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   Le Concile Vatican II en question : Chapitre I - Le status quaestionis - Octobre 2005

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Le Concile Vatican II en question :
Chapitre I - Le status quaestionis - Octobre 2005

Symposium Théologique de Paris – Octobre 2005
CHAPITRE PREMIER : LE STATUS QUAESTIONIS

 

Le débat autour du Concile: Mgr Marchetto et le prof. Alberigo

Au cours de ces derniers mois, en Italie, on a vu resurgir le débat au sujet du Concile Vatican II et de son interprétation grâce à deux publications importantes, deux livres qui adoptent des positions opposées. Il s’agit de Le Concile Œcuménique Vatican II. Contrepoint pour son histoire[1], ouvrage qui rassemble les interventions de Mgr Agostino Marchetto, actuellement Secrétaire du Conseil Pontifical de la Pastorale pour les Migrants et les Itinérants, au sujet de l’interprétation des textes conciliaires, et de la Brève histoire du Concile Vatican II[2], un abrégé de la célèbre Histoire du Concile Vatican II en cinq volumes, par le prof. Giuseppe Alberigo, chef de l’Institut pour les Sciences religieuses de Bologne.

Pourquoi s’intéresser à la publication des énièmes ouvrages sur le Concile Vatican II? Nous l’avons dit : ces deux textes constituent une sorte de manifeste des deux positions opposées sur le Concile, opposition ouvertement reconnue par les auteurs eux-mêmes, qui n’ont pas hésité à se lancer des critiques réciproques.

On connaît bien la ligne de « l’école » dossettienne de Bologne, qui s’est imposée un peu partout dans le monde catholique et non catholique; celle-ci voit dans le Concile une nouvelle Pentecôte pour l’Église, un nouveau passage du Saint-Esprit, qui aurait fait retrouver à l’Église l’authenticité du message chrétien, qu’elle avait égaré au cours des siècles[3]. Dans cette perspective, le Concile aurait amorcé un processus de renouvellement, de modernisation (aggiomamento), d’ouverture au monde jamais vu auparavant, en mesure d’effacer des années d’opposition obscurantiste de l’Église au monde moderne. Un événement, donc, en discontinuité avec le passé, chargé de nouveautés radicales, mais aussi un événement qui a marqué le commencement d’un processus de renouveau qui ne doit pas se limiter à la seule application des décrets conciliaires, mais qui doit inciter à continuer le processus de modernisation commencé lors du Concile. C’est la célèbre fidélité à « l’esprit du Concile », c’est-à-dire la fidélité à l’idéal d’aggiomamento continuel.

L’affirmation du prof. Alberigo, à cet égard, est très claire : « La priorité du fait “Concile”, en tant qu’événement qui a réuni une assemblée de plus de deux mille évêques, apparaît plus forte, même par rapport à ses décisions, qui ne peuvent pas être lues comme des règles froides et abstraites, mais comme une expression et un prolongement de l’événement lui-même »[4].

Cette théorie d’un nouveau commencement dans l’Église est à juste titre attaquée par Mgr Marchetto : « Si, dans l’Église, l’”événement” n’est pas tant un fait important qu’une rupture, une nouveauté absolue, la naissance pour ainsi dire d’une nouvelle Église, une révolution copernicienne, le passage, en somme, à un autre Catholicisme… cette perspective ne pourra et ne devra pas être acceptée, précisément en raison de la spécificité catholique »[5].

Nous ne pouvons qu’approuver le principe selon lequel, dans l’enseignement de l’Église, il ne peut rien y avoir de réellement nouveau parce que l’Église, comme l’enseigne magistralement saint Vincent de Lérins, « dans sa sage fidélité aux doctrines anciennes, ne cherche, avec un zèle suprême, à faire que ceci : perfectionner et affiner ce qu’elle a reçu des anciens sous forme d’esquisse; consolider et renforcer ce qui a déjà été exprimé avec précision; garder ce qui a déjà été confirmé et défini ». Toutefois, il nous faut émettre au moins une critique précise à rencontre de la position de Marchetto, saluée avec enthousiasme par le cardinal Ruini, et partagée à la fois par Jean-Paul II et par le Pontife actuel, tous deux partisans d’une lecture du Concile « à la lumière de la Tradition ».

Mgr Marchetto accuse à plusieurs reprises la ligne d’interprétation de l’école de Bologne d’être « idéologique », c’est-à-dire de lire le Concile selon le critère préconçu de l’événement en rupture et en discontinuité avec le passé. Alberigo et ses collaborateurs s’arrêteraient ainsi arbitrairement sur les textes du Concile qui soulignent le plus le moment de la nouveauté, oubliant en revanche ceux qui manifestent la continuité avec la Tradition[6]. A cette perspective, Mgr Marchetto oppose celle – à son avis plus fidèle aux intentions des pères conciliaires eux-mêmes – qui considère le Concile comme un tout[7]. Dans cette optique, on comprendrait que, dans les textes conciliaires « il y a eu en somme un aggiomamento… la coexistence de nova et vetera, de fidélité et d’ouverture, comme le démontrent, du reste, les textes approuvés en Concile, tous les textes »[8].

Une telle affirmation est en soi problématique, car c’est justement sur les nova que se pose la question. Il ne sert à rien de démontrer qu’il y a des textes en continuité avec l’enseignement de toujours (ce que personne n’a jamais discuté); le problème est au contraire la présence d’éléments nouveaux et illégitimes, qui proviennent de la pensée moderne, condamnée à plusieurs reprises, et non d’un approfondissement du depositum fidei. Mais ce problème, à lui seul, mériterait d’être traité à part, et il a déjà fait l’objet d’un nombre considérable d’études.

Nous disions que Mgr Marchetto accuse l’école de Bologne d’idéologisme. Mais en un certain sens, c’est ce même Mgr Marchetto qui tombe à son tour dans une sorte d’idéologisme, lorsqu’il affirme : « L’événement, donc, est un synode œcuménique…, il n’y a donc pas à considérer comme un préjugé le fait de l’analyser comme tel, à partir de ce qu’il est pour la foi catholique, même avec son caractère propre, qui ne peut contredire ce que d’autres Conciles œcuméniques ont défini »[9].

Par cette affirmation, Mgr Marchetto présuppose ce qu’il devrait au contraire démontrer, à savoir que le Concile Vatican II jouit de l’infaillibilité qui a caractérisé les Conciles œcuméniques précédents et, par conséquent, qu’il ne peut rien contenir qui soit en contradiction non seulement avec les définitions des autres Conciles, mais aussi avec tout le Magistère ordinaire précédent.

Voilà le point déterminant, la clé de voûte qui soutient toute l’argumentation.

Cette question est d’une grande importance et ne souffre pas d’être éludée; elle afflige la conscience de nombreux catholiques, qui font de la fidélité au Concile Vatican II un problème de conscience, et considèrent que la présence d’éléments discutables dans les textes du Concile pourrait en quelque sorte saper le dogme de l’infaillibilité du Pape, ou mettre en discussion la continuité de l’enseignement de l’Église. L’acuité avec laquelle ce problème est ressenti se manifeste également dans le fait que le livre de Mgr Marchetto a déjà fait l’objet d’une réédition, quelques mois après sa première publication.

Il est clair que la question centrale est celle de la valeur des documents du Concile. L’intention de notre intervention est de répondre aux interrogations les plus répandues : les enseignements d’un Concile œcuménique (ici Vatican II) jouissent-ils ipso facto de l’infaillibilité? Quelles sont les conditions pour qu’un enseignement soit infaillible? Est-il possible de mettre en discussion un enseignement officiel de la hiérarchie catholique?

La conclusion à laquelle nous sommes arrivés, et que nous tenterons de présenter, s’articule de la manière suivante :

Le Concile Vatican II :

1) quant à la valeur des documents : peut être mis en discussion ;

2) quant au contenu des documents : doit être mis en discussion ;

3) quant aux conditions actuelles : doit être mis entre parenthèses.

Source : Si Si No No/Symposium Théologique de Paris – Octobre 2005

 

 

Notes

[1] A. MARCHETTO, Il Concilio Ecumenico Vaticano II. Contrappunto per la sua storia,  Cité du Vatican, Libreria Editrice Vaticana,2005.
[2] G. ALBERIGO, Breve sioria del Concilio Vaticano II, Bologne, Il MuIino, 2005.
[3] CF. G. ALBERIGO, Brève histoire…, cit., p. 163.
[4] Ibidem, p. 12. Voir aussi cette affirmation de l’auteur, placée en conclusion du livre, et donc plus lourde de sens : « Le repli sur soi de l’impulsion conciliaire impliquerait une déception très large, qui gâcherait un exceptionnel mouvement d’attente et de disponibilité, une authentique occasion historique » (p. 176).
[5] A. Marchetto, Le Concile Œcuménique Vatican II, cit., p. 381.
[6] Cf. Ibidem, p.359.
[7] Cf. Ibidem, p.315.
[8] Ibidem, p. 386.
[9] Ibidem.

 

 

Suite du dossier "Le Concile Vatican II en question"

Le Concile Vatican II en question : Chapitre II - De l'infaillibilité - Octobre 2005
Le Concile Vatican II en question : Chapitre III - Le concile lui-même en question - Octobre 2005
Conclusion


 

 

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