logos-lpl-separator-blc

Ce confinement qui tue

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp

Monsieur l’abbé Denis Puga a prononcé ce sermon le lundi 9 novembre 2020 en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris.

Bien chers fidèles,

Vous voilà donc réduits de nouveau à ne pouvoir suivre les offices que derrière un écran. C’est une forme de persécution car il ne faut pas croire que c’est une intention bonne qu’il y a derrière tout cela. Nous fêtons aujourd’hui la dédicace de la cathédrale Saint-Jean-de-Latran à Rome, qui est la cathédrale du pape. Toutes les églises du monde dépendent de cette église, toutes les églises sont consacrées et donc appartiennent à Dieu et au culte de Dieu. L’on n’a pas le droit de priver les catholiques de leurs édifices car ils leur appartiennent. La liberté de culte des catholiques est un droit fondamental. A une époque où l’on nous parle tellement des droits de l’homme, voilà un droit de l’homme fondamental, c’est celui de pratiquer publiquement, socialement, la vraie religion. Et ce droit est inaliénable, personne ne peut nous l’arracher. Il n’y a pas une bonne intention derrière ces interdictions. Qui nous aurait dit au début de cette année 2020, quand nous nous sommes souhaité la bonne année, que ce serait une année où nous serions privés de la messe, privés du sacrifice de la messe. On aurait dit, si on nous l’avait annoncé : « Non, vous exagérez, nous ne sommes pas dans un pays communiste, nous ne sommes pas dans la Chine de Mao Tsé Toung ou dans l’URSS de Staline ! » Et pourtant, voici encore un mois supplémentaire où nous sommes privés de la messe, oui… Les fidèles ne peuvent plus y participer par décision de l’État, qui se met à la place de Dieu finalement.

Un faux prétexte de santé

Ce n’est pas une intention juste, qu’on ne nous amène pas le prétexte de la santé parce que ce n’est pas un prétexte de santé. La preuve, mes bien chers frères, c’est que ce confinement qui était censé être un confinement plus « soft » comme on dit maintenant aujourd’hui, ce confinement ferme les églises, c’est-à-dire interdit le culte aux fidèles. Or il se trouve que c’est bien une décision du gouvernement puisque le fameux Conseil scientifique dont nous avons souvent à nous plaindre, dans ses recommandations d’il y a peine un mois avait dit qu’en cas de reconfinement il ne serait pas nécessaire de fermer des églises ni même d’interdire, d’arrêter le culte public. Alors, quelle est l’intention ? Pourquoi le gouvernement est allé outre cette décision ? Vous savez que le Conseil d’État a débouté les associations qui, comme au premier semestre avaient fait un recours, elles avaient gagné ce recours où le Conseil d’État avait rappelé ce droit fondamental de la liberté de culte public. Le Conseil d’État, cette fois-ci, a débouté ces associations qui avaient demandé ce recours à la suite de Civitas et d’autres associations, la Fraternité Saint-Pie X s’était liée à eux. Voilà un bon combat, combat pour la liberté de la messe, honneur à Civitas et aux autres. Il y a peut-être même certains évêques qui commencent à se réveiller, il en faut beaucoup pour les réveiller mais certains commencent à se réveiller.

Hypocrisie et dissimulation

Ce n’est pas l’intention de la santé qui est derrière tout cela, c’est très mystérieux, c’est mondial. Je vous donne un exemple, c’est presque risible, cela ne se passe pas chez nous, cela se passe en Angleterre, vous savez qu’eux aussi ont un confinement et parmi les mesures de ce confinement il est interdit, sauf motif grave, de quitter le pays, d’aller dans d’autres pays. A la Chambre des Communes, la semaine dernière, très sérieusement, le ministre de la Santé de la Grande-Bretagne a exprimé, suite à la question d’un député, que le fait de vouloir voyager pour aller pouvoir recevoir une assistance au suicide était un motif suffisant pour permettre le passage des frontières. Voilà, motif suffisant… la santé, le désir de sauver des vies humaines. Et pourtant la loi interdit en Angleterre l’assistance au suicide, pour le moment.

Je vous ai déjà dit ce qu’il en était pour l’avortement aujourd’hui où tout doucement, pendant que tout le monde s’inquiète de ce confinement, les lois permissives se multiplient, on va passer à quatorze semaines pour l’avortement, on va supprimer la clause de conscience pour les médecins qui existait depuis 1974. Non, non, ce n’est pas la santé qui est derrière tout cela. Et si de fait il y a des victimes de cette maladie, il ne faut pas le nier, on n’est pas face à la peste. Par contre, combien de commerces vont mourir… nous connaissons des gens qui ont été malades, peut-être même quelques-uns qui sont morts, personnellement je n’en connais pas beaucoup, en revanche nous connaissons tous des personnes qui perdent leur travail, qui vont se retrouver dans des situations économiques dramatiques : c’est une autre forme de mort. On sait bien que quand il y a eu la crise de 1929 avec tous ces chômages en pagaille, il y a eu une augmentation considérable des suicides, pensez à ces pères de famille qui se retrouvent à devoir nourrir une famille et qui s’inquiètent de leur travail. Oh, on promet des tas de choses, mais viendront-elles pour les secourir ?

Une époque de persécution

C’est une époque de persécution, on ne l’attendait pas venir par cela mais elle vient et on sait qui est derrière tout cela : ceux qui luttent contre l’Église catholique, contre toute forme de religion, contre tout culte rendu à Dieu, parce qu’ils ne le supportent pas. Hier, bien chers frères, nous avons eu l’église encerclée par les forces de police avec un bus à chaque porte et des policiers qui filtraient, qui empêchaient d’entrer ou de sortir. Qu’est-ce que nous avions fait ? Les voisins du quartier, se sont sans doute demandé : « il doit y avoir un attentat terroriste dans l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet pour qu’il y ait tant de policiers ! » S’ils nous avaient posé des questions on leur aurait dit : « non, non, ce n’est pas cela, c’est beaucoup plus grave, beaucoup plus grave, nous avons osé célébrer la messe ! » Voilà… Vous voyez où l’on en est. Bien sûr, comme vous le savez, ce sont des voisins, de gentils voisins, qui prennent un malin plaisir à nous dénoncer à la préfecture ou aux médias, prions pour eux, tant pis pour eux. Nous n’avons pas peur de notre foi, je pense que ce sont sans doute les dignes successeurs de ceux qui de 1940 à 1945 dénonçaient les juifs de leur quartier.

Il faut défendre nos églises

On nous parle d’un confinement qui va durer, l’état d’urgence sanitaire va durer au moins jusqu’au mois de février et les médecins qui envahissent les plateaux de télévision en rajoutent pour en réclamer toujours davantage, comme si c’était leur compétence. Il faut donc se préparer à une période dure, une période longue, une période de résistance, mes frères, c’est peut-être un deuxième combat pour la messe qui s’ouvre maintenant parce que des catholiques ne doivent pas être des moutons. Il faut défendre nos églises, il faut défendre ce droit de dire la messe publiquement. Ces jours-ci il y a des initiatives, des gens qui sont allés spontanément prier devant les cathédrales qui étaient fermées, c’est une très bonne chose, il faut continuer dans ce sens sinon l’Église meurt. L’Église meurt non pas de la persécution des ennemis, mais de la faiblesse des chrétiens.

Allons prier dans nos églises ouvertes

Oui, c’est un deuxième combat et peut-être le plus important, ne nous décourageons pas, tenons à nos églises. Quand elles sont ouvertes, sachez que vous avez toujours la possibilité d’y entrer, même au cours de vos déplacements professionnels, pour les courses, pour vos déplacements médicaux, si vous passez devant une église vous pouvez y entrer pour prier. Profitez-en, mes bien chers frères, il y a des grâces particulières qui sont liées à la prière dans un lieu consacré, parce que le jour de la consécration de l’église l’évêque fait des prières particulières pour ceux qui viendront se sanctifier par la prière dans ces églises. Ne laissons pas échapper ces grâces, n’écoutons pas ceux qui jusque dans le gouvernement disent : « de toute façon les chrétiens ont la possibilité de prier n’importe où. » Non, nous tenons à nos églises, même si elles ont été volées par la Révolution de telle sorte que nous n’en avons plus que l’usage et non plus la propriété, ces églises qui pourtant ont été construites avec l’argent des chrétiens et non pas l’argent de L’État. Ces églises nous y tenons et nous ne les abandonnerons pas.

Ceux qui mèneront le combat seront bénis

La consécration de la cathédrale Saint-Jean-de-Latran, première cathédrale du monde, juste avant Constantin, par le pape Sylvestre, a été le signe du triomphe de la royauté sociale de Notre-seigneur Jésus-Christ. Toutes les églises comme celle-ci, Saint-Nicolas qui est consacrée aussi, manifestent la royauté de notre-Seigneur Jésus-Christ, par leur existence, par leur vie. Alors ne les abandonnons pas et battons-nous pour qu’elles soient non pas profanées mais toujours utilisées pour le vrai culte à rendre à Dieu. Ceux qui mèneront ce combat seront bénis : laïcs, prêtres, peu importe. Tous les catholiques qui mèneront ce combat auront à souffrir car on souffre toujours quand on veut défendre la messe, parce que c’est la Croix et que le catholique est un croisé mais vous n’imaginez pas les bénédictions de Dieu qui descendront sur eux, sur leur famille. Demandons cela à la Vierge Marie qui a été le premier édifice consacré à Jésus, puisque c’est en son sein que Jésus s’est incarné et c’est pour cela que Dieu l’a faite si sainte, si pure, sans tâche, sans le péché originel. Demandons-lui d’avoir cet amour de l’Église, cet amour de nos églises, et de nous battre pour cela. Oui, il faut se lancer dans un grand mouvement de résistance, fidèle selon les lois de Dieu, selon les lois de l’Église, mais un vrai combat.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

La vidéo du sermon

Source : Chaîne You Tube de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet

Abbé Denis Puga

FSSPX

Table des matières