Des Ermites de Saint-Augustin (1430–1479). Fête le 12 juin.
Ce saint religieux, gloire de l’Espagne et de l’Ordre augustinien, naquit à Sahagùn, ou Saint-Facond, petit village du diocèse de Léon (Espagne) ; de là le nom sous lequel il est connu : Jean de Sahagùn en Espagne, Jean de Saint-Facond en France et en divers autres lieux.
Il est célèbre par son amour du prochain, sa dévotion envers l’Eucharistie, ses miracles, et surtout par l’esprit de réconciliation dont il fut doué, et qui lui permit d’apaiser les factions dont la ville de Salamanque était alors déchirée.
Naissance. — Premières études et vocation
Ses parents, Jean Gonzalez de Castillo et Sancha Martinez, non moins illustres par leurs vertus que par la noblesse de leur race, vécurent seize ans sans postérité. Affligés de cette stérilité, ils se retirèrent dans le petit ermitage de Notre-Dame du Pont, situé aux confins de leur domaine, suppliant le Seigneur de bénir enfin leur union. Leurs vœux furent exaucés, et le 24 juin i43o, en la fête de saint Jean-Baptiste, il leur naquit un fils qu’ils appelèrent Jean, en l’honneur du saint Précurseur.
Dès son enfance, il donna des signes évidents de sa future sainteté. On le voyait souvent prêcher aux enfants de son âge, soit pour les exciter à la vertu et à la piété, soit pour apaiser leurs querelles, et, chose incroyable, ces petits l’écoutaient avec empressement et docilité. Ces jeux innocents annonçaient déjà ce que serait plus tard la parole de ce jeune prédicateur.
Il fut confié aux Bénédictins de Sahagùn pour son éducation. Intelligent, énergique, il fit de rapides progrès sous la direction de ces maîtres habiles, et parcourut avec succès le cycle des études grammaticales, philosophiques et théologiques.
Son père voulut alors le pourvoir d’un bénéfice ecclésiastique sur lequel il avait droit de patronage, comme cela se pratiquait alors trop souvent ; mais le jeune adolescent ne put se résoudre d’accepter un titre dont il était incapable de remplir les charges. Il recourut à son oncle, majordome de l’évêque de Burgos, et le supplia de détourner son père d’un pareil projet. Celui-ci intervint.
– N’inquiétez donc plus mon neveu avec ce bénéfice, dit-il à son frère ; confiez-le moi, je l’amènerai à Burgos, et l’évêque de cette ville le pourvoira bien mieux que vous ne sauriez le faire ici.
Quelques jours après, Jean quittait pour toujours le toit paternel.
Saint Jean de Sahagùn chanoine de Burgos
L’évêque de Burgos était alors Alphonse de Carthagène, de qui le Pape Eugène IV disait : « Qui siégera dignement sur la chaire de saint Pierre devant un tel homme ? » Il eut vite reconnu la haute sainteté de son nouveau disciple.
II ne tarda pas à l’ordonner prêtre et à l’admettre au nombre des chanoines de sa cathédrale. Dès ce moment, éclatèrent au grand jour les éminentes vertus de Jean, malgré les efforts de son humilité pour les voiler.
Riche, il distribuait tous ses revenus aux pauvres, et il menait, au milieu du plus extrême dénuement, une vie consacrée tout entière à la prière, à l’étude, au soin des malheureux.
Sa tendre compassion pour les membres souffrants de Jésus-Christ se manifestait sous diverses formes : il les secourait dans leurs besoins, les soignait, les faisait asseoir à sa table, et les servait de ses propres mains, à l’édification de tous, et à la grande joie de son bon évêque qui disait :
– Oh ! que je suis heureux de posséder un si saint homme ! Si les rois de la terre sont honorés d’être servis par des princes, que sera-ce de l’être par un si digne serviteur de ce Dieu, dont le service nous fait rois !
Pauvre volontaire
A la mort de ses parents, Jean renonça aux immenses richesses de l’héritage paternel. Il en dota ses sœurs et partagea le reste entre ses frères et les pauvres. Son unique attrait fut la voie douloureuse mais glorieuse de la croix.
Désireux de pratiquer les conseils évangéliques dans toute leur rigueur, il se jeta aux pieds de son évêque, le suppliant avec larmes de vouloir bien reprendre les honneurs et les bénéfices qu’il tenait de sa bienveillance, et de lui accorder une petite chapellenie dans une des paroisses de la ville, la paroisse de Santa-Agueda.
Le saint évêque vit, avec un profond regret, sortir de sa famille épiscopale celui qui n’y avait apporté que paix et bénédiction : mais il n’en laissa pas moins l’élu du Seigneur suivre l’attrait de la grâce qui l’appelait à une plus haute perfection.
Saint Jean et le boiteux devant le Crucifix de Burgos
La pauvreté, la mortification, la retraite furent désormais les délices de Jean. Dans son amour pour les pauvres, il ne se contenta pas de les secourir, il se fît semblable à eux.
Un jour, il rencontra un mendiant qui marchait péniblement sur ses béquilles. Touché de compassion, L’homme de Dieu s’approche de l’infirme, et, sous le coup d’une inspiration céleste, il le prend par la main et le conduit à l’église des Augustins, devant le Crucifix de Burgos. A peine le pauvre boiteux a‑t-il vénéré l’image miraculeuse qu’il jette ses béquilles et se met à marcher ; il est guéri. Les religieux entonnent avec enthousiasme le Te Deum et reçoivent au nombre de leurs novices le miraculé qui demande à se consacrer à Dieu dans l’église où il a recouvré la santé.

Qu’est-ce donc que ce Crucifix de Burgos ? Son histoire est trop curieuse pour ne pas en dire un mot en passant.
Pendant une violente tempête, un marchand était sur le point de faire naufrage, quand il aperçut, flottant au gré des flots, une caisse que l’équipage s’empressa de recueillir à bord ; elle contenait le Crucifix dont nous venons de parler. A son retour, il le plaça dans l’église des Augustins de Burgos, où il accomplit de nombreux prodiges. Plus tard, le Chapitre de la cathédrale, jaloux de ce trésor, le fit enlever aux Augustins. De là un long procès, que l’évêque résolut de terminer en suppliant le Seigneur de prononcer lui-même la dernière sentence. Il se fit amener un cheval, lui banda les yeux ; puis, le chargeant du Crucifix, il ordonna de le laisser libre.
Sans hésiter, le cheval porta son précieux fardeau au couvent des Augustins. Ce ne fut pas toutefois pour longtemps.
Le Chapitre, dépité, l’enleva de nouveau ; mais la nuit suivante, tandis que les religieux chantaient Matines, les portes de leur église s’ouvrirent, et le Crucifix, porté par des mains invisibles, reprit la place d’où on l’avait arraché.
Ce crucifix miraculeux, que la tradition attribue à saint Nicodème, disciple de Notre-Seigneur, revint finalement à la cathédrale de Burgos, après que la Révolution eut chassé les Augustins de leur couvent. II y est encore en grande vénération.
Guerre civile. — Messager de paix
Tandis que saint Jean de Sahagùn accomplissait des merveilles à Burgos, la ville de Salamanque était livrée à la guerre civile la plus terrible. A la suite de querelles et d’assassinats, deux camps s’étaient formés, celui des Monroyos et celui des Manzanos, ayant respectivement à leur tête les plus puissantes familles du pays. Les palais et les maisons étaient convertis en citadelles, les rues et les places en champs de bataille où, malgré les exhortations du clergé, les habitants de tout rang, de tout âge, venaient se battre et s’entre-tuer. Pas une nuit, pas un jour ne se passaient sans quelque nouveau crime, et les haines, loin de s’apaiser, allaient en grandissant.
A la nouvelle de ces fureurs, dignes de peuplades sauvages, Jean de Sahagùn, mû par un appel intérieur de la grâce, demande à son évêque la permission d’aller à Salamanque pour y travailler à la réconciliation des esprits et à la pacification des cœurs. Il accourt, dans cette ville agitée par les inimitiés et la colère, et, bravant clameurs et menaces, il va au-devant de cette multitude irritée et lui parle des châtiments éternels. A ces accents qui rappelaient Jean le précurseur, les plus endurcis, saisis d’effroi, s’écrient :
– D’où vient cet homme qui veut nous retirer de l’abîme où nous allions nous engloutir pour jamais ?
Professeur à Salamanque
Frappés de l’éloquence de cet apôtre et de sa profonde connaissance des Saintes Ecritures, les docteurs de l’Université lui offrirent une chaire. Pendant quatre ans Jean enseigna les Saintes Lettres à Salamanque, sans toutefois abandonner sa croisade contre les rebelles.
Il souffrait cependant de la maladie de la pierre, qui nécessita l’opération de la taille ; il se vit bientôt aux portes du tombeau.
« Seigneur, s’écria-t-il alors, je n’ai plus d’espoir qu’en vous ; si je meurs, que votre volonté soit faite, mais si je dois vivre encore, je veux vous consacrer ce reste de vie dans un Ordre religieux. »
A peine achevait-il sa prière qu’un mieux se fit sentir et aboutit au rétablissement complet de sa santé.
La première fois qu’il sortit, un pauvre presque nu lui demanda l’aumône ; comme il hésitait un instant pour savoir laquelle de ses deux tuniques il donnerait :
– Il serait honteux, se dit-il, de donner au Seigneur ce que j’ai de moins bon.
Et il donna la meilleure.
La nuit suivante, Jésus lui apparut revêtu de cette tunique, et disant : « C’est Jean qui m’a revêtu de cette robe. »
Ermite de Saint-Augustin. — Saint Jean et l’Eucharistie
Fidèle à sa promesse, Jean de Sahagùn choisit l’Ordre des Ermites de Saint-Augustin, parce qu’il avait remarqué que chez ces religieux la règle était observée avec ferveur.
Il prit l’habit le 18 juin 1463. Dès son noviciat, son éminente sainteté éclata aux yeux de tous et lui mérita les faveurs célestes les plus signalées.
Animé d’une angélique dévotion envers l’Eucharistie, il restait en prières devant le Saint Sacrement depuis Matines jusqu’au lever du jour. Pendant qu’il offrait le Saint Sacrifice de la messe, il vit souvent de ses yeux la sainte humanité du Sauveur, ainsi que l’atteste saint Thomas de Villeneuve, religieux du même Ordre. Jésus-Christ lui apparaissait le visage resplendissant comme le soleil et ses plaies brillaient comme des étoiles. Ce miracle a été rappelé plusieurs fois par l’iconographie. Il voyait aussi l’union mystérieuse de la Sainte Trinité comme à travers un voile, ce qui le remplissait d’une joie ineffable à laquelle il ne pouvait s’arracher.
Lorsque les épreuves du noviciat furent achevées, il se lia par les vœux de religion le 28 août 1464. Il était si parfaitement animé de l’esprit de sa règle, qu’aucun des Frères ne portait plus loin que lui la mortification, l’obéissance, l’humilité, le détachement des créatures. Bientôt ses supérieurs jugèrent Fr. Jean digne de remplir l’office de maître des novices ; puis ils le nommèrent définiteur de la province, et enfin prieur du couvent de Salamanque.
Pacification définitive de Salamanque
Aussitôt après sa profession, il avait, sur l’ordre de ses supérieurs, repris son œuvre de pacification dans la ville. Un jour, il entend les cloches des deux paroisses rivales, Saint-Benoît et Saint-Thomas, qui appellent les factieux aux armes ; il accourt : renversé d’abord par le choc des combattants, il est foulé aux pieds ; il se relève, s’efforce de dominer de sa voix le bruit des armes et les cris de fureur, et fait tant par son courage et son éloquence qu’il parvient à séparer les deux partis. Un instant après, il aperçoit l’un des chefs qui cherche à rallier ses partisans pour une nouvelle attaque ; l’intrépide Augustin fait planter sa chaire devant la maison de cet homme et recommence ses exhortations.
– Tuez-le ! crie le chef écumant de rage.
Des assassins s’élancent ; le prédicateur, tout joyeux, accourt à eux les bras ouverts. Déconcertés un instant par tant de courage, les sbires s’arrêtent ; mais, bientôt, s’encourageant eux-mêmes :
— A mort, l’hypocrite ! vocifèrent-ils ; qu’il meure de nos mains ! Et, levant leurs épées, ils vont le frapper quand leurs bras se paralysent soudain et restent incapables de tout mouvement. Saisis de terreur, ils se jettent aux pieds du moine en demandant, pardon ; celui-ci prie pour eux et ils se relèvent guéris et apaisés.
Le corregidor de Lédesma, au lieu de maîtriser par la force les haines et les discordes comme il en avait la charge, les entretenait, au contraire, secrètement. Dès que Jean en fut informé, il alla trouver ce magistrat, et après lui avoir rappelé ses devoirs, il lui montra courageusement combien il était coupable devant Dieu et envers l’humanité de tant de sang répandu ; combien aussi il avait offensé la majesté royale qu’il représentait et dont il avilissait, en sa personne, l’honneur et l’autorité.
Le corregidor, irrité de se voir ainsi repris par un simple moine, le fît fouetter cruellement sur la place de la ville et chasser de Lédesma. « Soyez béni, Seigneur, disait le serviteur de Dieu, de m’avoir jugé digne de souffrir pour votre nom ; puissent ces humiliations et ces souffrances servir au salut de ce pauvre peuple ! »
Ses vœux furent exaucés.
Un dimanche qu’il prêchait sur une place publique, un homme voulut jeter le trouble et diviser de nouveau les esprits :
– Mes amis, s’écria Jean, tenez-vous en repos, car le premier qui mettra la main à l’épée restera mort sur place.
L’un des perturbateurs, pour n’avoir pas tenu compte de cet avertissement, fut frappé par une main invisible qui le jeta par terre, sans vie.
Il ressuscite des morts

Dieu se plut à manifester les mérites de son serviteur par des miracles insignes. Il se trouva un jour devant un fleuve débordé qui roulait des eaux furieuses. Pour ne pas rentrer au couvent après l’heure fixée, il se jeta, lui et sa mule, dans ce torrent impétueux et disparut dans les flots. On le croyait noyé quand il apparut tout à coup sur la rive opposée ; ses habits n’étaient pas même mouillés.
Son frère, Martin del Castillo, avait eu la douleur de perdre une de ses filles. Fr. Jean alla le consoler.
— Pourquoi pleurez-vous ? lui dit-il gaiement ; parce qu’une enfant s’évanouit, vous vous imaginez qu’elle est morte.
Prenant ensuite l’enfant par la main, il la rendit vivante à sa mère.
Un autre jour, comme il parcourait les rues de Salamanque, une pauvre femme vint se jeter à ses pieds en criant, tout en larmes :
– Mon fils est tombé dans un puits, il y est depuis deux heures, on ne le voit et on ne l’entend plus !
– Allons, dit simplement Fr. Jean, peut-être vit-il encore.
Et, s’étant rendu sur le lieu de l’accident, il appela l’enfant, qui répondit aussitôt. II détache alors sa ceinture de cuir, la lui tend, et bien que beaucoup trop courte pour atteindre le fond du puits, elle ramène l’enfant sain et sauf.
Après ce miracle, disent les hagiographes, Jean de Saint-Facond risqua de perdre la vie, tant étaient nombreux ceux qui se pressaient autour de lui, jusqu’à l’étouffer. C’est à grand-peine qu’il leur échappa. Puis, pour s’attirer les insultes et le mépris, il contrefît l’insensé. Trouvant sur son chemin une corbeille qui avait contenu des poissons, il s’en coiffa et se mit à faire des gestes ridicules, si bien qu’il fut poursuivi par les clameurs moqueuses d’une troupe d’enfants qui l’accompagnèrent même à coups de pierres jusqu’à son couvent.
Contre des assassins, saint Jean se défend avec son bréviaire
Le duc d’Albe, don Garcia d’Alvarez de Tolède, au retour d’une glorieuse campagne contre les Maures, célébra une fête d’actions de grâces et, pour la solenniser avec plus d’éclat, il voulut que le Fr. Jean de Sahagùn y fît entendre la parole de Dieu.
Toutefois, comme l’orateur avait pris pour sujet de son discours les devoirs de ceux qui sont élevés en dignité, le duc, qui avait souvent opprimé ses vassaux, crut que le Saint critiquait sa conduite.
– Vous avez eu bien mauvaise langue, aujourd’hui, mon Père, lui dit-il ; je ne serais pas étonné qu’il vous en revînt quelque châtiment.
– Je ne monte en chaire, répondit le moine, que pour dire la vérité ; d’ailleurs, si Ton m’attaque, j’ai de quoi me défendre.
Et ce disant, il montrait son bréviaire.
Le duc, plein de rage, envoya des soldats pour le tuer en chemin. Quand ceux-ci le rencontrèrent, leurs chevaux, soudain effrayés, les jetèrent à terre, sanglants et mutilés.
– Que Dieu vous pardonne ! et craignez sa colère, leur dit-il.
Et, touché de compassion, il les releva guéris.
Au même moment, le duc, frappé par un mal mystérieux, souffrait des douleurs atroces. Il envoie chercher celui qu’il a voulu assassiner, se jette à ses pieds et obtient le pardon et une guérison complète.
Sa mort. — Son culte
Jean n’avait que quarante-neuf ans et paraissait devoir fournir encore une longue course. Cependant, quelques mois auparavant, il avait prédit sa mort.
— Il y a ici un homme, disait-il dans un de ses sermons, qui ne passera pas cette année. Et alors, vous direz tous, mes frères : « Oh ! qu’il prêchait bien, le P. Jean de Sahagùn ! » Mais moi, je vous dis que je prêcherai mieux dans dix ans d’ici.
Ces paroles prophétiques ne tardèrent point à se réaliser.
Dans cette même année, un gentilhomme qui avait mené une vie scandaleuse fut si touché par sa parole qu’il renonça au monde et se retira chez les Augustins de Salamanque. Celle qui avait été sa complice jura de se venger. En effet, elle parvint à empoisonner l’illustre prédicateur qui avait été l’instrument de la conversion. Jean en contracta une maladie de langueur qui le conduisit en quelques mois au tombeau. Il s’endormit du sommeil des justes, le 11 juin 1479.
A la suite des nombreux prodiges opérés sur son tombeau, et ailleurs par ses reliques, il fut béatifié par Clément VIII en 1601, et le Pape Alexandre VIII le canonisa le 16 octobre 1690.
Benoit XIII, le 16 novembre 1729, étendit sa fête à l’Eglise universelle, sous la date du 12 juin, au lendemain du jour de sa mort, car cet anniversaire coïncidait avec la fête d’un apôtre, saint Barnabé. Le Martyrologe romain, depuis 1922, a inséré l’éloge du Saint au 11 juin, qui est son dies natalis, et rappelle au 12 que saint Jean « alla au ciel la veille de ce jour ».
Salamanque l’a choisi pour patron. Sa ville natale, Sahagùn, lui a voué un culte que les siècles n’ont pas attiédi. De nos jours encore, ses compatriotes lui consacrent leurs jeunes garçons et les revêtent, durant l’enfance, de la robe et de la ceinture augustiniennes, sans oublier le capuchon. C’est un spectacle fort curieux de voir, en cette ville profondément chrétienne, tant de petits moines qui se livrent aux ébats de leur âge, en un costume qui n’a rien de nos modes modernes.
E. Lacoste
Sources consultées. — Petits Bollandistes. — Biographie du Saint, sous forme de lettre, par son confrère, le bienheureux Jean de Séville, un contemporain, à Gonzalve de Cordoue, en vue de la béatification du serviteur de Dieu. — (V. S. B. P‑, n* 120.)









