Marie corédemptrice et médiatrice des grâces

Ce docu­ment romain balaie d’un revers de main un ensei­gne­ment et une pra­tique soli­de­ment enra­ci­nés dans l’Écriture et la Tradition.

Un récent docu­ment romain inti­tu­lé « Mater popu­li fide­lis » affirme que la doc­trine et l’expression de « Marie coré­demp­trice » et de « Marie Médiatrice de toutes grâces » sont tout à fait inop­por­tunes, et ne devraient plus être employés.

Le lec­teur de ce texte a du mal à en com­prendre l’urgence : car il ne semble vrai­ment pas y avoir actuel­le­ment dans l’Église une bataille féroce autour de cette doc­trine de la Corédemption et de la Médiation uni­ver­selle de la Vierge Marie. Donc, ce texte va, sans réelle néces­si­té, bles­ser la pié­té simple de beau­coup de chré­tiens, et pré­tendre inter­dire la libre dis­cus­sion entre théo­lo­giens, pour­tant tou­jours admise dans l’Église : « La média­tion coré­demp­trice de la Vierge, écrit par exemple le car­di­nal Journet, est uni­ver­selle per­son­nel­le­ment, la Vierge étant assu­mée par le Christ pour être coré­demp­trice de tout ce dont il est rédemp­teur » [1].

Ce docu­ment pro­pose des objec­tions contre ces titres attri­bués à Marie, mais elles ont toutes été trai­tées depuis long­temps par les auteurs. Par exemple : « Si Marie est Corédemptrice, alors le Christ n’est plus l’unique Rédempteur ». Or cette doc­trine de la Corédemption repose pré­ci­sé­ment, de la façon la plus claire et la plus expli­cite, sur l’unicité de la Rédemption de tous les hommes par le Christ.

Le docu­ment dit aus­si que cette affir­ma­tion de la Corédemption, ayant besoin d’explications, doit pour cette rai­son être écar­tée. Mais qui peut dire que le dogme fon­da­men­tal du chris­tia­nisme, le mys­tère de la sainte Trinité, d’un seul Dieu en trois Personnes, n’a pas besoin d’explications, et d’explications com­plexes ? Or qui pré­tend écar­ter ce dogme à cause de ce besoin d’explications ?

Enfin, ce docu­ment romain balaie d’un revers de main un ensei­gne­ment et une pra­tique soli­de­ment enra­ci­nés dans l’Écriture et la Tradition. Il serait facile de citer d’innombrables textes de saints et de grands auteurs spi­ri­tuels qui uti­lisent en toute tran­quilli­té ces expres­sions et la doc­trine qu’elles impliquent. Au point que (c’est un témoi­gnage du docu­ment romain lui-​même) le Pape Jean-​Paul II a uti­li­sé à sept reprises le terme de « Corédemptrice » attri­bué à Marie.

Nous nous conten­te­rons ici de citer quelques docu­ments éma­nant du Magistère pon­ti­fi­cal des der­niers siècles, qui uti­lisent les notions et les mots de « Corédemptrice » et de « Médiatrice de toutes grâces » pour la Vierge. En sorte que nous avons là un ensei­gne­ment magis­té­riel par­fai­te­ment clair et par­ti­cu­liè­re­ment constant, mais dans un sens net­te­ment oppo­sé au docu­ment « Mater popu­li fidelis ».

Benoît XIV

Bulle Floriosæ Dominæ (1748) : « Marie est comme le canal céleste duquel des­cendent dans le sein des mal­heu­reux mor­tels les eaux de toutes les grâces ».

Pie VII

Lettre à l’Ordre des Servîtes de Marie (1806) : « Notre Mère très aimante est la dis­pen­sa­trice de toutes les grâces ».

Pie IX

Encyclique Ubi pri­mum (1849) : « Car vous savez par­fai­te­ment, Vénérables Frères, que le fon­de­ment de Notre confiance est en la très sainte Vierge ; puisque c’est en elle que Dieu a pla­cé la plé­ni­tude de tout bien, de telle sorte que, s’il y a en Nous quelque espé­rance, s’il y a quelque faveur, s’il y a quelque salut, Nous sachions que c’est d’elle que Nous le rece­vons parce que telle est la volon­té de celui qui a vou­lu que nous eus­sions tout par Marie ».

Bulle Ineffabilis Deus (1854) : « C’est pour­quoi, de même que le Christ, Médiateur de Dieu et des hommes, ayant pris la nature humaine, efface le sceau de la sen­tence qui était contre nous, et l’attache en vain­queur à la croix, de même la très sainte Vierge, unie à lui par un lien étroit et indis­so­luble, avec lui et par lui exer­çant des hos­ti­li­tés éter­nelles contre le ser­pent veni­meux, et triom­phant plei­ne­ment de cet enne­mi, a écra­sé sa tête de son pied immaculé ».

Léon XIII

Encyclique Supremi apos­to­la­tus offi­cia (1883) : « En effet, la Vierge exempte de la souillure ori­gi­nelle, choi­sie pour être la Mère de Dieu, et par cela même asso­ciée à lui dans l’œuvre du salut du genre humain, jouit auprès de son Fils d’une telle faveur et d’une telle puis­sance que jamais la nature humaine et la nature angé­lique n’ont pu et ne peuvent les obte­nir. (…) A cette fin, Nous esti­mons que rien ne sau­rait être plus effi­cace et plus sûr que de Nous rendre favo­rable, par la pra­tique reli­gieuse de son culte, la sublime Mère de Dieu, la Vierge Marie, dépo­si­taire sou­ve­raine de toute paix et dis­pen­sa­trice de toute grâce, qui a été pla­cée par son divin Fils au faîte de la gloire et de la puis­sance, afin d’aider du secours de sa pro­tec­tion les hommes s’acheminant, au milieu des fatigues et des dan­gers, vers la Cité éternelle ».

Encyclique Superiore arma (1884) : « Aussi long­temps, en effet, que l’esprit de prière sera répan­du sur la mai­son de David et sur les habi­tants de Jérusalem, Nous conser­ve­rons la ferme confiance que Dieu nous exau­ce­ra un jour, et que, pre­nant pitié de la condi­tion de l’Église, il enten­dra les prières de ceux qui l’implorent par Celle qu’il a lui-​même vou­lu éta­blir la dis­pen­sa­trice des grâces célestes ».

En 1885, Léon XIII approu­va une prière à Jésus et à Marie qui fait réfé­rence à la Vierge Marie en tant que « coré­demp­trice du monde », en ita­lien, « cor­re­den­trice del mon­da », en latin, « mun­do redi­men­do coadiu­trix ». [2]

Encyclique Quamquam plu­ries (1889) : « De même que la très sainte Vierge est la Mère de Jésus- Christ, elle est aus­si la Mère de tous les chré­tiens qu’elle a enfan­tés sur la mon­tagne du Calvaire, au milieu des suprêmes souf­frances du Rédempteur crucifié ».

Encyclique Adjutricem popu­li (1895) : « Car de là, selon les des­seins de Dieu, la Vierge a com­men­cé à veiller sur l’Église, à nous assis­ter et à nous pro­té­ger comme une Mère, de sorte qu’après avoir été coopé­ra­trice de la Rédemption humaine, elle est deve­nue aus­si, par le pou­voir presque immense qui lui a été accor­dé, la dis­pen­sa­trice de la grâce qui découle de cette Rédemption pour tous les temps. (…) C’est de là aus­si que s’élèvent à bon droit de nom­breuses louanges de tout pays et de tout rite, se mul­ti­pliant à tra­vers les siècles ; tels que les titres qui lui sont don­nés de notre Mère, notre Médiatrice, de Réparatrice du monde entier, de Dispensatrice des dons de Dieu ».

Encyclique Jucunda sem­per (1894) : « Auprès de la croix de Jésus se tenait debout Marie, sa Mère, laquelle, émue pour nous d’une immense cha­ri­té, afin de nous rece­voir pour fils, offrit elle-​même volon­tai­re­ment son Fils à la jus­tice divine, mou­rant en son cœur avec lui, trans­per­cée d’un glaive de douleur ».

Constitution apos­to­lique Ubi pri­mum (1898) : « Dès que, par le plan secret de la divine Providence, Nous avons été éle­vé à la chaire suprême de Pierre…, spon­ta­né­ment la pen­sée nous est allée à la grande Mère de Dieu et son asso­ciée à la répa­ra­tion du genre humain ».

Encyclique Parta huma­no gene­ri (1901) : « Certes, rien ne peut être plus effi­cace pour nous conci­lier la faveur de la Vierge Marie et nous méri­ter les grâces les plus salu­taires, que d’entourer des plus grands hon­neurs pos­sibles les mys­tères de Rédemption aux­quels nous voyons qu’elle n’a pas seule­ment assis­té, mais participé ».

Saint Pie X

Encyclique Ad diem ilium (1904) : « La consé­quence de cette com­mu­nau­té de sen­ti­ments et de souf­frances entre Marie et Jésus, c’est que Marie “méri­ta très légi­ti­me­ment de deve­nir la répa­ra­trice de l’humanité déchue” (.De Excellentia Virginis Mariœ, c. IX), et, par­tant, la dis­pen­sa­trice de tous les tré­sors que Jésus nous a acquis par sa mort et par son sang.

« Certes, l’on ne peut dire que la dis­pen­sa­tion de ces tré­sors ne soit un droit propre et par­ti­cu­lier de Jésus-​Christ, car ils sont le fruit exclu­sif de sa mort, et lui-​même est, de par sa nature, le Médiateur de Dieu et des hommes. Toutefois, en rai­son de cette socié­té de dou­leurs et d’angoisses, déjà men­tion­née, entre la Mère et le Fils, a été don­né à cette auguste Vierge “d’être auprès de son Fils unique la très puis­sante média­trice et avo­cate du monde entier” (Fius IX, in Bull. Ineffabilis).

La source est donc Jésus-​Christ, “de la plé­ni­tude de qui nous avons tout reçu” (Jn 1, 16) (…). Mais Marie, comme le remarque jus­te­ment saint Bernard, est “l’aqueduc” ; ou, si l’on veut, cette par­tie médiane qui a pour propre de rat­ta­cher le corps à la tête et de trans­mettre au corps les influences et effi­ca­ci­tés de la tête, Nous vou­lons dire le cou. (…) Parce que Marie l’emporte sur tous en sain­te­té et en union avec Jésus-​Christ, et qu’elle a été asso­ciée par Jésus-​Christ à l’œuvre de la Rédemption, elle nous mérite de congruo, comme disent les théo­lo­giens, ce que Jésus-​Christ nous a méri­té de condi­gno, et elle est le ministre suprême de la dis­pen­sa­tion des grâces ».

Un décret du Saint-​Office du 26 juin 1913 a loué « l’habitude d’ajouter au nom de Jésus, celui de sa Mère, notre coré­demp­trice, la bien­heu­reuse Vierge Marie ». La même congré­ga­tion a accor­dé, le 22 jan­vier 1914, une indul­gence pour la réci­ta­tion d’une orai­son dans laquelle Marie est appe­lée « coré­demp­trice du genre humain ».

Benoît XV

Lettre Inter soli­da­cia (1918) : « En s’associant à la Passion et à la mort de son Fils, la Vierge a souf­fert comme à en mou­rir (…) pour apai­ser la jus­tice divine ; autant qu’elle le pou­vait, elle a immo­lé son Fils, de telle façon qu’on peut dire avec rai­son qu’avec lui elle a rache­té le genre humain. Et, pour cette rai­son, toutes les sortes de grâces que nous pui­sons dans le tré­sor de la Rédemption viennent à nous, pour ain­si dire, des mains de la Vierge douloureuse ».

Lettre aux évêques des États-​Unis (1919) : « De même que l’Université sera le lieu où, comme des rayons vont au centre, les étu­diants catho­liques vien­dront se réunir, ain­si, Nous en avons la confiance, non seule­ment ceux qui sont ou seront agré­gés au nombre des étu­diants, mais encore tous les catho­liques de ces États auront les yeux tour­nés vers cette sainte église pla­cée sous la pro­tec­tion de la Vierge imma­cu­lée, dis­pen­sa­trice de toutes les grâces, comme vers leur propre sanc­tuaire, et y vien­dront en grand nombre mani­fes­ter leur reli­gion et leur piété ».

Encyclique Fausto appe­tente die (1921) : « Saint Dominique était, en effet, per­sua­dé de deux choses : d’une part, Marie est si puis­sante auprès de son divin Fils que toutes les grâces accor­dées par Dieu aux hommes leur sont tou­jours don­nées par l’intermédiaire et au gré de la sainte Vierge ; d’autre part, Marie est si bonne et si misé­ri­cor­dieuse que, accou­tu­mée à secou­rir spon­ta­né­ment ceux qui souffrent, elle est abso­lu­ment inca­pable de repous­ser ceux qui implorent son secours ».

En 1921, Benoît XV fit pré­pa­rer une messe de « Marie Médiatrice de toutes grâces », qui fut concé­dée très lar­ge­ment à tous ceux qui en fai­saient la demande (dio­cèses, congré­ga­tions reli­gieuses, etc.).

Pie XI

Lettre apos­to­lique Galliam, Ecclesiæ filiam pri­mo­ge­ni­tam (1922) : « La Vierge Mère en per­sonne, tré­so­rière auprès de Dieu de toutes les grâces, a sem­blé, par des appa­ri­tions répé­tées, approu­ver et confir­mer la dévo­tion du peuple français ».

Lettre Explorata res (1923) : « Celui-​là n’encourra pas la mort éter­nelle, qui joui­ra sur­tout à son der­nier moment de l’assistance de la très sainte Vierge. Cette opi­nion des doc­teurs de l’Église, confir­mée par le sen­ti­ment du peuple chré­tien et par une longue expé­rience, s’appuie sur­tout sur ce fait que la Vierge dou­lou­reuse fut asso­ciée à Jésus-​Christ dans l’œuvre de la Rédemption ».

Bref Ad B.V.M. a sacra­tis­si­mo Rosario in Veille Pompeiana (1925) : « Souvenez-​vous aus­si qu’au Calvaire vous avez été consti­tuée coré­demp­trice, col­la­bo­rant avec la cru­ci­fixion de votre cœur au salut du monde, avec votre Fils crucifié ».

Lettre apos­to­lique Cognitum sane (1926) : « Nous, pour qui rien n’est plus cher que de voir la dévo­tion du peuple chré­tien s’éveiller de plus en plus envers la Vierge, qui est la tré­so­rière de toutes les grâces auprès de Dieu, pen­sons que nous devons exau­cer ces souhaits ».

Encyclique Miserentissimus Redemptor (1928) : « A Nos vœux et à Nos efforts, que Marie la Vierge très bien­veillante et la Mère de Dieu daigne sou­rire, elle qui nous don­na Jésus notre Rédempteur, qui l’éleva, qui l’offrit comme vic­time au pied de la croix, et qui, par sa mys­té­rieuse union avec le Christ et par une grâce par­ti­cu­lière reçue de lui, fut aus­si Réparatrice et est pieu­se­ment appe­lée de ce nom. Plein de confiance en son inter­ces­sion auprès du Christ qui, seul Médiateur entre Dieu et les hommes, a vou­lu cepen­dant s’associer sa Mère comme avo­cate des pécheurs et comme dis­pen­sa­trice et média­trice de ses grâces… ».

Allocution aux pèle­rins de Vicenza (1933) : « Le Rédempteur se devait, par la force des choses, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour­quoi nous l’invoquons sous le titre de corédemptrice ».

Radio-​message aux pèle­rins de Lourdes (1935) : « O Mère de pié­té et de misé­ri­corde, qui assis­tiez votre doux Fils tan­dis qu’il accom­plis­sait sur l’autel de la Croix la Rédemption du genre humain, comme coré­demp­trice et asso­ciée de ses dou­leurs, conser­vez en nous, et accrois­sez chaque jour, nous vous en prions, les pré­cieux fruits de sa Rédemption et de votre compassion ».

Encyclique Ingravescentibus malts (1937) : « Nous savons que tout ce qui nous est accor­dé nous vient du Dieu tout-​puissant par les mains de la Mère de Dieu ».

Pie XII

Décret De mira­cu­lis pour la cano­ni­sa­tion du bien­heu­reux Louis-​Marie Grignion de Montfort (1942) : « Le doc­teur Mellifluus (saint Bernard, fl 153), gloire de la Bourgogne et de l’Église uni­ver­selle, résume la Tradition des Pères lorsqu’il enseigne que Dieu a vou­lu que nous ayons tout par Marie, et cette très douce et vivi­fiante doc­trine est admise à l’heure actuelle d’un com­mun accord par les théologiens ».

Encyclique Mystici cor­po­ris (1943) : « Ce fut Marie enfin qui, en sup­por­tant ses immenses dou­leurs d’une âme pleine de force et de confiance, plus que tous les chré­tiens, vraie Reine des mar­tyrs, com­plé­ta ce qui man­quait aux souf­frances du Christ… “pour son Corps qui est l’Église” (Col 1, 24) ».

Radiomessage aux fidèles du Portugal (1946) : « Et le Paradis vit qu’elle était réel­le­ment digne de rece­voir hon­neur, gloire et empire, parce qu’elle était plus pleine de grâces, plus sainte, plus belle, plus sublime, incom­pa­ra­ble­ment plus que les plus grands saints et les anges les plus sublimes, iso­lé­ment ou réunis ; parce qu’elle était mys­té­rieu­se­ment appa­ren­tée, dans l’ordre de l’union hypo­sta­tique, à toute la très sainte Trinité, à Celui qui, seul, est par essence la Majesté infi­nie, Roi des rois, Seigneur des sei­gneurs, en qua­li­té de Fille première-​née du Père, de Mère par­faite du Verbe et d’Épouse pré­fé­rée du Saint- Esprit ; parce qu’elle était Mère du divin Roi, de Celui à qui, dès le sein mater­nel, le Seigneur Dieu a don­né le trône de David et la royau­té éte­melle dans la mai­son de Jacob (Le 1, 32–33) et qui, après avoir pro­cla­mé à son propre sujet que tout pou­voir lui avait été don­né dans le Ciel et sur la terre (Mt 28,18), lui, le Fils de Dieu, a fait rejaillir sur sa céleste Mère la gloire, la majes­té, l’empire de sa royau­té ; parce que, asso­ciée, comme Mère et Ministre, au Roi des mar­tyrs, dans l’œuvre inef­fable de la Rédemption du genre humain, elle lui est éga­le­ment asso­ciée pour tou­jours, avec un pou­voir pour ain­si dire illi­mi­té, dans la dis­tri­bu­tion des grâces qui découlent de la Rédemption ».

Encyclique Ad cae­li Reginam (1954) : « Dans 1 ’accom­plis­se­ment de la Rédemption, la très sainte Vierge fut étroi­te­ment asso­ciée au Christ. (…) En effet, “comme le Christ, pour nous avoir rache­tés, est notre 8eigneur et notre Roi à un titre par­ti­cu­lier, ain­si la bien­heu­reuse Vierge est aus­si notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contri­bua à notre Rédemption, en don­nant sa chair à son Fils et en l’offrant volon­tai­re­ment pour nous, dési­rant, deman­dant et pro­cu­rant notre salut d’une manière toute spé­ciale” ». Encyclique Haurietis aquas in gau­dio (1956) : « Pour que des fruits plus abon­dants découlent dans la famille chré­tienne et dans tout le genre humain du culte du Cœur très sacré de Jésus, les fidèles doivent veiller à l’associer étroi­te­ment au culte envers le Cœur imma­cu­lé de Marie. Puisque, de par la volon­té de Dieu, la bien­heu­reuse Vierge Marie a été indis­so­lu­ble­ment unie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption humaine, afin que notre salut vienne de l’amour de Jésus-​Christ et de ses souf­frances inti­me­ment unis à l’amour et aux dou­leurs de sa Mère, il convient par­fai­te­ment que le peuple chré­tien, qui a reçu la vie divine du Christ par Marie, après avoir ren­du le culte qui lui est dû au Cœur très sacré de Jésus, rende aus­si au Cœur très aimant de sa céleste Mère de sem­blables hom­mages de pié­té, d’amour, de gra­ti­tude et de réparation ».

source : Lettre à Nos Frères Prêtres N°108 /​Décembre 2025

Notes de bas de page
  1. L “Église du Verbe incar­né, III, p. 587[]
  2. ASS, tome XVIII, année 1885, p. 93[]