Le cardinal Fernández, plume de François et porte-​plume de Léon XIV

C’est le car­di­nal Víctor Manuel Fernández, pré­fet du Dicastère pour la doc­trine de la foi, qui a signé, le 2 juillet 2026, le décret d’« excom­mu­ni­ca­tion » frap­pant les évêques consé­cra­teurs et consa­crés de la Fraternité Saint-​Pie X, et mena­çant de la même sanc­tion les prêtres et fidèles qui adhé­re­raient au « schisme ».

Cette uti­li­sa­tion du Droit canon n’est pas hors-​sol, elle s’inscrit dans le cadre du magis­tère « liquide » de l’Église « syno­dale ». En effet, cette « excom­mu­ni­ca­tion » est décré­tée par un pré­lat qui fut la plume du pape François pour qui il rédi­gea Amoris læti­tia [2016] auto­ri­sant les divor­cés civi­le­ment rema­riés à com­mu­nier, ain­si que Fiducia sup­pli­cans [2023] per­met­tant la béné­dic­tion des couples de même sexe. 

En pas­sant, rap­pe­lons que Víctor Manuel Fernández, avant d’être l’éminence qu’il est deve­nu par la grâce de François, est l’auteur de deux ouvrages Sáname con tu boca : El arte de besar [Guéris-​moi avec ta bouche : l’art du bai­ser, 1995], et La pasión mís­ti­ca : espi­ri­tua­li­dad y sen­sua­li­dad [La pas­sion mys­tique : spi­ri­tua­li­té et sen­sua­li­té, 1998]. Les titres élo­quents de ces livres – jamais rétrac­tés – disent que la tem­pé­rance est une ver­tu car­di­nale… sauf pour le car­di­nal Fernández. 
 
Aujourd’hui ce pré­lat est le porte-​plume de Léon XIV, signant pour lui un décret d’« excom­mu­ni­ca­tion ». Une ques­tion se pose : quel est le pré­fet qui signe­ra le décret sanc­tion­nant l’autorisation de la com­mu­nion des divor­cés rema­riés et la béné­dic­tion des couples homo­sexuels ? Car ni le car­di­nal Fernández ni les papes qu’il sert doci­le­ment, ne sont au-​dessus de la loi divine sur le mariage et de la loi natu­relle sur la dis­tinc­tion des sexes. 

Ces lois seraient-​elles main­te­nant caduques, au pré­texte qu’il faut s’adapter aux mœurs actuelles ? L’Église n’a‑t-elle plus à suivre inté­gra­le­ment le Décalogue ou la loi sur le mariage chré­tien ? Ne lui en déplaise, Son Éminence n’est pas dis­pen­sée d’obéissance ; son cha­peau de car­di­nal ne doit pas lui faire perdre la tête. Dans l’Église, l’autorité est au ser­vice de la Vérité révé­lée, et non des idéo­lo­gies qui passent. 

Cette concep­tion élas­tique de la doc­trine et de la morale expose le récent décret d’« excom­mu­ni­ca­tion » à un dis­cré­dit cer­tain. Le fait d’être « excom­mu­nié » par les par­ti­sans d’Amoris læti­tia et de Fiducia sup­pli­cans est le signe que l’Église « syno­dale » rejette les évêques, prêtres et fidèles qui n’adhèrent pas à ses doc­trines hété­ro­doxes. Quelle est donc la valeur de ce rejet oppor­tu­né­ment qua­li­fié d’« excommunication » ? 

Être aujourd’hui condam­né par ceux que la Tradition constante de l’Église condamne, est une épreuve, mais aus­si une preuve d’orthodoxie. 

Source : Dici n°471 – FSSPX.Actualités. Image : cap­ture d’é­cran You Tube.