La messe de Luther (1) – La doctrine protestante

Zélé défen­seur de la messe tra­di­tion­nelle, Mgr Lefebvre n’hésitait pas à qua­li­fier la nou­velle messe de « messe de Luther ». Exagération rhé­to­rique ou réa­li­té doc­tri­nale ? Un rapide paral­lèle entre les deux répond à la question.

La doctrine protestante

La doc­trine pro­tes­tante de la « messe » est fon­dée sur trois prin­cipes clefs : la trans­sub­stan­tia­tion, le sacer­doce minis­té­riel (du prêtre) et le sacri­fice de la messe sont des inven­tions, sinon du diable, du moins des hommes.

  • la pré­sence réelle : dans l’hostie, il y a une pré­sence réelle mais pure­ment spi­ri­tuelle. Il n’y pas de trans­sub­stan­tia­tion, c’est-​à-​dire de conver­sion du pain en corps, sans que rien ne reste du pain que les appa­rences, mais le pain demeure et Jésus-​Christ y vient spi­ri­tuel­le­ment par la foi des fidèles et n’y demeure que le temps de la cène ;
  • le sacer­doce catho­lique est une pré­ten­tion injus­ti­fiée. Tout bap­ti­sé est prêtre. Celui qui tient le rôle du prêtre n’a tout au plus qu’un rôle de pré­sident d’assemblée, afin que celle-​ci offre un sacri­fice de louange, c’est-​à-​dire une prière, avec ordre et dignité.
  • le sacri­fice de la messe est une abo­mi­na­tion. La cène ou l’eucharistie est un pur mémo­rial, une louange de Dieu et une pré­di­ca­tion faite aux hommes, mais non pas un sacri­fice où serait immo­lé le Christ, a for­tio­ri en expia­tion de nos péchés. L’offertoire qui exprime cette dimen­sion sacri­fi­cielle et expia­troire est donc la pre­mière prière à supprimer.

Comment ces prin­cipes ont-​ils été mis en oeuvre par Luther ? C’est ce que nous allons voir ici : La tac­tique de Luther.

Source : Le Chardonnet /​ La Porte Latine du 10 juillet 2019