Les principes de Vatican II et l’idéal maçonnique

L’Église catho­lique tend hélas à deve­nir, depuis cin­quante ans, un « Mouvement d’a­ni­ma­tion spi­ri­tuelle de la démo­cra­tie uni­ver­selle », en abré­gé un « Masdu », selon l’ex­pres­sion de l’ab­bé Georges de Nantes. Un peu comme si le coeur de cer­tains ecclé­sias­tiques était pris de ten­dresse pour cer­tains idéaux des loges. Reproche trop sévère ou juge­ment fondé ?

« Une grande par­tie de ce qui a été réa­li­sé au concile Vatican II est fon­dée sur les prin­cipes et pos­tu­lats maçon­niques », affir­mait un jour le Grand com­man­deur des loges au Mexique, Carlos Vázquez Rangel. Un haut gra­dé de la franc-​maçonnerie encou­ra­geant un concile œcu­mé­nique, c’est inquié­tant lors­qu’on se sou­vient des nom­breuses condam­na­tions des loges par l’Église ! Mais pré­ci­sé­ment, dira-​t-​on : ces condam­na­tions ne sont plus d’ac­tua­li­té puis­qu’en 1983, la sanc­tion de l’ex­com­mu­ni­ca­tion a été levée par le pape Jean- Paul II. Désormais on peut deve­nir franc-​maçon et res­ter catho­lique ; concluons que les hommes d’Église se sont mis à la remorque de la franc-​maçonnerie. Cependant, les choses ne sont pas si simples. Le nou­veau code de droit cano­nique consi­dère tou­jours qu’ap­par­te­nir à une socié­té secrète – telle que la Veuve – est une faute grave.

Qu’en est-​il alors ? À quel point l’ou­ver­ture au monde de Vatican II peut-​elle être com­pa­rée à l’es­prit maçonnique ?

Les distances qui demeurent

Première obser­va­tion : « on nous a chan­gé la reli­gion », mais la reli­gion telle que la conçoit la Rome d’au­jourd’­hui n’est pas com­plè­te­ment dif­fé­rente de la reli­gion de tou­jours. Du coup, on ne peut pas dire que, pure­ment et sim­ple­ment, la phi­lo­so­phie des loges a enva­hi le sanc­tuaire. Hélas, l’ex­com­mu­ni­ca­tion a été levée bien que, le 26 novembre 1983, la Congrégation pour la doc­trine de la foi ait rap­pe­lé le « juge­ment néga­tif de l’Église sur les asso­cia­tions maçon­niques ».

Prenons un exemple, celui de l’é­so­té­risme. La franc-​maçonnerie pro­pose l’ac­cès à une connais­sance dont le conte­nu est secret. Il s’a­git d’une véri­té pré­ten­du­ment propre à assu­rer le bon­heur de l’hu­ma­ni­té, bien que jamais par­fai­te­ment atteinte. Ces secrets sont réser­vés à une mino­ri­té d’hommes (éso­té­risme). Or cet éso­té­risme, qui contre­dit déjà l’en­sei­gne­ment tra­di­tion­nel catho­lique selon lequel la cha­ri­té aspire au bien de tout homme, est éga­le­ment vu d’un mau­vais œil par le magis­tère d’au­jourd’­hui, parce qu’il res­treint de façon peu démo­cra­tique l’ac­cès au bonheur.

Un autre aspect de la franc-​maçonnerie main­tient une cer­taine dis­tance entre lui et la par­tie conci­liaire de l’Église : c’est l’é­thique. Les loges sont en effet d’ac­cord sur un cer­tain nombre de pré­ceptes de morale natu­relle (comme le res­pect d’au­trui ou la néces­si­té du tra­vail). Elles assurent à leurs adeptes que s’ils les suivent, ils pour­ront deve­nir, au milieu du monde, une élite. Or dans la doc­trine catho­lique tra­di­tion­nelle, une vie qui ne se confor­me­rait qu’à la rai­son ne suf­fi­rait pas à rendre meilleur : la foi, la fidé­li­té aux com­man­de­ments et la grâce sont requises au salut. Ajoutons que, même dans le catho­li­cisme tel qu’il a été gâté par le néo-​modernisme, tout n’est pas per­du de cet ensei­gne­ment car, indé­nia­ble­ment, on y consi­dère encore que pour être un homme par­fait il faut se confor­mer à l’Évangile, qui est autre chose que l’i­déal maçonnique.

Un écart existe donc tou­jours entre l’es­prit de Vatican II et la phi­lo­so­phie des loges. Toutefois, depuis cin­quante ans, l’en­sei­gne­ment et la pra­tique des hommes d’Église se sont rap­pro­chés des maximes des offi­cines secrètes. Signe de ce rap­pro­che­ment, le car­di­nal Agostino Casaroli, au cours d’un ser­mon don­né le 20 octobre 1985 dans l’é­glise Saint- Patrick de New York, a attes­té « que les concor­dances entre l’Église et la franc-​maçonnerie peuvent être consi­dé­rées comme un fait acquis [1] ». Pour mani­fes­ter ce rap­pro­che­ment, choi­sis­sons un regard d’ensemble.

Le Ciel et la terre, Dieu et l’homme

En quoi consiste, au fond, le catho­li­cisme ? Le but ultime de l’Église mili­tante est dans l’au-​delà : c’est d’en­gen­drer de plus en plus d’é­lus, qui soient le plus saints pos­sible. La franc-​maçonnerie (on devrait dire « les franc-​maçonneries », tant il y a de diver­si­tés entre elles) a, elle, choi­si une fina­li­té ici-​bas. Ce but, prétend-​elle, est de paci­fier et d’u­ni­fier l’hu­ma­ni­té dans une fra­ter­ni­té har­mo­nieuse et uni­ver­selle. Or il se trouve que, dans le dis­cours conci­liaire, la pers­pec­tive du Ciel est sou­vent mise de côté au point, pré­ci­sé­ment, de ne plus deve­nir une pers­pec­tive. La vie ter­restre a pris le des­sus. Les curés insistent bien plus qu’a­vant sur la par­ti­ci­pa­tion des chré­tiens à l’é­di­fi­ca­tion d’une socié­té meilleure ici-​bas. La vie éter­nelle est rare­ment évo­quée. On met l’ac­cent sur le vivre-​ensemble, le par­tage des richesses, l’ac­cès à la démo­cra­tie, la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment… L’assemblée plé­nière du Conseil pon­ti­fi­cal pour le dia­logue inter­re­li­gieux avait pour thème en 2017 : « Rôle de la femme pour l’é­du­ca­tion à la fra­ter­ni­té uni­ver­selle ». N’y a‑t-​il pas là une cer­taine res­sem­blance avec le pro­gramme des loges ?

Revenons à la pers­pec­tive catho­lique tra­di­tion­nelle. Que dit-​elle, cette fois, de la conduite sur terre ? Pour obte­nir le Ciel, les chré­tiens ont des devoirs envers Dieu, d’a­bord ; envers les autres, ensuite : à savoir leurs conci­toyens et, dans une moindre mesure, tous les hommes. Selon le catho­li­cisme, les êtres humains sont loin­tains cou­sins car ils des­cendent tous du même ancêtre, Adam ; mais ils ne sont pas pour autant frères. Pour que ces cou­sins vivent sur une unique pla­nète, il faut sur le plan natu­rel obser­ver la jus­tice entre per­sonnes et entre États. La seule fra­ter­ni­té dépas­sant les nations est l’ap­par­te­nance à l’Église (qui nous fait enfants de Dieu). Mais ce serait une illu­sion de croire que le Saint-​Esprit réuni­ra un jour tous les hommes, c’est-​à-​dire que tout le globe sera un jour catho­lique. Dans le même ordre d’i­dées, aucun huma­nisme n’est sol­vable dans le chris­tia­nisme, car tout huma­nisme véri­table signi­fie une déme­sure dans la gran­deur et la place attri­buées à l’homme. Enfin, la paix est sou­hai­table, mais la guerre par­fois juste.

La pers­pec­tive maçon­nique sur la conduite humaine est autre : pour par­ve­nir à la fra­ter­ni­té uni­ver­selle, il faut obser­ver une morale qui nous engage à l’é­gard des autres hommes seule­ment ; du culte divin il n’est pas ques­tion (le « Grand Architecte » men­tion­né dans cer­taines loges est non une per­sonne mais une idée loin­taine, inter­pré­table à la guise de cha­cun). Cette morale peut d’ailleurs s’a­dap­ter à l’é­vo­lu­tion des men­ta­li­tés. Il est sou­hai­table que les hommes ne se replient pas sur leurs fron­tières, mettent entre paren­thèses leurs dif­fé­rences de natio­na­li­tés, pra­tiquent le res­pect mutuel, l’en­tente, la phi­lan­thro­pie et la soli­da­ri­té. L’humanisme et la paix uni­ver­selle sont au coeur du pro­jet. L’encouragement à l’ac­cueil des immi­grés, au mon­dia­lisme et la stig­ma­ti­sa­tion du patrio­tisme sont des lieux com­muns de la franc-​maçonnerie. Or n’est-​on pas obli­gé de consta­ter qu’une bonne part du cler­gé conci­liaire a fait sienne cette façon de voir ? S’occuper de Dieu relève moins d’un devoir que d’un besoin ; le chré­tien se résume dans son rap­port d’a­mour au pro­chain ; l’a­mour est au fond son unique obli­ga­tion. « Plus que qui­conque, nous avons le culte de l’homme », s’est écrié le pape Paul VI, fon­dant l’hu­ma­nisme néo­mo­der­niste dont Vatican II est le concen­tré doc­tri­nal. Il a lan­cé aus­si : « Plus jamais la guerre ! », appel repris par Jean-​Paul II et François.

Une par­tie notable des prêtres et des évêques, et le pape aujourd’­hui, dis­courent d’im­mi­gra­tion et de patrio­tisme comme les socia­listes et les inter­na­tio­na­listes. Jean Raspail, dans Le camp des saints, dénon­çait l’at­ti­tude d’un cler­gé gau­chi­sant, foca­li­sé sur l’ac­cueil de l’é­tran­ger, qui per­met à un mil­lion d’Indiens affa­més, arri­vés sur des navires, d’être reçus avec le sou­rire. Ils pillent alors notre sol sans pitié, le cler­gé deve­nant cores­pon­sable de l’ef­fon­dre­ment apo­ca­lyp­tique de l’Occident chré­tien. Il n’est pas exclu que la fic­tion de ce roman devienne un jour réa­li­té – Dieu nous en pré­serve –, tant il est vrai que la reli­gion revi­si­tée par le libé­ra­lisme, et la phi­lo­so­phie réin­ven­tée par la maçon­ne­rie mènent, si on n’y met pas obs­tacle, l’Église et l’hu­ma­ni­té au chaos que toute idéo­lo­gie finit un jour par produire.

Tolérance et dialogue

Un troi­sième aspect du catho­li­cisme est celui du rap­port entre les reli­gions. Le chris­tia­nisme repose sur la Révélation de mys­tères. À sa racine se trouve le dogme, véri­té à laquelle une cer­ti­tude est atta­chée en rai­son de la parole divine et de l’in­failli­bi­li­té de l’Église. Le dogme est par consé­quent une lumière pour la rai­son et un tré­sor pour l’hu­ma­ni­té. S’y sou­mettre requiert l’hu­mi­li­té de coeur.

La véri­té doit être répan­due par l’a­pos­to­lat pour que l’Église croisse. Or la pré­di­ca­tion apos­to­lique de la véri­té ne peut taire la dif­fé­rence entre les doc­trines reli­gieuses. La riva­li­té entre reli­gions pour conqué­rir les âmes devient par­fois conflit. Certes, le dia­logue entre catho­liques et adeptes de fausses reli­gions est pos­sible, voire sou­hai­table et a été pra­ti­qué par les mis­sion­naires, mais pas dans les condi­tions dans les­quelles on le conçoit aujourd’­hui. Car on y intro­duit une ouver­ture d’es­prit qui signi­fie une estime pour le faux. Quant à la tolé­rance, par l’État, de l’er­reur en matière reli­gieuse, elle est tou­jours un pis-​aller poli­tique, car il est en soi pré­fé­rable d’é­ra­di­quer le mal plu­tôt que de le lais­ser se main­te­nir, même si, concrè­te­ment, cette tolé­rance peut par­fois s’im­po­ser en prudence.

L’idée maçon­nique du rap­port entre les reli­gions dif­fère tout à fait de cette approche. Les loges ne conçoivent leur quête de l’u­ni­té du genre humain qu’à tra­vers des com­por­te­ments aux anti­podes de ce qu’on vient de décrire : oubli des dif­fé­rences de croyance et de convic­tion, aban­don des pré­ju­gés, méfiance à l’é­gard des dogmes. « La franc-​maçonnerie n’est pas une reli­gion et n’a pas de doc­trine, mais elle est plu­tôt une méthode de type rela­ti­viste, qui exclut l’ac­cep­ta­tion a prio­ri de véri­tés abso­lues et de dogmes » mar­tèle Gianni Benelli, de la loge « La Pigneta » de Ravenne [2]. Semblablement la maçon­ne­rie invite à la tolé­rance mutuelle au nom de la liber­té de conscience, au dia­logue et à l’ou­ver­ture d’es­prit. Les hommes se ras­sem­ble­ront autour d’un idéal fédé­ra­teur et syn­cré­tiste à condi­tion de rela­ti­vi­ser leurs désac­cords. La laï­ci­té est en par­ti­cu­lier un impé­ra­tif poli­tique absolu.

On com­prend pour­quoi, du coup, lorsque Jean XXIII et sur­tout Paul VI ont ini­tié le mou­ve­ment oecu­mé­nique et le dia­logue inter­re­li­gieux, les maçons ont applau­di. « Foin des dogmes, s’ex­cla­maient les « nou­veaux prêtres » (expres­sion de Michel de Saint-​Pierre ; heu­reu­se­ment le dogme fait dou­ce­ment son retour par­mi eux). Réconcilions l’Église avec la liber­té pour que les hommes se récon­ci­lient avec l’Église ! Et sachons appré­cier ce qu’il y a de vrai et de bon dans les autres reli­gions, à tra­vers un dia­logue doc­tri­nal et spi­ri­tuel dans lequel nous culti­ve­rons l’ou­ver­ture d’es­prit. N’est-​ce pas néces­saire pour col­la­bo­rer à l’ins­tau­ra­tion d’un monde meilleur ? Aussi devons-​nous renon­cer à l’i­dée médié­vale d’un État chré­tien, nous pro­non­cer pour une saine laï­ci­té et pro­mou­voir la liber­té reli­gieuse. » Il faut se rendre à l’é­vi­dence : dans le domaine du rap­port aux autres confes­sions, la reli­gion conci­liaire tient un lan­gage très sem­blable à celui de la franc-maçonnerie.

Asservir les religions

Toutes les res­sem­blances que nous avons mani­fes­tées sont incon­grues car, his­to­ri­que­ment, la franc-​maçonnerie a rare­ment été l’a­mie des reli­gions. C’est cer­tain en tout cas pour la vraie ; comme le jugeait Léon XIII dans Humanum Genus, les francs-​maçons sont les enne­mis du catho­li­cisme car ils ont entre­pris « de rui­ner la sainte Église » ; leur asso­cia­tion est « cri­mi­nelle, non moins per­ni­cieuse aux inté­rêts du chris­tia­nisme qu’à ceux de la socié­té civile ». C’est vrai aus­si d’autres confes­sions. L’islam est hos­tile à la maçon­ne­rie, qui du reste est née chez les infi­dèles. Si la maçon­ne­rie moderne a été fon­dée par des pro­tes­tants et s’est enten­due par­fois avec eux pour lut­ter contre l’Église (pen­sons à la Troisième République en France), cer­tains réfor­més l’exècrent. L’orthodoxie offre de son côté un visage contras­té : ici, une condam­na­tion des loges, là, une col­lu­sion (le patriarche de Constantinople Athénagoras Ier était cer­tai­ne­ment ini­tié). Seul le judaïsme, si l’on en excepte les has­si­dim, ne fait pas avec la franc-​maçonnerie un trop mau­vais ménage…

Ce qui rend cette ins­ti­tu­tion haïs­sable aux simples gens, c’est en par­ti­cu­lier le secret qu’elle entre­tient. La maçon­ne­rie n’est pas au sens propre une socié­té secrète, puis­qu’on sait qu’elle existe ; mais elle est pleine de secrets : secrets de l’ap­par­te­nance, des échanges, de ces ini­tia­tions rituelles qui ouvrent un monde de sym­boles sin­geant la reli­gion. Or, du fait de cet éso­té­risme, l’Église ne peut juger l’en­sei­gne­ment maçon­nique à la lumière de la foi et donc pro­té­ger le chré­tien du péril. Notre-​Seigneur n’a-​t-​il pas dit : « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-​le en plein jour ; et ce qui vous est dit à l’o­reille, prêchez-​le sur les toits » (Mt 10, 27) ? « S’ils ne fai­saient pas le mal, ils ne haï­raient pas ain­si la lumière », se dit le pape Clément XII en condam­nant, en 1738, la Veuve par la consti­tu­tion In Eminenti. La franc-​maçonnerie ne peut pas pré­tendre cou­si­ner avec le chris­tia­nisme sous le pré­texte qu’elle recherche, comme lui, le pro­grès inté­rieur de la per­sonne. En effet, le pro­grès auquel elle convie est une contre­fa­çon sus­pecte de la sain­te­té, ne seraitce que parce qu’il se veut mys­té­rieux et inaccessible.

Les condam­na­tions de la franc-​maçonnerie par les papes d’an­tan sont une béné­dic­tion, l’un des moyens les plus effi­caces de pré­ser­ver l’Église de l’in­fil­tra­tion dans ses rangs. Il est heu­reux que, récem­ment, les évêques du Togo et ceux de Côte d’Ivoire aient rap­pe­lé de saines véri­tés sur le sujet et que l’on ait logi­que­ment refu­sé, aux Philippines, la sépul­ture ecclé­sias­tique à un « Frère ». Mais com­ment expli­quer que la Conférence épis­co­pale de France ait par­ti­ci­pé, en 1985, à un Appel com­mun à la fra­ter­ni­té aux côtés de six loges, si ce n’est en recou­rant au fait avé­ré de l’in­fil­tra­tion des idées maçon­niques dans la hié­rar­chie ecclésiastique ?

Un grand digni­taire des loges amé­ri­caines, Albert Pike, décla­rait – on nous par­don­ne­ra de citer ces blas­phèmes : « C’est à vous, Grands ins­pec­teurs géné­raux, que nous disons ce qui suit, afin que vous puis­siez le répé­ter aux Frères des 32e, 31e et 30e degrés : la reli­gion maçon­nique devrait être main­te­nue dans la pure­té de la doc­trine luci­fé­rienne par nous qui sommes tous ini­tiés aux plus hauts degrés. Oui, Lucifer est Dieu, et mal­heu­reu­se­ment, Adonaï est aus­si Dieu. (…) Lucifer, le Dieu de Lumière et le Dieu de Bonté, est pour l’hu­ma­ni­té contre Adonaï, le Dieu des Ténèbres et du Mal [3]. » Et si l’en­jeu avoué de l’in­fil­tra­tion de la franc­ma­çon­ne­rie dans la hié­rar­chie de l’Église était le des­sein que pour­suit Pike : aider la lutte de Lucifer contre Dieu ? Dans ce cas, le concile Vatican II, qui a opté, sans le savoir sans doute, pour une cer­taine fami­lia­ri­té idéo­lo­gique avec la Secte, exhale une odeur qui, vrai­ment, ne des­cend pas de la Jérusalem céleste.

Abbé Philippe Toulza, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X

Sources : Fideliter n° 239 de septembre-​octobre 2017

Notes de bas de page

  1. - Cité par Ivan Nanni, http://www.ritosimbolico.it[]
  2. - Giacinto Butindario, La Massoneria Smascherata,p. 274[]
  3. - Cité par Florent Varak, http://larevuereformee.net[]

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