Missionnaire capucin, premier martyr de la Propagande de la Foi. Fête le 24 avril.
Avocat, religieux et martyr, saint Fidèle de Sigmaringen a été suscité par Dieu, au début du XVIIe siècle, pour réformer les mœurs et combattre le protestantisme dans la Suisse alémanique. A cette double tâche, où s’était déjà employé au XVIe siècle saint Pierre Canisius, il a consacré et ses forces et sa vie, jusqu’à l’effusion de son sang.
La jeunesse. — L’étudiant
Il naquit en avril 1677 à Sigmaringen, petite ville de Souabe, située sur les bords du Danube et capitale de la principauté de Hohenzollern. Son père, nommé Jean Rey, était le fils d’un notable anversois, venu se fixer en 1029 à Sigmaringen pour échapper à la persécution protestante ; il était à la fois conseiller à la cour et bourgmestre.
L’enfant reçut au baptême le nom de Marc, qu’il porta jusqu’à son entrée en religion. Sa naissance avait failli coûter la vie à sa mère, la vertueuse Geneviève de Rosemberger, et on craignit de le voir passer lui-même, presque sans transition, du berceau à la tombe. Mais Dieu veillait sur cette précieuse existence, et sa main toute- puissante écarta ce premier danger.
Les parents du jeune Marc déposèrent dans son âme une piété profonde, qui fut le germe des plus solides vertus ; et comme aux qualités du cœur, l’enfant joignait celles de l’intelligence, ils songèrent à les cultiver et à les développer, en appliquant Marc aux études. A la mort de son père (1696), le jeune homme, alors âgé de dix-neuf ans, fut envoyé à l’Université catholique de Fribourg-en-Brisgau, pour y prendre ses grades.
D’aucuns affirment qu’il est difficile à un étudiant, maître de ses volontés, de se maintenir dans le chemin de la vertu. La vie de Marc Rey à Fribourg leur donne un absolu démenti. Le jeune homme puisait dans la prière, la fréquentation des sacrements, et surtout dans la dévotion à la Sainte Vierge, la force de résister aux entraînements des passions. La mortification et la sobriété furent ses deux vertus favorites : par elles, il évita les écueils où les jeunes gens, même les mieux disposés, échouent quelquefois misérablement lorsque, au milieu du monde, ils ne se tiennent pas sur leurs gardes. Beau, bien fait, de haute et élégante stature, le jeune Rey était remarqué parmi les étudiants par la pureté de ses mœurs, par l’ascendant qu’il exerçait même sur ses professeurs, à tel point qu’on l’avait surnommé le Philosophe chrétien.
Il eut bientôt franchi tous les degrés universitaires, et il conquit successivement le grade de docteur en philosophie (1601), puis, dix ans plus tard, celui de docteur en droit canonique et en droit civil.
Voyage à travers l’Europe
Plusieurs jeunes gentilshommes de Souabe, en tête desquels le baron de Stotzingen, qui se proposaient de visiter les différents royaumes de l’Europe, prièrent Marc de se joindre à eux. Celui-ci y consentit, à la condition d’être libre de vaquer, sans importunité pour ses compagnons, à ses exercices de piété. C’est ainsi qu’il accomplit, plutôt en pèlerin qu’en touriste, un voyage d’études en France, en Espagne et en Italie, visitant les sanctuaires, les hôpitaux, soulageant les malades par ses exhortations et ses abondantes libéralités. En France, il soutint des controverses publiques contre les protestants. A Dôle, en Franche-Comté, il entra dans la confrérie de Saint-Georges, dont la mission était d’ensevelir les condamnés à mort.
Malgré sa piété et les austérités sanglantes par lesquelles il affligeait son corps, surtout le samedi, en l’honneur de la Très Sainte Vierge, il était, comme à l’Université, toujours affable, gai et même de belle humeur dans la conversation.
Il exerce la profession d’avocat
Au retour de ce voyage (1610), il se fixa chez son ami de Stotzingen, à Fribourg-en-Brisgau, où il devait rester jusqu’à sa promotion au doctorat (1611). Puis il alla exercer avec distinction la profession d’avocat à Ensisheim en Alsace, alors capitale des Etats autrichiens et siège du gouvernement.
Un incident providentiel vint lui apprendre combien il était difficile d’être à la fois un riche avocat et un bon chrétien.
Un jour, plaidant une cause très juste, il défendit le droit de son client avec des arguments si solides que l’avocat de la partie adverse ne put répondre. Irrité, ce malheureux lui dit au sortir de l’audience : « Du train dont vous allez, maître Rey, vous ne ferez jamais grande fortune. A quoi pensez-vous donc, de citer d’abord tout ce que vous avez de plus convaincant pour la défense de votre cause ? Il n’y a point d’affaire si épineuse que vous ne terminiez à la première séance. Vos preuves sont fortes, il est vrai, mais les devez-vous produire si tôt ? Il sied que les parties achètent leur bon droit un peu cher. Notre art demande une prudente dissimulation, sans quoi nous ne tirerions aucun fruit de nos sueurs et de nos veilles. Vous êtes jeune, du reste, il faut espérer que l’âge vous modérera, vous donnera de l’expérience et vous fera régler mieux ce zèle ardent pour la justice. »
Ce discoure inattendu fut un coup de foudre pour le jeune praticien : « J’avais cru jusqu’ici, répondit-il, que tous les frais inutiles, les dépenses occasionnées par la seule négligence de l’avocat, étaient autant de dettes qu’il contractait avec sa partie, et le temps et l’expérience ne me feront point sortir de ce sentiment. Il est de la noblesse de notre profession de protéger l’innocent, de défendre la veuve et l’orphelin opprimés, dépouillés par la violence et la ruse. Notre étude n’est point un travail mercenaire ; c’est notre gloire de l’employer à faire respecter les lois : quiconque penserait autrement serait indigne d’exercer un si noble ministère. »
Cependant, les paroles scandaleuses de son adversaire retentissaient sans cesse à son oreille et bouleversaient son cœur. « O monde malheureux, se disait-il, que tu es dangereux à quiconque suit tes pernicieuses maximes ! Jusqu’où ne va pas ta corruption ? Hélas ! où suis-je ? Que mon sort est à plaindre dans un si grand danger de perdre mon âme ! » Et il résolut de renoncer à la profession d’avocat.
Il entre chez les Capucins
Après quelques jours passés dans la retraite, il alla trouver, à Fribourg-en-Brisgau, le supérieur des Capucins de la province suisse-souabe, lui ouvrit son cœur et lui déclara sa ferme résolution de quitter le monde pour se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Le sage directeur, voulant éprouver la sincérité de cette vocation, exigea que son visiteur reçût les ordres sacrés avant de revêtir l’habit franciscain, ce qui eut lieu en septembre 1612, dans la chapelle de l’évêché de Constance.
La 4 octobre suivant, en la fête de saint François d’Assise, patron de l’Ordre, le postulant recevait, à l’issue de sa première messe, l’habit de novice des mains du Père gardien, qui lui donna le nom de Fidèle. Soyez fidèle jusqu’à la mort, lui dit-il, prenant pour thème de son discours ce texte de l’Apocalypse, et je vous donnerai la couronne de vie ; paroles prophétiques que le novice devait réaliser un jour en donnant sa vie pour Jésus-Christ.
Une fois engagé dans la milice séraphique, le P. Fidèle devint un modèle de toutes les vertus et se mit à marcher à pas de géant dans la voie de la perfection. Le lever à minuit, la discipline, la règle, les exercices religieux, les pratiques les plus austères, il embrassait tout avec ferveur, sans se plaindre et sans faiblir.
Cependant, l’heure de la tentation devait sonner pour lui comme elle a sonné pour tous les Saints. Il est un ennemi redoutable qui poursuit les âmes jusque dans les solitudes les plus reculées, c’est le démon. Furieux de la sainteté du Fr. Fidèle, il jura de le faire sortir du couvent.
Un jour donc il se présenta au jeune prêtre sous la forme d’un bienveillant visiteur et lui dit : « A quoi bon ces psaumes, ces jeûnes, ces génuflexions, ces prières ? Combien de pauvres, de veuves et d’orphelins vous appellent à leur secours ! Vous pourriez accomplir mille fois plus de bien dans le monde : quittez ce couvent. »
Le cœur si tendre du novice fut profondément impressionné par ces paroles, et Fr. Fidèle s’en vint à se demander s’il était bien réellement dans sa vocation. II fit part de ses perplexités au P. Ange de Milan, supérieur du noviciat. L’habile directeur reconnut vite la ruse du démon et conseilla au Frère d’avoir recours à la prière : « O mon adorable Sauveur ! s’écria le zélé novice, rendez-moi cette joie salutaire et cette sérénité d’esprit dont je goûtais les douceurs dans les heureux commencements de ma vocation ; faites, ô mon Dieu, en me découvrant votre volonté, que je triomphe de mon ennemi et de mes passions ! »
Dieu exauça cette fervente prière de son serviteur ; les ténèbres qui avaient envahi son âme s’évanouirent, ses incertitudes se dissipèrent pour faire place à une grande paix et à une force nouvelle.
Un vrai fils de saint François
Dès lors, Fidèle résolut de s’attacher à Dieu par des liens plus étroits. Le terme de son noviciat approchait. Pour obéir à la Règle, il envoya chercher un notaire et signa devant lui une renonciation complète à tous ses biens, dont il employa une partie à faire une fondation au Séminaire, en faveur de plusieurs jeunes ecclésiastiques, afin de leur faciliter les moyens de continuer leur études. En 1863, cette fondation était encore évaluée à 7600 florins, soit 18 620 francs suisses.
Ainsi dépouillé de tout, Fr. Fidèle prononça ses vœux perpétuels à Fribourg le 4 octobre 1613. Toute sa vie il devait se féliciter d’avoir choisi en partage l’heureuse pauvreté des enfants de saint François. « Quel échange plus avantageux que celui que j’ai fait avec Dieu ? Je lui ai donné les biens de la terre et il me donne le royaume du ciel ; que je suis donc devenu riche en m’appauvrissant de la sorte ! »
Il voulut pratiquer ce vœu de pauvreté dans toute sa rigueur, se contentant du strict nécessaire et s’attribuant toujours ce qu’il y avait de plus incommode et de plus simple. Les habits les plus rapiécés lui semblaient de riches vêtements.
A la pauvreté il joignit la mortification : « Seigneur, disait-il, il faut que je souffre pour vous, si je veux être glorifié avec vous. » Et les cilices, les ceintures armées de pointes de fer et les disciplines dont il faisait usage prouvaient que ces paroles n’étaient point de vains mots sur ses lèvres. Ses jeûnes étaient presque continuels, et l’Avent, le Carême et les vigiles, il ne vivait que de pain, d’eau et de fruits secs. Aussi, le P. Jean-Baptiste de Pologne, qui avait été son professeur de théologie, pouvait-il rendre de lui ce beau témoignage : « Le P. Fidèle, pendant tout le cours de ses études, a mené une vie telle que notre Père saint François pouvait la souhaiter. »
Une prière ardente et continuelle soutenait cette austère pénitence. Il craignait tant de tomber dans le relâchement, que la moindre négligence lui paraissait une faute considérable : « Quel malheur, disait-il, si je combattais mollement, soldat sous un chef couronné d’épines ! » Signalons encore son humilité qui lui faisait rechercher les occupations les plus viles.
Prédicateur
Son cours de théologie achevé, le P. Fidèle alla, sur l’ordre de ses supérieurs, prêcher en Suisse, dans le Vorarlberg autrichien, en Alsace. Selon la recommandation de saint François, l’apôtre, dédaignant les formes oratoires auxquelles le barreau l’avait habitué, avait coutume de prendre les fins dernières pour sujet de ses discours, et exhortait ave« une sainte hardiesse ses auditeurs à la pénitence.
A cette époque où les désordres et les scandales s’étalaient au grand jour, le célèbre prédicateur Capucin tonna contre le vice, sans craindre les récriminations des demi-chrétiens, ni même les menaces des impies. Il mettait le fer rouge sur la plaie de son siècle, afin de la guérir plus vite et plus radicalement. C’était l’orateur apostolique par excellence.
Mais, comme les abus étaient autorisés par les exemples des citoyens les plus influents, son zèle lui attira beaucoup de contradictions, Prenant les devants, il se présenta à la barre du Sénat de la ville, exposa les motifs de sa conduite, et proposa des règlements remplis de sagesse pour arrêter le cours des désordres et les abolir totalement. Les magistrats, étonnés de cette noble hardiesse, lui donnèrent gain de cause. II obtint même du Sénat un édit qui supprimait tous les libelles enfantés par l’hérésie contre la religion catholique. Lui-même s’en fit l’exécuteur, et, se transportant chez les libraires, jeta au feu tout ce qu’il trouva de ces pernicieux écrits.
Supérieur de couvent et aumônier militaire
Des vertus si héroïques jointes à son grand savoir le réclamaient à la tête de ses Frères. Au Chapitre provincial tenu à Lucerne le 14 septembre 1618, il fut nommé gardien du couvent de Rheinfeld, près de Bâle. Il exerça les mêmes fonctions l’année suivante à Feldkirch, puis à Fribourg en Suisse, d’où, en 1621, il retourna définitivement à Feldkirch. Dur envers lui-même, il déployait une tendresse toute paternelle envers ses inférieurs, et surtout envers les pauvres et les malades. Une circonstance douloureuse vint d’ailleurs lui fournir l’occasion d’exercer sa charité.
En 1621, l’année autrichienne était campée aux alentours de Feldkirch, afin de surveiller les agissements des Grisons. Le P. Fidèle fut nommé aumônier des bataillons cantonnés dans la ville même. Bientôt une maladie contagieuse se déclara parmi les troupes qu’elle décimait. Dans cette extrémité, le religieux multiplia ses charitables efforts. Il visitait les malades deux ou trois fois par jour, s’agenouillait près de leur grabat, leur portait la sainte Eucharistie, les consolait, et lorsqu’il les savait hors d’état de se procurer les remèdes nécessaires, il quêtait pour eux auprès des riches. Il écrivit même à l’archiduc Léopold d’Autriche, généralissime de l’armée, en faveur des pestiférés, et, par une intervention courageuse, sut ramener au devoir un groupe de soldats qui s’étaient mutinés à cause de l’insuffisance de la nourriture.
Thaumaturge et prophète
Les prières du P. Fidèle obtenaient de nombreux miracles, et surtout d’éclatantes conversions. Un jour, c’est une princesse, aveuglée par l’esprit du mal, qu’il arrache à l’hérésie et ramène au vrai bercail et à Dieu ; un autre jour, il convertit de même à la foi catholique le comte Armsbal de Hohen-Ems.
Un soldat, mauvais chrétien, ivrogne et blasphémateur, ne voulait pas se corriger. « Convertissez-vous, lui dit l’homme de Dieu, sinon vous mourrez bientôt par l’épée. » Le soldat ne tint pas compte de cet avertissement prophétique, et, quelques semaines après, il tombait mort dans une querelle, frappé par un de ses camarades.
Le P. Fidèle, au milieu des travaux de son apostolat, se sentait consumé du désir de donner sa vie pour Jésus-Christ : « Je demande à Dieu constamment, disait-il un jour à ses compagnons sur le chemin de Mayenfeld, deux grandes grâces ; la première, de passer toute ma vie sans avoir le malheur de l’offenser ; la seconde, de répandre jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour son amour et notre foi. » Cette seconde faveur devait lui être bientôt accordée.
En mission chez les Grisons
L’hérésie, prêchée plus d’un demi-siècle auparavant par Luther, en Allemagne, et par Zwingle, en Suisse, avait trouvé de bonne heure accès chez les Grisons. Sur la demande de l’évêque de Coire et de l’archiduc Léopold d’Autriche (16 janvier 1622), le Père gardien de Feldkirch fut désigné avec quelques autres Capucins pour combattre l’erreur dans la région de la Haute-Rhétie. Le missionnaire, en prenant congé du Sénat de la ville (13 avril 1622), annonça que bientôt il verserait son sang pour la religion ; « Je me présente pour la dernière fois devant vous, dit-il ; le temps de ma mort, approche ; je vous laisse entre les mains le dépôt de la foi ; c’est à vous à le conserver précieusement. »
Or, en cette même année 1622, après une réunion préliminaire tenue le 6 janvier, fête de la manifestation de Notre-Seigneur aux Gentils, le Pape Grégoire XV instituait et érigeait, le 22 juin, une Congrégation de cardinaux, dite de la Propagande ou mieux de la Propagation de la foi, en vue d’organiser l’apostolat missionnaire parmi les païens et les hérétiques. La mission dont le P. Fidèle était le supérieur releva directement de cette nouvelle institution.
Chacun de ses pas fut marqué par des conversions. Aussi des calvinistes, ne trouvant point d’autre moyen de répondre à la puissance de sa parole, résolurent-ils de le mettre à mort.
Le martyre
Le 24 avril 1622, le P. Fidèle, étant entré à Grüsch, y célébra la sainte messe et fit une instruction aux soldats sur le blasphème. Au milieu du discours la voix lui manqua tout à coup, sans raison apparente, et il resta quelque temps en extase, les yeux levés au ciel. Dans ce ravissement, Dieu lui révéla que ce jour-là même serait le jour de son triomphe. A l’issue du sermon il pria longtemps devant l’autel et se mit en route pour Seewis, où la veille une députation d’hérétiques l’avait traîtreusement invité à venir prêcher. Comme il était en chaire, une bande d’insurgés calvinistes, armés de massues, d’épées, de hallebardes et de mousquets se précipitent dans l’église en poussant des hurlements et des vociférations. Les assistants effrayés se dispersent, tandis que le prédicateur regagne l’autel, puis après une prière sort de l’église et tente de redescendre à Grüsch, en compagnie d’un capitaine autrichien. L’un et l’autre ne tardent pas à être rejoints par vingt-cinq calvinistes ; l’officier est appréhendé. Alors l’un des émeutiers, s’adressant au missionnaire :
— C’est donc toi, malheureux fanatique, qui veux faire le prophète ! Dis que tu as menti, ou tu vas périr de ma main.
— Je ne vous ai enseigné que la vérité éternelle, répondit avec une douce et sainte fierté le martyr ; c’est la foi de vos pères, et je donnerais volontiers ma vie pour que vous la reconnaissiez.
— Nous ne sommes pas ici pour raisonner, reprit un autre ; veux-tu ou ne veux-tu pas embrasser notre religion ?
— J’ai été envoyé au milieu de vous pour vous éclairer et non pour embrasser vos erreurs.

A l’instant un des forcenés lui donna un coup de sabre sur la tête et le terrassa. Mais le martyr eut encore la force de se mettre à genoux, et, les bras en croix, le regard tourné vers le ciel, il s’écria, à l’exemple du Sauveur : « Pardonnez, ô mon Dieu ! à mes ennemis que la passion aveugle ; ils ne savent ce qu’ils font. Seigneur Jésus, ayez pitié de moi. Marie, Mère de Jésus, assistez-moi ! »
Un second coup de sabre le renversa de nouveau, et en même temps un violent coup de massue lui ouvrit le crâne. Les hérétiques, craignant qu’il ne fût pas encore mort, le percèrent de plusieurs coups de poignard, et lut tailladèrent la jambe gauche, pour le punir, disaient-ils, de toutes les courses qu’il avait entreprises pour leur conversion.
Canonisation de saint Fidèle de Sigmaringen
Jusqu’à l’automne suivant le martyr reposa au champ de Seljanas, près de Seewis, trempé de son sang. Ses restes, sauf le chef et la main gauche, déposés au couvent des Capucins de Feldkirch, furent transférés le 5 novembre de la même année à la cathédrale de Coire.
A la suite des miracles obtenus par l’intercession du serviteur de Dieu, Benoît XIII le déclara Bienheureux par décret du 12 mars 1729, et Benoît XIV, le 29 juin 1746, l’inscrivit au Catalogue des Saints. Clément XIV, le 16 février 1771, étendit son office à l’Eglise universelle et proclama l’apôtre des Grisons premier martyr de la S. Congrégation de la Propagande.
A. Fidèle.
Sources consultées. — R. P. Fidèle, Saint Fidèle de Sigmaringen (Paris, 1901). (V. S. B. P., n° 84a.)









