La messe des défunts

La litur­gie des défunts est une source de médi­ta­tion, de conso­la­tion et d’espérance.

Le saint sacri­fice de la messe est tou­jours offert pour les défunts, autant que pour les vivants – pro vivis et defunc­tis. Toutefois l’Église a dis­po­sé que cer­taines messes soient dites pour les morts avec une litur­gie spé­ci­fique : la messe des morts. L’histoire témoigne d’oraisons et de céré­mo­nies rajou­tées dans l’antiquité à la messe d’un défunt. Le pape saint Pie V a fixé ce qui exis­tait avant lui dans le mis­sel que nous connaissons.

Il faut dis­tin­guer les messes du 2 novembre, la messe des funé­railles, la messe des troi­sième, sep­tième et tren­tième jours, les messes anni­ver­saires et les messes quo­ti­diennes. En fait il y a quatre litur­gies de messe des morts, qui changent par les lec­tures et les orai­sons, et que l’on doit prendre selon la situa­tion. C’est ce que nous expli­quons main­te­nant (voir aus­si le tableau ci-dessous).

Parlons d’abord du 2 novembre, jour de la com­mé­mo­ra­tion de tous les fidèles défunts. Saint Odilon, abbé de Cluny, eut le pre­mier la pen­sée de consa­crer un jour par­ti­cu­lier à la mémoire de tous les fidèles tré­pas­sés. Les sou­ve­rains pon­tifes approu­vèrent cette pra­tique qui devint uni­ver­selle en Occident dès le XIIᵉ siècle.

Le jour fixé du 2 novembre, s’il tombe un dimanche, est déca­lé au 3 novembre. Aucune autre fête ne peut sup­pri­mer le jour des défunts. Ce jour-​là tous les prêtres peuvent célé­brer trois messes, ce qui n’est pas une obli­ga­tion. La condi­tion est que le prêtre reçoive son hono­raire pour une seule messe à l’intention du dona­teur. Des deux autres messes, l’une est appli­quée à tous les fidèles défunts ; l’autre doit être dite aux inten­tions du Souverain Pontife. Des trois messes du 2 novembre, la pre­mière est la prin­ci­pale : celle que l’on célèbre si on omet les autres ; celle que l’on réserve pour la messe chan­tée ce jour-là.

Mais avant de se sou­ve­nir des défunts du pas­sé, l’Église veut sur­tout prier pour le fidèle au moment de sa mort, de son enter­re­ment. C’est la messe des funé­railles, entou­rée d’un office des morts (matines, etc.) dont la conclu­sion a été ren­voyée à la fin de la messe pour consti­tuer la céré­mo­nie de l’absoute (le Libera me est la conclu­sion des matines).

Toutes ces messes ont les mêmes carac­té­ris­tiques. La cou­leur est noire, le rite est dépouillé (ni Gloria, ni Credo, ni Alleluia). La musique et les ins­tru­ments se taisent. Il n’y a pas de lumi­naires à l’évangile, pas d’encens à la messe, sinon à l’offertoire et à l’absoute. On omet le bai­ser de paix. Lorsque la messe est basse, les assis­tants res­tent à genoux aux orai­sons, au Pater et à l’Agnus. Tout cela nous trans­met l’esprit de la sainte Église. Il s’agit de res­pec­ter le deuil, la tris­tesse des êtres chers, mais sur­tout la gra­vi­té de la sup­pli­ca­tion, de l’appel à la misé­ri­corde divine : Requiem dona ei Domine. La litur­gie met l’accent pre­mier sur le juge­ment qu’une seule messe peut rendre favo­rable au cher défunt, et lui ouvrir le Ciel. Cela n’exclut donc pas l’espérance et la conso­la­tion, dont le chant gré­go­rien est pré­gnant. L’Église n’a pas vou­lu de céré­mo­nies trop humaines, rem­plies de bavar­dage sen­sible et lacry­ma­toire, ryth­mées de chan­sons pro­fanes. Certes la mort chré­tienne n’est pas triste en elle-​même, puisqu’elle fait pas­ser de l’épreuve à la récom­pense. La pré­face des défunts le rap­pelle : « la vie n’est pas enle­vée mais trans­for­mée » ; de mili­tante, elle devient glo­rieuse : moyen­nant l’intercession puis­sante d’une messe de Requiem.

Messe de Requiem : les quatre liturgies1°) la pre­mière messe du 2 novembre2°) la deuxième messe du 2 novembre3°) la troi­sième messe du 2 novembre4°) la messe des funé­railles d’un fidèle laïc
uti­li­sée aussiaux funé­railles et à l’anniversaire d’un pape, car­di­nal, évêque, prêtre.au jour anni­ver­saire, ou de troi­sième, sep­tième et tren­tième jour, d’un fidèle laïcà la messe quo­ti­dienne pour les défunts, avec un choix d’oraisonsà une autre messe le jour du décès ou à l’annonce du décès.
épîtreSt Paul 1 Cor 15 : « O mort, où est ta victoire ? »2 Macchabées 12, 43 : « c’est une sainte et salu­taire pen­sée de prier pour les morts »Apoc 14 : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur »St Paul 1 Thess 4,12 :« ne vous affli­gez pas comme les autres qui n’ont pas d’espérance »
évan­gileSt Jean 5, 25 : « l’heure vient où les morts enten­dront la voix du Fils de Dieu »St Jean 6, 37 : « Tout ce que me donne mon Père vien­dra à moi »St Jean 6, 51 :« Je suis le Pain vivant des­cen­du du ciel »St Jean 11, 21 : « Marthe, c’est moi qui suis la résur­rec­tion et la vie »
orai­sons pourtous les fidèles, ou bien le prêtre, l’évêque.« l’âme dont nous célé­brons l’anniversaire de la mort »« les âmes de vos ser­vi­teurs et ser­vantes que vous avez fait sor­tir de ce siècle. »« l’âme que vous avez fait sor­tir aujourd’hui de ce monde »

Source : Apostol n°212