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Mgr Müller à la radio NDR Kultur : « D’un point de vue pastoral, la porte est toujours ouverte »- 6 oct. 2012

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Extraits en provenance du site

Juste avant la 50e Anniversaire du Concile Vatican II, le nouveau préfet de la CDF, Mgr Gerhard Ludwig Müller explique que la Fraternité traditionaliste Saint-Pie X n’est plus digne de négocier (« Erzbischof Gerhard Ludwig Müller, die traditionalistische Piusbruderschaft für nicht verhandlungswürdig erklärt« … une formulation assez abrupte, si elle est correctement traduite!!).

Il a précisé textuellement: «Cette Société n’est pas pour nous un interlocuteur (partenaire de négociation), car la foi ne peut pas être un sujet de négociations».

Mgr Müller a dit cela au cours d’une interview exclusive accordée à la station de radio NDR Kultur.

Parmi les attributions du préfet de la Foi, il y a aussi la question d’une possible réintégration de la Fraternité traditionaliste Saint-Pie au sein de l’Eglise catholique.

La Fraternité rejette les décisions importantes du Concile Vatican II, entre autre sur la liberté religieuse et les droits de l’homme. Le Vatican a invité la Fraternité Saint Pie X à accepter ces décisions, si elle veut à nouveau faire partie de l’Eglise. En vue d’une éventuelle réintégration des traditionalistes, l’archevêque Müller a déclaré: «D’un point de vue pastoral, la porte est toujours ouverte».

Le préfet de la foi a cependant clairement précisé au cours de l’entretien avec NDR Kultur: «Il n’y a pas de compromis possible sur le plan de la foi catholique, en particulier comme elle a été formulée régulièrement par le Concile Vatican II».

«Vatican II n’est pas en contradiction avec l’ensemble de la tradition de l’Eglise, à la rigueur, il s’oppose à certaines interprétations erronées de la foi catholique».

Mgr Müller poursuit: «Nous ne pouvons pas négocier la foi catholique, il n’y a pas de compromis possible».

La Congrégation de la foi, en union avec le Pape, décidera de l’évolution future de la question.

«La Fraternité saint Pie X connaît les exigences qu’elle doit accepter», insiste Müller. «Je pense qu’il n’y aura désormais plus de nouvelles négociations», précise encore le préfet de la foi.

Mgr Müller a également parlé des scandales d’abus sexuels, et de l’amplification des cas de violences sexuelles de la part du clergé catholique. Pour des raisons théologiques, il considére injuste que l’Eglise soit déclarée responsable, exonérant ainsi les vrais coupables.

En aucune façon, les auteurs de ces actes ne sont sont vus donner l’occasion d’abuser de la confiance qui leur était dûe à juste titre. «Dire que ces crimes résultent de l’organisation de l’Église est une grave injustice que je me dois de rejeter» dit Müller.

En ce qui concerne la violence faite à travers le monde au nom de la religion, Müller dit qu’il y a une contradiction dans les termes, à employer la force au nom de Dieu. Les autorités des pays islamiques doivent faire comprendre que personne n’est en droit de le faire du mal aux autres au nom d’Allah.

«Nous devons nous défendre contre la politisation des religions partout dans le monde, parce que justement la foi chrétienne est synonyme de tolérance et de coexistence pacifique avec des personnes d’autres cultures», a déclaré l’archevêque. Cela n’est possible que si l’on respecte la liberté de conscience des autres personnes sans pour autant relativiser sa propre foi.

En vue du 500e Anniversaire de la Réforme en 2017, le préfet de la CDF a déclaré: «l’événement devra être expliqué historiquement de façon correcte. C’est une occasion de confirmer le processus œcuménique et de prendre cela comme une impulsion qui entraînera vers une une plus grande unité de l’Eglise, avec l’objectif de l’unité visible de tous les chrétiens dans l’Eglise.

Commentant la proposition d’un geste de réconciliation entre catholiques et protestants, émis par la responsble de l’Eglise évangélique allemande Margot Kaessmann, Mueller dit: « cette réconciliation, nous l’avons concrètement réalisée depuis longtemps, tout au long du processus œcuménique. Nous avons déjà beaucoup en commun et nous n’en sommes pas au début. Nous ne devons pas considérer cette date comme tellement magique», précise Müller.

Entretien avec Mgr Gerhard Ludwig Müller réalisé par Florian Breit Meier.