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Chemin de croix de M. l’abbé Philippe Nansenet, le 3 février 2020

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Introduction

En cet après-midi du 3 février, pourquoi sommes-nous réunis en cette chapelle ? Pour offrir une réparation aux Cœurs de Jésus et de Marie. En effet, aujourd’hui comme jamais auparavant, la loi de Dieu est bafouée. L’homme veut se rendre maître de la vie, jouer de la vie, se jouer de la vie, la plier à ses désirs ou à sa volonté de puissance : soit en l’empêchant d’apparaître, soit en la suscitant de manière peccamineuse, en l’écourtant, en la transformant.

En France, un nouveau projet de loi comporte trois transgressions majeures : « l’accès aux techniques artificielles de procréation humaine ; le développement de la recherche sur les embryons humains ; l’accroissement de la sélection anténatale ». Que de monceaux de crimes dissimulent ces expressions ! Que Dieu nous prenne en pitié !

Première station : Jésus est condamné au tribunal de Pilate.

Jésus ne doit plus régner. Il doit s’effacer, se retirer, disparaître. Notre société condamne de nouveau Notre-Seigneur. Elle ne veut plus de sa loi d’amour avec ses justes exigences de respect envers la vie humaine, don de Dieu. Pour elle, la vie n’est qu’un matériau qu’elle entend gérer et manipuler à sa guise par l’entremise de médecins fous.

Tout à sa volonté de puissance, elle s’écrie : « celui-ci vivra si nous le jugeons digne de vivre ; celui-là mourra si nous le jugeons indigne de vivre. » Aussi notre monde est-il replongé dans la nuit du paganisme qui fut si dur aux faibles et aux petits. Que Dieu nous prenne en pitié !

Deuxième station : Jésus est chargé du bois de la Croix.

Pourquoi les Juifs et les Romains ont-ils traité hier en malfaiteur notre bienfaiteur, l’auteur du Salut ? Pourquoi appelle-t-on aujourd’hui bien le mal et mal le bien ? Pourquoi rejette-t-on avec rage la loi naturelle inscrite dans nos cœurs et gravée sur les deux tables de Moïse ? L’homme entend fabriquer l’homme, il ne veut plus connaître de limites, il verse dans aune démesure qui le perd.

La Révolution en cours se révèle plus profonde encore que les Révolutions française et communiste. En effet, elle ne s’attaque pas seulement à un régime politique ou social, mais vise à dénaturer à l’intime l’homme même. Ce projet prométhéen lui est susurré par le grand révolté, le prince de ce monde, Satan. Que Dieu nous prenne en pitié !

Troisième station : Jésus tombe une première fois.

Jésus vient nous sauver. Il verse son sang pour tous, mais beaucoup se détournent de lui et rendent vaine pour eux la Rédemption. Ils ont pour inspirateur le démon qui, par orgueil, a refusé de vivre dans la douce dépendance du Créateur. Cet orgueil a précipité en enfer l’ange révolté. Sous son influence, des hommes nous entraînent à la chute, au malheur. Que Dieu ait pitié de nous !

Quatrième station : Jésus rencontre sa Très Sainte Mère.

Le petit homme a besoin d’un nid, d’une famille pour l’accueillir. Le Dieu fait homme lui-même a voulu d’une famille : d’une mère, la Vierge Marie ; d’un père nourricier, saint Joseph. Le petit homme ne peut se développer harmonieusement et s’épanouir qu’entouré d’un père et d’une mère qui se penchent vers lui, l’entourent d’affection, lui prodiguent des soins, l’éduquent, l’entraînent par l’exemple, le reprennent, l’encouragent.

Aujourd’hui, des gouvernants, affranchis de toute morale, travaillent sciemment, froidement, criminellement, à ce que des enfants n’aient pas de père, n’aient pas de mère. Nous entendons leur cri de destruction: « Famille, je vous hais ! » Que Dieu nous prenne en pitié !

Cinquième station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter la Croix.

Le cardinal-archevêque de Bologne venait de fonder un institut pour la défense de la famille. Il pensa à solliciter les prières de la dernière voyante Fatima, sœur Lucie. En retour de sa demande, il eut la surprise de recevoir une longue lettre où il lut : le combat présent, le dernier, se livre sur le terrain de la famille.

Oui, le démon veut l’écrasement de la famille, son éclatement, sa pulvérisation qui privera le petit homme de tous repères et le remettra, impuissant, désarmé, aux mains d’un État aux visées totalitaires.

Sixième station : Sainte Véronique essuie la Face de Jésus.

Jésus, d’un souffle, pourrait renverser ses ennemis comme il le fit quelques instants avant son arrestation au Jardin des Oliviers. Mais il veut à l’ordinaire que nous coopérions à son projet de bonheur sur nous. Saint Augustin nous le rappelle :« Dieu qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi ».

À nous de lutter pied à pied contre les ennemis de Jésus qui sont tout uniment les ennemis de nos âmes. À nous de réaffirmer la Royauté universelle de Jésus, la primauté de sa Loi. Son observation est seule en mesure d’assurer à l’homme la paix véritable ici-bas — la tranquillité de l’ordre —, et l’accès aux joies du Ciel, au terme de son pèlerinage.

Septième station : Jésus tombe une deuxième fois.

Un président de la République affirmait que la loi positive prime la loi naturelle, qu’il n’est pas de loi supérieure à celle que les députés votent, loi d’un jour pourtant qu’une future majorité pourra défaire.

Parler ainsi, c’est verser dans un relativisme absolu, immoral au plus haut degré, c’est se soumettre aujourd’hui à la pression des artisans de mort et aux puissances d’argent.

Huitième station : Les filles de Jérusalem pleurent sur Jésus

Jésus ne refuse pas la compassion de ces jeunes femmes. Mais que leur dit-il ? Vos pleurs se trompent d’objet. Pleurez, oui, mais sur vous et sur vos enfants, « car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec » ? Quarante ans plus tard, Jérusalem fut investie par les troupes de Titus ; les hommes furent passés au fil de l’épée, crucifiés par milliers au point qu’il manquait de bois où les pendre ; les femmes et les enfants furent vendus à l’encan comme vil bétail.

Terrible châtiment ! L’apostasie officielle attirera-t-elle de pareils maux sur notre pays autrefois chrétien ? Il faut que des justes continuent de proclamer le caractère sacré de la vie de la conception à son terme naturel, accueillent les plus faibles et les entourent.

Neuvième station : Jésus tombe une troisième fois.

La Sainte Église fondée par Notre-Seigneur n’est hélas ! plus l’inspiratrice de notre France apostate. Elle a été remplacée par la franc-maçonnerie, la « Synagogue de Satan » comme l’appelait le pape Léon XIII dans son encyclique Humanum genus qui réitérait la condamnation de cette société secrète. Les francs-maçons travaillent à tordre les mentalités, à faire admettre le crime. Ils travaillent dans l’ombre, à couvert. Ils ne répugnent pas à user de mensonges, à inverser le sens des mots.

C’est ainsi qu’un ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, gynécologue de profession, poussant à la contraception, à l’avortement, à l’euthanasie, et prévoyant la PMA et la GPA, avait intitulé son livre : De la vie avant toutes choses. S’il avait été honnête, il aurait dû l’intituler De la mort avant toutes choses. Mais avant d’agir, il faut tromper, biaiser, utiliser des sigles ou des expressions d’apparence anodine, paralyser les réactions, avancer pas à pas, transformer les mentalités, faire admettre ce qui était tout d’abord refusé de la plupart par une juste réaction de sens commun.

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Nous sommes dépouillés du manteau protecteur de la chrétienté, des mœurs de la foi qui poussaient au bien, établissaient, stabilisés dans le bien. L’enfant n’est plus respecté. La femme n’est plus respectée. Pis, on s’ingénie à ce qu’elle ne se respecte plus, qu’elle appelle liberté, émancipation son avilissement, son asservissement ; qu’elle récuse sa féminité et son aspiration à la maternité.

Aujourd’hui, on protège le petit animal, mais l’homme n’a pas l’honneur d’appartenir à une espèce protégée ! Seul le retour à Jésus et à Marie fera renaître le sens du réel et naturel et surnaturel.

Onzième station : Jésus est cloué à la Croix.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Autrefois ; nous l’apprenions bien vite en classe. Tout civilisé le savait. Aujourd’hui des hommes au cœur endurci, au regard aveuglé, qui ne savent plus ou ne veulent plus savoir que l’homme vient de Dieu et doit faire retour à Dieu par le Seigneur Jésus, prétendent que tout ce qu’on est en mesure de faire se fera, inéluctablement. Véritables docteurs Diafoirus, ils sacralisent les applications de la science. Ils ne regardent pas à l’homme qu’ils défigurent, écrasent, crucifient.

Douzième station : Jésus meurt sur le bois de la Croix.

Satan est homicide dès les origines. Il enrage de ce que le Paradis nous soit promis. Avec ses affidés qui tiennent le haut du pavé, il se multiplie pour nous égarer hors de la voie du salut.

Sachons lui dire NON en nous efforçant à la vertu ; en fournissant des efforts sur nous-mêmes, en tendant à la sainteté, par une vie de prière qui attirera sur nous et nos proches la grâce de Dieu. C’est ainsi que nous tuerons en nous les germes de mort, et que la vie en nous pourra se développer en plénitude.

Treizième station : Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère.

Tout semble désespéré ! Tout le semblait également le Vendredi-Saint. Mais Jésus domine les évènements, les dirige malgré les apparences contraires. C’est l’heure des ténèbres. Mais les méchants n’auront qu’en temps. Leur perte est assurée. Nous avons au Ciel une Mère qui est « forte comme une armée rangée en ordre de bataille ». Recourons à elle. Elle nous secourra et nous gardera du découragement et de toute compromission avec les ennemis de son Divin Fils.

Quatorzième station : Jésus est descendu de la Croix et mis au tombeau.

La victoire est promise aux amis de Jésus. Ne nous laissons pas impressionner par les puissances du mal. Les ténèbres ont envahi la terre tandis que Jésus pendait au bois de la Croix. Mais après que Jésus eut rendu le dernier soupir, les ténèbres se dissipèrent et le ciel redevint radieux.

Formez-vous au combat, instruisez-vous afin de fortifier vos convictions ! Entrez à fond dans l’éducation que vous avez le privilège de recevoir ici ! Ainsi serez-vous à même de témoigner de la vérité humaine et divine, et de la rayonner par des actes en chacun de vos milieux de vie.

Abbé Philippe NANSENET, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Source : La Porte Latine d’avril 2020

Abbé Philippe Nansenet

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