
En montant sur le trône, l’empereur Dèce, qui ne régna que deux ans (249–251), avait caressé le fol espoir d’effacer du monde toute trace de christianisme. Pour atteindre ce but il exigea que tous les sujets de l’empire sacrifiassent aux dieux, sans toutefois punir aussitôt de mort ceux qui refuseraient. Les magistrats devaient s’efforcer de briser l’énergie des chrétiens d’abord par de séduisantes paroles, puis par une longue détention et enfin par les tourments. Dèce voulait faire des apostats, non des martyrs.
Non seulement il ne réussit pas dans son projet satanique, mais il contribua d’une manière inattendue à l’extension du règne de Jésus- Christ. C’est, en effet, de sa courte, mais terrible persécution que date le mouvement qui porta les fidèles au désert et engendra les merveilles de la vie monastique.
Néanmoins, comme tous les chrétiens furent sommés de se présenter dans les temples païens, à un jour fixé, pour abjurer le christianisme, et que nul ne pouvait se soustraire à cette enquête, il en résulta des défaillances qu’on n’avait pas eu à déplorer dans d’autres persécutions moins générales. Ceux qui s’abstenaient étaient traînés de force au sacrifice. Pour que nul ne pût échapper, certains magistrats décrétèrent que, passé un délai déterminé, quiconque n’aurait pas fait acte de paganisme serait considéré comme chrétien et traité comme tel.
Parmi cette multitude de chrétiens poursuivis, dont beaucoup s’étaient laissé attiédir par plusieurs années de tolérance et de prospérité, la peur des tourments fit des ravages. L’histoire note alors trois catégories d’apostats : ceux qui offrirent des victimes aux faux dieux, les sacrificati ; ceux qui leur brûlèrent de l’encens, les thurificati ; ceux enfin qui, sans accomplir aucun acte de culte païen, avaient obtenu par faveur ou à prix d’argent un certificat de paganisme, les libellatici. Ces défaillants, l’orage passé, sollicitèrent leur réintégration dans l’Eglise, et une jurisprudence différente leur fut appliquée selon la gravité de leur apostasie.
Mais il y eut partout de magnifiques exemples d’héroïsme, et de nombreux fidèles versèrent leur sang pour la foi.
Fuite des chrétiens au désert
D’autres chrétiens enfin s’enfuirent dans les déserts, s’exposant à toutes les privations pour éviter le péril de l’apostasie. C’est ainsi qu’un jeune homme, nommé Paul, de la ville de Thèbes, en Egypte, s’enfonça dans le désert de la Thébaïde, s’enferma dans une caverne, y vécut quatre-vingt-douze ans dans la solitude la plus complète et mérita d’être appelé le « premier ermite ». Vers la même époque, un grand nombre de chrétiens s’engagèrent dans la même voie, et ce fut une splendide floraison de vertus et de sainteté dans l’affreuse aridité du désert, de sorte qu’on peut considérer la persécution de Dèce comme l’occasion dont Dieu s’est servi pour peupler les solitudes et développer la vie érémitique.
La vie de saint Paul, premier ermite, a été écrite par saint Jérôme gui avait recueilli sa documentation sur place auprès des anachorètes de la Thébaïde. C’est son récit que nous suivrons dans cette courte biographie.
Saint Paul de Thèbes
Paul naquit à Thèbes, dans la Basse-Thébaïde, en l’an 229, d’après les meilleurs calculs. Orphelin vers l’âge de quinze ans et possesseur d’un riche patrimoine, il résolut de vivre dans la maison de son beau-frère, auquel il laissait volontiers la gestion de ses biens temporels pour ne s’occuper que des intérêts de son âme.
Quand éclata la persécution de Dèce, Paul avait vingt ans. Le prudent jeune homme, ne voulant pas s’exposer au danger de peur d’y périr, se retira dans une maison de campagne où il pensait ne pouvoir être découvert ; mais son beau-frère, chez qui l’envie et la cupidité parlaient plus fort que les liens du sang, résolut de le livrer.
Dieu, qui avait des vues particulières sur son serviteur, lui fit connaître le peu de sûreté de sa retraite, et, en même temps, lui inspira de s’enfuir au désert, au milieu des bêtes sauvages, dont la fureur était beaucoup moins à craindre que la méchanceté des hommes.
Paul obéit à cette impulsion divine ; il part sans tarder, et, après plusieurs étapes, s’enfonçant toujours de plus en plus dans la solitude, il parvient au pied d’une montagne, dans les flancs de laquelle il découvre une caverne. Il ôte la pierre qui en fermait l’entrée, s’engage, non sans quelque crainte, dans les tortueux replis de ce souterrain, et bientôt, il se trouve dans une espèce de chambre que la nature avait pratiquée dans le rocher et d’où l’on ne voyait qua le ciel. Un vieux palmier, chargé de fruits, y étendait ses rameaux, et tout auprès, coulait une fontaine dont les eaux limpides se perdaient presque aussitôt dans le sable, englouties par la même terre qui les avait produites. Dans les flancs de la montagne s’ouvraient d’assez nombreux habitacles où l’on voyait des enclumes et des marteaux tout rouillés, qui avaient servi jadis à battre la monnaie. Ce lieu avait été anciennement une officine de faux monnayeurs.
Le fugitif conçut de l’attrait pour cette demeure qu’il considérait comme offerte par le souverain Seigneur. Il s’y enferma pour n’en plus sortir, vivant sous l’œil de Dieu, qui fut le seul témoin de ses actions ; nourri et vêtu par les fruits et les feuilles du palmier et par un demi-pain que chaque jour un corbeau lui apportait miraculeusement ; inconnu du monde dont il ne se souciait guère, et auquel il ne pensait que pour recommander à Dieu ceux qu’il y avait laissés ; mais connu et aimé de son souverain Seigneur et Maître, Jésus-Christ, pour qui il avait tout quitté, et qui se plut à manifester de la manière suivante combien la vie de ce serviteur fidèle lui était agréable.
Saint Antoine reçoit l’ordre d’aller visiter saint Paul
En l’an 342, il y avait près d’un siècle que Paul menait sur la terre une vie toute céleste, et depuis lors des générations de solitaires avaient suivi son exemple. « Le désert s’était couvert de fleurs », selon l’expression des Prophètes. Or, parmi ces fleurs, celle dont le parfum de sainteté avait alors le plus de renommée était sans contredit le vénérable patriarche de la vie cénobitique, saint Antoine. Son grand âge, sa longue vie de prières et d’austérités furent pour lui une occasion de tentation : la pensée lui vint qu’il était le plus parfait de tous les solitaires, et que nul autre que lui n’avait vécu plus longtemps au désert. La nuit suivante, comme il dormait, il eut la révélation qu’un autre ermite plus ancien que lui, meilleur que lui, se trouvait dans une solitude plus retirée et plus austère, et qu’il devait se hâter de l’aller voir.
A la première lueur du jour, le saint vieillard, qui avait quatre-vingt-onze ans, se mit en route, appuyé sur un bâton, sans savoir où diriger ses pas, mais avec la ferme confiance que Dieu lui ferait voir son serviteur.
Son espoir ne fut point trompé. Le démon, sous la figure d’un monstre horrible, apparut plusieurs fois au saint voyageur pour le troubler ; mais celui-ci, fort du secours de Dieu, obligea la bête maudite à lui indiquer son chemin.
Il marchait depuis deux grands jours quand, l’aurore du troisième jour commençant à poindre, il vit une louve toute haletante de soif s’enfoncer dans une caverne, d’où elle sortit bientôt après. Il la suivit des yeux et, lorsqu’elle fut fort éloignée, il s’approcha de cette grotte qui était précisément celle où vivait Paul.
L’entrée en était si obscure qu’il ne put d’abord rien distinguer. Il s’y engagea cependant, poussé par l’esprit de Dieu, mais avec prudence, marchant légèrement, retenant son haleine et s’arrêtant de temps en temps pour écouter.
Enfin, à travers l’horreur de ces épaisses ténèbres, il aperçut de loin quelque lumière. Son empressement à se diriger vers cet endroit le trahit, car il fit du bruit en heurtant ses pieds contre une pierre, et Paul, l’ayant entendu, tira sur lui sa porte qui était ouverte et la ferma au verrou.
Saint Paul ouvre sa porte à saint Antoine
Antoine se jeta contre terre au seuil de la porte et y demeura presque jusqu’au soir, priant le saint ermite et le conjurant avec larmes de lui ouvrir :
— Vous savez qui je suis, d’où je viens, et pourquoi, lui disait-il. Je n’ignore pas que je suis indigne de vous voir ; toutefois, je ne m’en irai pas sans vous avoir vu. Est-il possible que, ne refusant pas aux bêtes l’entrée de votre maison, vous la refusiez aux hommes ? Je vous ai cherché, je vous ai trouvé, et je frappe à votre porte afin qu’elle me soit ouverte ; que si je ne puis obtenir cette grâce, je suis résolu de mourir en la demandant, et j’espère qu’au moins vous aurez assez de charité pour m’ensevelir.
— Personne ne supplie en menaçant et ne mêle des injures avec des larmes, lui répondit Paul ; vous étonnez-vous donc si je ne veux pas vous recevoir, puisque vous dites n’être venu ici que pour mourir ?
Alors, il lui ouvrit la porte en souriant. Ils s’embrassèrent, se saluèrent par leurs noms, eux qui n’avaient jamais ouï parler l’un de l’autre, si ce n’est par révélation, et rendirent ensemble grâces à Dieu. Après le saint baiser, ils s’assirent et Paul commença ainsi :
— Voici celui que vous avez cherché avec tant de peine ; un corps consumé de vieillesse et couvert de cheveux blancs, un homme qui va bientôt être réduit en poussière. Mais, dites-moi, que devient le genre humain ? Construit-on de nouvelles maisons dans les anciennes villes ? Qui gouverne le monde ? Y a‑t-il encore des adorateurs des démons ?
Un corbeau leur apporte un pain entier
Comme ils s’entretenaient de la sorte, Antoine vit avec surprise un corbeau qui, après s’être posé sur une branche d’arbre, descendit doucement jusqu’à terre et vint mettre devant eux un pain tout entier, puis reprit joyeusement son essor.
— Ah ! dit Paul, voyez la bonté du Seigneur qui nous envoie notre dîner. Il y a soixante ans que je reçois tous les jours la moitié d’un pain ; à votre arrivée, Jésus-Christ a doublé la ration. Remercions ce bon Maître, qui daigne avoir soin de ceux qui combattent pour son service.
Ils rendirent donc grâces à Dieu et s’assirent sur le bord de la fontaine pour prendre leur frugal repas. Mais là s’éleva une contestation qui faillit durer jusqu’à la nuit. Ils se déféraient l’un à l’autre l’honneur de rompre le pain. Paul alléguait l’hospitalité, Antoine alléguait l’âge. Ils convinrent à la fin que chacun le tirerait de son côté et garderait la portion qui lui resterait entre les mains. Ils offrirent ensuite à Dieu un sacrifice de louanges et passèrent la nuit en prières.
Le jour étant venu, Paul dit à Antoine :
— Mon frère, je savais, il y a longtemps, que vous viviez en ces régions et Dieu m’avait promis que vous l’y serviriez avec moi. Mais comme l’heure de mon repos est arrivée et que, délivré de ce corps de mort, je m’en vais recevoir la couronne de justice, Notre-Seigneur vous a envoyé pour couvrir de terre ces dépouilles mortelles, ou pour mieux dire, pour rendre la terre à la terre.
A ces paroles, Antoine, fondant en pleurs, le conjurait de ne point l’abandonner, mais de l’emmener plutôt avec lui :
— Vous ne devez pas chercher votre avantage, lui répondit Paul, mais bien celui des autres. Je ne doute pas que ce vous serait un extrême bonheur d’être déchargé du pesant fardeau de cette chair pour suivre l’Agneau sans tache ; mais il importe au bien de vos frères d’être encore instruits par vos exemples. Aussi je vous prie, si ce n’est pas trop de peine, d’aller quérir le manteau que vous donna l’évêque Athanase, pour ensevelir mon corps.
Ce n’est pas que l’ermite se souciât d’être soigneusement vêtu après sa mort, lui qui ne s’était jamais couvert pendant sa vie de solitaire que de feuilles de palmier, mais il voulait épargner à son ami la douleur de le voir mourir.
Cette demande du manteau donné par saint Athanase surprit vivement Antoine. Comment Paul connaissait-il ce détail ? Saint Athanase avait beaucoup lutté et beaucoup souffert pour défendre la divinité du Christ contre les ariens, mais comment Pau ! avait-il pu en être informé au fond de sa grotte ? Antoine vit bien que Dieu seul avait révélé ces choses au bienheureux solitaire. Il pensa peut-être qu’en désirant dormir son dernier sommeil dans le manteau de l’invincible défenseur de la divinité du Christ, Paul voulait attester qu’il mourait dans la communion de ce Saint, et que toute sa vie de pénitence avait eu pour but de soutenir ceux qui luttaient contre l’hérésie arienne. Mais, au lieu d’approfondir les motifs de cette étrange demande, Antoine ne songea qu’à obéir.
Saint Antoine va chercher le manteau de saint Athanase
Antoine, après avoir baisé les mains de son hôte, reprit en pleurant le chemin de son monastère. Deux de ses disciples, qui le servaient depuis de longues années, coururent au-devant de lui et lui dirent :
— Mon Père, où avez-vous demeuré si longtemps ?
— Ah ! malheureux pécheur que je suis ! répondit-il. C’est bien à faux que je porte le nom de moine ! J’ai vu Elie, j’ai vu Jean dans le désert ; et, pour parler selon la vérité, j’ai vu Paul dans le paradis.
Il n’en dit pas davantage, et, se frappant la poitrine, il tira le manteau de sa cellule. Les disciples le suppliaient de s’expliquer, il leur répondit :
— Il y a temps de parler et temps de se taire.
Alors, il sortit et, sans accepter aucune nourriture, se hâta de reprendre le chemin par où il était venu, brûlant d’ardeur de revoir celui qu’il avait quitté sur le seuil du paradis, et craignant de ne plus le retrouver vivant sur la terre.
C’est ce qui arriva, en effet.
Le lendemain, il avait déjà marché trois heures, quand il vit, au milieu des troupes célestes, l’âme du bienheureux Paul, revêtue d’une lumière éclatante, s’envoler vers son Dieu. Aussitôt, se jetant le visage contre terre, il se couvrit la tête de sable et, à travers ses pleurs et ses lamentations, il murmurait :
— Paul, pourquoi m’abandonner ? pourquoi partir sans que je vous aie fait mes adieux ? fallait-il vous connaître si tard pour vous perdre si tôt ?
Le bienheureux Antoine acheva ce qui lui restait de chemin si rapidement qu’il semblait avoir des ailes. Quand il fut arrivé à la caverne, il y trouva le corps du Saint à genoux, la tête droite et les mains levées vers le ciel. Il crut que Paul vivait encore et qu’il priait. Il se mit à côté de lui pour prier également ; mais, ne l’entendant point soupirer selon sa coutume, il reconnut la triste réalité. Alors, se jetant au cou du solitaire, dont le corps inanimé payait encore à Dieu, par sa posture, un tribut de louanges, il l’embrassa en pleurant, et rendit grâces à Celui devant qui toutes choses sont vivantes.
Deux lions creusent la fosse de saint Paul
Ensuite, il enveloppa le corps dans le manteau qu’il avait apporté, le sortit de la caverne et chanta des hymnes et des psaumes, selon la tradition de l’Église catholique.
Quand il eut terminé les prières alors en usage, il voulut procéder à l’inhumation ; mais il n’avait rien pour fouiller la terre. Retournerait‑i ! au monastère pour chercher des instruments ? Mais il ne serait pas de retour avant une semaine ; d’autre part, que gagnerait-il à rester auprès de ce corps sans vie ?
Ne sachant quel parti prendre et l’esprit accablé d’inquiétude, il s’écria tout en larmes :
— Pourquoi ne suivrais-je pas votre vaillant soldat, ô Jésus-Christ, mon cher Maître, et pourquoi ne rendrais-je pas auprès de lui le dernier soupir ? Retirez-moi, Seigneur, de cette vallée de larmes, que je rejoigne au ciel celui que je n’ai pu rejoindre sur la terre, et que j’embrasse dans votre paix, ô mon Dieu, celui dont je ne puis ensevelir les restes.
II parlait encore quand il vit deux lions accourir du fond du désert, la crinière flottante. Il en frémit tout d’abord, mais la pensée de Dieu le rassura bientôt et il demeura aussi tranquille que s’il eût vu des colombes. Les lions se dirigèrent tout droit vers le corps du saint vieillard, se couchèrent à ses pieds, le flattant de leurs queues, et jetant de grands rugissements, comme pour témoigner de la douleur qu’ils ressentaient de sa mort. Ils se mirent ensuite à creuser la terre avec leurs griffes, et bientôt ils eurent fait une fosse capable de recevoir le corps d’un homme.

Aussitôt leur tâche terminée, semblant solliciter une récompense, ils vinrent vers Antoine, la tête inclinée, les oreilles basses, et se prosternèrent à ses pieds d’un air suppliant. Le solitaire comprit qu’ils lui demandaient sa bénédiction. Alors, rendant grâces à Dieu, il s’écria dans les transports de son allégresse :
— Seigneur, puisque, sans votre volonté, pas une feuille d’arbre ne tombe à terre et que pas un passereau ne perd la vie, donnez à ces animaux ce que vous savez leur être bon.
Et, d’un geste, il les congédia.
Saint Antoine ensevelit saint Paul et retourne à son monastère
Quand les deux lions furent partis, il courba ses épaules sous le glorieux fardeau du corps de son ami et le coucha respectueusement dans la fosse. Il le couvrit de terre et passa toute la nuit suivante en prières près de cette tombe.
Le jour étant venu, il voulut voir une dernière fois la grotte qui avait été le seul témoin de toutes les vertus que le courageux ermite avait pratiquées pendant près d’un siècle. Un seul objet attestait qu’elle avait été la demeure d’un mortel, et encore quel objet ! C’était une tunique faite avec des feuilles de palmier, que Paul avait tressées de sa propre main. Pieux héritier, Antoine ne voulut rien perdre de la succession de celui qui était mort sans faire de testament. Il prit pour lui cette tunique et l’emporta. De retour à son ermitage, il raconta en détail à ses nombreux disciples tout ce qui était arrivé. Le grand solitaire garda précieusement l’humble tunique de saint Paul, et il avait coutume de s’en revêtir aux solennités de Pâques et de la Pentecôte.
C’est en l’an 342, et le 10 janvier, que saint Paul mourut, à l’âge de cent treize ans. Il en avait passé quatre-vingt-douze dans la solitude la plus complète.
Sa fête, fixée d’abord au 10 janvier dès les siècles qui suivirent, a été reportée au 15 janvier par St Pie V, puis a été élevée au rite double par Innocent XIII, le 11 juillet 1722.
Sulpice Sévère raconte que Posthunien visita en 402, au fond de la Thébaïde, la cellule du bienheureux ermite, qui était déjà un lieu de pèlerinage.
Les restes de saint Paul furent portés, dit-on, à Constantinople, au XIIe siècle, par les ordres de l’empereur Michel Comnène. On les transféra ensuite à Venise, en 1240. Plus tard, Louis Ier, roi de Hongrie, les obtint de la république vénitienne et les fit déposer à Bude, sous la garde des Ermites de Saint-Paul.
E. Lacoste, La Bonne Presse 1ère série.
Sources consultées. — P. De Labriolle, Vie de Paul de Thèbes et Vie d’Hilarion, par saint Jérôme (traduction, introduction et notes, Paris, 1906). — Godescard, Vie des Saints (tome I, 15 janvier). — (V. S. B. P., 99 et 779.)









