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16 août 1378

Saint Roch de Montpellier (1)

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Fête le 17 août

Les relations d’affaires entre les divers pays de la chrétienté comme entre l’Orient et l’Occident étaient fort intenses au début du XIVe siècle. De nombreux bateaux « barbaresques » se pressaient dans tous les ports de l’Europe méridionale. Mais, avec leurs riches cargaisons, ils transportaient trop souvent les germes de la peste. L’épouvantable épidémie ravageait alors des contrées entières. A cette époque apparut un homme qui, d’un signe de croix, chassait le terrible mal et dont le pouvoir guérisseur ne disparut pas avec sa mort : c’était saint Roch.

La naissance – L’enfance

Jean, peut-être gouverneur, peut-être consul de Montpellier, et sa femme Libérie, semblaient au comble du bonheur ici-bas. Les pauvres se plaisaient à exalter leur générosité, les étrangers leur bonne hospitalité, et tout le monde leur ardente dévotion. Cependant, quelque chose manquait à la félicité des deux époux. Ils avançaient en âge et n’avaient point d’enfant. Leur prière désintéressée finit par toucher le cœur de Dieu, et, vers l’an 1295, Libérie devint mère d’un bel enfant, à qui on donna le nom de Roch. Selon certains, au contraire « Roch » ou « Roq » était un nom de famille ; l’histoire atteste que des personnages ainsi dénommés furent consuls de Montpellier au XIIIe siècle. L’enfant grandit entre ses pieux parents ; il apprenait à s’oublier pour ne penser qu’aux autres ; on le voyait sans cesse occupé à secourir les pauvres et les étrangers, attirant tous les cœurs par ses paroles pleines de douceur et de consolation. Il faisait la joie de ses parents et de toute la ville de Montpellier.

L’abandon des richesses

Mains un jour la mort vint frapper au foyer paternel. Jean, étendu sur un lit de douleur, appela son fils alors dans sa dix-neuvième année, dit-on, pour lui laisser ses derniers conseils et sa bénédiction. Roch promit d’observer fidèlement les conseils de son père, et, quand celui-ci eut rendu son âme à Dieu, il lui fit de magnifiques obsèques. Mais, moins d’un an après, la douleur emporta sa mère dans le tombeau : il n’avait pas encore vingt ans. Il voulut à l’instant lettre à exécution les recommandations de son père mourant ; et, se souvenant des paroles du Sauveur : « Si vous voulez être parfait, distribuez vos biens aux pauvres et suivez-moi », il vendit en secret tout ce qu’il put de ses biens et en distribua le prix aux malheureux. Il céda ensuite à un frère de son père le reste de ses biens et tous ses droits à la succession paternelle.
L’âme ainsi déchargée des sollicitudes de la terre, il se revêtit d’un vieil habit de pèlerin et prit le chemin de Rome.

La guérison des pestiférés

Roch cheminait pauvrement, demandant l’aumône pour l’amour de Dieu, heureux quand il recevait des injures, et triste quand une charitable personne lui prodiguait des soins. Un jour, il arriva à Acquapendente, ville de l’ancien Etat pontifical. La peste y faisait d’étranges ravages. Plein de charité pour le prochain, Roch se présente à l’hôpital en qualité d’infirmier ; mais son jeune âge, son air tendre et délicat font craindre que le fléau l’emporte bien vite. L’administrateur de l’hôpital, dont le nom était Vincent, le remercie de son offre généreuse et ne veut point l’accepter. « Cependant, réplique le jeune homme, Dieu ne peut-il point donner à ses serviteurs la force d’accomplir ce qu’ils se proposent pour sa seule gloire ? » On admire l’élan de sa charité, mais c’est en vain qu’il supplie. Pendant plusieurs jours, il réitère sa demande. Enfin, ses vœux sont accomplis ; on l’accepte. Il passe alors devant tous les lits ; lave les plaies des pestiférés et les panse, puis il trace sur les malades le signe de la croix. Alors, chacun se sent guéri ; pas un seul n’échappe à sa merveilleuse bonté. Il parcourt ensuite les maisons de la ville, soignant et guérissant tous les pestiférés qu’il rencontre. Le miracle fait crier partout qu’un ange est descendu du ciel : mais, pour éviter tout honneur, le jeune étranger s’échappe de la cité. Il apprend alors que la ville de Césène, en Lombardie, est éprouvée par le fléau qu’il vient de faire cesser à Acquapendente ; il s’empresse de s’y rendre et la délivrer par le même prodige. Le souvenir de son passage est rappelé par une fresque de la cathédrale.

Saint Roch à Rome

Le pèlerinage de Roch à Rome avait été retardé, mais un événement vint presser la marche du bienfait voyageur.Jamais Roch ne révéla son nom ni sa patrie ; il craignait de porter atteinte à son humilité et gardait le silence sur ce point. Durant trois ans, il vécut à Rome, parcourant la ville et ses environs, délivrant les pestiférés par le signe de la croix. Plus tard, il s’éloigna et visita les contrées d’Italie atteintes de la peste. Elles étaient nombreuses, et à toutes il fit sentir l’effet de sa puissance auprès de Dieu.

L’épreuve

Il s’arrêta un jour à Plaisance, se rendit à l’hôpital et se mit à panser les malades. Cependant, il fut bientôt accablé de fatigue et le sommeil s’empara de lui. Tandis qu’il dormait, il entendit la voix d’un ange qui lui dit :

  • Fidèle serviteur, ton courage a été grand pour soulager les maux de tes frères par amour pour moi, qu’il soit encore grand à supporter les maux que je t’enverrai à toi-même.

A cette voix, il se réveille. Il est alors saisi d’une fièvre ardente et ressent à l’aine une violente douleur comme si on l’eût transpercé d’une flèche. Il connaît trop les symptômes du terrible fléau pour éprouver le moindre doute à son sujet : il lève les yeux vers le ciel non pour se plaindre, mais pour rendre grâce à Dieu. On le met au nombre des malades et bientôt son mal s’aggrave ; la douleur l’oppresse et lui fait pousser des cris malgré lui. Alors, pour ne point incommoder ses compagnons, il se traîne jusqu’à la porte. Les passants le pressent de rentrer, dans la crainte de contracter son mal. Mais le nouveau pestiféré, pour ne point les inquiéter à leur tour, se traîne péniblement hors de la ville jusqu’à l’entrée d’une forêt où une cabane lui sert d’asile. Une soif ardente occasionnée par la fièvre vient s’ajouter à la cuisante douleur qu’il éprouve à l’aine.

  • Ô Dieu de miséricorde, s’écrie-t-il, je vous remercie de me faire souffrir pour vous, mais ne m’abandonnez pas !

A l’instant, une source d’eau limpide jaillit à côté de lui. Il s’y désaltéra et s’y lava.

Le chien charitable

Cependant, non loin du lieu où le thaumaturge s’était retiré, s’élevaient de magnifiques maisons de campagne. Les hommes opulents de la ville y étaient accourus afin d’échapper au fléau. L’un d’eux, nommé Gothard, homme très riche et très noble, vit un jour pendant le repas un de ses chiens enlever de dessus la table un petit pain et s’enfuir en l’emportant dans la gueule. Le lendemain, le fait se renouvela deux fois. Le seigneur crut que l’animal le faisait parce qu’il avait faim et gronda ses serviteurs.

Le jour suivant, il constate que ceux-ci ne le laissaient manquer de rien. Cependant, le chien revint prendre un pain. Intrigué de cette manœuvre, Gothard le suivit. Il le vit s’enfoncer dans la forêt et déposer le pain près d’un malade abandonné. Le pauvre homme recevait le pain avec reconnaissance et bénissait l’animal qui le lui donnait : « Celui-ci est un grand ami de Dieu, se dit Gothard, puisque les animaux lui obéissent. » Alors, il s’approcha de cet inconnu et demanda à celui-ci qui il était et quelle était sa maladie.

  • Je suis un pestiféré, répondit Roch, c’est pourquoi je vous prie de vous retirer de peur que vous ne gagniez mon mal.

Et Gothard revint chez lui. Mais il se prit aussitôt à réfléchir sur ce qu’il avait vu. Son chien n’était-il pas plus charitable que lui ? Il eut honte de sa crainte et revint vers le malade. Celui-ci vit en ce retour la volonté de Dieu et l’accepta à ses côtés.

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Source : Un saint pour chaque jour du mois, août, Maison de la Bonne PresseLa Porte Latine du 26 mars 2020