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Editorial de juillet 2006 Un trésor dans des vases d’argile

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l’heure où vous lisez ces lignes, le troisième Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X s’est ouvert. Il doit procéder à l’élection du nouveau Supérieur général et de ses deux Assistants.

Ce Chapitre général doit aussi, comme l’écrivent les Statuts, « vérifier si la Fraternité applique consciencieusement les Statuts et s’efforce d’en garder l’esprit ».

Enfin, il va certainement proposer au futur Supérieur général des pistes de réflexion dans la situation actuelle, notamment en ce qui concerne les importants mais complexes rapports avec Rome.

En des circonstances ordinaires, ce Chapitre n’attirerait nullement l’attention dans l’Église et dans le monde. La réunion statutaire d’une société comptant moins de 500 membres prêtres n’est pas de nature à susciter les grands titres des médias.

Or la réalité est différente, tant dans son apparence que dans sa réalité.

D’abord, 36 ans après sa fondation, notre ouvre, si modeste en soi, continue à attirer les lumières de l’actualité. Un journaliste pourtant critique m’avouait récemment :

« Je suis stupéfait de la résonance médiatique qui entoure la Fraternité Saint Pie X, même encore aujourd’hui.»

Mais, après tout, le vain bruit du monde ne doit pas nous impressionner : qu’on parle de nous en bien, qu’on parle de nous en mal, ou alors qu’on ne parle pas de nous, nous ne sommes jamais en réalité que ce que Dieu juge de nous.

Or, dans la réalité, dans le fond, devant Dieu, je pense que la Fraternité, son Chapitre, son nouveau Supérieur général, sa ligne de conduite, son esprit, ont une importance capitale dans l’histoire actuelle de l’Église, immensément au-delà de ce que les apparences de cette Fraternité, de ce que son côté purement humain pourraient nous faire croire.

Depuis 36 ans, la Fraternité Saint Pie X porte en elle, comme en un vase fragile, un trésor d’une valeur inestimable : la foi de l’Église, le saint sacrifice de la messe, la Tradition.

Ce n’est pas que ces réalités n’existent ailleurs : jamais nous n’avons dit, jamais nous ne dirons que la Fraternité s’identifie à l’Église, que l’Église se réduit à la Fraternité.

En revanche nous disons que pour le moment, par un mystère insigne de la Providence, et en raison d’une crise effroyable qui secoue l’Église, c’est dans la Fraternité Saint Pie X et ce qu’on appelle communément la « Tradition catholique » que ces biens essentiels sont le mieux préservés, afin de retrouver un jour (et le plus vite possible) leur place pleine et entière dans la vie de l’Église.

Et cela, le démon ne le veut pas. Dans cette crise qui porte sa marque, celle de la confusion et du mensonge, il agit de tous côtés pour semer le trouble.

Le spectacle est d’ailleurs révélateur : depuis les pires sites internet sédévacantistes jusqu’aux pires revues progressistes à la Golias, tous s’accordent en un point, celui d’attaquer la Fraternité Saint Pie X. L’Évangile nous en a prévenus :

« Hérode et Pilate devinrent amis ce jour-là, d’ennemis qu’ils étaient. »

Voilà pourquoi il est nécessaire, non de gloser, non de jouer la mouche du coche, mais de prier pour que ce Chapitre général emplisse pleinement son but, ravive l’unité de la Fraternité, réchauffe l’amour de Dieu et le zèle apostolique, redonne un élan supplémentaire à toute la Tradition.

Prier aussi, comme nous le faisons certes, mais peut-être pas, malheureusement, « avec la foi qui soulève les montagnes », pour que l’Église, au plus vite, retrouve pleinement sa propre Tradition bimillénaire. Qu’elle refleurisse, que toutes les congrégations qu’elle comprend retrouvent leur splendeur, et que la Fraternité Saint Pie X puisse reprendre la modeste place qui lui revient en soi, et que seule la terrible crise actuelle l’a forcée, providentiellement, de quitter.

Abbé Régis de Cacqueray †
Supérieur du District de France

fraternité sainte pie X