Concile de Trente

20ᵉ œcuménique ; 13 déc. 1545-4 déc. 1563

8 avril 1546, 4e session

Décret sur la réception des livres saints et des traditions

Le canon des Ecritures

Le saint concile de Trente, œcu­mé­nique et géné­ral, légi­ti­me­ment assem­blé dans le Saint-​Esprit, sous la pré­si­dence des trois mêmes légats du Siège apos­to­lique, ayant tou­jours en vue de conser­ver dans l’Eglise, par la des­truc­tion de l’er­reur, la pure­té même de l’Evangile qui, pro­mis d’a­bord par les pro­phètes dans les saintes Ecritures, a été ensuite pro­mul­gué, pre­miè­re­ment par Notre-​seigneur Jésus-​Christ, Fils de Dieu, puis par les apôtres, aux­quels il a com­man­dé de le prê­cher à tous les hommes, comme la source de toutes les véri­tés du salut et de toute règle des mœurs ; et consi­dé­rant que cette véri­té et cette règle de morale sont conte­nues dans les livres écrits, ou, sans écrit, dans les tra­di­tions qui, reçues par les apôtres de la bouche de Jésus-​Christ même, ou trans­mises par les apôtres comme le Saint-​Esprit les leur a dic­tées, sont par­ve­nues de main en main jusqu’à nous ; le saint concile, sui­vant l’exemple des Pères ortho­doxes, reçoit tous les livres tant de l’ancien que du nou­veau Testament, puisque le même Dieu est l’auteur de l’un et de l’autre ; aus­si bien que les tra­di­tions, qui regardent la foi ou les mœurs, comme dic­tées de la bouche même de Jésus-​Christ ou par l’Esprit-​Saint, et conser­vées dans l’Eglise catho­lique par une suc­ces­sion conti­nue, elles embrasse avec un égal sen­ti­ment de res­pect et de piété.

Il a jugé à pro­pos que le cata­logue des livres sacrés fût annexé à ce pré­sent décret, afin que per­sonne ne puisse dou­ter quels sont les livres que le concile reçoit. Les voi­ci indiqués :

De l’ancien Testament, les cinq livres de Moïse, qui sont : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome ; Josué, les Juges, Ruth, les quatre livres des Rois, les deux des Paralipomènes, le pre­mier d’Esdras et le second, qui se nomme Néhémie ; Tobie, Judith, Esther, Job, le Psautier davi­dique de cent cin­quante psaumes ; les Paraboles, l’Ecclésiaste, le Cantique des can­tiques, la Sagesse, l’Ecclésiastique ; Isaïe, Jérémie avec Baruch, Ezéchiel, Daniel ; les douze petits pro­phètes, savoir : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie ; deux livres des Machabées, le pre­mier et le second. 

Du nou­veau Testament, les quatre Evangiles selon S. Matthieu, S. Marc, S. Luc et S. Jean ; les Actes des Apôtres com­po­sés par l’évangéliste S. Luc ; qua­torze épîtres de l’apôtre S. Paul : une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Ephésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon, une aux Hébreux ; deux épîtres de l’apôtre S. Pierre, trois de l’apôtre S. Jean, une de l’apôtre S. Jacques, une de l’apôtre S. Jude et l’Apocalypse de l’apôtre S. Jean.

Si quelqu’un ne reçoit pas, pour sacrés et cano­niques, ces livres entiers avec toutes leurs par­ties, tels qu’on a cou­tume de les lire dans l’Eglise catho­lique, et tels qu’ils sont dans l’ancienne Vulgate latine, et méprise avec connais­sance et de pro­pos déli­bé­ré les sus­dites tra­di­tions, qu’il soit anathème.

Source : La Somme des Conciles géné­raux et par­ti­cu­liers II, Abbé Guyot, 1868.