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La clé de la réforme ilturgique, par M. l’abbé François-Régis de Bonnafos

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Mgr Bugnini et le pape Paul VI

Mgr Annibale Bugnini, la cheville ouvrière de la réforme liturgique, ou le « fossoyeur de la Messe » définissait en ces termes l’origine de la Réforme liturgique :

« Dans l’histoire de la liturgie, la réforme du concile Vatican II se distingue de toutes les autres par son caractère pastoral. La participation et l’implication active du peuple de Dieu dans la célébration liturgique sont la finalité de la réforme et l’objet du mouvement liturgique » (dans son livre La Réforme de la liturgie, éditions Desclée de Brouwer p. 23).

En effet parmi les grandes lignes du décret sur la liturgie du concile Vatican II (Sacrosanctum Concilium), on retrouve bien souvent ces deux grands principes :

– la participation active et pleine des fidèles

– au nom du « sacerdoce » des baptisés.

C’est précisément ce que voudrait montrer Mgr Bugnini au début de son livre La Réforme de la liturgie. Mgr Bugnini commence par citer la première Épître de saint Pierre (chapitre 2, verset 9) : passage si cher aux défenseurs du « sacerdoce » des baptisés (et malheureusement souvent si mal compris) ; il affirme que  » le caractère baptismal des fidèles, fait d’eux « la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu « .

Puis il ne fera que reprendre la Constitution Sacrosanctum Concilium (n° 14), qui affirmera que la nature même de la liturgie et ce « sacerdoce » des baptisés « exigent qu’ils soient guidés vers une intelligence pleine et une participation active dans les célébrations liturgiques. Ils en ont le droit et le devoir ».

Voilà donc la clé de toute cette malheureuse réforme liturgique, selon les termes mêmes de Mgr Bugnini : « Dans le cadre de la réforme et de la mise en valeur de la liturgie, une attention toute particulière a été dédiée à cette participation pleine et active de tous les fidèles : elle est la source première et originelle où ces derniers peuvent puiser un esprit profondément chrétien. Tel est le motif et la clé du renouveau liturgique moderne et du document conciliaire ».

Pour Mgr Bugnini, tous les changements liturgiques qui ont eu lieu ces dernières années, ne s’expliquent que par ce souci constant de participation pleine et active de tous les fidèles : « ?Il n’y a pas d’article qui ne reflète cette idée : la liturgie, culte et adoration de Dieu, opère la sanctification des hommes. Voilà pourquoi tout le peuple doit la comprendre, la suivre et y participer…Tout est présenté en vue d’une participation consciente et pieuse devant découler d’une instruction catéchétique de qualité des fidèles… « 

Les fidèles baptisés sont dorénavant investis d’un ministère ; mais dans quelle mesure celui-ci serait-il différent du ministère du prêtre? : « La célébration commune doit toujours être préférée à la célébration individuelle. Par la première doit apparaître la nature communautaire et hiérarchique de l’Église : tous participent, mais chacun selon son ministère, la nature du rite et les normes liturgiques ».

Apparemment, selon Mgr Bugnini, il a fallu attendre cette révolution liturgique pour comprendre enfin comment les baptisés pourraient tirer profit du culte public rendu à Dieu : « La voie ouverte par le Concile est destinée à changer radicalement le visage de l’assemblée liturgique traditionnelle, dans laquelle, suivant des coutumes désormais pluriséculaires, le service liturgique est accompli presque exclusivement par le clergé, le peuple n’y « assistant » trop souvent que comme un spectateur étranger et muet. Un travail patient de formation devra faire comprendre que la liturgie est l’action de tout le peuple de Dieu… » (dans La Réforme de la liturgie, pp. 60 -61).

Aurions-nous été convaincus par cette démonstration habile de Mgr Bugnini, qui n’a fait que développer la Constitution de Vatican II sur la liturgie (Sacrosanctum Concilium) ? Que penser de ces deux grands principes desquels découle toute la réforme liturgique ? Tournons-nous simplement vers des sources sûres… (à suivre)

Abbé François-Régis de Bonnafos, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Source : La Porte Latine, rubrique « Histoire de l’Eglise »