Pie XII

260ᵉ pape ; de 1939 à 1958

5 septembre 1958

Discours au VIIe congrès international pour la transfusion du sang

Table des matières

Au début de sep­tembre s’est tenu à Rome le sep­tième congrès de la Société inter­na­tio­nale de la trans­fu­sion du sang, auquel par­ti­ci­pèrent plus de cinq cents pro­fes­seurs, méde­cins, étu­diants venus de qua­rante nations différentes.

A l’is­sue de leurs tra­vaux, les congres­sistes furent reçus en audience par le Saint-​Père qui pro­non­ça en fran­çais le dis­cours suivant :

Le Congrès inter­na­tio­nal pour la trans­fu­sion du sang, orga­nisé par l’Association inter­na­tio­nale de même nom, Nous donne le plai­sir de vous rece­voir, Messieurs, et ‑de Nous infor­mer de vos acti­vi­tés. A la suite de vos réunions, se tien­dra le sep­tième Congrès inter­na­tio­nal d’hé­ma­to­lo­gie. Nous n’i­gno­rons pas l’im­portance accrue que prennent dans la socié­té contem­po­raine les pro­blèmes du sang, ni la por­tée pra­tique des conclu­sions et des réso­lu­tions, que vous serez ame­nés à adop­ter. Aussi sommes-​Nous heu­reux de vous mani­fes­ter Notre estime et de vous sou­hai­ter une cor­diale bien­ve­nue. D’ailleurs la gra­vi­té des ques­tions en cause appelle par­ti­cu­liè­re­ment Notre atten­tion ; l’Eglise ne reste point indif­fé­rente, vous le ‑savez, toutes les fois que sont en jeu des pro­blèmes, qui engagent la des­ti­née hu­maine indi­vi­duelle et sociale, tem­po­relle et éter­nelle, toutes les fois qu’elle peut, par ‑sa pré­sence ou par une inter­ven­tion oppor­tune, faire beau­coup de bien ou évi­ter beau­coup de mal.

L’hématologie — la science du sang et de ses mala­dies — inté­resse au plus haut degré la bio­lo­gie, la phy­sio­lo­gie, la méde­cine. Le sang, en effet, est en quelque sorte le milieu, où s’opè­rent les échanges de la vie orga­nique ; il porte à toutes les cel­lules l’oxy­gène et les élé­ments qui assu­rant leur nutri­tion, en même temps qu’il assure l’é­li­mi­na­tion des déchets. Long­temps on le consi­dé­ra comme inti­me­ment lié à la vie elle-​même, qui sem­blait s’é­cou­ler avec lui par les plaies ouvertes. Aujour­d’hui encore, l’ex­pres­sion « ver­ser son sang » désigne le sacri­fice, qu’un homme fait de sa vie pour une cause qu’il croit digne de cette offrande suprême, et qui s’i­den­ti­fie par­fois avec les idéals les plus éle­vés que l’hu­ma­ni­té puisse se proposer.

Puisque les par­ti­ci­pants du pro­chain Congrès d’hé­ma­to­lo­gie Nous ont prié de trai­ter cer­taines ques­tions de morale, qui se posent dans le domaine de la géné­tique du sang, Nous avons l’in­ten­tion d’a­bor­der main­te­nant les aspects géné­raux de ces pro­blèmes et de pré­pa­rer ain­si la réponse que Nous leur don­nerons. Nous expo­se­rons donc ici quelques aspects bio­lo­giques de la géné­tique du sang et les pro­blèmes qu’elle soulève.

I. Quelques aspects médico-​biologiques de la génétique du sang

Nous avons eu déjà l’oc­ca­sion de par­ler du méca­nisme de l’hé­ré­di­té dans Notre allo­cu­tion du 8 sep­tembre 1953 au pre­mier Symposium inter­na­tio­nal de géné­tique médi­cale [1], et d’é­noncer alors les impor­tants prin­cipes, qui s’ap­pli­quaient aux don­nées scien­ti­fiques de la géné­tique dans leur inter­fé­rence avec les ques­tions morales et reli­gieuses. Toutefois, pour éclai­rer Nos déve­lop­pe­ments ulté­rieurs, Nous devons men­tion­ner encore quelques acqui­si­tions récentes, dont vous avez bien vou­lu Nous informer.

La découverte du facteur « Rhésus ».

On sait assez géné­ra­le­ment à l’heure actuelle que les glo­bules rouges du sang pos­sèdent des carac­tères propres et que l’hu­ma­ni­té se divise en quatre groupes san­guins : (A – B – O – AB). Si l’on appelle « anti­gène » la capa­ci­té de pro­vo­quer dans un orga­nisme la for­ma­tion de sub­stances dites « anti­corps », sus­cep­tibles de s’u­nir à l’an­ti­gène et de déter­mi­ner d’a­bord l’ag­glu­ti­na­tion, puis la des­truc­tion des glo­bules rouges, on peut expli­quer l’exis­tence des quatre groupes de la manière sui­vante : les groupes A et B pos­sèdent cha­cun un anti­gène propre, mais non l’an­ti­corps qui y répond, tan­dis qu’ils pos­sèdent l’an­ti­corps de l’an­ti­gène qu’ils n’ont pas ; le groupe AB pos­sède les deux anti­gènes, mais aucun anti­corps du sys­tème ; le groupe O ne pos­sède aucun anti­gène, mais bien les deux anti­corps. Pendant ces der­nières décades, la décou­verte d’autres sys­tèmes a intro­duit une com­plexi­té consi­dé­rable dans la déter­mi­na­tion exacte des types de sang humain. Mais ce qui Nous inté­resse davan­tage, c’est la décou­verte du fac­teur « Rhesus », qui per­mit d’é­clair­cir la patho­gé­nèse de la mala­die hémo­ly­tique du nou­veau-​né, res­tée jus­qu’a­lors d’o­ri­gine incon­nue. Une mère possé­dant le « Rh néga­tif » pro­dui­ra des anti­corps pour les glo­bules « Rh posi­tifs », et si l’en­fant qu’elle porte en elle est « Rh posi­tif », elle lui cau­se­ra du dom­mage. Puisque les groupes san­guins s’hé­ritent sui­vant le méca­nisme de l’hé­ré­di­té conforme pour l’es­sen­tiel aux lois de Mendel, il est évident que pour avoir un fils « Rh posi­tif », la mère devra avoir un époux « Rh posi­tif » ; si celui-​ci est le fils de parents, dont l’un est « Rh posi­tif », et l’autre « Rh néga­tif », il aura une pro­ba­bi­li­té de 50% d’a­voir des fils « Rh posi­tifs » ; mais si les parents sont tous deux « Rh posi­tifs », tous ses fils le seront aus­si. Quand une femme « Rh néga­tif » épouse un homme « Rh posi­tif », elle se trouve dans ce qu’on appelle la « situa­tion Rh » et en dan­ger poten­tiel d’a­voir des enfants malades.

A côté de l’hé­ré­di­té mor­bide, on peut éga­le­ment consi­dé­rer celle, dont les résul­tats sont posi­tifs. Mais comme la méde­cine s’oc­cupe prin­ci­pa­le­ment des consé­quences nui­sibles, on com­prend que l’on ait pu croire et affir­mer la pré­do­mi­nance de celles-​ci. En réa­li­té les exemples ne manquent pas de familles riche­ment douées, où se trans­mettent d’une géné­ra­tion à l’autre de remar­quables qua­li­tés phy­siques et psychiques.

Le mal hématologique méditerranéen.

Qu’il Nous soit per­mis de signa­ler encore un cas par­ti­cu­lier, à cause de l’im­por­tance qu’il revêt dans les régions méditer­ranéennes. Il s’a­git de deux mala­dies, qui se pré­sentent sous deux aspects cli­niques pro­fon­dé­ment dif­fé­rents, mais qui sont carac­té­ri­sées par des alté­ra­tions sem­blables du sys­tème san­guin. La pre­mière frappe cer­taines zones de la popu­la­tion ita­lienne, toute la popu­la­tion grecque et toutes les zones du bas­sin médi­terranéen, où la colo­ni­sa­tion phé­ni­cienne a lais­sé des traces. Un enfant naît, appa­rem­ment nor­mal, mais le méde­cin dis­tingue déjà en lui les stig­mates du mal, qui le condui­ra à la mort plus ou moins rapi­de­ment, et d’ha­bi­tude avant la dixième année. Son déve­lop­pe­ment sera nota­ble­ment ralen­ti, son teint pâle ; l’ab­do­men tou­jours plus pro­émi­nent dénote un gros­sis­se­ment énorme de la rate, qui l’oc­cupe sou­vent presque en entier. La thé­ra­peu­tique la plus atten­tive ne pour­ra que pro­lon­ger une vie de malaises et de souf­frances ; mal­gré de nom­breuses trans­fusions de sang, qui repré­sentent pour les familles une charge très coû­teuse, l’is­sue fatale sera inévitable.

Au moment où Cooley et Lée réus­sis­saient à diag­nos­ti­quer exac­te­ment cette mala­die chez des des­cen­dants d’Italiens immi­grés en Amérique, Rietti, Greppi et Micheli en Italie, décri­vaient une mala­die appa­rem­ment toute dif­fé­rente. Chez des adultes condui­sant une vie rela­ti­ve­ment nor­male, se pré­sen­taient des symp­tômes, que l’on inter­pré­ta comme une dimi­nu­tion de la durée de vie des glo­bules rouges. Ceux-​ci por­taient aus­si des alté­ra­tions mor­pho­lo­giques, de carac­tère congé­ni­tal, affec­tant leur forme et leur struc­ture intime, ain­si que l’hé­mo­glo­bine qu’ils contiennent. Ces formes cli­niques de la mala­die sont aujourd’­hui consi­dé­rées comme des varié­tés d’un groupe qu’on appelle « désordre héma­to­lo­gique médi­ter­ra­néen ». Des cher­cheurs amé­ri­cains, ita­liens et grecs ont démon­tré que les altéra­tions de la mala­die grave et mor­telle des enfants, telle que Cooley l’a­vait décrite, res­sem­blaient à celles de la mala­die de Rietti, Greppi et Micheli et des formes qui s’en rap­prochent. On en vint alors à la conclu­sion que les enfants malades avaient été engen­drés par deux por­teurs du mal héma­to­lo­gique médi­ter­ra­néen. Ce qu’il faut sou­li­gner ici, c’est que des indi­vidus, qui se croient par­fai­te­ment sains, peuvent par leur union pro­vo­quer la tra­gé­die fami­liale que l’on devine.

II. Problèmes de la génétique du sang

Les situa­tions dou­lou­reuses que Nous avons décrites et d’au­tres ana­logues que l’on ren­contre dans le domaine de la géné­tique du sang, méri­taient un effort par­ti­cu­lier pour résoudre des pro­blèmes d’ordre phy­sique et moral, par­ti­cu­liè­re­ment gra­ves. Nous en expo­se­rons quelques-​uns, d’a­près les infor­ma­tions que vous Nous avez four­nies, ain­si que les remèdes qu’on a ten­té d’y appor­ter, en consi­dé­rant les impli­ca­tions morales qu’ils com­portent. D’une manière géné­rale, il faut sou­li­gner d’a­bord la néces­si­té de four­nir au public les infor­ma­tions indis­pensables sur le sang et son héré­di­té, afin de per­mettre aux indi­vi­dus et aux familles de se mettre en garde contre de ter­ribles acci­dents. Dans ce but, on peut orga­ni­ser, à la manière du « Dight Institute » amé­ri­cain, des ser­vices d’in­for­ma­tion et de consul­ta­tion, que les fian­cés et les époux inter­ro­ge­raient en toute confiance sur les ques­tions de l’hé­ré­di­té, afin de mieux assu­rer le bon­heur et la sécu­ri­té de leur union.

La consultation génétique.

Ces ser­vices ne don­ne­raient pas seule­ment des infor­ma­tions, mais aide­raient les inté­res­sés à appli­quer les remèdes effi­caces. Dans un ouvrage qui, Nous assure-​t-​on, fait auto­ri­té en la matière[2], Nous avons pu lire que la for­ma­tion prin­ci­pale de la consul­ta­tion est de faire com­prendre aux inté­res­sés les pro­blèmes de géné­tique, qui se pré­sentent dans leurs familles [3]. Dans presque tous les foyers, semble-​t-​il, on ren­contre des situa­tions dif­fi­ciles, concer­nant l’hé­ré­di­té d’un ou de plu­sieurs de leurs membres. Il peut arri­ver même que le mari et la femme s’ac­cusent réci­pro­que­ment d’une ano­ma­lie, qui s’est mani­fes­tée chez leur enfant. Souvent le spé­cia­liste consul­té peut inter­ve­nir avec suc­cès pour atté­nuer la dif­fi­cul­té. Avertis du dan­ger et de sa por­tée, les parents pren­dront alors une déci­sion qui sera « eugé­nique » ou « dys­gé­nique » à l’é­gard du carac­tère héré­ditaire consi­dé­ré. S’ils décident de ne plus avoir d’en­fants, leur déci­sion est « eugé­nique », c’est-​à-​dire qu’ils ne pro­pa­ge­ront plus le gène défec­tueux, en engen­drant soit des enfants mala­des, soit des por­teurs nor­maux. Si, comme il arrive d’ha­bi­tude, les pro­ba­bi­li­tés d’en­gen­drer un enfant por­teur de ce défaut sont moindres qu’ils ne le crai­gnaient, il se peut qu’ils décident d’ac­cep­ter d’autres enfants. Cette déci­sion est « dys­gé­nique », parce qu’ils pro­pa­ge­ront le gène défec­tueux au lieu d’ar­rê­ter sa dif­fu­sion. En défi­ni­tive, l’ef­fet de la consul­ta­tion géné­tique est d’en­cou­ra­ger les parents à avoir plus d’en­fants qu’ils n’en au­raient eu sans elle, puisque les pro­ba­bi­li­tés d’a­voir un cas mal­heureux sont infé­rieures à ce qu’ils pen­saient. Si la consul­ta­tion peut sem­bler « dys­gé­nique » à l’é­gard du gène anor­mal, il faut consi­dé­rer que les per­sonnes, suf­fi­sam­ment pré­oc­cu­pées de l’a­ve­nir pour deman­der conseil, ont une haute concep­tion de leurs devoirs de parents ; au point de vue moral, il serait sou­hai­table que ces cas se multiplient.

On demande fré­quem­ment au « Dight Institute », s’il existe des rela­tions entre la consul­ta­tion et les devoirs reli­gieux du consul­tant[4]. En réa­li­té la consul­ta­tion géné­tique fait abs­trac­tion des prin­cipes reli­gieux. Elle ne répond pas aux parents qui demandent s’ils doivent avoir encore des enfants, et leur aban­donne la res­pon­sa­bi­li­té de la déci­sion. L’Institut Dight n’est donc pas une cli­nique des­ti­née à répri­mer la fécon­di­té ; on n’y four­nit pas d’in­for­ma­tions sur la manière de « pla­ni­fier » les familles, car cette ques­tion ne rentre pas dans ses objectifs.

Une âme saine dans un corps sain.

L’ouvrage, auquel Nous emprun­tons ces indi­ca­tions, souli­gne avec force et net­te­té l’im­por­tance du tra­vail qui reste à accom­plir en ce domaine : « La mort, dit-​il, est le prix de l’i­gno­rance de la géné­tique des groupes san­guins ». Heureuse­ment, le méde­cin dis­pose actuel­le­ment de connais­sances suffi­santes pour aider les hommes à réa­li­ser plus sûre­ment le désir — si intime et si puis­sant chez bon nombre d’entre eux — d’a­voir une famille heu­reuse d’en­fants bien por­tants ! Si le couple est sté­rile, le méde­cin ten­te­ra de lui assu­rer la fécon­di­té ; il le met­tra en garde contre des dan­gers qu’il ne soup­çonne pas ; il l’ai­de­ra à engen­drer des enfants nor­maux et bien constitués.

Mieux aver­tis des pro­blèmes posés par la géné­tique et de la gra­vi­té de cer­taines mala­dies héré­di­taires, les hommes d’au­jourd’hui ont, plus que par le pas­sé, le devoir de tenir compte de ces acqui­si­tions pour évi­ter eux-​mêmes et évi­ter à d’autres de nom­breuses dif­fi­cul­tés phy­siques et morales. Ils doivent être atten­tifs à tout ce qui pour­rait cau­ser à leur des­cen­dance des dom­mages durables et l’en­traî­ner dans une suite inter­mi­nable de misères. Rappelons à ce pro­pos que la com­mu­nau­té de sang entre les per­sonnes, soit dans les familles, soit dans les collec­tivités, impose cer­tains devoirs. Bien que les élé­ments for­mels de toute com­mu­nau­té humaine soient d’ordre psy­cho­lo­gique et moral, la des­cen­dance en forme la base maté­rielle qu’il faut res­pec­ter et ne point endommager.

Ce que Nous disons de l’hé­ré­di­té, pour­rait s’ap­pli­quer en un sens large aux com­mu­nau­tés que consti­tuent les races hu­maines. Mais le dan­ger vient davan­tage ici d’une insis­tance exa­gé­rée sur le sens et la valeur du fac­teur racial. On ne sait que trop, hélas ! à quels excès peuvent conduire l’or­gueil de la race et les haines raciales ; l’Eglise s’y est tou­jours appo­sée avec éner­gie, qu’il s’a­gisse de ten­ta­tives de géno­cide, ou des pra­tiques ins­pi­rées par ce qu’on appelle le « colour-​bar ». Elle désap­prouve aus­si toute expé­rience de géné­tique, qui ferait bon mar­ché de la nature spi­ri­tuelle de l’homme et le trai­te­rait à l’é­gal de n’im­porte quel repré­sen­tant d’une espèce animale.

Nous vous sou­hai­tons, Messieurs, de pour­suivre avec suc­cès des tra­vaux si utiles à la com­mu­nau­té humaine. Aux enseigne­ments pra­tiques de ce Congrès s’a­jou­te­ra une conscience plus vive de l’aide effi­cace, que vous appor­tez à tant de malades. Vous pui­se­rez dans cette convic­tion plus d’ar­deur à vous acquit­ter des tâches quo­ti­diennes et la cer­ti­tude d’a­voir méri­té l’es­time et la recon­nais­sance de ceux qui vous devront d’a­voir conser­vé la vie et la santé.

En gage des faveurs divines, que Nous appe­lons sur vous, Nous vous accor­dons à vous-​mêmes, à vos familles, à tous ceux qui vous sont chers, Notre Bénédiction apostolique.

Source : Document Pontificaux de S. S. Pie XII, Edition Saint-​Maurice Saint-​Augustin. – D’après le texte fran­çais des A. A. S., L, 1958, p. 726.

Notes de bas de page

  1. A. A. S., XXXXV, pp. 596 et suiv. ; Documents Pontificaux 1953, pp. 390 et suiv.[]
  2. Sheldon C. Reed, Counseling in Medical Genetics.[]
  3. Ibid., III, p. 12.[]
  4. Ibid., pp. 15–16[]