La pensée de la mort

Image Albrecht Fietz - Pixabay

Saint Eucher[1] parle de la mort, de la cer­ti­tude où nous sommes de mou­rir, de l’in­cer­ti­tude du moment où nous mour­rons. Cette page devrait être clas­sique, tant elle exprime bien la doc­trine chré­tienne de la mort.

Mais, puisque nous avons par­lé de la fra­gi­li­té des pos­ses­sions tem­po­relles, il faut bien que nous disions un mot de la condi­tion même de cette brève exis­tence. Qu’est-​ce que cela, je vous prie, qu’est-​ce que cela ? Les humains ne voient rien jour­nel­le­ment autant que la mort, ils n’ou­blient rien aus­si faci­le­ment que la mort ! Le genre humain est empor­té par la mort en une chute rapide, et toute la suite des géné­ra­tions court le long des siècles ! Nos pères ont pas­sé, nous nous en irons, venant du large, par vagues qui se poussent et dont les der­nières se brisent au rivage. De même, les âges suc­ces­sifs se brisent contre le poteau final de la mort ! Que cette pen­sée, jour et nuit, que le sou­ve­nir de cette condi­tion qui est la nôtre nous frappe. 

Pensons à la fin de la vie qui arrive d’ins­tant en ins­tant et qui se rap­proche d’au­tant plus qu’elle nous a fait davan­tage attendre. Espérons loin­tain ce jour pro­chain, que nous savons ne pas pou­voir être. « Préparons, comme il est écrit, nos voies pour le départ ! » Si nous y pen­sons, si nous médi­tons en ce sens, nous n’au­rons pas peur de la mort. Bienheureux qui vous êtes récon­ci­liés déjà au Christ ! Ils ne peuvent être han­tés d’une grande crainte de la mort ceux qui déjà « dési­rent être dis­sous pour être avec le Christ » (Phil 1, 23) ; qui, devant ce jour suprême de la vie pré­sente, tou­jours prêts, tou­jours tran­quilles, attendent en silence ! Il est, en effet, sans impor­tance que l’on finisse cette vie tem­po­relle à tel ou tel ins­tant, dès lors qu’on passe à l’éternelle. 

Source : J. Goubert et L. Cristiani, Les plus beaux textes sur l’au-​delà. Image : Godong.

Notes de bas de page

  1. mort en 738 ; moine béné­dic­tin deve­nu évêque d’Orléans. ↩︎