Les odeurs de Rome occupée – Editorial du Sel de la Terre n° 87 de l’hiver 2013–2014

Ce numé­ro du Sel de la terre rend hom­mage à Louis Veuillot, pour le bicen­te­naire de sa nais­sance (11 octobre 1813) et la cent tren­tième année de sa mort (7 avril 1883).

Avant d’é­vo­quer la figure et l’œuvre du grand polé­miste catho­lique et afin de les situer à leur juste place, nous vou­drions indi­quer briè­ve­ment ce qui nous paraît en être le fil direc­teur, l’i­dée cen­trale et dominante.

J’ai abor­dé bien des sujets, j’ai essayé bien des formes : je n’ai eu qu’une idée, qu’un amour et qu’une colère, écri­vait Veuillot en réédi­tant ses Libres-​Penseurs [1]. […] J’ai aimé l’Église qui est la suprême jus­tice et j’ai haï l’im­pié­té qui est la suprême ini­qui­té, l’i­ni­qui­té sociale. […] Quant aux haines per­son­nelles, je les ignore. […] Toute espèce de haine me semble tota­le­ment ridi­cule, sauf une, qui est tota­le­ment abo­mi­nable : la haine du bien !

Tout Veuillot est dans cette décla­ra­tion. Il a voué sa vie à la véri­té catho­lique, « la vraie véri­té bien claire, bien authen­tique et bien pure de tout soup­çon », comme il écrit à son frère. Si l’on veut com­prendre son œuvre, c’est avec ces phrases à la main qu’il faut y entrer.

« On m’a enterré journaliste, je repousse brochurier »

Pendant les sept ans où L’Univers fut inter­dit (1860–1867), Louis Veuillot ne res­ta pas inac­tif. Le gou­ver­ne­ment avait bri­sé sa plume de jour­na­liste, il se tour­na vers la bro­chure mili­tante : « On m’a enter­ré jour­na­liste, je repousse bro­chu­rier », écrivait-​il à un de ses amis. Mais la bro­chure, genre inter­mé­diaire entre l’ar­ticle de jour­nal et l’ou­vrage ache­vé, ne satis­fai­sait en lui ni l’homme de presse, ni l’homme de lettres. Il se mit donc à écrire de vrais ouvrages et cette période marque l’a­po­gée de l’écrivain.

Quatre ouvrages dominent tous les autres, dans les­quels se résument le talent de l’é­cri­vain et les convic­tions du lut­teur catho­lique : la Vie de Notre-​Seigneur Jésus-​Christ (1864), où Veuillot a mis toute sa foi et sa fer­veur pour répondre à l’im­pié­té de la Vie de Jésus de Renan ; Le Parfum de Rome (1861), où s’ex­prime son amour de l’Église ; Les Odeurs de Paris (1866), satire des milieux pari­siens dans laquelle il donne libre cours à sa verve et à son cour­roux ; Çà et Là (1859–1860), recueil de ses sou­ve­nirs et de ses ami­tiés, où Veuillot nous dévoile le meilleur de son coeur.

De ces oeuvres maî­tresses, c’est Le Parfum de Rome qui eut les pré­fé­rences de l’é­cri­vain : « Ce Parfum me plaît tant, et je l’ai tou­jours trou­vé si bon qu’il m’a tou­jours paru digne d’être refait [2]. » Il le refit deux fois en effet. Mais ce sont Les Odeurs de Paris qui connurent le plus grand suc­cès, au point même que l’au­teur en fut aga­cé et presque mécon­tent [3]. En réa­li­té, ces deux ouvrages s’op­posent et se répondent, comme Veuillot l’ex­plique lui-​même dans la pré­face des Odeurs de Paris :

J’ai fait un livre inti­tu­lé Le Parfum de Rome. Il m’a don­né l’i­dée de ces Odeurs de Paris. Rome et Paris sont les deux têtes du monde, l’une spi­ri­tuelle, l’autre char­nelle. Paris, la tête char­nelle, pense que le monde n’a plus besoin de Rome et que cette tête spi­ri­tuelle, déjà sup­plan­tée, doit être abolie.

Rome, Paris : c’est la trans­po­si­tion moderne du couple biblique Jérusalem-​Babylone ; c’est le com­bat des deux cités, la cité de Dieu et la cité du Diable, la cité céleste et la cité ter­restre. Chacune a son arôme : de Rome s’ex­hale un par­fum suave, celui de la véri­té, de la foi, de la grâce et de la sain­te­té ; de Paris montent les odeurs pes­ti­len­tielles de la révo­lu­tion orgueilleuse et sacri­lège [4].

Pendant que le par­fum de Rome s’ex­ha­lait de mon âme embra­sée d’ad­mi­ra­tion, de recon­nais­sance et d’a­mour, les odeurs de Paris me pour­sui­vaient, me per­sé­cu­taient, m’in­sul­taient. Je voyais l’im­pu­dence de l’or­gueil igno­rant et triom­phant, j’en­ten­dais le rica­ne­ment de la sot­tise, l’emportement plus stu­pide du blas­phème, les odieux bal­bu­tie­ments de l’hy­po­cri­sie. Je médi­tais de mettre en pré­sence la ville de l’es­prit, qui va périr, et la ville de la chair qui la tue [5].

Le livre parut en 1866, alors que se pré­ci­sait le des­sein gou­ver­ne­men­tal de reti­rer les troupes fran­çaises sta­tion­nées à Rome pour défendre les États Pontificaux. « C’est tout à l’heure que, par l’a­ban­don de Rome aux bêtes farouches de l’Italie, lupi rapaces, l’a­po­sta­sie des nations catho­liques taci­te­ment opé­rée, sera offi­ciel­le­ment proclamée. »

Respirons quelques instants le parfum de Rome.

Respirons quelques ins­tants le par­fum de Rome.

Veuillot, par la bouche de Fra Gaudenzio, per­son­nage qu’il a ima­gi­né pour le gui­der, lui et son lec­teur, dans sa visite de Rome, évoque les grandes heures de Rome… et de la France, quand celle-​ci était sou­mise à la papau­té et tenait sa place de fille aînée de l’Église :

Vous savez, dit Fra Gaudenzio, que nous sommes sur le cirque de Néron. Ici ont reten­ti les aboie­ments des chiens de Néron, pour­sui­vant les chré­tiens cou­verts de peaux de bête ; ici Néron a gui­dé son char à la lueur que pro­je­taient les mar­tyrs brû­lés vivants. Ainsi Néron amu­sait son peuple et ser­vait ses dieux. Ce pavé recouvre une terre aus­si sainte que les autels. Un jour, notre Pie V ramas­sa une poi­gnée de cette pous­sière et la remit à un ambas­sa­deur qui lui deman­dait des reliques. Lorsque l’am­bas­sa­deur ouvrit le linge où il croyait n’a­voir appor­té que de la pous­sière, il y trou­va du sang. Troublé de joie, il vint en infor­mer le pape. Le saint, dont la foi avait res­sus­ci­té ce sang des­sé­ché depuis quinze siècles, répon­dit qu’il savait que le sol du Vatican était satu­ré du sang des mar­tyrs. A cause de cela, il en avait ban­ni les jeux publics.

Pierre a été cru­ci­fié dans le cirque de Néron, non loin du lieu où les fidèles ont creu­sé sa tombe. Je le crois par des rai­sons qui ne relèvent pas des archéo­logues. Le bour­reau qui a plan­té le gibet de l’a­pôtre a posé la pre­mière pierre du Vatican. Oh ! que cette terre est pré­cieuse ! Oh ! que d’ar­dentes prières d’i­ci se sont envo­lées vers Dieu !

Il a vécu là, notre Pie V, cet homme fait à la taille de la croix royale, ce der­nier de la race des géants. D’une fenêtre de ce palais, dans cet espace de l’a­zur, Pie V lut le bul­le­tin de Lépante. Ses conseillers étu­diaient les chances mena­çantes de la guerre ; il regar­dait le ciel. – « Dieu, dit-​il, nous a don­né la vic­toire. » En ce moment la flotte catho­lique dis­per­sait la flotte enne­mie, et l’is­la­misme per­dait la mer.

Dans ce palais furent réglées les des­ti­nées de la France, lorsque notre Sixte-​Quint, exi­geant l’ab­ju­ra­tion de Henri IV, empê­cha que la France ne devînt pro­tes­tant ou espa­gnole. Et si Henri avait été digne de Sixte, il n’y aurait plus d’Angleterre.

Ici notre Innocent XI lut­ta contre Louis XIV et mou­rut vic­to­rieux. Sans lui, l’hé­ré­sie royale enva­his­sait la France ; le but de la Révolution était atteint de la main de vos rois, du consen­te­ment de vos évêques. Vous glis­siez dans le schisme, vous deve­niez je ne sais quoi, mais vous n’é­tiez plus la France.

De ce seuil fut enle­vé Pie VI, et il ne revint pas ; mais Pie VII revint trois fois sur les bras de la force incré­dule. Il vit Dieu appli­quer le talion : pour les cinq années de Fontainebleau, les cinq années de Sainte-​Hélène. Or, Fontainebleau n’é­tait qu’une pri­son, mais Sainte-​Hélène fut une tombe.

Ici est reve­nu Pie IX. Nous voyons quelles conju­ra­tions se nouent pour l’en­le­ver de nou­veau. Il res­te­ra, ou il revien­dra, ou le Vatican crou­le­ra et broie­ra le monde. Les pierres du Vatican détruit rou­le­ront par le monde ren­ver­sant les trônes, les mai­sons et les tom­beaux. De ces débris, Dieu lapi­de­ra la race humaine.

Car la révo­lu­tion veut détruire Rome et l’Église et, à l’heure où Veuillot écrit, il semble qu’elle soit sur le point de réus­sir. En rédi­geant ces lignes, Veuillot pen­sait évi­dem­ment à la prise de Rome et des États Pontificaux par les Garibaldiens et les Piémontais. Mais on ne peut s’empêcher de pen­ser qu’il est en quelque manière pro­phète, car ce qu’il dit de la ruine maté­rielle de Rome s’ap­plique encore mieux à la Rome spi­ri­tuelle. Sans doute, avec un pon­tife comme Pie IX, il pou­vait dif­fi­ci­le­ment ima­gi­ner la crise dans l’Église, Vatican II et ses réformes, un pape ser­vant les des­seins de la franc-​maçonnerie, une révo­lu­tion « en tiare et en chape » venue de l’in­té­rieur… Pourtant, moins de quinze ans aupa­ra­vant, Notre-​Dame n’avait-​elle pas pré­dit à La Salette : « Rome per­dra la foi » ? Quoi qu’il en soit, avec le recul du temps, la conju­ra­tion gari­bal­dienne contre Rome et le pape nous appa­raît comme une pré­fi­gu­ra­tion du bou­le­ver­se­ment conci­liaire actuel, et nous fai­sons nôtre la prière ardente qui monte des lèvres de Fra Gaudenzio :

Quand cette demeure [c’est-​à-​dire Rome] péri­ra, il n’y aura plus de demeures. Il res­te­ra des casernes, des pri­sons, des bouges pom­peux ; mais plus de foyers, plus de lieu où l’homme pos­sède une couche hono­rée et puisse abri­ter un ber­ceau : et bien­tôt les asiles immondes où se sera réfu­giée une huma­ni­té avi­lie s’af­fais­se­ront sur elle. C’est alors que les hommes se dis­pu­te­ront l’a­bri des rochers
et s’en­tre­tue­ront à l’en­trée des tanières ; mais les rochers tom­be­ront pour les écra­ser et les tanières les vomi­ront dehors ; et ceux qui auront trou­vé une sépul­ture seront vomis du sépulcre. La terre est la créa­ture de Dieu : elle ne vou­dra plus abri­ter cette race qui aura reje­té le Fils de Dieu.

Quoi ! Celui qui a rache­té l’hu­ma­ni­té au prix de la croix, le Maître de toutes choses sera ban­ni de ce monde qu’il a créé ! Quoi ! pas un coin de terre qui soit à lui, pas une pierre où repo­ser sa tête ! Ils auront fait cela ; ils lui auront dit : – Va-​t’en de notre domaine ! va-​t’en dans ton ciel, si tu es Dieu ! […]

Déjà toutes les créa­tures gémissent du péché de l’homme qui a détruit leur beau­té pre­mière : elles élè­ve­ront la voix vers Dieu una­ni­me­ment. Elles lui diront : – Seigneur, c’est assez ! met­tez fin à notre honte. Car nous sommes les œuvres de vos mains, et nous avons été créées pour vous rendre témoi­gnage, et vous nous avez don­né une voix qui publie vos gran­deurs, et que l’es­pèce humaine a enten­due long­temps ; mais voi­ci que notre lan­gage n’est plus écouté. […]

Seigneur, pour­quoi le pain et le vin sur cette terre, où désor­mais vous n’a­vez plus de sacri­fices ? Pourquoi l’huile, lors­qu’il n’y a plus d’onc­tions ? Pourquoi l’en­cens et la cire, quand les feux du sanc­tuaire sont éteints ! Pourquoi des fleurs, quand Marie n’a plus de fêtes ? Pourquoi la terre, quand vous n’y habi­tez plus ? Pourquoi les hommes, quand le ciel ne recueille plus de saints ? Maintenant que la prière légi­time ne tra­verse plus en chan­tant les sphères infé­rieures pour mon­ter jus­qu’à vous, toute cette vaste machine du monde, que vous aviez créée si par­faite, n’est plus conso­lée du désordre qu’y a jeté l’en­ne­mi. Elle souffre et se lamente et crie vers vous. Seigneur, vos créa­tures sont fati­guées et vous demandent leur repos ! […]

Écoutez vos anges déso­lés et qui reviennent les mains vides ; écou­tez vos saints indi­gnés qui ont jugé le monde ; écou­tez Marie qui demande à écra­ser la tête du ser­pent ; écou­tez le peu de justes, trem­blants, qui res­tent encore dans ce creux d’in­fâmes misères et qui demandent à mourir !

Les « odeurs de Rome », ou plutôt, des odeurs de Rome occupée

C’est la même plainte fré­mis­sante, ce sont les mêmes accents indi­gnés et sup­pliants qui nous viennent au spec­tacle de la « Rome de ten­dance néo-​moderniste et néo-​protestante » qui occupe aujourd’­hui l’Église, et qui a chas­sé « la Rome catho­lique, gar­dienne de la foi catho­lique […], la Rome éter­nelle, maî­tresse de sagesse et de véri­té [6] ».

En pla­giant les expres­sions de Veuillot, on pour­rait par­ler désor­mais des « odeurs de Rome », ou plu­tôt, des odeurs de Rome occu­pée. Le pré­sent numé­ro du Sel de la terre en donne encore maints exemples. Le com­bat des deux cités s’est trans­por­té dans Rome.

Mgr Lefebvre, le 4 sep­tembre 1987, dans une confé­rence pathé­tique don­née au sémi­naire d’Écône, le disait à ses prêtres en ces termes :

Rome a per­du la foi, mes chers amis. Rome est dans l’a­po­sta­sie. Ce ne sont pas des paroles, ce ne sont pas des mots en l’air que je vous dis. C’est la véri­té. Rome est dans l’a­po­sta­sie. On ne peut plus avoir confiance dans ce monde-​là, il a quit­té l’Église ; ils ont quit­té l’Église ; ils quittent l’Église. C’est sûr, sûr, sûr.

Je l’ai résu­mé au car­di­nal Ratzinger en quelques mots, n’est-​ce pas, parce que c’est dif­fi­cile de résu­mer toute cette situa­tion ; mais je lui ai dit :

« Éminence, voyez, même si vous nous accor­dez un évêque, même si vous nous accor­dez une cer­taine auto­no­mie par rap­port aux évêques, même si vous nous accor­dez toute la litur­gie de 1962, si vous nous accor­dez de conti­nuer les sémi­naires et la Fraternité, comme nous le fai­sons main­te­nant, nous ne pou­vons pas col­la­bo­rer, c’est impos­sible, impos­sible, parce que nous tra­vaillons dans deux direc­tions dia­mé­tra­le­ment oppo­sées : vous, vous tra­vaillez à la déchris­tia­ni­sa­tion de la socié­té, de la per­sonne humaine et de l’Église, et nous, nous tra­vaillons à la chris­tia­ni­sa­tion. On ne peut pas s’entendre. »

Alors, je lui ai dit : « Pour nous, le Christ c’est tout ; Notre-​Seigneur Jésus-​Christ c’est tout, c’est notre vie. L’Église, c’est Notre-​Seigneur Jésus-​Christ, c’est son épouse mys­tique. Le prêtre, c’est un autre Christ ; sa messe, c’est le sacri­fice de Jésus-​Christ et le triomphe de Jésus-​Christ par la croix. Notre sémi­naire : on y apprend à aimer le Christ, et on est tout ten­du vers le règne de Notre-​Seigneur Jésus-​Christ. Notre apos­to­lat, c’est le règne de Notre-​Seigneur Jésus-​Christ. Voilà ce que nous sommes. Et vous, vous faites le contraire. Vous venez de me dire que la socié­té ne doit pas être chré­tienne, ne peut pas être chré­tienne ; que c’est contre sa nature ! Vous venez de vou­loir me prou­ver que Notre-​Seigneur Jésus-​Christ ne peut pas et ne doit pas régner dans les sociétés !

En veut-​on un témoi­gnage récent ? Il se passe de com­men­taires, il parle de lui-​même. Recevant des jeunes mariés (et en quelle tenue !), le pape François s’est abais­sé à faire le clown avec eux, à la grande joie des médias qu’une telle vul­ga­ri­té (c’est le mot juste) fait jubi­ler. Que reste-​t-​il de la digni­té du vicaire de Notre-​Seigneur Jésus-​Christ ? On a honte de mon­trer cela, et pour­tant ce sont les faits. Ce sont les « odeurs » de Rome occu­pée [7]

C’est de Rome, c’est par Rome et c’est à Rome que viendra le salut

Et pour­tant, c’est de Rome, c’est par Rome et c’est à Rome que vien­dra le salut. Quand, com­ment ? C’est le secret de Dieu.

Mais Veuillot le notait déjà : « Ici est le noeud de tout… Il fau­dra rebâ­tir le Vatican démo­li, ou périr. »

J’arrive d’une longue course à tra­vers le monde, civi­li­sé et bar­bare. Je reviens du Midi et du Nord, du Levant, et du Couchant. Je crois savoir ce qu’il y dans le monde à l’heure qu’il est. Ici tout m’est appa­ru. Ici est le noeud de tout. Ils our­dissent bien des com­plots, par là-​bas. Il y a des têtes infer­nales, aux­quelles obéissent des masses dégra­dées. Ce que les chefs se pro­posent, je le sais. Tous leurs efforts convergent ici. Ce qu’ils obtien­dront, Dieu le sait ; mais c’est ici qu’est Dieu.

Il est ici, il n’est qu’i­ci ; et j’at­teste que, s’il se laisse chas­ser d’i­ci, il pour­ra consen­tir à pas­ser, mais non à s’é­ta­blir ailleurs. Il a choi­si ce lieu ; il n’ac­cep­te­ra pas plus une autre demeure que ses adver­saires ne réus­si­ront à créer un autre Dieu. Il y aura – ne don­nez à mes paroles qu’un sens com­pa­tible avec la foi – il y aura vacance, inter­rup­tion visible du règne visible de Dieu.

Et ce que je veux dire, – car je ne pré­tends rien savoir de la durée ou de la fin du monde, et l’on peut voir un jour des­cendre de che­val, sur cette place, un Charlemagne aus­si bien qu’un Attila ; – ce que je veux dire, c’est qu’il fau­dra rebâ­tir à cette place le Vatican démo­li, ou périr [8].

Sources : Le Sel de la Terre n° 87/​LPL pour les intertitres

Avertissement

Ces articles sont parus dans la revue Le Sel de la terre nº 87 (Hiver 2013–2014).
La revue paraît 4 fois par an (200 et quelques pages pour chaque numé­ro) et contient des articles de doc­trine, de vie spi­ri­tuelle, de civi­li­sa­tion chré­tienne, des recen­sions, des « Nouvelles de Rome », des infor­ma­tions et com­men­taires, etc.
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Notes de bas de page

  1. – Avant-​propos de la 4e édi­tion (1866). Œuvres com­plètes (OE.C.), Paris, Lethielleux, 1925, t. 5, p. 15.[]
  2. – Lettre à Charlotte de Grammont. []
  3. – « On pré­tend que c’est mon chef-​d’œuvre. Non certes ! J’ai fait beau­coup mieux. Qu’on loue Çà et Là, Le Parfum de Rome, la Vie de Notre-​Seigneur ! Voilà des livres. » Lettre à Eugène Veuillot. []
  4. – La pré­face du livre s’ouvre sur l’é­vo­ca­tion des égouts de Paris. []
  5. – Les Odeurs de Paris, pré­face.[]
  6. Déclaration de Mgr Lefebvre du 21 novembre 1974.[]
  7. – Que le pape fasse le clown n’est sans doute pas le plus grave. Ce pape en dit et en fait bien d’autres (voir la rubrique : « Nouvelles de Rome occu­pée » en fin de numé­ro). Mais de tels « gestes » sont révé­la­teurs d’un état d’es­prit et leur impact est désas­treux. []
  8. – Louis VEUILLOT, Le par­fum de Rome (livre XI, chap. IV : « Dernière soi­rée à Rome »), OEuvres com­plètes, t. 9, Paris, Lethielleux, 1926, p. 444–448.[]