Reportage du pèlerinage « Splendeurs de l’Italie du Sud » du 26 août au 2 sept. avec M. l’abbé Camper

Les cata­combes de Priscilla

Un par­cours enso­leillé dans le sud de l’Italie, entre culture, his­toire et vie de l’Eglise : de belles vacances chré­tiennes s’ouvrent en ce 25 août, pour ces pèle­rins qui, de France et de Suisse, convergent vers la capi­tale de la Chrétienté. 

Vacances chré­tiennes, moment unique pour décou­vrir, tis­ser des liens d’amitié, enri­chir sa culture tant pro­fane que reli­gieuse et se détendre dans une saine atmo­sphère. Oui, le soleil est au rendez-​vous, et notre joie éga­le­ment ! La saine détente si néces­saire pour nous remettre des dif­fi­cul­tés du quo­ti­dien, la petite ver­tu de saint Thomas, « eutra­pé­lie », nous accom­pagne sur les routes, pour pro­fi­ter plei­ne­ment de ces jour­nées, des beau­tés de la nature et de l’art dont Dieu nous fait don. Nous « décon­nec­tons » un peu du quo­ti­dien, mais nous ne décon­nec­tons pas le natu­rel du spi­ri­tuel : la nature et la grâce vont d’un même pas ! 

Si nous ne par­tons pas à pied, notre iti­né­raire est bien réel, au sens propre et figu­ré : la Via Sacra, c’est le che­mi­ne­ment spi­ri­tuel, à la fois com­mun et indi­vi­duel, des âmes qui cherchent Dieu. Nous che­mi­nons, assoif­fés de Dieu, comme ces chré­tiens des pre­miers siècles que, dès notre arri­vée, nous visi­tons dans les cata­combes de Priscilla. Dans ces gale­ries sou­ter­raines règne une atmo­sphère de paix et de sain­te­té, que trans­crivent ces fresques des IIème et IIIème siècles, si anciennes et pour­tant si fraîches car emplies d’Espérance. Le Bon Pasteur venant au secours de nos âmes, la bre­bis éga­rée sur les épaules, et les scènes de l’Ancien Testament, montrent l’intervention divine sal­va­trice. C’est un cime­tière, mais il est habi­té : ils ne sont pas morts, mais nés à la vraie vie, au jour du Dies Natalis ! Les saints sont tou­jours là, telle la petite Philomène, dont la tombe ne semble pas vide, même si ses reliques furent trans­fé­rées. Elle nous guide de sa pré­sence, et nous irons demain vers son sanctuaire ! 

Première étape de notre car près de Naples, à Mugnano del Cardinale, où réside la jeune mar­tyre, chère petite sainte du Curé d’Ars. Nous invo­quons avec ardeur près de son autel [Photo ci-​dessus) cette sainte unique, igno­rée jus­qu’au XIXème siècle, qui ne fut connue que par les innom­brables miracles opé­rés par ses reliques, et par ses révé­la­tions. Nous lui appor­tons, dans la com­mu­nion des saints, toutes nos inten­tions, celles qui nous ont été confiées et éga­le­ment celle du rec­teur du sanctuaire. 

Une étape nous per­met de prier sur la tombe de la voyante de la Salette, Mélanie Calvat, à Altamura [Phto ci-​dessus]. En ce 170ème anni­ver­saire des appa­ri­tions, c’est pour nous l’occasion de relire les aver­tis­se­ments de la Vierge, hélas si actuels, décri­vant la ter­rible crise de la socié­té et de l’Eglise !

Enfin, Matera nous accueille, celle que l’on sur­nomme « Capadocce d’Italie » tant sa phy­sio­no­mie dépay­sante est un voyage à part entière : véri­table laby­rinthe de mai­sons creu­sées dans la roche à flanc de col­line, dont cer­taines ornées de superbes fresques. Non loin de la ville, une église rupestre décou­verte en 1963 a révé­lé des fresques peintes par des moines venus d’Orient, lors de la per­sé­cu­tion des iconoclastes. 

En fin d’après-midi, nous rejoi­gnons le pre­mier parc his­to­rique rural d’Italie, qui s’inspire du Puy du Fou, nous racon­tant en une magni­fique cines­cé­nie l’épopée des bri­gands, insur­rec­tion contre-​révolutionnaire d’Italie du Sud lors du Risorgimento, à rap­pro­cher de notre propre his­toire, avec le sou­lè­ve­ment de la Vendée. 

L’image de cette région des Pouilles est mar­quée par ses « trul­li », ses petites mai­sons coniques de pierre sèche, si sin­gu­lières, dont nous décou­vrons à Alberobello un vil­lage entier. Dans sa cathé­drale, nous invo­quons les saints méde­cins Côme et Damien devant leurs reliques. 

Le jour baisse (même si cer­tains aime­raient le pro­lon­ger !), tan­dis que nous allons vers le lieu de la lumière : Leuca (du grec leu­kos, la lumière)où les eaux de la mer Adriatique se mêlent à celles de la mer Ionienne. Des docu­ments attestent que Saint-​Pierre y séjour­na, sur son che­min vers Rome, et y fon­da un sanc­tuaire, l’actuelle basi­lique Santa-​Maria « de fini­bus ter­rae », à la pointe la plus méri­dio­nale de la botte italienne ! 

Le car nous mène, le long de la riante côte Adriatique, avec ses magni­fiques baies d’eau tur­quoise, vers Otrante, dont l’assaut des turcs a eu rai­son des épaisses murailles, en 1480. Ils firent irrup­tion dans sa cathé­drale, à l’exceptionnel pave­ment en mosaïque du XIIème siècle. Là fut sacri­fié d’abord l’archevêque, puis 800 hommes furent menés sur une col­line proche de la ville pour y être déca­pi­tés. Après avoir fait réson­ner ses voûtes de vibrants Credo et Christus Vincit, nous nous ren­dons sur la col­line, priant sur les lieux-​mêmes où ils furent vic­times de leur refus d’adhérer à l’Islam. L’un des leurs les avaient exhor­tés à mou­rir pour Dieu, leur disant voir déjà le ciel entrou­vert. Il mou­rut le pre­mier, et Dieu per­mis par miracle que son corps sans tête se rele­va et res­ta debout jusqu’à ce que ses frères fussent tous exé­cu­tés : tel signe du ciel per­mit la conver­sion d’un musul­man qui fut mas­sa­cré sur le champ par ses ex-​correligionnaires. Victoire de la grâce, toute puis­sante ! Cette visite si actuelle nous rap­pelle qu’aujourd’hui comme hier elle ne fera pas défaut, si nous y sommes fidèles. 

Après ces moments bien émou­vants, nous ren­trons pour une après-​midi de repos et détente avec pro­me­nade en bateau sur la mer Ionienne, à la décou­verte des grottes marines. 

Si l’on vient dans cette région du Salento, il ne faut pas man­quer Gallipoli, la « belle ville », petite presqu’île du golfe de Tarente, antique ville flo­ris­sante de la grande Grèce. Au détour de ses ruelles, on découvre encore quelques échoppes d’artisans et d’anciens pres­soirs à huile, en sous-​sol, les pre­miers pro­duc­teurs en Europe d’huile de lampes au XVIIIème s. 

Etape à Copertino, pour saint Joseph-​de-​Copertino, ori­gi­naire du lieu, ce patron des can­di­dats aux exa­mens que nous avons tous prié. En effet (et c’est là l’humour du Bon Dieu), il béné­fi­cia d’un « coup de chance » quand il pas­sait ses exa­mens d’accès au sacer­doce. Un saint aty­pique, patron aus­si des avia­teurs, du fait de ses dons de lévi­ta­tion exceptionnels. 

Avant de rega­gner Leuca, nous pas­sons par Lecce, la « petite Florence du Sud », une des villes les plus flo­ris­santes du Royaume de Naples, à l’architecture baroque si raf­fi­née. Les rap­pels his­to­riques, et d’histoire de l’Eglise, sont nom­breux : l’amphithéâtre antique, la figure de Saint Oronzo, pre­mier évêque et patron de la ville, conver­ti par un « fac­teur » de Saint Paul qui venait por­ter ses lettres aux romains, l’évocation de la bataille de Lépante repré­sen­tée sur la façade de la célèbre église Santa Croce. 

Nous quit­tons la région du Salento pour rejoindre la ville de Bari, chef-​lieu de la région des Pouilles, le plus grand port de pas­sa­gers de la mer Adriatique, centre névral­gique du com­merce et des échanges avec l’Europe et le Moyen-​Orient., où l’on s’embarquait pour la Terre sainte, notam­ment lors des croi­sades. Une plaque rap­pelle le pas­sage de sainte Brigitte de Suède, car c’est, depuis 1087, la ville de Saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie, dont les reliques furent volées et appor­tées par des marins. Dans ce haut-​lieu de pèle­ri­nage, nous invo­quons ce grand saint très popu­laire, mais qui gagne à être mieux connu éga­le­ment pour sa résis­tance aux héré­tiques, au Concile Oecuménique de Nicée en 325. Il alla jusqu’à insuf­fler une « forte gifle » à Arius car il per­sé­vé­rait dans ses erreurs. Ce geste lui valut d’être des­ti­tué de sa charge d’évêque et empri­son­né, mais l’épisode montre que le ciel bénit son action : Notre-​Seigneur et la Vierge en per­sonne lui appa­rurent dans sa pri­son pour lui rendre ses orne­ments, le réta­blis­sant ain­si dans sa charge ! 

Enfin, nous arri­vons dans la soi­rée dans la région du Gargano. Le Mont Gargan, lieu de pèle­ri­nage célèbre depuis le Vème siècle, car, comme au Mont-​Saint-​Michel, l’archange y appa­rut dans une grotte : « Je suis l’ar­change Michel, un de ceux qui se tiennent sans cesse devant le Seigneur. J’ai choi­si ce lieu pour être véné­ré sur la terre ; j’en serai le pro­tec­teur à jamais. ». Après la visite, nous y enten­dons la messe, puis l’après-midi nous mène à San Giovanni Rotondo. 

San Giovanni Rotondo, le couvent où Padre Pio vécut et où il s’éteint le 23 sep­tembre 1968. C’est là qu’il reçut les stig­mates de la Passion en 1918. Même si le nou­veau sanc­tuaire pos­sède une archi­tec­ture moderne assez décon­cer­tante, nous y des­cen­dons, réci­tant le cha­pe­let, pour nous rendre devant son corps expo­sé. C’est l’occasion de prier, en ces temps d’apostasie, ce saint si proche de nous qui était connu pour sa célé­bra­tion si fer­vente de la Messe, où il revi­vait réel­le­ment le sacri­fice de la Croix, et éga­le­ment (moins célèbre) pour sa lutte contre la franc-​maçonnerie infil­trée jusque dans les rangs de la hié­rar­chie de l’Eglise.

Après une der­nière soi­rée dans un res­tau­rant typique de Monte Sant’Angelo et une der­nière nuit près du sanc­tuaire, les pèle­rins reprennent la route de Rome. Avant de ter­mi­ner notre pèle­ri­nage, la der­nière messe du par­cours est dite à Lanciano, sur le lieu du miracle eucha­ris­tique. Un cadeau de la Providence nous per­met d’être pré­sents le jour du pre­mier ven­dre­di du mois, messe du Sacré-​Coeur, dont l’Evangile rap­porte le pas­sage où le sol­dat romain Longin per­ça le côté du Christ d’un coup de lance, et se conver­tit. Nous sommes dans la ville d’où il est ori­gi­naire et qui porte depuis le nom de sa lance, Lanciano. Le fer de sa lance se trouve pré­ci­sé­ment à Rome, dans la basi­lique Saint-​Pierre, au coeur de la Chrétienté !

Si Dieu le veut, la Via Sacra vous y mène­ra ! Ne dit-​on pas que tous les che­mins mènent à Rome ? 

De l’en­voyée spé­ciale de La Porte Latine en Italie Marie Perrin.

Source : La Porte Latine du 13 sep­tembre 2016

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