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Fideliter 233 – Luther, le destructeur de la Chrétienté, abbé Christian Bouchacourt

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Luther, le destructeur de la Chrétienté

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Dans les mois qui viennent, nous allons assister à un déluge de commémoraisons et d’exaltations de Luther, à l’occasion du cinq centième anniversaire de l’affichage, sur une église de Wittemberg, de ses 95 thèses, qui sont considérées comme le début de la prétendue « Réforme ». Et, malheureusement, la hiérarchie ecclésiastique, jusqu’au Pape lui-même, va prendre une large part à ce scandaleux concert de louanges.

Martin Luther fut excommunié le 15 juin 1520 par la bulle Exsurge Domine signée du Pape Léon X. Ce dernier ne fut certainement pas un Pape exemplaire, mais en l’occurrence, et contrairement à ses successeurs actuels, il fit son devoir et essaya d’éliminer ce qui devait devenir l’un des plus grands fléaux de l’histoire de l’humanité.

De Luther, on peut dire pour résumer qu’il fut le destructeur de la Chrétienté, en prenant ce mot dans son sens le plus large.

D’abord parce que la prétendue « Réforme » ruina définitivement l’unité morale de l’Europe chrétienne. Certes, il existait des guerres, des dissensions, mais tous communiaient dans l’unique foi catholique, tous reconnaissaient le Pape comme Vicaire du Christ et arbitre ultime des nations. A partir du XVIe siècle, au contraire, les nations européennes sont séparées par la religion, avec notamment cette opposition entre l’Europe latine du Sud, de culture catholique, et l’Europe germanique du Nord, de culture protestante.

Cette cassure se fit par d’innombrables guerres (chez nous, les « guerres de religion ») qui ravagèrent les pays et massacrèrent les populations. Luther lui-même prit part directement à ces horreurs, lors de la « Guerre des paysans ». Après avoir encouragé par ses écrits les soulèvements populaires, devenu inquiet face aux débordements, il publia en 1525 une brochure d’une rare violence intitulée Contre les bandes pillardes et meurtrières des paysans, dans laquelle il écrivait à l’adresse des autorités : « Tous ceux qui le peuvent doivent assommer, égorger et passer au fil de l’épée, secrètement ou en public, en sachant qu’il n’est rien de plus venimeux, de plus nuisible, de plus diabolique qu’un rebelle (…). Ici, c’est le temps du glaive et de la colère, et non le temps de la clémence. Aussi l’autorité doit-elle foncer hardiment et frapper en toute bonne conscience, frapper aussi longtemps que la révolte aura un souffle de vie. (…) C’est pourquoi, chers seigneurs, (…) poignardez, pourfendez, égorgez à qui mieux mieux ».

Au milieu de ces guerres, de ces affrontements, se déploya un effroyable iconoclasme protestant, issu directement des thèses luthériennes. Les croix, les statues, les églises, les monastères, les dépôts d’archives, les bibliothèques, etc. furent pillés, abattus, brûlés, cassés, dispersés, souillés, bref subirent tout ce que le plus grand dérèglement de l’esprit humain peut concevoir. Mais les victimes de cet iconoclasme ravageur ne furent pas seulement des objets ou des monuments : des prêtres, des religieux, des religieuses, de simples chrétiens en grand nombre furent atrocement mutilés, torturés, humiliés, assassinés par des hordes sanguinaires se réclamant de Luther et de ses successeurs.

Cette ruine de l’unité politique, cette ruine de la paix et de la concorde, cette ruine de l’art et de la culture qu’a provoquées la révolution luthérienne ne sont pourtant rien à côté de la ruine des âmes.

Luther a fait apostasier, de son vivant, des millions d’âmes, il les a jetées hors de la voie du salut par ses fausses doctrines et ses exemples pernicieux, il les a condamnées à l’enfer éternel en prétendant les mettre sur la voie du salut.

Et, malheureusement, des nations entières, aveuglées, ont suivi les erreurs et mensonge de l’ancien moine augustin. Ainsi, depuis des siècles, tant et tant d’âmes, qui vivent pourtant dans un pays chrétien, sont privées à leur naissance de la connaissance de la vérité divine, de l’accès aux sacrements du Christ ainsi que des lumières qui leur seraient nécessaires pour rendre gloire à Dieu, vivre dans sa grâce et opérer leur salut.

Certes, il y avait, à l’époque où Luther parut, des défaillances, parfois graves, dans l’Église. Des fidèles, des prêtres, des religieux, des évêques, des cardinaux, même des papes, ne remplissaient pas leurs devoirs et devenaient des occasions de scandale. Loin de nous l’idée de prétendre que tout allait bien alors ! Luther, avec les dons qu’il avait reçus de Dieu, aurait d’ailleurs pu participer à ce magnifique mouvement de rénovation qui s’esquissait lorsqu’il entama sa révolte, et qui prit tant d’ampleur dans les décennies qui suivirent, avec une pléiade de saints qui mirent en œuvre ce magnifique instrument de réforme catholique que fut le concile de Trente.

Malheureusement, Luther suivit seulement son esprit propre, son orgueil, son penchant à la colère, et déclencha une catastrophe spirituelle et temporelle incommensurable. Parce que Luther est ainsi devenu le destructeur de la Chrétienté, un chrétien, un catholique, et même simplement un honnête homme, ne peut aucunement le louer ni le célébrer.

Abbé Christian Bouchacourt †, Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Sources : Fideliter n° 233 de septembre-octobre 2016 – La Porte Latine du 24 novembre 2016

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