Benoît XV

Réponse de la Commission Biblique Sur la deuxième venue du Christ dans les épîtres pauliniennes

18 juin 1915

Question 1 : Pour résoudre les dif­fi­cul­tés que l’on ren­contre dans les épîtres de Saint Paul et des autres apôtres où il est ques­tion de la ‘Parousie’ comme on dit, ou de la deuxième venue de Notre Seigneur Jésus-​Christ, est-​il per­mis à l’exégète catho­lique, d’affirmer que les apôtres, bien qu’ils n’enseignent aucun erreur sous l’inspiration du Saint-​Esprit, expriment néan­moins des sen­ti­ments humains per­son­nels où peut se glis­ser l’erreur ou l’illusion ?

Réponse : Non. 

Question 2 : Étant don­né la notion exacte de la charge apos­to­lique, l’indubitable fidé­li­té de saint Paul à la doc­trine du Maître et le dogme catho­lique de l’inspiration et de l’inerrance des saintes Écritures, en ver­tu duquel tout ce que l’écrivain sacré affirme, énonce et insi­nue doit être regar­dé comme affir­mé, énon­cé et insi­nué par l’Esprit Saint ; après une étude atten­tive et directe des textes des épîtres de l’Apôtre recon­nus par­fai­te­ment conformes à la manière de par­ler du Seigneur lui-​même, faut-​il affir­mer que l’apôtre Paul n’a rien dit dans ses écrits qui ne concorde par­fai­te­ment avec l’ignorance du temps de la Parousie que le Christ lui-​même a décla­rée propre aux hommes ? 

Réponse : Oui. 

Question 3 : Si on consi­dère atten­ti­ve­ment la locu­tion grecque « nous les vivants, qui serons res­tés », si l’on tient compte aus­si des expli­ca­tions des Pères et sur­tout de Jean Chrysostome si ver­sé dans la connais­sance de sa langue mater­nelle et des épîtres de saint Paul, est-​il per­mis de reje­ter comme venant de trop loin et man­quant de base solide l’interprétation tra­di­tion­nelle dans les écoles catho­liques (que d’ailleurs retinrent les nova­teurs du XVIe siècle eux-​mêmes) qui explique les paroles de saint Paul au cha­pitre 4 de la pre­mière épître aux Thessaloniciens, ver­sets 15–17, [1 Th 4, 15–17] sans y com­prendre l’affirmation d’une Parousie si pro­chaine que l’Apôtre se mette, lui et ses lec­teurs, au nombre des sur­vi­vants qui iront au-​devant du Christ ? 

Réponse : Non.

fraternité sainte pie X