Il y eut l'arianisme et le
donatisme, le nestorianisme
et le pélagianisme, le
luthéranisme et le calvinisme.
Y aura-t-il maintenant
le « zollitschisme » ?
Car Mgr Zollitsch, qui n'est
pas l'un des moindres des
évêques allemands, vient
soudainement de basculer
dans ce qu'on est bien obligé
d'appeler une hérésie.
Lorsqu'un clerc niait autrefois la divinité du
Christ, la validité de certains sacrements ou
le péché originel, il était déposé et un concile
se réunissait pour condamner solennellement les
erreurs qu'il avait répandues dans le peuple chrétien.
Ainsi l'Église sortit-elle renforcée à Nicée, Éphèse
ou Trente. Loin de proférer de gratuites injonctions
ou de brandir cruellement le glaive, ses autorités
veillaient à protéger les âmes, en les affranchissant
d'un esprit enclin à introduire le ver de son imagination
dans le fruit de la Tradition. Aujourd'hui, c'est
un évêque qui professe ouvertement l'erreur. Sans
inquiétude ni grand compte à rendre, il préserve
tout naturellement ses prérogatives, bénéficiant de
l'indifférence feutrée des hommes d'Église.
Mgr Robert Zollitsch, docteur en théologie et
archevêque de Fribourg-in-Brisgau, est, de par sa
charge de président de la conférence des évêques
allemands, à la tête de la puissante mais déclinante
Église d'Outre-Rhin, à la suite du cardinal Karl
Lehmann. A plusieurs reprises, sa voix fit raisonner
un langage particulièrement dissonant. Préconisant
le mariage des prêtres, reconnaissant une valeur aux
unions civiles homosexuelles, n'hésitant pas à affirmer
que « l'Église évangélique est l'Église », ce
haut prélat ne porte pas - qui s'en étonnera ? - la
Fraternité Saint-Pie X dans son coeur. Pour lui, la
crise de l'Église n'existe pas, « les lefebvristes se sont
placés tout seuls hors de la tradition catholique et
ont brisé l'unité avec le pape ».
La rédemption comme « solidarité»
Fort de ses étranges positions, ce même Robert
Zollitsch profita du temps pascal pour franchir le
rubicon de la négation de la foi. Interrogé Samedi
saint (11 avril 2009) par la télévision allemande dans
l'émission Horizons, il se contenta de quelques minutes
pour réduire à néant la doctrine chrétienne de la
Rédemption. A Meinhard Schmidt-Degen Hard qui
l'interrogeait sur la théologie catholique, l'archevêque
répondit que le Christ « n'était pas mort pour
les péchés des hommes, comme si Dieu avait besoin
d'un sacrifice à offrir ou de quelque chose tel qu'un
bouc émissaire ». Interloqué, le journaliste demanda
immédiatement confirmation : « Donc, à présent on
ne reconnaîtrait plus que Dieu a presque donné son
propre Fils parce que nous, les hommes, nous avions
tant péché ? En fait, vous ne le reconnaîtriez plus ? »
Et celui qui doit pourtant être témoin de la foi
répond posément par la négative : « Non, il a laissé
son propre Fils aller jusqu'à la mort, par solidarité
avec nous pour dire : "vous avez tellement de valeur
pour moi que je vais avec vous, que je suis près de
vous dans toutes les situations". »
Ainsi donc, toute la Chrétienté s'effondre dans la
bouche de ce successeur des apôtres. Avant que n'advienne
Noël, on ne devrait plus demander au divin
Messie de « venir sauver les hommes du péché »
puisqu'il ne se serait incarné en ce monde qu'animé
d'une simple solidarité. À en croire cet archevêque,
ce serait par erreur que saint Matthieu pût un jour
affirmer que le Fils de l'Homme a « donné sa vie
en rançon pour une multitude » (Mt 20, 28) et le fait
que l'apôtre Paul affirmât que « le Christ est mort
pour nos péchés, conformément aux Écritures » (1 Co, 15, 3) n'aurait été qu'égarement. L'agneau
immolé, la victime sans tâche, l'objet du saint sacrifice
seraient tout bonnement évacués. Ils auraient
laissé place à la vacuité d'un simple personnage.
« solidaire ».
Timide retour en arrière
Il n'y a hélas là ni phrase ambiguë ni propos à double
sens, mais l'expression de l'erreur manifestée et
assumée. Dans les jours qui suivirent ces déclarations,
les secrétariats de l'archevêché et de la Conférence
épiscopale ne réagirent pas davantage que les services
du Saint-Siège. Sur Internet, les blogs catholiques
commençaient à se plonger dans une sainte stupéfaction.
Fribourg était-elle condamnée à devenir la
nouvelle Wittenberg ? En tout cas, on peinait à lire
là les propos d'un successeur des apôtres, comme si
face aux errements de l'un de ses hommes, l'Église se
trouvait toujours affectée par ce que Mgr Lefebvre appelait son « sida », c'est-à-dire la mort de son système
immunitaire.
Sur les chemins du négationnisme de la vérité
révélée, Mgr Zollitsch put errer quelques semaines
au moins. Un mois après la publication de se ses
propos, dans un communiqué où il insistait surtout
pour rappeler que la réalité de Pâques devait suivre
celle du Vendredi saint qu'il semblait particulièrement
craindre, l'archevêque de Fribourg-in-Brisgau
osait timidement affirmer que « la foi chrétienne
n'a [vait] pas peur d'attribuer à la mort du Christ un
sens positif de salut et d'expiation ». On ne peut que
s'inquiéter en considérant qu'il s'agit là des propos
les plus explicites d'un chef-d'oeuvre d'ambiguïté faisant
office de désaveu. Le président de la conférence
se contente de dire que Notre-Seigneur a été « victime
de la méchanceté humaine ».
Mais ce que la tête
de l'Église allemande ose affirmer et si furtivement
esquiver, combien de ses pairs se permettent-ils de
le penser ou de l'enseigner sans avoir à l'infirmer ?
Alors que les vérités fondamentales de l'Église sont
jour après jour bafouées et dénaturées, pourquoi
exige-t-on des désaveux sans condition de ceux qui
s'interrogent d'idées innovées il y a quarante ans tout
au plus ?
La crise de l'Église est un mystère.
Côme de Prévigny - Juillet 2009
Enseignement de l’Église
« Le Christ n'est pas mort
pour les péchés des hommes »
(Mgr Zollitsch).
En vérité, il est de
foi divine et catholique définie - c'est
donc un dogme - que Jésus-Christ a
offert sa passion et donc sa mort à
Dieu pour satisfaire pour les péchés
du genre humain.
- Le concile de Trente affirme que,
par sa sainte passion sur le bois de
la croix, Notre-Seigneur a satisfait
au Père pour nous, obtenant la
rémission de nos péchés.
- Outre les citations scripturaires
rapportées dans l'article ci-contre,
on peut rappeler la parole de saint
Jean, qui dit que le Père a envoyé
son Fils « comme une propitiation
pour nos péchés » (1 Jn 4, 10).
- Saint Augustin dit de son côté :
« Le Christ, sans culpabilité, a pris
sur lui notre supplice, afin d'ôter
notre culpabilité et que termine
aussi notre supplice. »
De Trinitate, l. 13, c. 14, n. 18.
« Dieu n'avait pas besoin de
sacrifice à offrir » (Mgr Zollitsch),
ce n'est pas pour cela que le Christ
est mort.
En vérité, il est de foi
divine et catholique définie - c'est
donc un dogme - que la passion
et donc la mort de Jésus-Christ
sont un vrai sacrifice.
- Le concile de Trente affirme que
la passion de Jésus-Christ a été
un acte d'offrande du prêtre
Jésus-Christ à son Père.
- Saint Paul affirme que Notre-
Seigneur « s'est livré, pour nous,
à Dieu, comme une oblation et
une hostie, dans une odeur
de suavité » (Eph 5, 2).
-Saint Augustin affirme que
« par sa mort, très véritable sacrifice
offert pour nous, il a éteint (...) tout
ce qu'il y avait de péché (...) »
De Trinitate, l. 4, c. 13, n. 17.
La FSSPX vient de publier un missel pour les fidèles : commandez-le sur le site des éditions Clovis
Missel conforme aux rubriques du missel de 1962 (rite dit de saint Pie V) - Textes latin et français en vis-à-vis - Ordinaire de la messe - Brève présentation du rite dominicain - Toutes les messes de l'année liturgique (Temporal et Sanctoral complet, ainsi que toutes les cérémonies de la Semaine sainte) - Table des fêtes mobiles - Propre des diocèses de langue française - Messes et oraisons votives - Messes des Quatre-temps - Rite du baptême - Rite de la confirmation - Sacrement de l'eucharistie (communion d'un malade)Lire la suite des explications ICI
Rome et la FSSPX : sanctions, indults, Motu proprio, levée des excommunications, discussions doctrinales...
La Porte Latine a fait la recension de près de 400 textes concernant la crise de l'Eglise et ses conséquenes sur les rapports entre Rome et la FSSPX.On peut prendre connaissance de l'ensemble ICI
Carte de France des écoles catholiques de Tradition
La Porte Latine vous propose la carte de France des écoles de Tradition sur laquelle figurent les écoles de garçons, de filles et les écoles mixtes. Sont mentionnées les écoles de la FSSPX et des communautés amiesVoir ICI