Sous le patronage du pape, les représentants de religions étrangères à l’unique Église fondée par Jésus-Christ seront invités à prier pour la paix selon leurs propres rites.
Le pape Léon XIV se rendra à Assise le 27 octobre 2026 pour participer à la clôture d’une rencontre internationale pour la paix organisée par la Communauté de Sant’Egidio, exactement quarante ans après la Journée mondiale de prière pour la paix convoquée dans cette même ville par Jean-Paul II.
Placée sous le thème « Paix désarmée et désarmante », la manifestation se déroulera du 25 au 27 octobre et réunira 384 personnalités venues de 53 pays, parmi lesquelles des responsables religieux, des représentants des institutions et des personnalités du monde culturel. Selon les organisateurs, 155 intervenants participeront aux 24 forums thématiques prévus au cours de ces trois journées, qui devraient attirer environ 5 000 personnes.
Parmi les personnalités annoncées figurent le patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée Ier, ainsi que des représentants des différentes confessions chrétiennes, du judaïsme, de l’islam, de l’hindouisme, du bouddhisme et d’autres religions. Le métropolite Antonij, responsable des relations extérieures du Patriarcat orthodoxe de Moscou, devrait également être présent.
Trois journées consacrées à la paix et au dialogue interreligieux
La rencontre s’ouvrira le dimanche 25 octobre à 16 h 30, au centre de congrès UmbriaFiere de Bastia Umbra, près d’Assise, par une assemblée inaugurale réunissant les principales personnalités invitées.
Le lundi 26 octobre, seize forums se dérouleront à partir de 9 h 30 dans plusieurs lieux d’Assise et de Santa Maria degli Angeli. Les débats porteront notamment sur les conflits armés, le désarmement nucléaire, les migrations, la pauvreté, la situation des jeunes, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle.
Plusieurs rencontres seront spécifiquement consacrées aux questions religieuses, notamment à la prière pour la paix, à l’unité des chrétiens et à l’héritage de la rencontre d’Assise de 1986. Les intervenants examineront également le rôle que les religions peuvent jouer dans les conflits contemporains et les perspectives du dialogue entre les différentes traditions religieuses.
Le mardi 27 octobre, huit nouveaux forums commenceront à 9 h 30. L’un d’eux, intitulé « 1986–2026 : l’actualité de l’esprit d’Assise », reviendra directement sur la journée organisée par Jean-Paul II quarante ans auparavant et sur les initiatives interreligieuses qui lui ont succédé.
Le thème général de la rencontre reprend une expression employée par Léon XIV dès sa première allocution, prononcée depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, le 8 mai 2025, quelques instants après son élection, lorsqu’il avait évoqué la paix du Christ ressuscité comme une paix « désarmée et désarmante, humble et persévérante ».
Qui priera et à qui s’adresseront ces prières ?
La dernière journée sera marquée par la présence de Léon XIV, attendu à Assise aux alentours de midi. À 15h30, le pape participera à une prière pour la paix dans la basilique inférieure Saint-François, aux côtés du patriarche Bartholomée Ier et des représentants des autres confessions chrétiennes. Le souverain pontife et le patriarche prononceront chacun une méditation.
Les représentants des religions non chrétiennes ne participeront pas à cette célébration. Treize autres lieux de prière ont été prévus aux alentours du Sacro Convento, le couvent franciscain attenant à la basilique, afin que les représentants du judaïsme, de l’islam, de l’hindouisme, du bouddhisme et des autres religions puissent prier séparément, selon leurs propres croyances et rites.
Dans la basilique Saint-François, le pape priera avec des représentants des Églises orthodoxes, séparées de Rome par différents schismes et refusant la primauté de juridiction et l’infaillibilité du Pontife romain, ainsi qu’avec des représentants des communautés protestantes, qui rejettent plusieurs vérités fondamentales de la foi catholique, notamment celles qui concernent la Sainte Vierge, le sacrifice de la messe, le sacerdoce sacramentel, les sept sacrements, l’autorité de la Tradition et celle du pape. Les doctrines protestantes accordent en outre une place centrale à la justification par la foi seule et au libre examen des Écritures.
Dans les autres lieux, les représentants du judaïsme prieront sans reconnaître Jésus-Christ comme le Messie et le Fils de Dieu, tandis que les musulmans invoqueront Allah selon une religion qui rejette expressément la Sainte Trinité, la divinité du Christ, sa mort rédemptrice sur la Croix et sa Résurrection, tout en reconnaissant Mahomet comme le dernier des prophètes et le Coran comme la parole de Dieu.
Les représentants de l’hindouisme accompliront leurs rites selon des traditions religieuses qui admettent la réincarnation et, pour certaines, une multitude de divinités. Les bouddhistes suivront des pratiques fondées sur la recherche de la délivrance du cycle des renaissances et l’accès au nirvana, sans professer la foi en un Dieu créateur personnel, en une âme immortelle au sens chrétien ni en la grâce surnaturelle. Quant aux représentants des religions animistes, leurs cultes s’adressent aux esprits, aux ancêtres ou aux puissances de la nature, auxquels ils attribuent des pouvoirs occultes sur la vie humaine.
À 16h15, les participants se retrouveront sur la place inférieure de la basilique Saint-François pour la cérémonie de clôture. Les pays actuellement touchés par les guerres seront évoqués, avant un discours de Léon XIV et la proclamation d’un appel commun à la paix, qui sera signé par le pape et environ 80 responsables religieux.
Toutes les religions accueillies, la Tradition catholique exclue
Le contraste avait été dénoncé dès le 6 septembre dernier par l’abbé Gabriele d’Avino, supérieur du District d’Italie de la Fraternité Saint-Pie X. À l’issue du 37e pèlerinage de Bevagna à Assise, les prêtres et les fidèles s’étaient vu interdire l’entrée collective dans la basilique Saint-François pour y chanter le Credo, alors que la ville se préparait à accueillir, quelques semaines plus tard, les représentants des différentes religions.
Les autorités de la basilique et l’évêque d’Assise avaient refusé cette profession publique de foi, tout en autorisant les pèlerins à pénétrer dans l’édifice par petits groupes pour y prier à titre privé. L’abbé d’Avino avait alors prononcé son exhortation sur le parvis, devant les fidèles rassemblés, en mettant directement en cause cette différence de traitement.
Après avoir rappelé les divergences doctrinales qui séparent la foi catholique des religions non chrétiennes, mais aussi des confessions protestantes et orthodoxes, il avait cité l’avertissement de saint Paul : « Quel accord peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord entre le Christ et Bélial ? » Puis il avait dénoncé l’incohérence des autorités ecclésiastiques : « Les membres et les représentants de tous ces faux cultes prieront publiquement dans les églises de la ville d’Assise. Or, comme vous le savez bien – et c’est la raison pour laquelle nous nous trouvons dans cette cour –, les autorités de la basilique qui se trouve derrière moi et l’évêque d’Assise ont décrété que la Fraternité Saint-Pie X ne serait pas autorisée à prier publiquement le vrai Dieu. »
Refusant la solution proposée, il avait annoncé : « Nous n’entrerons donc pas dans la basilique en petits groupes ; nous n’y entrerons pas pour prier en privé. Nous resterons ici, à l’extérieur, sur le parvis. Avec le sourire, nous accepterons cette injustice que le Seigneur permet aussi pour notre édification. »
Les pèlerins avaient finalement chanté le Credo devant la basilique, professant publiquement leur foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ, que l’abbé D’Avino avait rappelé comme « l’unique Médiateur, l’unique Sauveur, le Roi de ce monde et des sociétés ».
La rencontre de 1986 et les protestations de Mgr Lefebvre
La manifestation de cette année entend commémorer la Journée mondiale de prière pour la paix organisée par Jean-Paul II le 27 octobre 1986. À l’invitation du pape, des représentants des principales religions du monde s’étaient alors réunis à Assise pour prier en faveur de la paix, chacun selon ses propres croyances.
Jean-Paul II avait cherché à prévenir les accusations de syncrétisme. Lors de l’audience générale du 22 octobre 1986, cinq jours avant la rencontre, il avait expliqué qu’il ne s’agissait pas de « prier ensemble », mais d’« être ensemble pour prier ». Comme cela est de nouveau prévu en 2026, les différentes religions avaient disposé de lieux séparés pour accomplir leurs rites avant de se retrouver sur la place inférieure de la basilique Saint-François.
Dès le 27 août 1986, le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X avait adressé une lettre à huit cardinaux pour dénoncer la gravité de l’initiative annoncée. « C’est le premier article du Credo et le premier commandement du Décalogue qui sont bafoués publiquement par celui qui est assis sur le Siège de Pierre. Le scandale est incalculable dans les âmes des catholiques », écrivait-il.
Le scandale ne tient pas seulement aux modalités pratiques de la rencontre, mais au fait que le pape encourage publiquement les représentants des fausses religions à prier selon leurs propres cultes. Il ne s’agit pas seulement d’une atteinte à l’unicité de la vraie religion, mais aussi d’une incitation à accomplir des actes de culte objectivement contraires à la foi catholique, tout en laissant croire que ces prières peuvent être placées sur un pied d’égalité avec celle de l’Église.
Depuis 1987, la Communauté de Sant’Egidio organise régulièrement des rencontres internationales inspirées de l’initiative de Jean-Paul II. Benoît XVI s’était lui-même rendu à Assise en octobre 2011, pour le vingt-cinquième anniversaire de cette rencontre, tandis que le pape François avait participé à la commémoration du trentième anniversaire, en septembre 2016.
Dix ans plus tard, Léon XIV s’apprête à prolonger ce scandale : la cité de saint François deviendra une nouvelle fois le théâtre d’un véritable panthéon des idoles. Quelle paix peut donc sortir d’une telle confusion religieuse ?
(source : fsspx.news)





