Prêtre ou maçon, pourquoi choisir ?, par Albert Laurent

Le père Pascal Vesin ne fut ni car­di­nal, ni même évêque. Son affi­lia­tion au Grand- Orient n’eut donc pas une por­tée immense. Mais son his­toire est si emblé­ma­tique et inouïe qu’elle mérite d’être racon­tée par le menu.

Quand le père Vesin ren­contre ses pre­miers francs-​maçons, il pense qu’on va lui par­ler de recherche phi­lo­so­phique, de moyens d’œu­vrer pour l’humanité.

« La conver­sa­tion s’engage :

— C’est très inté­res­sant… Un prêtre ? Voilà qui n’est pas habi­tuel. Venez, venez…

« Je suis prêtre, et c’est évi­dem­ment ce qui sus­cite l’in­té­rêt. Mais leur pré­ci­pi­ta­tion m’in­dis­pose. Je recule :

— Je n’ai pas envie d’être « intéressant »…

« Personne ne me parle du tra­vail, de la quête. Tout ce que mes inter­lo­cu­teurs voient, c’est ma qua­li­té de curé ; on dirait que je suis une bonne prise, comme un gibier de prix. Sentant cet appé­tit dépla­cé, je tire ma révé­rence (1).»

« Adversárius ves­ter diá­bo­lus tam­quam leo rúgiens cír­cuit, quæ­rens quem dévo­ret (2) », chantons-​nous dans l’of­fice des com­plies. Au lieu de com­prendre qu’il y a une guerre ouverte entre la franc-​maçonnerie et l’Église, et que tel le démon, les frères « trois-​points » se réjouissent de voir un prêtre de Jésus-​Christ pas­ser à l’en­ne­mi, le père Pascal n’y voit qu’un « appé­tit dépla­cé ». Il n’y décèle pas un signe mani­feste d’in­com­pa­ti­bi­li­té, au contraire. « L’attitude de cer­tains frères de la Grande Loge natio­nale fran­çaise me rebute, cette curio­si­té qu’ils mani­festent, cette satis­fac­tion d” »avoir un curé ». Je me tourne donc vers le Grand-​Orient, dont le temple est à Genève (3). »

Comment peut-​on en arri­ver là ? Pour l’ex­pli­quer, il nous faut reve­nir à son enfance et aux prêtres qu’il a côtoyés.

Un enfant du Concile

Pascal Vesin est né en 1970. La famille vit modes­te­ment à Neuvecelle, petite ville qui borde le lac Léman. Le père, Claude Vesin, est élec­tri­cien. La mère, Mireille, tra­vaille dans une étude de notaire, qu’elle aban­donne pour deve­nir mère au foyer à la nais­sance de l’aî­né, Christophe. « Oncles, tantes, neveux, tout le monde vivait dans la même mai­son (4). » En tout quinze per­sonnes ! « Nous étions heu­reux, nous ne man­quions de rien. »

Il avait la foi du char­bon­nier comme ses parents, dans cette région de la Savoie mar­quée par la figure de saint François de Sales. « Il y avait pro­ba­ble­ment un Dieu là-​haut, sévère mais bien­veillant, et il valait mieux se mettre en règle avec lui. Les méchants seraient punis dans les siècles des siècles, les justes seraient récom­pen­sés à jamais… Les rites étaient impor­tants. Même si on n’y croyait pas, on fai­sait les gestes. On misait sur l’exis­tence de Dieu (5).»

L’abbé Moille offi­ciait dans l’é­glise parois­siale. Il ne por­tait certes plus le col romain ; il disait sans doute, comme les autres prêtres, la nou­velle messe. Mais Pascal Vesin le décrit comme un curé « à l’an­cienne ». La confes­sion des enfants se fai­sait toutes les semaines. Le quo­ti­dien était ryth­mé par les bap­têmes, la messe, les mariages, les der­niers sacre­ments aux ago­ni­sants. À 7 ans, Pascal fait sa pre­mière com­mu­nion. Il devient enfant de choeur.

En 1979, l’ab­bé Moille est rem­pla­cé par l’ab­bé Paul Fichard. Le petit Pascal a 9 ans. Celui-​ci décrit son curé comme un homme « pres­sé par la recherche de la véri­té (6) ». Arrive en effet un prêtre péné­tré des idées du concile Vatican II, un prêtre de la nou­velle génération.

Un tsunami mental

Le père Vesin résume ce que lui a appor­té l’ab­bé Fichard : « C’est de lui que je tiens cet amour de la quête, cette exi­gence d’au­then­ti­ci­té. Il m’a légué ce bien pré­cieux : la convic­tion que cha­cun a sa propre règle de vie, et que, dans ce che­mi­ne­ment, il ne faut pas abdi­quer, quel qu’en soit le coût (7).»

Le petit Pascal aime beau­coup le caté­chisme. « J’aime ces his­toires de mer qui s’é­carte pour lais­ser pas­ser un peuple, ce buis­son ardent qui s’en­flamme sous l’oeil de Dieu, ces rois ter­ribles, ces sol­dats romains cruels, ces hommes justes qui s’en­foncent dans le désert… J’aime l’i­dée que l’au-​delà est peu­plé d’anges et d’âmes, que le para­dis nous attend. J’écoute avec atten­tion, quand on nous lit la Bible (8) », raconte- t‑il.

Quand Pascal atteint l’âge de 13 ans, le père Fichard vient tout remettre en ques­tion. « C’est lui qui va m’ou­vrir les yeux : toutes ces belles his­toires sont des mythes (9). » Il lui explique que les morts ne res­sus­citent pas, que l’eau ne se change pas en vin, que le Christ n’a pas mar­ché sur les eaux, qu’il n’y a pas eu de mul­ti­pli­ca­tion des pains, qu’Adam et Ève n’ont pas exis­té. « Nous ne sommes pas dans la réa­li­té : il faut dis­tin­guer véri­té et his­to­ri­ci­té », explique-t-il.

C’est le moder­nisme pra­tique décrit par saint Pie X dans son ency­clique Pascendi domi­ni­ci gre­gis du 8 sep­tembre 1907. On dis­tingue le Christ de l’his­toire, du Christ de la foi. Le pre­mier a bien exis­té, le second a fait l’ob­jet d’une trans­fi­gu­ra­tion par les pre­miers chré­tiens. Après la décons­truc­tion de toutes les véri­tés opé­rée par les moder­nistes, saint Pie X note : « Que restet- il donc, sinon l’a­néan­tis­se­ment de toute reli­gion et l’athéisme(10) ?»

« Le choc est immense, incon­ce­vable », rap­porte le père Vesin. « D’un seul coup, mes yeux se des­sillent. Oui, il a rai­son, le père Fichard. (…) C’est un tsu­na­mi men­tal (11). » Sa colère se porte tout d’a­bord vers les dames caté­chistes. Elles lui ont donc men­ti, comme les parents qui font croire à leurs enfants que le père Noël existe ! Succède l’en­fer du doute. Dieu estil lui aus­si une inven­tion ? C’est le désar­roi complet.

Cet évè­ne­ment marque un tour­nant pour Pascal, qui va orien­ter toute sa vie : « Il va fal­loir tout remettre debout, sans fai­blir. Ma foi ne vacille pas (12).»

« Je trouve mon che­min dans cette forêt de doute, quand même. Je m’en­tends bien avec Dieu, au fond. Le reste, la mytho­lo­gie, la culpa­bi­li­té, la confes­sion, ce ne sont que des détails. Le pilier cen­tral, indes­truc­tible, c’est ma foi (13) », conclut-​il. Mais, quand il ne reste plus rien d’ob­jec­tif, la foi ne peut être que le fruit de la sub­jec­ti­vi­té, du ressenti.

La vocation sacerdotale

Pascal pense à deve­nir prêtre. « Aussi loin que je me sou­vienne, j’ai tou­jours été ten­té par la reli­gion. À 6 ans, je des­si­nais des autels. À 8 ans, je mimais la messe. À 10 ans, j’é­tais enfant de choeur. Le reste a sui­vi. À 15 ans, donc, je suis déter­mi­né (14). » Il s’en ouvre au père Fichard qui reste d’a­bord sur la réserve, puis l’in­vite à vivre, à aller en boîte de nuit ! Il lui montre son quo­ti­dien misé­rable : « D’un geste de la main, il désigne la pauvre table, les miettes, la vais­selle sale : « C’est ça que tu veux (15) ? » » Pascal ne se rebute pas. Il sou­haite tou­jours deve­nir prêtre.

Le père Fichard l’é­carte volon­tai­re­ment des camps à voca­tion reli­gieuse, des ras­sem­ble­ments, des groupes de prière. « Pour te pré­ser­ver », dit-​il. « Il ne fait rien pour me rap­pro­cher de la prê­trise (16) », recon­naît le père Vesin.

À 20 ans, sa convic­tion demeure. Il sait ce qu’il va faire : « Me mettre au ser­vice de Dieu. Ma mis­sion sera de « rendre pré­sent le Christ par­mi les hommes ». J’ai la voca­tion, c’est cer­tain (17). »

Il ajoute : « Je vou­lais être curé comme le père Fichard. C’est lui qui a été – et reste – mon exemple (18). » Ce prêtre « dépous­sière les mythes, revient à la véri­té (19) ».

Le séminaire

Reçu avec ses parents par le père Pierre Masson, res­pon­sable dio­cé­sain à la for­ma­tion, il demande à entrer au sémi­naire. Le trou­vant un peu jeune, celui-​ci l’en­gage à attendre, à suivre des études, à réflé­chir. Mais c’est tout réflé­chi ! Pascal Vesin insiste for­te­ment. Le prêtre finit par accep­ter. En sep­tembre, il entre­ra au sémi­naire de Sainte-​Foy-​lès-​Lyon qui regroupe les sémi­na­ristes d’une dizaine de diocèses.

Ses condis­ciples viennent de Clermont- Ferrand, de Valence, de Grenoble, de Dijon, de Belfort. Six années d’é­tudes l’attendent.

Il découvre les écrits du père Karl Rahner (1904–1984), jésuite moder­niste qui eut une influence déter­mi­nante au concile Vatican II. « Pour lui, c’est simple, tout homme juste est sau­vé, chré­tien ou non, car c’est un « catho­lique ano­nyme. (…) L’Église, donc, est au ser­vice de la Révélation, mais ne peut pro­di­guer le salut (20) », explique-​t-​il. Cette décou­verte l’en­chante : « Rahner me per­met de mettre des mots sur l’ex­pé­rience que je suis en train de vivre. (…) Me voi­là heu­reux de savoir, grâce à Rahner, que nous irons tous au para­dis (21). » Conforté par l’en­sei­gne­ment qu’il reçoit, il conclut : « La Rédemption ne m’ap­pa­raît plus comme un acte indi­vi­duel, mais comme un fait col­lec­tif. Je me demande désor­mais com­ment la socié­té peut aider l’homme à gran­dir (22). » Appuyé sur une telle pen­sée, on com­prend dès lors que l’a­pos­to­lat soit aban­don­né par de nom­breux prêtres conci­liaires pour lais­ser la place à l’ac­ti­visme social.

Pendant son ser­vice mili­taire, il s’in­té­resse à la poli­tique : « Je rêve d’une gauche, une vraie gauche, pas cette légion d’ap­pa­rat­chiks qui colo­nisent les articles de jour­naux. Je me mets à fré­quen­ter les jeunes socia­listes (23). » Devenu diacre, il est auto­ri­sé par l’é­vêque d’Annecy, Mgr Barbier, à s’ins­crire à l’Institut théo­lo­gique ortho­doxe Saint-​Serge, dans le xixe arron­dis­se­ment de Paris. Il y est enthou­sias­mé par une approche dif­fé­rente et l’exis­tence d’une théo­lo­gie plu­rielle ! Arrivés dans une pro­mo­tion de 15 au sémi­naire, ils seront fina­le­ment trois à être ordon­nés. L’ordination du père Pascal Vesin a lieu le 30 juin 1996.

Âgé de 26 ans, il est nom­mé à la paroisse de Thonon. Il y est spé­cia­le­ment char­gé des jeunes. Ces pre­miers pas de prêtre laissent entre­voir le prêtre pro­gres­siste. Sa ligne de conduite est de refu­ser tous les extrêmes, le Front natio­nal comme le par­ti chré­tien de Christine Boutin. Il veut faire de la poli­tique en pesant sur la vie sociale. « La socié­té change, notre devoir est de prendre en compte cette évo­lu­tion : des avan­cées comme le Pacte civil de soli­da­ri­té (Pacs), le loge­ment social, le dia­logue avec les autres reli­gions, doivent faire par­tie de nos pré­oc­cu­pa­tions au long cours (24) », martèle-​t-​il. Au bout de 2 ans, il est envoyé à Annemasse où il reste 6 ans. Le ven­dre­di, il se rend à la mos­quée, sym­pa­thise avec l’i­mam du quar­tier et les jeunes. « En revanche, quand je les invite à l’é­glise, ils ne viennent pas (25) », déploret- il. En 2004, il devient curé de Megève. C’est là que son appar­te­nance à la franc­ma­çon­ne­rie sera dévoilée.

L’adhésion à la Franc-Maçonnerie

Plus tôt en effet, en 1999, lors d’un voyage huma­ni­taire en Roumanie, un ami, Gérard, lui révèle qu’il est membre de la franc-​maçonnerie et l’in­vite à s’en rap­pro­cher. Le père Vesin est mûr. Nous l’a­vons vu, son enfance, sa for­ma­tion sacer­do­tale et sa pen­sée de gauche l’y pré­dis­posent. Il ne reste plus rien de la reli­gion que la volon­té de faire « gran­dir l’homme ».

De ses lec­tures sur la franc-​maçonnerie, « deux ou trois idées-​forces me plaisent, notam­ment la com­pré­hen­sion mutuelle, la néces­si­té d’oeu­vrer pour le bien, la réflexion sur les moyens d’être homme. Par-​dessus tout, il y a un mot qui revient fré­quem­ment et qui m’im­porte plus que tout. C’est le mot « liber­té » (26) » explique-​t-​il. Il se docu­mente et se demande : « Pourquoi l’Église condamnet- elle ce mou­ve­ment, dont les inten­tions sont cha­ri­tables et justes ? Et dont les valeurs sont par­fai­te­ment chré­tiennes ? (…) La réponse est simple : l’Église, for­te­ment struc­tu­rée dans un sys­tème hié­rar­chique, ne peut tolé­rer une autre auto­ri­té que la sienne (27). » Le secret, certes, le trouble, mais la bon­té de son ami Gérard le ras­sure. Il balaie le risque de syn­cré­tisme reli­gieux et les condam­na­tions de l’Église. « En creu­sant un peu, je m’a­per­çois que toutes les rai­sons four­nies par les anti­ma­çons sont vagues, fausses, creuses ou sim­ple­ment idiotes (28) », rien moins. Pour lui, les francs-​maçons « sont des pro­gres­sistes, et les élé­ments les plus rétro­grades de la socié­té ne veulent pas de ce pro­gres­sisme (29) ». L’aveu est là : l’Église doit changer.

Le 28 février 2001, il est ini­tié au temple du Grand-​Orient de Genève. Le seul à savoir la chose est son père spi­ri­tuel, le père Placide, un ermite, chré­tien ortho­doxe. Celui-​ci n’y voit aucune contre-​indication. Le père Vesin ose affir­mer : « Grâce à la maçon­ne­rie, je gagne en res­pect et en ouver­ture vers l’autre. (…) Ma foi, aus­si, s’ap­pro­fon­dit (30) » ! « À Genève, je retrouve les frères deux fois par mois. Je suis assi­du. Au bout d’un moment, je passe maître. Je pro­gresse sur le che­min de la connais­sance (31) », explique-t-il.

La dénonciation

En avril 2010, Mgr Yves Boivineau, évêque d’Annecy, reçoit une lettre ano­nyme dési­gnant le père Vesin comme franc-​maçon. À la ques­tion de son évêque, il répond en niant tout d’a­bord 32. Mais en 2011, suite à un second cour­rier ano­nyme, il recon­naît enfin son appar­te­nance. Il est éga­le­ment confon­du par le site inter­net d’une loge qu’il a visi­tée, celle-​ci publiant ce com­men­taire : « Nous rece­vons un frère curé à Megève (33).»

La lettre ano­nyme ayant éga­le­ment été trans­mise au nonce apos­to­lique à Paris, Mgr Ventura, l’af­faire remonte à Rome. Mgr Boivineau tente à plu­sieurs reprises de convaincre le père Vesin de quit­ter la franc-​maçonnerie. En mars 2013, la Congrégation pour la doc­trine de la foi enjoint l’é­vêque d’Annecy de cla­ri­fier sous un mois la situa­tion du curé de Megève.

Le père Vesin invoque « la liber­té abso­lue de conscience (34) » et refuse de quit­ter la franc-​maçonnerie. Dans sa lettre du 23 mai 2013, Mgr Boivineau tire les consé­quences de ce refus : « En appli­ca­tion du canon 1332 CIC, vous ne pou­vez donc plus désor­mais, à comp­ter de ce jour, ni rece­voir ni célé­brer les sacre­ments et je vous demande de quit­ter la paroisse dont vous n’êtes plus le curé (35). » Cet article du code de droit canon de 1983 ren­voie à la peine de l’in­ter­dit pré­vue par l’ar­ticle 1374 : « Qui s’ins­crit à une asso­cia­tion qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’in­ter­dit. » Or, le dio­cèse reproche au père Vesin d’a­voir pré­ci­sé­ment joué un rôle actif (36), en étant agent recru­teur, notam­ment de l’un de ses parois­siens de Megève (37). La per­sonne frap­pée d’in­ter­dit est sou­mise aux mêmes peines que l’ex­com­mu­nié, mais fait tou­jours par­tie de l’Église.

À ce jour, le père Vesin n’est pas reve­nu en arrière. Il s’é­tonne au contraire de la posi­tion de l’Église. Il rap­pelle que le père Desbrosse avait reçu en 1980 l’au­to­ri­sa­tion de son évêque d’adhé­rer à la franc-​maçonnerie. Il pense que depuis Jean XXIII la posi­tion de l’Église s’est adou­cie et que le père Desbrosse a béné­fi­cié, avec Jean-​Paul II, d’un pape libé­ral. L’arrivée de Benoît XVI a mar­qué pour lui une forme de réac­tion, et de confu­sion ajouterions-nous. «

Personnellement, je ne vois aucune contra­dic­tion entre mon enga­ge­ment chré­tien et les aspi­ra­tions des francs-​maçons (38) », déclare-​t-​il. Le livre qu’il publie en 2014 s’in­ti­tule d’ailleurs Être frère, res­ter Père, avec pour sous-​titre Prêtre ou franc-​maçon : pour­quoi choi­sir ? Nous sommes ten­tés de lui don­ner rai­son, tant la révo­lu­tion conci­liaire a prê­té la main au pro­gramme maçon­nique, ren­dant la fron­tière ténue entre les deux institutions.

Comme d’autres prêtres pro­gres­sistes, le père Vesin ne cache pas son sou­hait de voir un jour des hommes mariés accé­der au sacer­doce, mais éga­le­ment des femmes mariées (39). Lors de la mani­fes­ta­tion pour tous, il a appe­lé à la liber­té de conscience (40). « Des dogmes immuables ? Je suis contre. (…) Il y a l’im­mo­bi­li­té et le mou­ve­ment. Or, c’est le mou­ve­ment qui m’in­té­resse (41) », résume-t-il.

Albert Laurent

Sources : Fideliter n° 239 de septembre-​octobre 2017

Notes

(1) – Pascal Vesin, Être frère, res­ter Père, Presses de la Renaissance, 2014, p. 165.
(2) – « Votre adver­saire, le diable, comme un lion rugis­sant, rôde autour de vous, cher­chant qui il pour­ra dévo­rer. »
(3) – Les réfé­rences ne com­por­tant qu’un numé­ro de page sont toutes tirées de l’ou­vrage du père Vesin. Ici p. 171.
(4) – P. 27.
(5) – P. 24.
(6) – P. 34.
(7) – Ibid.
(8) – P. 37.
(9) – P. 41.
(10) – Pascendi, § 55.
(11) – Pp. 41–42.
(12) – P. 43.
(13) – Ibid.
(14) – P. 58.
(15) – P. 59.
(16) – P. 63.
(17) – P. 73.
(18) – P. 78.
(19) – P. 83.
(20) – Pp. 124–125.
(21) – Ibid.
(22) – P. 136.
(23) – P. 132.
(24) – P. 152.
(25) – P. 158.
(26) – P. 164.
(27) – P. 167.
(28) – P. 170.
(29) – P. 168.
(30) – P. 178.
(31) – P. 180.
(32) – Communiqué du dio­cèse d’Annecy du 28 mai 2013.
(33) – P. 186.
(34) – Communiqué cité plus haut.
(35) – Le Point, 24 mai 2013.
(36) – Communiqué cité plus haut.
(37) – L’Express, n° 3236, 10 juillet 2013, p. 59.
(38) – P. 171.
(39) – P. 66.
(40) – P. 199.
(41) – P. 100.