Paul VI pape héroïque ?

Note de la rédac­tion de La Porte Latine : cet édi­to­rial a été écrit fin décembre 2012 au moment de l’an­nonce de la décla­ra­tion par le pape régnant que le pape Paul VI avait pra­ti­qué les ver­tus chré­tiennes de façon héroïque et donc avant que ne soit connue la renon­cia­tion au trône de saint Pierre de Benoît XVI.

Le pape Benoît XVI a approu­vé, le jeu­di 20 décembre 2012, le décret de la congré­ga­tion de la cause des saints recon­nais­sant que le pape Paul VI a pra­ti­qué les ver­tus chré­tiennes de façon héroïque. Pour que le pape Paul VI soit décla­ré bien­heu­reux, il ne man­que­ra plus que la recon­nais­sance d’un miracle dû à son intercession.

Après la béa­ti­fi­ca­tion de Jean XXIII et celle de Jean- Paul II, la béa­ti­fi­ca­tion pro­ba­ble­ment à venir de Paul VI ne peut que nous plon­ger davan­tage dans la dou­leur et dans la conster­na­tion. Voilà que sont déjà pro­po­sés comme modèles aux catho­liques des papes qui ont objec­ti­ve­ment contri­bué d’une façon exces­si­ve­ment grave à la perte de la foi !

Nous nous conten­te­rons de rap­pe­ler ici quelques juge­ments que notre fon­da­teur, Mgr Marcel Lefebvre, a por­tés sur les papes qui se sont suc­cé­dé depuis le Concile :

« Les libé­raux arri­vant à faire nom­mer des papes comme Jean XXIII et Paul VI feront triom­pher leur doc­trine par le Concile, moyen mer­veilleux pour obli­ger toute l’Église à adop­ter leurs erreurs. » (Itinéraire spi­ri­tuel, page 8) « Les papes Jean XXIII et Paul VI ont favo­ri­sé l’é­qui­voque de l’ag­gior­na­men­to, de telle manière que les idées libé­rales se sont intro­duites lar­ge­ment dans le Concile. »

Ou encore :

« Il ne faut pas avoir peur d’af­fir­mer que les auto­ri­tés romaines actuelles depuis Jean XXIII et Paul VI se sont faites les col­la­bo­ra­trices actives de la franc-​maçonnerie juive inter­na­tio­nale. » À pro­pos de Paul VI, il se pose­ra la ques­tion sui­vante : « Comment un suc­ces­seur de Pierre a‑til pu, en si peu de temps, cau­ser plus de mal à l’Église que la révo­lu­tion de 89 ?»

Et du pape Jean-​Paul II, Monseigneur n’hé­si­ta pas à écrire qu”« il est avant tout un poli­ti­cien philo-​communiste au ser­vice d’un com­mu­nisme mon­dial à teinte reli­gieuse. »

Ces juge­ments sévères ne furent cepen­dant pas expri­més à l’emporte-pièce.

Mgr Lefebvre, qui fut vrai­ment au pre­mier rang des Pères du concile Vatican II, savait par­fai­te­ment qui furent ces papes suc­ces­sifs et quelles étaient leurs idées. À moins de se voi­ler les yeux et de se men­tir à lui-​même, il se devait de faire part de ses constats, aus­si dra­ma­tiques qu’ils pou­vaient être. Il a sim­ple­ment ren­du témoi­gnage de ce qu’il a vu de ses yeux.

Il a vu de ses yeux que Jean XXIII et Paul VI furent des che­villes ouvrières actives de la vic­toire des idées libé­rales pen­dant le Concile. Après le Concile, il a vu à quel point Paul VI et Jean-​Paul II mirent toute leur éner­gie à faire appli­quer les réformes conci­liaires. Jean-​Paul II, tout spé­cia­le­ment par la pro­mul­ga­tion du nou­veau code de droit canon de 1983, réfor­ma les lois de l’Église selon le nou­vel esprit du Concile et en véhi­cu­la l’es­prit par ses innom­brables voyages à tra­vers le monde et ses ini­tia­tives inter­re­li­gieuses scan­da­leuses qui furent répé­tées ensuite jus­qu’à aujourd’­hui sur toute la sur­face du globe.

Mais main­te­nant que dire du pape qui béa­ti­fie ain­si ses pré­dé­ces­seurs ? Après avoir béa­ti­fié Jean-​Paul II, Benoît XVI qui ouvre la voie à la béa­ti­fi­ca­tion de Paul VI, mani­feste clai­re­ment sa volon­té de conti­nuer à s’ins­pi­rer de leurs exemples et de mar­cher sur leurs traces. Mgr Lefebvre n’en aurait pas été éton­né, lui qui écri­vait du futur Benoît XVI :

« Les erreurs du Concile et ses réformes demeurent la norme offi­cielle consa­crée par la pro­fes­sion de foi du car­di­nal Ratzinger de mars 1989. » (Itinéraire spi­ri­tuel, page 10)

Si l’ac­tuel sou­ve­rain pon­tife a ten­té de dimi­nuer cer­tains excès de la révo­lu­tion conci­liaire, il demeure net­te­ment sur les mêmes rails conci­liaires que ses pré­dé­ces­seurs immé­diats. On pour­rait reprendre ici la com­pa­rai­son pro­nos­ti­quée par notre supé­rieur géné­ral, Mgr Bernard Fellay, entre Jean-​Paul II et Benoît XVI, peu après l’é­lec­tion de ce der­nier au sou­ve­rain pontificat :

« Si l’on consi­dère le pon­ti­fi­cat de Jean-​Paul II comme une chute libre, il fau­dra pro­ba­ble­ment voir celui de Benoît XVI comme une chute en parachute. »

À nou­velle doc­trine, il n’est pas éton­nant que cor­res­pondent de nou­veaux bien­heu­reux et de nou­veaux saints. Mais, de même que nous récu­sons cette nou­velle doc­trine pour gar­der la foi, com­ment pourrions-​nous recon­naître le bien-​fondé de ces nou­velles béa­ti­fi­ca­tions des papes qui ont contri­bué à la ruiner ?

Abbé Régis de Cacqueray †, Supérieur du District de France

Capucin de Morgon

Le Père Joseph fut ancien­ne­ment l’ab­bé Régis de Cacqueray-​Valménier, FSSPX. Il a été ordon­né dans la FSSPX en 1992 et a exer­cé la charge de Supérieur du District de France durant deux fois six années de 2002 à 2014. Il quitte son poste avec l’ac­cord de ses supé­rieurs le 15 août 2014 pour prendre le che­min du cloître au Couvent Saint François de Morgon.