Accueil    Sommaire    Ordo    Lieux de culte    Catéchisme    Vidéos    Nous aider    Dons en ligne    Liens des sites FSSPX    Contact    Rechercher    Privé 

Les insolites de LPL

   Observations métaphysiques et juridiques sur l'abdication du Pape, par don Mauro Tranquillo - Mars 2013

Accès aux aberrations liturgiques dues à Vatican II
Accès aux archives sur l'apologètique
Accès aux documents sur la disputatio sur La Porte Latine
Accès aux compromissions des hommes d'Eglise avec les ennemis du Christ
Accès à Rome et la FSSPX : sanctions, indults, Motu proprio, levée des excommunications, discussions doctrinales...

Observations métaphysiques et juridiques sur
l'abdication du Pape, par don Mauro Tranquillo - Mars 2013

 

On a discuté dernièrement de la possibilité métaphysique, et non pas seulement juridique,  qu’aurait un Pape d’abdiquer de sa charge.

D’aucuns ont prétendu que cela soit simplement impossible, en niant donc la bonté morale et l’efficacité de la norme canonique, et ils ont prévu que le Conclave aurait nécessairement élu un antipape. Est-ce que ces raisonnements auraient des fondements ?

Nous allons faire ici quelques observations générales, en faisant abstraction de la question de l’opportunité et de la licéité morale de l’abdication de Benoit XVI, de ses conséquences et du message qu’elle a fait passer (ce que nous avons traité dans un autre article).

D’abord la question théorique de la possibilité pour le Pape de quitter son office, qui avait été soulevée par les théologiens à l’époque de Célestin V, n’est plus librement discutée entre catholiques. Célestin V lui-même et Boniface VIII ont publié une sentence magistérielle qui tranche la question au niveau dogmatique, et non pas seulement une décision disciplinaire. Cet argument d’autorité est souverain en théologie, voilà pourquoi nous le citons en premier lieu. Il nous plaît donc de reporter ici le texte du décret De renuntiatione de Boniface VIII (VI Decr., Lib. I, tit. VII, cap. I), publié en 1299, et qui, comme on le voit, n’est pas une simple loi canonique mais une définition magistérielle :

« Puisque des curieux, qui discutent de choses qui ne conviennent pas, et qui cherchent témérairement de savoir plus qu’il n’est dû (contre la doctrine de l’Apôtre), semblent peu prudemment mettre en doute que le Pontife Romain (surtout lorsqu’il se découvre insuffisant au gouvernement de l’Eglise universelle, et à porter le poids du Pontificat suprême) puisse renoncer à la Papauté avec ses honneurs et ses charges : notre Prédécesseur le Pape Célestin V (tandis qu’il présidait au gouvernement de l’Eglise), voulant trancher sur ce point toute matière à hésitation, après avoir délibéré avec ses frères, les Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine (du nombre desquels nous étions à l’époque), avec leur conseil et accord unanime, avec l’autorité apostolique établît que le Pontife Romain peut librement démissionner. Nous donc, afin que ce statut ne soit point oublié avec le temps, ou qu’il n’arrive que le même doute soit à nouveau discuté de façon récidive, nous avons décidé, de l’avis de nos frères, de l’insérer parmi les autres constitutions, à perpétuelle mémoire ».

En restant toujours aux arguments d’autorité, et donc tranchants, il faut rappeler que les lois universelles de l’Eglise sont infaillibles, dans les sens qu’elles ne peuvent être en désaccord avec le droit divin ou naturel, ni porter au mal, ni violer la réalité métaphysique. La possibilité de l’abdication papale, tout le monde l’a entendu dire dans les derniers mois, est contenue comme telle dans les lois canoniques depuis des siècles, et est entrée dans le Code de droit canonique de 1917. Elle est donc une loi universelle de l’Eglise, et ne peut pas être considérée comme mauvaise, ou en contraste avec le droit divin ; elle est même l’expression indirecte d’une réalité doctrinale.

Un autre argument d’autorité consiste dans la canonisation de Papes ayant abdiqué, comme saint Pontien et saint Célestin V. Si leur acte eût été contre une loi essentielle et divine, même en bonne foi, ils n’auraient certainement pu être proposés infailliblement à la vénération de tous les fidèles comme modèles de vertus héroïques.

La raison métaphysique et théologique de cette possibilité est que la Papauté est un accident (un pouvoir de gouvernement universel qui n’est pas permanent - et en effet il cesse à la mort du Pape) donné immédiatement par Dieu à un sujet désigné par l’élection légitime (cause matérielle) et l’acceptation de celle-ci (cause formelle). On peut donc retirer l’acceptation, qui est un acte personnel et volontaire, avec un autre acte personnel et volontaire, l’abdication, qui dissout le sujet-Pape tout comme la mort. La seule exception, d’après les théologiens, aurait été celle de saint Pierre, qui n’était pas devenu Pape par acceptation de l’élection, mais directement par désignation de la part du Christ lui-même. La Papauté n’est pas un caractère sacramentel ou une qualité connaturelle permanente, donc il est métaphysiquement possible de séparer cette qualité du sujet dans lequel elle se trouve, de la même façon qu’elle s’est unie à ce sujet : par un acte volontaire.

En tant que révocation d’un acte personnel, l’abdication sera valide si volontaire, même si elle est extorquée avec la crainte grave ou la violence (non absolue) ou la tromperie (ces choses n’annulent pas le volontaire), et même sans des bonnes raisons (en ce dernier cas, on pourra évaluer la licéité morale de l’abdication, mais non pas sa validité canonique) : seul le volontaire est requis, ainsi que l’affirment les canonistes Coronata e Cappello. Pour la licéité morale, il faudra évidemment des causes gravissimes. Ces conditions sont simplement celles qui font définir volontaire n’importe quel acte (coacta voluntas voluntas est : seul la vis absoluta e le metus tollens usum rationis excluraient le volontaire).

On comprend donc qu’on ne peut parler d’antipape suite à une abdication légitime.

Don Mauro Tranquillo

 

Source : District d'Italie/Traduction du District d'Italie

 

 

 

 

 

  Recevez par email nos mises à jour


Catéchisme n° 81
La vertu


Bulletins et revues
Montgardin - Le Petit Echo de N-D n° 46 de novembre 2017 - L'humilité de François Les Chevaliers de l'Immaculée n° 01 - Le centenaire de la
Milice de l'Immaculée

Foyers Ardents : Comment voir clair ?, par le Père Joseph
Croisade du Rosaire - Le Lien - Vie du Rd Père Reynaud
Marie Reine des Coeurs nº 149 - Un Frère marial : Mutien-Marie de Malonne, abbé Castelain
S.O.S Mamans - Journal de bord n° 76 - Automne 2017
Stella Maris n° 81 : N-Dame des derniers temps, Abbé Vaillant
Vers les sommets de nov. - Ton mot d'ordre : Amitié, abbé Gérard
Lettre de l'ADEC
n° 31 - Toutes les nouvelles des écoles
de la Tradition

Le Flamboyant n° 38 d'octobre 2017 - Prier avec le Rosaire, Père Bochkoltz+


Pèlerinage de
Pentecôte 2018

19, 20 et 21 mai 2018 - Croisade pour Jésus-Christ
Editorial de M. l'abbé Bouchacourt

Rome et la FSSPX : sanctions, indults, Motu proprio, levée des excommunications, discussions doctrinales...
La Porte Latine a fait la recension de plus de 1 400 textes concernant la crise de l'Eglise et ses conséquences sur les rapports entre Rome et la FSSPX.On peut prendre connaissance de l'ensemble ICI


Carte de France des écoles catholiques de Tradition
La Porte Latine vous propose la carte de France des écoles de Tradition sur laquelle figurent les écoles de garçons, de filles et les écoles mixtes. Sont mentionnées les écoles de la FSSPX et des communautés amiesVoir ICI


Intentions de la Croisade Eucharistique pour 2017
La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X se propose de reconstituer en son sein une Croisade Eucharistique des Enfants, restaurant ainsi ce qui fût autrefois une oeuvre impressionnante tant par sa mobilisation que par son rayonnement spirituel.Tous les renseignements sur la Croisade ICI



Jeudi 23 novembre 2017
08:14 17:01

  Suivez notre fil RSS