Benoît XVI confie le dossier de la Fraternité Saint-​Pie X à son successeur – 1er mars 2013

Le 21 février 2013, le P. Federico Lombardi, direc­teur du Bureau de presse du Saint-​Siège, a déclaré : 

« Vu les cir­cons­tances extra­or­di­naires (la renon­cia­tion de Benoît XVI, ndlr), les dis­po­si­tions rela­tives à la récon­ci­lia­tion avec la Fraternité Saint-​Pie X sont confiées au pro­chain pape ». 

Et d´inviter les jour­na­listes à ne pas s´attendre à une conclu­sion « ces jours-​ci », car ce dos­sier passe désor­mais « sous la res­pon­sa­bi­li­té du pro­chain pape ».

Le P. Lombardi met­tait ain­si fin aux rumeurs et aux spé­cu­la­tions qui s’étaient mul­ti­pliées dans la presse. Les jours pré­cé­dents, le quo­ti­dien fran­çais La Croix avait fait état d’une lettre de Mgr Gerhard Ludwig Müller et Mgr Augustine Di Noia, res­pec­ti­ve­ment pré­sident et vice-​président de la Commission Ecclesia Dei, du 8 jan­vier, deman­dant à Mgr Bernard Fellay une réponse au Préambule doc­tri­nal qui lui avait été remis le 13 juin 2012. Cette réponse devait par­ve­nir à Mgr Müller le 22 février, der­nier délai.

A pro­pos des exi­gences du Préambule doc­tri­nal sur la recon­nais­sance par la Fraternité de la conti­nui­té du concile Vatican II avec le magis­tère anté­rieur, l’abbé Franz Schmidberger, supé­rieur du dis­trict d’Allemagne et ancien supé­rieur géné­ral de la Fraternité, avait affir­mé dans un entre­tien accor­dé le 18 sep­tembre 2012 au site alle­mand pius.info :

« Il y a des inco­hé­rences dans le concile Vatican II qui ne peuvent être niées. Nous ne pou­vons recon­naître une pareille her­mé­neu­tique de conti­nui­té. Je pense que nous dirons aux auto­ri­tés romaines que nous pou­vons dif­fi­ci­le­ment accep­ter (ces exi­gences) et qu’il leur fau­dra les aban­don­ner si elles sou­haitent réel­le­ment une nor­ma­li­sa­tion. Il est appa­ru évident, au cours des entre­tiens qui se sont dérou­lés d’octobre 2009 à avril 2011, qu’il y a des points de vue très dif­fé­rents au sujet du concile Vatican II, cer­tains textes du Concile et le magis­tère post­con­ci­liaire. Tous ont recon­nu qu’il ne serait pas aisé de trou­ver un accord entre les vues du magis­tère post­con­ci­liaire et celles que nous sou­te­nons avec les papes du XIXe siècle et les ensei­gne­ments constants de l’Eglise. Et je pense que tant que ces bles­sures n’auront pas été soi­gnées avec le remède adé­quat, qui serait de par­ler ouver­te­ment de ces points qui ne s’accordent pas, il n’y aura aucune solu­tion réelle à la crise dans l’Eglise. »

Dans un entre­tien accor­dé au site fran­çais Nouvelles de France, le 15 février, Mgr Fellay déclarait :

« Un bref ins­tant, j’ai pen­sé qu’en annon­çant sa renon­cia­tion, Benoît XVI ferait peut-​être un der­nier geste envers nous en tant que pape. Cela étant, je vois dif­fi­ci­le­ment com­ment cela peut être pos­sible. Il fau­dra pro­ba­ble­ment attendre le pro­chain pape. Je vais même vous dire, au risque de vous sur­prendre, il y a des pro­blèmes plus impor­tants pour l’Eglise que celui de la Fraternité Saint-​Pie X et c’est, d’une cer­taine manière, en les réglant, que le pro­blème de la Fraternité sera réglé. »

Sources : VIS/Apic/pius.info/NdeF – du 01/​03/​13