nem­ment marial. Notre-​Seigneur a dit à saint Dominique : « J’ai confié ton Ordre à ma Mère. » Et ne nous donna-​telle pas son rosaire ?

Il y a aus­si le saint sacre­ment, les âmes du pur­ga­toire, la Passion, toutes dévo­tions chères à l’âme domi­ni­caine. Enfin, ce charme per­son­nel de saint Dominique, homme de Dieu si pro­fon­dé­ment contem­pla­tif, pur, joyeux, com­pa­tis­sant et d’une bon­té inépui­sable, « accueillant tous les hommes dans le vaste sein de sa cha­ri­té » (bien­heu­reux Jourdain de Saxe).

Que répondez-​vous aux mau­vaises langues qui pré­tendent que la vie reli­gieuse, lors­qu’elle dure de nom­breuses années, s’a­vère ennuyeuse ?

Lorsqu’on approche de la Source dési­rée toute sa vie, la soif s’in­ten­si­fie, le coeur devient insa­tiable. N’oublions pas que l’on a accep­té de tout perdre en route pour s’al­lé­ger et atteindre plus sûre­ment le Visage caché tant dési­ré, seul dési­ré. C’est ain­si que la vie inté­rieure se sim­pli­fie. Dans son jeu divin, l’Époux dépouille l’âme de tout l’i­nu­tile et dans sa vie exté­rieure et dans sa vie inté­rieure. C’est la suprême pauvreté.

Vous êtes soeurs prê­che­resses. Comment expli­quer que vous ne prê­chiez pas ?

Dans un ordre voué à la pré­di­ca­tion du Verbe, à la pré­di­ca­tion de la Vérité, alors que le prê­cheur porte aux âmes sa contem­pla­tion, la moniale prê­che­resse porte les âmes dans sa contemplation.

Les domi­ni­caines cloî­trées prêchent par le silence de leur vie cachée. Fondées avant leurs frères comme par­tie essen­tielle et consti­tuante de l’Ordre, elles sont par voca­tion insé­rées dans l’in­ces­sante quête de Dieu et des âmes à sauver.

Précisez-​nous un peu la spi­ri­tua­li­té de votre saint fondateur.

Il a légué à ses enfants sa soif, sa nos­tal­gie inex­tin­guible de Dieu et du salut des âmes

. La moniale domi­ni­caine, quant à elle, ne quitte pas l’é­tat contem­pla­tif, mais sa vie d’o­rai­son recèle une note apos­to­lique. Elle est tout occu­pée de l’in­ti­mi­té de Dieu, mais jamais sans pen­ser à obte­nir le salut et le sou­la­ge­ment de ceux qui souffrent et luttent… C’est en priant, en s’im­mo­lant que s’exerce sa cha­ri­té fra­ter­nelle, cha­ri­té uni­ver­selle et effi­cace, qui féconde l’a­pos­to­lat des prêtres et des mis­sion­naires dans le monde entier.

Il est bien connu que l’é­tude a plus de place dans votre vie que dans les autres ordres.

Certes, mais pas en ce sens que nous sommes des intel­lec­tuelles qui étu­dient pour étu­dier. Nous étu­dions pour aimer. Notre étude sou­tient et nour­rit notre vie de foi, lui donne ses fon­de­ments et pré­pare la contem­pla­tion. C’est une étude objec­tive qui s’ap­puie sur le dogme et l’en­sei­gne­ment inépui­sable de saint Thomas d’Aquin.

Veritas, la devise de notre Ordre, c’est le pri­mat don­né à l’in­tel­li­gence pour sor­tir de soi à la recherche de Dieu ou à la recherche des âmes. D’où cet équi­libre et cette har­mo­nie entre le coeur et la pen­sée, cette liber­té d’âme, cette pure­té et cet amour de la véri­té alliés à la force que l’on retrouve jusque dans la péni­tence, empreinte de discrétion.

La vie d’un monas­tère s’ap­pa­rente cer­tai­ne­ment à celle d’une ruche. Parlez-​nous un peu de vos activités.

Nos occu­pa­tions sont bien variées en effet mais uni­fiées quant à leur fin : quoi que nous fas­sions, nous tâchons que ce soit en esprit d’o­rai­son, le regard posé sur Dieu, pour son amour et sa joie, sa gloire la plus pure. C’est aus­si pour sou­te­nir des prêtres, telle famille, une conver­sion, des détresses…

Dans la com­mu­nau­té, il y a celles qui chantent et celles qui brodent. Celles qui font des semis et celles qui nous nour­rissent. Celle qui reçoit les dons et celle qui paye les fac­tures. Celles qui remer­cient et celle qui men­die. Celles qui manient la truelle, la scie ou la per­ceuse et celles qui enlu­minent. Les biblio­thé­caires et leurs com­plices de la reliure. Les lin­gères et les anges du ménage. Les sacris­tines et celles qui manient la pioche. Celles qui ont charge de la vie pro­fonde des soeurs et celles qui dirigent les tra­vaux. Celles qui décapent et celles qui peignent. Celles qui cousent et celles qui trouent. L’infirmière et ses tisanes, les poly­glottes et leurs élèves, sans oublier les indis­pen­sables tra­duc­trices et cor­rec­trices ou celles qui confec­tionnent des cha­pe­lets. Et celle qui écrit des pièces de théâtre.

Parmi les contem­pla­tives de la Tradition, vous êtes, semble-​t-​il, les seules à avoir des moniales converses ?

Oui, nos moniales converses sont un héri­tage de famille que nous gar­dons chè­re­ment et que la Providence nous a per­mis de reprendre. Leur pré­sence assure à notre vie en com­mu­nau­té sa par­faite unité.

Elles réa­lisent leur voca­tion d’u­nion à Notre-​Seigneur davan­tage par les tra­vaux manuels, avec en plus la douce charge de rece­voir les hôtes. Elles prient ensemble le rosaire qui leur tient lieu d’of­fice et aiment aus­si étudier.

À l’i­mage de la sainte famille, leur voca­tion est un appel de grâce à une vie plus humble.

Avez-​vous des liens avec les autres com­mu­nau­tés contemplatives ?

Nos liens sont aus­si pro­fonds que fra­ter­nels car, dans le silence de nos vies, nous avons tout sacri­fié en com­mun pour l’u­nique amour de Jésus.

Voyez, avec nos soeurs cla­risses, le simple échange épis­to­laire annuel qua­si sacré de la Sainte Claire et de la Saint Dominique exprime entre nous le tout de cette charité.

Ou nos soeurs car­mé­lites qui ont accueilli la châsse de sainte Thérèse de Lisieux, et nous voi­là com­blées des ves­tiges de sa visite.

Les filles de saint Benoît, à leur tour, nous montrent le pre­mier dégros­si des plans de leur monas­tère pour nous deman­der conseil, et en prime nous leur glis­sons nos propres erreurs de chan­tier. La diver­si­té des ordres et des spi­ri­tua­li­tés est une des pures mer­veilles de la sainte Église. Les âmes doivent être là où Dieu les veut, et c’est ain­si que nous nous réjouis­sons quand une jeune fille pas­sée chez nous entre fina­le­ment au Carmel. Ou que nos soeurs béné­dic­tines nous envoient une voca­tion. De même, lorsque nous rece­vons des retrai­tantes atti­rées par notre spi­ri­tua­li­té, nous les orien­tons vers nos soeurs ensei­gnantes si nous ne dis­cer­nons pas chez elles l’ap­pel à une vie contemplative.

Dans un jar­din aus­si fécond que celui de la sainte Église, chaque fleur est heu­reuse là où Dieu l’a mise et se réjouit de la beau­té de toutes les autres fleurs. La riva­li­té n’existe pas dans le monde des saints. La vie monas­tique n’est-​elle pas une anti­ci­pa­tion de la vie du Ciel où nous nous réjoui­rons infi­ni­ment du bon­heur de tous et de cha­cun en Dieu, pour Dieu ?

Votre monas­tère fête cette année son « jubi­lé d’argent ». Qu’est-​ce que cela évoque pour vous ?

Dieu et sa pro­vi­dence de toute bon­té ! L’essentiel dans un jubi­lé, c’est Dieu. Nous, nous n’a­vons rien fait, et même moins que rien. Si seule­ment nous n’a­vons pas été un obs­tacle à la grâce.

Après Dieu, la Vierge Marie et saint Joseph, ce sont les prêtres avec nos amis et bien­fai­teurs qui ont une place pri­vi­lé­giée dans ces 25 ans. Convaincus du pri­mat de la vie contem­pla­tive, c’est par amour de l’Église qu’ils nous ont assis­tées pas à pas au spi­ri­tuel comme au tem­po­rel. Qu’aurions-​nous fait sans eux ?

Au fil du temps, y a‑t-​il des joies plus saillantes ?

S’il faut choi­sir par­mi les grâces, nom­mons celle d’of­frir solen­nel­le­ment sept fois le jour l’of­fice divin, prière inin­ter­rom­pue des psaumes que le Christ chante pour son Église et l’Église pour son Christ. Également d’a­voir pu reprendre pour l’Office et la messe chan­tés chaque jour les mélo­dies propres de la litur­gie domi­ni­caine, aban­don­nées depuis le Concile.

Joie pro­fonde aus­si des pro­fes­sions per­pé­tuelles qui scellent à jamais le choix de Dieu sur cha­cune de nos soeurs.

Joie si pure lorsque deux soeurs qui se sont fait de la peine s’en demandent par­don du fond du coeur. Nous avons pour ce faire une belle obser­vance : la soeur qui regrette baise les pieds de l’of­fen­sée et celle-​ci fait de même en retour, en signe d’un par­don entiè­re­ment accor­dé. L’ordre sacré de la cha­ri­té est rétabli.

Votre fon­da­tion n’a pas encore offert sa gerbe pour le Ciel comme d’autres com­mu­nau­tés. Nonobstant vous avez quand même dû ren­con­trer des épreuves ?

Une fon­da­tion, à l’heure même où les fon­de­ments de la foi sont ébran­lés dans l’Église, ne serait pas de Dieu si elle n’é­tait sous la croix. La rédemp­tion s’est faite par le sacri­fice suprême de Notre- Seigneur s’of­frant à son Père, sacri­fice renou­ve­lé chaque jour à la messe, centre de nos vies. Et près de cette croix, iux­ta, était la Vierge Mère, la Contemplative par excel­lence. L’amour cru­ci­fié ne peut que nous être inti­me­ment présent.

Les mau­vaises langues (encore elles) pré­tendent qu’être vouées à la trans­cen­dance de Dieu et l’a­do­rer au nom de tous, c’est beau, mais que cela tra­hit un défaut de sens pra­tique chez la contem­pla­tive, une fuite du réel. Que leur répondez-vous ?

On n’entre pas dans cette vie parce qu’on est dépour­vu de talents humains. L’expérience jette un lourd démen­ti sur de tels pré­ju­gés. Être contem­pla­tif, c’est au contraire mettre les choses à leur vraie place : le spi­ri­tuel à la sienne – la plus impor­tante, celle qui domine tout – et les affaires tem­po­relles qui lui sont subor­don­nées, à la leur. Dans le monde, il y a plus que jamais un com­plet ren­ver­se­ment des valeurs.

Les plus grands contem­pla­tifs se sont révé­lés être aus­si les plus pro­bants dans l’ac­tion. Voyez la beau­té et la mul­ti­pli­ci­té des monas­tères dans les âges chré­tiens, la péren­ni­té de leurs oeuvres…

Question peut-​être indis­crète, ma Mère : envisagez-​vous d’essaimer ?

Oui, si Dieu le veut. Mais où et quand il déci­de­ra. Une parole pour ter­mi­ner ? Écoutez le tes­ta­ment de notre Père saint Dominique : « Ayez la cha­ri­té, gar­dez l’hu­mi­li­té, « pos­sé­dez la pau­vre­té volon­taire. » Priez, s’il vous plaît, pour que nous y soyons fidèles.

Merci à M. l’ab­bé Toulza et à Fideliter pour l’au­to­ri­sa­tion de publication